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Eros et Pothos | Vautour
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Ours
Jeu 17 Aoû - 11:54
Traverser la porte des quartiers adultes lui donnait toujours cette étrange impression d’entrer en ambassade de pays étranger. Les murs nus avaient ce vague air de Sepulcre, bien que de rares téméraires aient réussi a y apposer leur patte créative. C’était un ordonné écrin d’En Dehors, bien que chez les plus anciens du lot on s’apostrophait plus souvent par les surnoms fantasques attribués par les gamins que par les noms d’origine. Lui, les bras chargés des copies d’Expression et l’esprit des déclamations et prestations originales, apportait avec lui l’ame des Mardi, de ses mardis a lui. En cet espace on se riait fort volontiers de cette organisation métronomique et incohérente de la semaine mais il n’en avait cure. Ses jours lui appartenaient et c’était bien la seule chose qu’il était certain de posséder entre ces murs. 17 ans au sein de la Rouge ne laissent pas indemne. Considérant cela, il était remarquable de le voir encore si sain d’esprit. Si peu maculé par la crasse, le remugle de ces âmes condamnées.

Bon au delà de cela, il n’était pas parfait et les apparences ne doivent pas être prises pour argent comptant. Si il s’était présenté en ces lieux c’était pour une bonne raison car il ne s’y montrait jamais dans l’unique but de se reposer. A ce lieu il préférait sa salle pour remplir cet office. Puis il aimait bien utiliser son après cours pour visiter les élèves, bon samaritain devant les indigents, se flattant des sourires fleurissant sur les visages et des rires clairs de joie. C’était son orgueil, sa fierté, et il s’endormait le soir l’esprit tranquille a l’idée d’avoir répandu un Bien éphémère.

Bref ici une autre mission le portait. Il surprenait régulièrement les jeunes garçons découvrant les débuts de leur puberté, les adolescents farcis d’hormones, les ébauches maladroites et souvent bien mal renseignées des Plaisirs Charnels. Puis, a la fin de sa journée, son passage aux toilettes l’assurait qu’il se devait de faire son devoir d’enseigner et renseigner, parce que si il ne le faisait pas, qui le ferait ? En tout cas il ne pourrait pas s’y atteler seul car l’érotisme seul, dans sa version littéraire ne suffit pas a rendre compte du phénomène. Il fallait expliquer également les mécanismes biologiques naturels. Un travail tout attribué a son récent collègue de science.

Vitold. Vautour. Un homme long, sombre, vampiresque, l’air de porter quelque part en lui tout les fléaux infligés a son peuple. Ours était loin de s’arrêter a cette rigidité indolente de façade, ceci dit il ignorait comment l’appréhender et en restait donc a un statut quo vaguement distant. Comme a chaque fois qu’un nouveau professeur rentrait ici, il se faisait le devoir de le tutorer quelque peu histoire que personne n’ait a subir les difficultés et désillusions qu’il avait connu lors de ses quatre premières années. Mais avec Vitold il s’était heurté a un être qu’il ne comprenait pas vraiment. Avec la promesse de créer des liens plus tard, une fois qu’il aurait mieux cerné le personnage.

En attendant il n’avait pas beaucoup avancé et au vu du fait que son collègue restait récent dans le paysage de la Maison, il allait simplement utiliser leurs noms d’origine pour communiquer. Cela ne le dérangeait pas qu’on emploie autre chose pour son sobriquet pour le designer. En même temps cela aurait un coté comique, d’employer leurs noms d’animaux, aussi il garda cette idée pour le futur. Ours s’approcha donc de la longue silhouette funèbre, de sa commune attitude débonnaire.

- Vitold ? Tu aurais du temps a m’accorder, j’ai une idée a te proposer.

Ayant eu l’occasion de communiquer avec lui il ne s’embarrassait ni du vouvoiement, ni du nom de famille. En vérité il était peu formel par nature, ceci ayant été exacerbé par la vie entre les murs. Il s’attendait donc en retour a ce que celui ci lui donne du « Vedran » ou du « Ours » a sa convenance. Et pour ne pas faire durer un suspense largement inutile il ajouta a la suite :

- Ce serait pour mettre en place un cours commun, a vrai dire

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Vautour
Dim 20 Aoû - 19:48

     

     
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La rentrée scolaire s'était avérée être une épreuve en soi pour quelqu'un d'aussi réservé et solitaire que Vitold Chokowski. Et sans la présence d'Agatha en Pologne, menace directe sur son bien être et liberté, nul doute que le désormais ex-thanatopracteur aurait pris le premier vol retour pour le pays bien-aimé.

Étonnement pourtant, l'enseignement n'avait pas été le plus difficile dans tout ce fiasco. Reprendre les bases du cours de Science pour les régurgiter à un groupe plus curieux qu'attentif d'une dizaine d'élèves avait presque été une partie de plaisir après ses révisions drastiques pour obtenir son équivalence.

La médecine n'étant qu'une pousse audacieuse sur le rameau de la biologie, et la thanatopraxie une floraison plus intime du système humain tout entier, couplé à des connaissances plus ardues sur une chimie presque alchimique, il lui avait fallu simplifier, toujours plus simplifier jusqu'à résumer un millier de connaissances dans sa bibliothèque passionnelle.

Il y avait eu le regard des autres étudiants, en grand nombre naturalisé. Les félicitations de Kylie une fois le courrier copié à son adresse. Puis l'emménagement dans cet environnement étouffant de la Nouvelle Orléans.

Pour la première fois il avait eu chaud. Il avait étouffé dans ses costumes noirs cintrés et son nez avait luis autant que ses cheveux.

De mauvaise humeur, presque attristé de la tournure de son devenir, il avait fuit ses collègues adultes comme le rat la souricière, demeurant retranché dans ses quartiers personnels, à savoir un studio aux murs lisses et ternes qu'il n'avait même pas pris la peine de décorer - pauvre logement de fonction.

Sauf ce jour-là. Un mercredi, jour de repos. Il avait eu envie d'un café et de profiter des tables larges de la salle personnelle mise à leur disposition pour corriger les premiers devoirs d'anatomie - la coupe relativement raffiné d'un cortex préfrontal.

Et bien évidemment, il avait fallu qu'on vienne le déranger.

Penché sur ses copies, Vautour releva les yeux vers la voix du professeur de littérature - presque certain de ce détail - Vedran Grgić. Ours. Le poilu comme l'appelaient les enfants. Le grand costaud aussi. Le genre de gars à attirer l'attention des infirmières. Le genre à savoir se servir de ses poings aussi même si son sourire grossier, presque comique, laissait présager le contraire.

« Bonsoir… » Murmura-t-il, l'air aussi désintéressé que possible. « Je ne suis pas certain de t'être une grande utilité. » Tentant, dans son absence habituelle de traits émotionnels de lui montrer toute son indifférence et son envie d'être tranquille pour le reste de la soirée.

« Mais...» Verdan n'allait pas en démordre de sitôt le connaissant. Alors autant prendre connaissance de son nouveau plan pour calmer ses ardeurs et lui couper l’envie de recommencer ses appels à l'aide.

Il avait choisi la thanatopraxie pour apporter ses connaissances à un public relativement plus patient et silencieux que celui auquel l'avait habitué la Maison.

« Que puis je pour toi ? »
Posant sa main en serre possessive sur ses copies, il se prit au jeu de croiser son regard. Insondable.



     

 
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Ours
Lun 21 Aoû - 9:57
Le contraste était frappant et aurait vraiment pu être comique si la situation n’était pas aussi importante. Ours, son visage agité du flot de ses émotions se heurtait encore a ce mur de marbre froid que constituait Vautour. Pour autant, il ne se démontait pas. Il pensa même a prendre une chaise pour lui et s’installer dessus. Leurs regards se croisèrent, celui de l’Ours plein et franc, sans aspérités. Et sans doute beaucoup plus profond qu’il ne voulait bien le montrer. Une joute n’aurait pour lui aucun intérêt, il voulait simplement capter l’attention de son interlocuteur, attention qu’il possédait désormais. Donc il continua :

- Les jeunes ne sont pas très instruit a propos de la sexualité et c’est un problème que beaucoup rencontrent, arriver a comprendre ce qui se passe dans leurs corps… et même dans leur têtes. Peut être qu’il serait temps de mettre en place quelques heures pour parler de ce que c’est biologiquement et moi je pourrais leur exposer l’aspect littéraire et plus sentimental des choses

Voila, tout était dit. Il attendait le verdict d’une expression grave, ridiculement sérieux. Il était fort possible que Vitold s’en moque éperdument. Que pourrais t’il donc faire ensuite ? Le harceler ? Pas vraiment envie de commencer a créer du conflit. Mais c’était important, qu’ils sachent. Et qu’ils arrêtent un peu de faire n’importe quoi dans les toilettes.

Vedran laissa le temps de prendre sa décision. Il se souvenait bien lui même, lorsqu’il était encore récent ici, de la difficulté de comprendre intrinsèquement les problématiques du lieu. Par cela il se sentait un lien avec son collègue. Il se souvenait de ce moment ou fraichement débarqué de son Europe de l’Est, il allait se présenter au Grand Pape, son expression chargée d’un accent caricatural. Le directeur avait pris une fiche pour tenter d’y lire son nom, mais son patronyme a voyelle unique lui tira une grimace qui avait poussé Vedran a l’aider. Premiers pas, premiers malaises. Peut être que Vitold aussi avait vu cette grimace, peut être que lui aussi il avait connu ce malaise dans ses premiers pas dans la Maison.

Les souvenirs sont traitres et happent, coupant un instant de la réalité du présent. Son accent l’avait privé de son nom, pour l’affubler d’un bien slave « Spoutnik ». Non habitué il avait mis un temps avant de comprendre que c’était lui qu’on désignait et le temps qu’il comprenne il était « Barrique ». Bref. Tenter de sonder le Vautour ne faisait que le renvoyer a son propre passé, donc ce serait bien inutile, tant que son collègue lui resterait aussi hermétique.


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Vautour
Dim 27 Aoû - 20:44

     

     
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Le silence se mit soudain à bourdonner. Et le fer croisé dans le regard de l’autre, Vitold sentit la plus profonde stupeur anéantir la rigidité de ses traits, transformant son visage affable en un masque plus comique, yeux légèrement écarquillés et bouche béante. A 27 ans, et malgré une connaissance toute relative sur le sujet qui lui laissait encore l’angoisse perler à son dos comme l’eau sur les parois d’un glacier, il se sentait comme enchevêtré dans sa propre pudeur. La pensée, brève et éclatante, fut néanmoins suffisante pour lui évoquer un autre type d’enchevêtrement et à la pensée de devoir leur expliquer par le début la beauté d’un nœud marin sur la cuisse d’une femme, et arracher à sa bouche pincée un faible rire d’asmathique.

« Alors là… Alors là… » Bredouilla-t-il, rejetant ses copies pour mieux se masser la tempe et chercher un appui dans la salle vide. Mais il n’y avait personne d’autre que Verdan qui, en l’espace de quelques secondes, venait de marquer un sacré panier et un drôle d’avancement dans leur relation sommairement polie.

« Un cours d’éducation sexuelle. Vraiment. » Parce que Mickey et Minnie avaient fini par trouver la direction sudiste de leurs braguettes. Hilarant.

« L’idée n’est pas mauvaise, j’en conviens… » Même si à 15 ans, son intérêt s’était surtout porté sur le travail de son père, l’immobilité tacite et condescendante des cadavres, la propreté factice de sa cave avec ses tables de métal et ses instruments lustrés, ainsi que cette entêtante odeur d’éther propre à la putréfaction ascendante.

« Mais les USA sont très frileux concernant ces sujets et je doute que tu obtiennes l’accord du directeur. » Le Grand Pape, sévèrement retranché dans son bureau, risquait même de leur offrir un sacré sermon en représailles. Aurait-il un avertissement – voire pire ? Le risque était trop gros.

« Si tu parviens à négocier ce genre de cours, je veux bien en être. Bien que je ne sois pas certain que tous ici aient la capacité de comprendre sans hilarité ce que tu voudras leur démontrer. » Des gosses, jouant à touche-pipi, ignorant la vérité putride se dissimulant derrière le sexe. Les frottements, les commandements, les ascendants que l’un pouvait prendre sur l’autre sans demander le consentement. Les heurts, la tâche, la honte, le plaisir coupable et le bruit un peu dégueulasse des marques de chair. Non vraiment, s’ils pouvaient se l’épargner encore un peu, cela serait sans doute même mieux.

Mais qui était-il pour les convaincre ?


     

 
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Ours
Lun 28 Aoû - 11:14
Décontenancé, avait l’air le Vautour. Ses expressions avaient surpris le croate. Il s’imaginait obtenir une réponse catégorique, froide et rigide, laconique et claire. Puis en fait non, l’homme au nom de rapace le regardait interloqué et bredouillait son étonnement vis à vis du saugrenu projet. L’Ours ne se démontait pas, il avait préparé tout son argumentaire et commencé à regarder ce que lui pourrait exposer de son côté. Il avait réfuté le trop explicite, mais gardait tout de même des textes bien évocateurs.

Le professeur de littérature acquiesça pour confirmer les paroles incrédules de son collègue, et d'ajouter, en terme de justification quand au fait de proposer le projet au Grand Pape :

- Vitold, je connais cette école. Le directeur ne viendra pas vérifier lui même ce qu’il se trame en classe. Nous n’avons qu'à expliquer que nous mettons en place un cours expérimental en commun, que l’usage de nos deux matières participera mieux à l'éveil des jeune et que cela portera sur le corps humain. En soi, pas de mensonges, mais aucune raison de s’offusquer non plus. Il est bien souvent trop retranché de la vie scolaire pour chercher à en savoir plus.

Ours enseignait depuis assez longtemps pour savoir à quoi s’en tenir. Les élèves constituent sans doute un autre probleme, oui, il sera difficile de mener ce cours dans le calme, mais chaque chose en son temps.

- Pour les enfants il va falloir adapter le propos et ça c’est notre travail. Il faut que ca en explique assez, que ca ne soit pas trop choquant et que ca ne prête pas trop aux moqueries et bavardages. C’est la le plus compliqué.

Il soupira vaguement devant l’ampleur de la tâche à venir. Ce n’était pas un sujet facile, même pour lui, l'éternel amoureux, car il avait cette bonne vieille pudeur catholique qui lui collait à la peau. Même en s’étant persuadé que D.ieu ne voulait plus le voir, lávait abandonné, son éducation résistait au fond de lui, pugnace. L'intérêt des enfants allait cependant au delà des valeurs qu’on lui avait inculqué et sa crise de foi le poussait à chercher à défier le divin, attendant encore une réponse du ciel.

Qui, pensait il, ne viendrait jamais.


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Vautour
Dim 3 Sep - 12:43

     

     
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Alors là. Alors là !

Imaginez quand même un parcours le sinueux de ses pensées, pour un pauvre type comme lui sorti tout droit de sa Pologne – un pays apparemment considéré par ces chers états-uniens – s’essayant à trouver un travail convenable pour ne pas repartir dans sa contrée et être retrouvé par la jeune femme la plus tordue que tout ce que le XXème siècle avait pu créer jusqu’alors, et se retrouvant face à un professeur, agréé, compétent, au sourire sincère, au surnom d’Ours, coincé avec lui dans une maison spécialisée où les enfants, apparemment, faisaient leur loi bien plus que les adultes, qui tentait de le convaincre que le directeur n’allait pas se mêler de ce projet et que cette absence, d’ailleurs, d’intervention voire d’implication n’était absolument pas un problème.

Où. Était-il. Tombé ?

Décroisant ses bras pour appuyer ses coudes sur sa table, Vitold lia ses doigts en longs filaments d’araignée et posant ses deux index pensifs sur son menton pointu et boudeur, le fixa avec toute l’intensité que ce moment méritait.

« Jouant ainsi sur les mots, tu me proposes donc de faire quelque chose sans aucune autorisation, et tu m’assures que tout ceci ne va pas se retourner contre nous puisque le directeur est notoirement connu pour se désengager de ce genre de responsabilités. »

Ce genre de rapport pouvait parfaitement se retourner contre le système entier de la Maison si cela venait à être enregistré et partagé aux personnes concernées, du genre des assistantes sociales qui pouvaient, principalement, s’entremêler avec leur quotidien pour mieux protéger les enfants.

Mais les enfants semblaient savoir se protéger seuls, songea Vitold, un rien coupable de cette lâcheté ordinaire et abandonnant ce combat – après tout, si le Directeur n’était pas trop regardant, il terminerait vite ses révisions et ses examens ici pour reprendre un cabinet de thanatopraxie et faire enfin ce qu’il avait toujours voulu faire.

« Bien, soit, admettons que j’y participe. C’est, comme tu le sous-entends, une organisation conséquente. Qui amener à ce cours ? Comment les y intéresser ? Comment n’en pas faire un spectacle grotesque pour leurs esprits étriqués ricanant au moindre mot comme pénis ou vulve ? »

Son soupir fut exténué d’avance.

« Je veux bien me charger des schémas et de certaines démonstrations mais je t’assure que ce que tu vises, comme projet, n’est clairement pas faisable sans un plan taillé sur mesure pour ces enfants. Nous ne pouvons pas, d’ailleurs, évoquer des relations sexuelles chez certains sujets qui auraient été amenés à subir des violences du même ordre au sein d’un cadre familial ou proche. Il faudrait trier les dossiers, faire du cas par cas… T’en sens-tu capable, honnêtement ? »


     

 
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Ours
Mer 6 Sep - 12:42
La situation avait un comique qui n’avait d’égal que le sérieux des deux protagonistes. Ours reconnaissait, ou il lui semblait reconnaitre en son expression celle que beaucoup avaient eu en réalisant enfin dans leur tête que non la Maison n’est pas un établissement normal de gamins dégénérés. Que la Maison est une entité profondément absurde pour qui viendrait de l’En Dehors. Bref l’expression de celui qui vient de comprendre dans quelles incongrues difficultés il se trouve.

Alors le professeur de littérature compatissait et tentait d’apporter de sa longue expérience acquise a force de désillusions. Il répondait donc assez placidement, presque un rien professoral même. Les habitudes ont la vie dure et on est jamais a l abri que le métier influe sur notre manière d’agir.

- Ce n’est pas si absurde que ça considérant que dans cet établissement les jeunes ont pris totalement le pouvoir. On porte les noms qu’ils nous donnent, ils repeignent les murs avec leurs dessins et ca ne m’étonnerait même pas qu’ils aient des sortes de milices. Alors oui, le proviseur a assez peu d’influence sur la vie ici

Dans tout ça il ne lui parlait même pas de l’Envers que Vitold ne devait pas connaitre, tout novice qu’il semblait être. Ceci dit il finirait bien par tomber tôt ou tard. Mais comment lui expliquer qu’il existe un monde parallèle lié a l’établissement, inspiré du subconscient de chacun, ou l’on peut revêtir d’autres apparences et ou les lois naturelles ne sont absolument pas les mêmes que dans le monde réel. Il se souvenait bien de la première tombée. Il avait été assez désemparé et en même temps réjoui de retrouver les paysages familiers. Sa première tombée avait duré moins d’une minute et lui avait laissé une impression forte, empreinte d’une foule d’émotions différentes.

Comme Vitold semblait accepter, il continua d’écouter ses questionnements, ce qui présentait la tâche comme colossale. Colossale, oui, mais pas infaisable. Le croate avait assez réfléchi pour en être convaincu. Têtu comme il était, ce serait compliqué qu’une simple évocation de la difficulté lui ôte l’idée de la tête.

- Pour ce qui est de notre public on va prendre les élèves les plus âgés, probablement 15 ans et plus qui seront plus à même d’être intéressés. Pour ce qui est des antécédents, la psychologue scolaire a une bonne mémoire et pourra être en mesure de nous aider à trier efficacement les dossiers. Pour ce qui est du cours en lui même je pense qu’on ba être obligés d’accepter quelques rires. Je comptais présenter le sujet avec de la poésie de mon coté, ça permettra peut être déja qu’ils puissent avoir un certain recul.

Ou pas. A vrai dire c’est le contenu du cours qui lui posait le plus de soucis et il connaissait assez ses élèves pour les savoir compliqués a prévoir…


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Vautour
Dim 10 Sep - 20:34

     

     
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C’était sans doute le moment de se lever, de prendre en compte toutes ces informations et d’agir en adulte. De repousser la piètre tentative d’Ours de lui faire avaler qu’un tel endroit était normalement assez sain et bien mené pour que les enfants y soient en sécurité. De faire le lien avec toutes les phalanges coupées qu’il avait déjà remarqué, en plus de bleus, fractures, saignements divers et variés. De hurler. De hurler pour briser cette bulle de savon dans laquelle ils semblaient tous s’embourber. De saisir le téléphone si ce n’est le col du Directeur et de les secouer tous dans une admirable dénonciation.

Ensuite il serait licencié. Ensuite il devrait arpenter le chemin du chômage. Ensuite il perdrait sa carte verte et ensuite il retournerait en Pologne. Mais Vitold Chokowski aurait eu au moins pour mérite, dans son sacrifice, d’agir honnêtement.

L’idée lui effleura l’oreille d’un battement d’aile de papillon. Et ce fut d’un soupir désoeuvré qu’il la repoussa presque aussitôt. Vitold Chokowski faisant preuve ici d’un égoïsme proche de l’instinct de conservation. Et si le Directeur n’était pas du genre à venir fouiner, ça n’en serait que plus simple pour son futur diplôme et son départ manu militari de cet endroit de fous à l’apparence de secte.

« Très bien, j’en suis. »
Et comme pour sceller le pacte, il repoussa définitivement les pages de corrections.

« Les plus de 14 ans. A 15 ans leur intérêt s’est déjà mué en tâtonnement. Nous avons tous les deux vécus l’adolescence, n’est ce pas ? Bien. » Sa langue vint dessiner un rond sur le fond de sa joue. Péniblement, il se concentra.

« Les handicaps mentaux trop importants n’étant pas géré ici, nous allons devoir écarter quelques cas les plus dramatiques mais je refuse de manquer de dispenser ce genre de conseils préventifs à des élèves sous prétexte qu’ils sont autistes. Le handicap n’empêche en rien la sexualité. Ils ne sont après tout ni anormaux, ni asexuels pour ce que nous savons. »

Son regard s’assombrit un rien.

« Par contre, je ne suis pas certain que la poésie les accroche suffisamment. Vois plutôt dans les extraits littéraires se rapprochant d’un érotisme acceptable… Si c’est trop complexe ou ennuyeux, cela sera un sujet de moquerie bien plus de curiosité. » Mais il n’était pas là pour lui donner des cours sur sa propre profession. « Je partirai sur un acte biologique avec des schémas. Des démonstrations simples, organe sexuel masculin, organe sexuel féminin. Les deux sur un même tableau. Quelques leçons sur les maladies sexuellement transmissibles, sur le plaisir et sur le consentement. Une démonstration pratique et préventive d’un préservatif… à ce sujet, tu en as ou nous allons devoir en acheter ? »

Le matériel n’étant pas à sa disposition, Vitold pensa qu’il laissait une belle ouverture à Ours pour se foutre de lui. Hélas, au niveau de son passeport il n’avait pas pensé à demander un visa du cul pour son pénis. A l’heure actuelle, il avait d’autres priorités.



     

 
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Ours
Ven 15 Sep - 8:12
Un instant il avait retenu son souffle, enfin presque, il avait surtout appréhendé, comme il appréhendait toujours avec les personnes qu’il n’arrivait pas a lire ou du moins a juger. Puis Vitold s’était rendu. Il avait déposé les armes semblait il, il n’avait peut être plus la force d’esprit de protester après s’être fait assener tant de faits étranges. Ce qui fait qu’il commença a lister les problématiques restantes. Il n’avait rien dit sur les autistes, mais pour Vitold il semblait essentiel que ceux ci participent. Les élèves que le professeur de littérature voulait écarter étaient surtout ceux ayant vécu des expériences traumatiques dans le domaine sexuel, il y en avait forcement.

Par contre il se posait des questions pour ce qui était de ceux qui étaient appelés « roulants » par leurs camarades. Peut être devraient il être également dispensés, le bas de leur corps étant totalement paralysé. Il s’en ouvrirait a Vitold, mais encore fallait il attendre que celui ci finisse de parler. Donc peut être que la poésie serait compliqué. Bon. De toute façon il n’allait pas présenter des écrits de Sade donc il devra faire un tri pour ressortir du contenu érotique pas très explicite, de sa littérature. Il voulait parler sentiments, puisque Vitold gérait déjà la mécanique.

En y réfléchissant, si il n’y avait que des rires ce ne serait pas dramatique. Il faisait ca pour les élèves. Ceux intéressés prendront et ceux qui rient tant pis pour eux. On ne pouvait pas parer a toutes les éventualités non plus alors faire parfait ne devait pas être un mot d’ordre, il fallait se contenter de faire au mieux. Puis le Vautour demanda si son collègue avait un préservatif. La question le surprit et était un peu gênante pour lui. Il ne pensa même pas a se moquer de quoi que ce soit, il essayait simplement de savoir si oui ou non il en possédait. Il lâcha tout de même un soupir. Cette histoire avait un cote absurde.

- Je ne voie pas d’objection a ce que les autistes participent et commencer a 14 ans me va. Je me demande simplement si les paraplégiques ont besoin de ce cours, étant paralysés.

Il n’offrit aucune réponse au « on a tous connu l’adolescence ». Sa vie dans ce domaine le concernait tout a fait il n avait pas le moindre désir de s’épancher la dessus.

- Je peux regarder ce que je peux trouver d’intéressant en prose. Mais il s’agit surtout de parler de désir et d’érotisme, la mécanique je vous laisse l’expliquer. Dans le pire des cas on ne peux pas parer a toutes les éventualités et si ca les amuse plus qu’autre chose ce sera tant pis pour eux. On fournit déjà du travail pour les aider, si ils rejettent l’aide je ne vois pas ce qu on peut faire de plus.

Il avait pose sur la table, et ce depuis un moment, les copies du jour qu’il transportait en arrivant. Etrangement ce fut a ce moment qu’il se rappela leur existence.

- Je vais chercher dans mes affaires pour le préservatif.

C’était gênant de dire ça pour lui donc il tenta de regarder ailleurs, la ou le regard du Vautour ne croiserait pas le sien…


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Vautour
Dim 17 Sep - 19:04


Eros & Pothos

Ours



Gentille pudeur un peu surprenante que celle d’Ours à la mention des préservatifs mais tout en haussant un sourcil, ce fut au tour de Vitold d’appliquer ses bonnes résolutions et de ne pas faire un seul commentaire concernant la sexualité du professeur de littérature. Tant que ce dernier ramenait le matériel adéquat il n’avait, après tout, rien à dire là-dessus. Aussi, plutôt que d’approfondir la gêne, ce fut avec un rien de professionnalisme qu’il vint réfléchir sur les cas des paraplégiques et finit par hocher la tête négativement.

« En vérité, le sexe n’est pas impossible pour les handicapés physiques, notamment en fauteuil roulant. Oh je ne dis pas que la machinerie ne s’avère pas être plus complexe que chez les valides, notamment pour les érections… »

Le ressenti du plaisir travaillant avec les nerfs, le message ne passait effectivement plus, ou clairement moins bien, que dans des cas bien plus généraux, pouvant marcher et même courir.

« Mais les zones érogènes étant ce qu’elles sont, et le sexe ne passant pas uniquement par la pénétration, les cours peuvent leur être dispensés et ils peuvent même se sentir plus impliqué si nous leur réservons un encart à leur sujet. Etre paralysé n’empêche pas non plus les MST. Le consentement… le consentement est à appliquer dans chaque cas et ils doivent savoir que le leur importe d’autant plus. »

Venait l’humour, bien évidemment. Les blagues, les rires, les moqueries, le désintérêt, ou la curiosité un peu sordide. La plupart des cas de la Maison ne réagissant pas comme prévues par les Normes d’une Société qui tentait, par tous les moyens, de les repousser, il était important de prévoir et d’y faire face justement pour les ramener à des codes plus abordables. Vautour finit par se lever, le regard un rien plus lointain. Mais déterminé.

« Servons nous de leur plaisanterie. Pour chaque rire, pour chaque chuchotement, nous devrons continuer de nourrir leur intérêt. » Certes, il n’était pas taillé pour l’humour et portait le sérieux de sa condition de thanatopracteur comme l’un de ses costumes. Mais Ours, avec son visage souriant et ses yeux rieurs pouvait largement faire l’affaire. « Si j’explique et que tu te moques, cela sera parfait. Vois cela comme un show et non pas comme un cours. »

Vitold Chokowski, acteur de théâtre. S’il avait su.

« Nous pourrons aussi parler d’homosexualité féminine comme masculine. » Et là s’avançaient les relents de pudibonderie de sa religion comme des lois actuelles. Le Sida commençaient justement à prendre graine dans ces comités restreints de Sodome. Vitold en avait la vision de charnier béat en sueur, de corps abandonnés dans une mer de semence. De baisers multiples et sans visages. De musique assourdissante – bref, de tout ce que les journaux pouvaient lui apporter en ce temps. Cela se transmettait par le sexe, par le sang. Cela pouvait même se transmettre d’un baiser, rapportaient quelques rumeurs. D’une coupure, infectée sur la barre d’un transport en commun. Rien de bien rassurant.

« Le VIH, je vais devoir faire des recherches. » Certes, il allait lui répliquer qu’il n’avait que des gosses à disposition, par la succursale d’une boite de nuit mal famée de quelques unes de ces immenses villes du Nord. Mais les parents, de ces attardés, eux, qu’avaient-ils fait dans leur vie pour en arriver là ? Il avait lu des dossiers – de drogués, de putes. Qui sait s’il n’y avait pas, dans la masse de ces enfants, des séropositifs par inadvertance ? Pas encore diagnostiqués ?

Un frisson l’accabla.

« Nous allons faire en sorte que ces gosses sachent ce qu’ils ont dans leur pantalon. » Et qu’ils apprennent à s’en servir, s’ils souhaitaient le faire.






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Ours
Ven 22 Sep - 16:29
Comme il ne connaissait rien a la mécanique sexuelle des personnes en fauteuil roulant, Ours ne fit aucun commentaire, mais il écouta avec attention. A vrai dire il avait toujours pensé que les tétraplégique ne ressentaient rien a partir du bassin et les paraplégiques ne ressentaient rien a partir de la tête. Vitold et sa science étaient une source de connaissance surprenante et inattendue. Il acquiesça donc a ces informations, bien que certaines choses ne lui étaient pas étrangères. Étant venu avec cette idée, il n’avait cependant aucune idée d’ou cela allait les mener mais il imaginait quelque chose de simple et conventionnel, laissant du temps aux questions et intercalant les deux exposés. Il savait que les intéressés retourneraient le voir le samedi si il n’avait pas compris. Et si les autres restaient ignorant tant pis pour eux, il n’avait pas le pouvoir surhumain de faire apprendre a ceux s’y refusant. Ce cours en soi et en excluant le facteur écoute constituait pour lui un exploit suffisant a réaliser.

La seconde proposition le surprit. Ours avait une disposition naturelle a la plaisanterie et égayait ses propres cours de répliques amusantes. Mais il utilisait cela simplement par moment pour souligner des effets, passer des idées et en terme général il ne constituait pas vraiment un phénomène amusant en lui même. Il souriait plus lorsque la situation le nécessitait ou qu’il était d’humeur que naturellement. La perspective de le faire passer pour un clown ne le ravissait pas.

- Je ne suis pas très adepte du spectacle de clown. L’humour, oui, mais toutes proportions gardées. Je ne me sens pas près a faire le numéro du Pierrot et de l’auguste

Référence qui serait sans doute vaguement explicitée si elle n’était pas comprise par l’auditeur. Pour la suite, l’homosexualité était un sujet qui le dérangeait profondément et il ne se sentait pas particulièrement près a l’aborder surtout devant des jeunes. Il ignorait comment le signifier a Vitold mais sa gène était lisible. En 1992, dans un pays aussi catholique que celui dans lequel il avait grandi c’était hautement prohibé, et si ce n’était par les lois, du moins par la société et la culture. Il ignorait grandement ce qu’en pensait Vitold et ne voulait pas un débat la dessus avec lui, si fortuitement celui ci se trouvait être attiré par les hommes. Il regarda ailleurs. Aux US il avait vite vu que des opinions lui paraissant normales en Croatie, paraissaient étranges voire scandaleuses aux yeux des américains.

Ayant vécu en vase clos au sein de la Maison les dernières années il ignorait ce qu’il pouvait affirmer ou non. Il sauta sur l’occasion de la mention du VIH pour changer de sujet au plus vite.

- Vous comptez leur parler du dépistage ?

Il imaginait que ce point concernerait surtout les futures relations de leur élèves, hors de la Maison, il ne connaissait pas assez le phénomène bien qu’il sache que cela survienne lors des relations charnelles. La dernière phrase lui parut étrange de la part de ce professeur a qui il attribuait une certaine mesure, mais bon si c’était sa façon d’exprimer son implication dans l’affaire.

- Comme ça, à l’avenir on aura au moins l’assurance d’éviter un certain nombre de désastres.

Ours sourit, convaincu d’être un saint homme.


Merci Quenotte:
 
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Vautour
Lun 25 Sep - 21:44


Eros & Pothos

Ours



Ours, d'aimable, venait de passer d'une sympathie exubérante à un malaise palpable et n'osant pas le questionner sur l'origine d'une gêne aussi profonde, Vautour le laissa continuer sur ses propositions, haussant une épaule pour souligner le désintérêt du professeur à jouer les comiques de circonstance.

S'il voulait le faire plus sérieusement, cela ne le dérangeait en rien. Bien au contraire. Mais la référence lui manqua sur l'instant. Pierrot et l'auguste ? Une scène de théâtre ou de marionnettes ?

« Je compte leur en parler oui. » Assura-t-il d'une voix posée, ne souhaitant pas faiblir face à un refus potentiel. « Cette maladie touche mortellement. Nous savons uniquement comment nous pouvons nous en protéger... »

S'ils n'étaient pas mariés, s’ils n’étaient pas rangés comme la société voulait qu’ils le soient, ils étaient possiblement enclins à mener une vie plus libre en compagnie d'une catégorie de la population plus pauvre et disponible. Évidemment, ils ne devaient pas en parler. Évidemment, en faire mention pouvait lui coûter son travail. Évidemment, si cela arrivait aux oreilles du directeur ses ennuis seraient démultipliés.

Seulement il ne parlait plus seulement en tant que professeur, mais avant tout en homme de sciences.

« Nous avons une responsabilité vis à vis de ça. »

Que Ours ne le nie pas.

« Les moeurs de ces enfants ne nous regardent pas. Nous ne pouvons empêcher leur curiosité c'est vous même qui l'avez dit. Sinon nous ne penserions même pas à réaliser ce cours... J'ai votre accord ? »

Mais il n'en doutait pas. Le croate tenait à éviter des désastres et le VIH était le fléau de leur millénaire. Vitold se détendit un rien et finit par se lever.

Le goût de corriger lui était passé.

« Je me retire dans ma chambre. Vous avez mon accord, j'ai le vôtre. Nous travaillerons ensemble pour la création de cet... événement. »

Il s'inclina.

« À moins que vous ayez autre chose à me dire, je vous souhaite une bonne soirée... »






Rigor Mortis
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