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Vivre dans La Maison
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La Rouge
Sam 24 Juin - 3:20




Vivre dans La Maison.

Que vous soyez plus ou moins invalides, handicapés de toutes sortes où simple enfant à problème, issue de familles compliquées et de foyers dispersés, La Maison vous ouvre ses portes. On y jette les enfants dissipés, les adolescents dont on ne veut plus et qu’on ne réclame plus. Certains ont la chance, bien rare, d’avoir dans L’En Dehors des parents aimants, des bras attentifs. C’est sur les doigts d’une main qu’ils se comptent et, soyez réalistes, vous êtes désormais ici chez vous.

La Maison est à la fois colossale et minuscule, petit univers cloîtré au cœur des bois. Un camion de ravitaillement passe chaque lundi, transportant nourriture et courriers. Les lignes téléphoniques sont mauvaises, mais existantes, les visites parentales fort rares. Ici, les murs chuchotent et racontent en graffitis des histoires éclatantes. On dort dans des dortoirs aux couleurs de son groupe, on redoute Le Sépulcre et ses Araignées, on rit dans le dos des professeurs, on se cache des éducateurs. Le couvre-feu est un mot parmi tant d’oubliés. La nuit, on joue aux cartes, on boit, on fume et on refait le monde au fil des couloirs, sur deux pattes ou à roulettes. On passe commandes aux professeurs complices d’un tas d’objets – livres, vinyles et autres – qu’on entasse, qu’on collectionne. On fait des amulettes protectrices, des tisanes expérimentales.  

On apprend l’enfance, et à grandir aussi.

La Maison vous garde, vous punit et vous aime. Elle est la meilleure mère que vous ayez eue, et de loin.

Généralités


Le Nom et Le Groupe.


Le Nom est donné en fonction des caractéristiques frappantes de chacun. Aussi, il peut être totalement désignatif comme plus complexe. Un jeune arrivant peut décider, au cours de sa vie dans La Maison de changer de nom pour quelque chose correspondant davantage à ses attraits actuels.
De la même manière, les changements de groupe sont fréquents pour peu que l’on ose adresser l’idée à son chef.

Vie quotidienne.


Les pensionnaires participent à des cours, plus ou moins ponctuels, sous la surveillance de professeurs vacataires. Le reste du temps, ils sont surveillés par des éducateurs vivants sur place. Il arrive fréquemment qu’ils ne se rendent pas aux cours et au repas. Le niveau scolaire de La Maison est quelque peu bancal dû à la vétusté des lieux. Les pensionnaires ont temps libre la plupart des après-midi.

On mange à La Cafetière, grand réfectoire théâtre d’affrontements quotidiens. C’est un endroit stratégique où se mêlent et se dénouent bien des accords et où les groupes s’affrontent officieusement dans tout leur paraître. On y règle les affaires urgentes sous couvert de rassemblements généraux semblables à des tribunaux. Les pensionnaires possèdent des dortoirs, un par groupe, plus ou moins fantasques selon les inclinaisons de chacun. Ils y entassent des objets et des possessions par piles entières, y vivent, s’y réfugient comme dans sanctuaire. Les visites entre dortoirs sont fréquentes. Chaque dortoir possède sa propre salle de bain adjacente, pensée pour l’accueil des invalides. L’établissement met également à disposition des toilettes publiques ainsi que des chambres pour ses employés à temps plein.

Chaque groupe possède, au sein de son dortoir, ses propres habitudes, traditions et manies. Aussi, on ne fera pas mention du magazine de lingerie sacré des Rats, ni de la bouilloire légendaire des Cerfs…

L’Infirmerie, nommée le Sépulcre est occupé par les Araignées, corps médical de La Maison. Contrairement aux éducateurs, ils ne sont en rien forcés de rester sur place bien qu’ils en aient la totale possibilité. Parmi les enfants, on craint le Sépulcre, lui offrant une réputation funèbre. L’on dit que c’est là-bas qu’on file en cas d’avenir désespéré. C’est également l’endroit le plus propre de La Maison. On y conserve les dossiers médicaux et le suivi de santé – physique comme psychologique – de chaque pensionnaire. Une visite médicale est par ailleurs organisée tous les deux mois.

Les murs sont la toile des enfants. On y dessine, on y inscrit des messages, des vers. On y échange des mots, de véritables conversations. Avant chaque Septembre, les murs sont repeints pour tenter de refréner les pulsions créatives. C’est l’occasion pour les pensionnaires de reprendre possession des lieux une fois encore. Ainsi, la vie suit son cours avec les saisons. La forêt alentour fascine, on accueille bien volontiers les animaux s’approchant de trop près.

Entrer et sortir de La Maison.


L’Arrivée.


Les nouveaux pensionnaires de tous âges arrivent par groupes, en Septembre. Si l’Eglise et Le Grand Pape se chargent d’une annonce officielle dans le hall, c’est aux plus vieux de faire respecter leur propre loi.

La nuit tombée, on les mène au réfectoire et les délibérations commencent. A leur tête, leurs manies ou leur handicape, Parrains et Marraines décident des nouveaux noms qu’ils conserveront dès lors entre ces murs. On inscrit les patronymes sur des pancartes que l’on passe autour des nouvelles têtes. Ainsi commence La Vente aux Enchères.

Démarrent ensuite les combats. Les chefs des différents groupes s’affrontent (lorsqu’ils le désirent) pour obtenir les premiers le droit de choisir qui viendra gonfler leurs rangs. Le combat est souvent acharné, plus ou moins sanglant. Le chef vainqueur se voit alors encouragé par ses troupes et les noms fusent. On beugle à l’aveugle les choix les plus prometteurs. Le chef seul, en revanche, possède le droit de décision. La Vente aux Enchères se clôture une fois tous les nouveaux pensionnaires répartis. Bien souvent, Les Cygnes se contentent de ceux dont l’on n’a pas voulu quand les autres groupes se partagent la marmaille.

L’expérience est souvent traumatique pour la plupart des arrivants.

Les Départs.


Ils sont synonymes de terreurs et arrivent pourtant chaque année.
Les adolescents de dix-huit ans sont contraints de quitter La Maison à chaque Juillet. De s’arracher à elle pour retourner à L’En Dehors. Le Grand Pape prononce un nouveau discours dans le hall. On s’embrasse, on s’enlace, un peu pincé, sans trop rien dire.
Puis viennent les incidents. Parfois quelques jours avant, souvent pendant. Parfois, ce sont des suicides, des bagarres bestiales qui éclatent entre les pensionnaires. Des crises de panique, des fugues. L’Année précédente, Banshee, ancien chef des Cerfs s’est tout simplement volatilisé sans laisser la moindre trace, laissant derrière lui bon nombre de rumeurs. Quoi qu’il arrive, les Départs se soldent toujours par une catastrophe.

Ceux d’il y a sept ans auront marqué les esprits de par leur violence et peu osent encore en parler. Les plus jeunes de l’époque sont désormais proches, eux aussi, des derniers jours à venir et se souviennent. Ils se souviennent du carnage sanglant, des lames de rasoirs éparpillées. Des pendus dans les chambres. Aujourd’hui, on susurre à mi-voix le nom du Grand Massacre. Depuis, des mesures drastiques ont été prises par les éducateurs pour minimiser les dégâts et les incidents piètrement étouffés.

C’est bien par chance que la plupart des parents ne prennent guère la peine de revenir chercher leurs marmots et n’ont que faire de leur sort. Seules quelques fugues et arrachages de cheveux en règle ont été à déplorer quand les anciens pensionnaires ne se font pas simplement embaucher sur place par la suite.

L’En Dehors est terrible, montagne insurmontable pour la plupart des enfants reclus depuis des années dans leur propre société. S’adapter à l’extérieur leur est difficile, parfois impossible. Peu de chances s’ouvrent à eux à leur sortie. Foyers, diplômes professionnels et études pour les plus chanceux.

Mais ce qui sort de La Maison n’est plus que poussière et il est rare que l’on entende parler des anciens pensionnaires après les Départs.

Tous craignent les derniers jours, redoutent les dix-huit ans fatidiques.

Tous cherchent à s’y soustraire. A faire durer encore, rien qu’un peu, cette illusion invincible.

Mais même une fois dehors, La Maison vit toujours en vous.

Les traditions de La Maison.


Les évènements notables.

Le Marché.


Il est organisé régulièrement dans l’année, on ne sait jamais bien de quelle initiative. On colle des affiches, on annonce en grande pompe. Le Marché est une cohue sans nom prenant place dans le hall. Les pensionnaires y vendent leurs objets, le plus souvent étendus sur des couvertures, leurs trouvailles et autres fabrications artisanales. On y troc plus exactement.

Les prix et les valeurs des échanges sont variables, totalement subjectives et dépendent en grande partie du négociateur d’en face.

C’est un évènement extrêmement prisé des enfants et une importante source d’animation et d’excitation. Certains s’y préparent bien qu’on ne sache jamais à l’avance les dates des Marchés. On y trouve, au hasard, des amulettes protectrices, des remèdes et des tord boyaux fait maison, des colliers de perles et de noix, des vêtements haut en couleur, des vinyles, des affiches, quelques cartes peu catholiques, des talismans, des outils, des carnets, etc…


Les Coups d’État.


Il arrive régulièrement qu’au cours des années, les chefs se confrontent et s’affrontent. Quelques tensions, des mots échangés en semaine et voilà le combat engagé. Les chefs sont défiés. Par leurs pairs, par les membres d’un autre groupe, par leurs propres subordonnés. S’en est pratiquement devenu un spectacle quotidien, une savante mise en scène. Les pensionnaires se réunissent, souvent dans le hall, se tiennent la main pour former un cercle autour des deux combattants et mieux assister à l’acte.
Tous les chefs, en revanche, ne sont pas bons à défier. Ceux ayant su se maintenir des années durant sont rares et ces nuits se chargent bien de rappeler à certains qu’ils n’ont simplement pas les épaules nécessaires pour ce rôle. Les batailles sont bien souvent sanglantes et se soldent parfois, impitoyables, par la mort du vaincu. Les enfants sont suffisamment solidaires pour faire passer cela pour un incident auprès des adultes. Les secrets demeurent dans les murs, dans le grenier et sous le plancher. On sait se taire, c’est naturel.

Jusqu’au prochain chef, jusqu’à la prochaine danse.

La Nuit des Contes.


Plusieurs fois au cours de l’année, les pensionnaires se réunissent et se mélangent parfois entre groupes dans divers dortoirs. Cette cérémonie est particulièrement prise au sérieux, importante et codifiée. C’est l’occasion pour tous de voir chez les plus excités des traits insoupçonnés de patience.

Chaque enfant est invité à raconter une histoire, une épopée à ses congénères. Les autres, à l’écoute, sont dans l’interdiction de l’interrompre. Ce n’est qu’une fois l’histoire achevée que les spectateurs sont autorisés à débattre, questionner et discuter. Tout manquement à ces règles relèverait de la plus grande impolitesse. On prépare pour ces nuits des repas spéciaux que l’on emmène dans les chambres, on s’y attelle avec ferveur. Elles sont rarement prévues à l’avance. La plupart du temps, les pensionnaires sentent instinctivement quand le temps est venu pour une nouvelle Nuit des Contes.

Les histoires contées lors de ces soirées sont en réalité les expériences de chacun dans L’Envers, mêlées à leur propre passé et réalité. Les histoires se poursuivent souvent jusqu’au petit matin.

L’Envers et son folklore.


Les Sacrifices.


Quelque chose dort dans les murs. Cela vit, cela pulse et cela a faim. La Maison personnifiée réclame sa pitance et ses enfants sont tout disposés à la lui offrir. Cette nuit annuelle se déroule une semaine après les Arrivées, le temps pour chaque chef de choisir parmi les nouveaux de son groupe en marmot à sacrifier. Le plus souvent, les mauvais comportements et les pleurs jouent davantage qu’une quelconque forme de courage.

La Maison est bestiale, cette nuit-là et écoule tout son Envers à tel point que même les Effacés sont bien contraints de s’y soumettre. Cette cérémonie se déroule dans le plus grand secret, loin des adultes, dans la cave. On conduit les agneaux à l’abattoir sous les regards de chacun et, pour nourrir La Rouge, on leur sectionne la première phalange du pouce. Le tout fourré dans une assiette ébréchée est envoyé à La Maison et ce qui y dort, en signe de reconnaissance. De dévotion. Un chef se refusant au Sacrifice serait sévèrement puni par des moyens qu’il est inutile de mentionner. L’image est cauchemardesque, hante les plus jeunes, torture les grands.

Il y a quatre ans, La Grande Rouge en personne est apparue.

La Nuit la Plus Longue.


Les horloges se détraquent, le temps suspend son cours. Le soleil ne se lèvera plus avant longtemps. Cette Nuit annuelle marque l’instant où L’Envers prend le pas sur la réalité quotidienne des lieux. Pour les enfants comme pour les adultes, il est impossible d’ignorer cet instant où les murs ne sont plus une limite. Où l’univers se distord, vous transforme, transforme les autres et votre perception. La Maison est souveraine, reine en son propre royaume et certains se plaisent à l’arpenter de la sorte. D’autres encore demeurent solidement nichés à leurs chambres, se protégeant du mal sans parvenir à y rester insensible.

C’est une expérience fantasmagorique. Marquante, intime, même pour un Sauteur qui aime à basculer quand bon lui semble. Les Tombants y sont nécessairement plus ouverts, les Effacés, titillés, attirés par la magie imaginaire qui découle de l’endroit.

Et quand le matin se libère, parvient enfin à percer, que les horloges reprennent leur avancée, vous n’êtes déjà plus tout à fait pareil. La Maison vous a changé, a possédé, l’espace d’une nuit, une prise sur votre cœur. On en ressort secoué, déboussolé.

Elle est le théâtre de nombreux accidents, les plus perfides profitant de l’instant pour blesser quand ce n’est pas tout simplement La Rouge qui, dans sa sauvagerie, entaille et malmène. A l’instar de La Nuit des Contes, on sent par avance son arrivée plus qu’on ne la prévoie réellement.


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