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"Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" [Cicatrices] *Finie*
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Cicatrices
Ven 11 Aoû - 18:54


ft. Kenny McCormick - South Park

fiche médicale
Sous les Briques
Mikie, 25 ans. J'ai 4 ans d'expérience dans le rp sur forum. J'ai connu celui-ci grâce à Pieds-nus. Le contexte me plait beaucoup, alors me voilà. :)

A bientôt ! :)


nom : Cicatrices, pour ces grandes traces qui scindent ses poignets, pour tous ces stigmates rosés qui colorent sa peau à certains endroits de son corps. Et pour les marques, invisibles et plus profondes, qui lassèrent son cœur.

âge : 16 ans.*20 mars 1976*

âge d'arrivée : 15 ans.

origines : Américain.

groupe : Cerf ou Loirs, j'hésite.

rang : Distributeur de pansements.

rôle : Membre, il soigne les petits bobos de tout le monde et calme les gros chagrins des plus jeunes.

affiliation avec l'envers : Tombant.

raison de l'admission : Désespérée par sa tentative de suicide, sa famille d’accueil a décidé de l’envoyer là-bas, sur les conseils d'un psychologue, dans l’espoir qu’il y soit aidé.

Comment votre personnage perçoit-il La Maison, son folklore et ses traditions ? —

A ses yeux, La Maison est une étrange entité qui, parfois, semble vivante. Il trouve la bâtisse peu rassurante et ne se risquerait pas à arpenter ses couloirs seul au bon milieu de la nuit, même pour aller aux toilettes.

S’il a d’abord était surpris et choqué par les curieuses coutumes des lieux, il a vite compris qu’il en était ainsi depuis bien longtemps et que les plus anciens pensionnaires ne faisaient que perpétuer la tradition. Alors comme les autres, il s’y est plié sans broncher. Car de toute façon, qui est-il pour vouloir changer les règles ?

Comment perçoit-il L’Envers ? —

L’Envers, pour lui, c’est quelque chose de surnaturel, d’irréel et d’inexplicable. Un cauchemar bien réel dans lequel il se retrouve plongé malgré lui et dont il a toujours du mal à se tirer. Il n’aime pas cet endroit inquiétant et malsain. Et si sa forme, semblable à un loup, lui donne quelques avantages, il préfèrera fuir pour semer les choses qui le pourchassent jusqu’à ce que cet étrange monde le recrache.

Quel est son avis sur les adultes/enfants ? —
Si au début il avait l’impression d’être entouré par les membres d’une secte d’adorateurs vénérant un dieu cruel et sans pitié, il a fini par s’attacher à tout ce petit monde et à les apprécier à leur juste valeur. Il en apprécie certains plus que d’autres et évite de se frotter à quelques autres.

Quant aux adultes, ils se demandent pourquoi ils sont là. Sinon, il n’a pas d’avis particuliers sur eux.
Pensées en l'air

Quand il est arrivé, il s’est demandé pourquoi on l’avait envoyé dans un centre pour enfants handicapés. Mais il s’est rapidement rendu compte qu’il n’y avait pas que des handicapés, mais aussi des non-désirés, des laissés pour compte, des rejetés, comme lui. Alors il a vite trouvé sa place parmi tout ce petit monde.

Sa famille d’accueil lui envoie de l’argent deux fois par mois et lui téléphone de temps en temps.

Il a appris à jouer de la guitare en autodidacte. Il en jouait plutôt bien avant sa tentative de suicide. Depuis, il a un peu de mal. Il possède d’ailleurs une guitare sèche.

Il se balade souvent avec son walkman.

Il s’y connait un peu en botanique. Il possède un livre sur les plantes médicinales qu’il garde précieusement. Il s’y connait aussi un peu en remède de grand-mère. C'est vers lui qu'on se tourne en cas de petit bobo car il a toujours un pansement dans sa poche.

Il fume de temps en temps, toujours dehors. Il troque volontiers ses paquets de cigarettes contre des cassettes audio de ses groupes favoris.

Fragment d'Âme

Les yeux bleus, le regard doux. Sauf quand il est seul. Les cheveux blonds, toujours en bataille. Ils sont un peu rebelles. Le visage un peu pâle, toujours orné d’un léger sourire. Sauf quand il est seul. Un petit mètre soixante-dix, dans la moyenne. Pas très épais, mais pas squelettique non plus. Il aime les jeans et les sweat à capuche, surtout celui de couleur orange, complètement délavé. C’est son préféré. Il ne porte jamais de t-shirt, ni de short. Il préfère cacher les stigmates rosés, plus ou moins circulaires, parsemés sur ses bras et ses jambes. Ainsi que les cicatrices linéaires qui fendent ses poignets.

Il est sociable, le petit. Et gentil aussi. Il aime bien s’occuper des autres, surtout des plus jeunes. Comme ça, pour le plaisir. Il n’attend rien en retour. Ni remerciement, ni gratitude. Pour lui c’est juste normal. Il donne aux autres l’attention qu’il n’a pas eue quand il était gamin, mais ne s’attend pas à ce qu’on en fasse de même pour lui.
Il ne nie pas son passé, il fait partie de lui. Ces épreuves l’ont forgé, ont fait de lui ce qu’il est maintenant. Cependant, il évite de l’évoquer ou de trop s’attarder sur les détails. Certaines choses sont encore douloureuses.
Il aime la compagnie des autres, discuter avec eux, rire, se chamailler. Mais il aime aussi être seul. Alors parfois, souvent, il s’isole. Il se cache là où on ne peut pas le trouver, il marche là où ne peut pas le suivre. Casque audio sur les oreilles, volume à fond. Couper du reste du monde. La solitude est une vieille amie dont il a du mal à se séparer.
Le Début du Conte

Ferme les yeux mon garçon. Que vois-tu ?
Ma mère.

Parle-moi d’elle.
Non.

Allons, ne sois pas timide.
Non, je ne veux pas.

Pourquoi ?
Elle me fait peur.

Tu n’as rien craindre ici, elle ne peut plus rien te faire. Parle-moi d’elle.
C’était une femme horrible. Une ratée, une moins que rien.

Pourquoi dis-tu cela ?
Elle ne travaillait pas. Elle passait son temps à boire et chaque soir, elle ramenait un homme différent à la maison. C’était horrible. Et puis, à cause d’elle, je n’avais pas d’amis. Les autres à l’école m’évitaient et se foutaient de moi. Ils m’insultaient aussi. Je la détestais. De toute façon, elle ne m’aimait pas non plus.

Pourquoi penses-tu qu’elle ne t’aimait pas ?
Parce qu’elle me le répétait sans cesse. Tous les jours. Elle me disait qu’elle n’avait jamais voulu de moi, que j’étais sa plus grosse connerie. Je la dégoûtais. Elle me répétait que je n’étais qu’un raté, que je n’arriverais jamais à rien, que je n’avais pas d’avenir. Ses mots étaient bien plus douloureux que ses coups.

Elle te battait ?
Oui, tous les jours. J’avais peur de rentrer chez moi après l’école, mais je savais que si je trainais trop, ça serait pire. J’avais peur d’être dans la même pièce qu’elle, une bêtise, un mot de trop, ça suffisait. Je faisais de mon mieux pour ne pas la regarder dans les yeux, un regard de travers et elle me giflait. Elle me terrifiait. Mais les claques, les coups de poing et de pied, ce n’était pas le pire.

Qu’est-ce que c’était le pire ?
Je ne veux pas en parler.

Tu n’as rien à craindre, dis-moi.
Non, je ne veux pas. Je veux oublier. Laisse-moi tranquille.

Je ne peux pas faire ça. Tu dois me parler. Raconte-moi.
Le pire c’était… les brûlures de cigarette qu’elle me faisait quand elle avait trop bu et qu’elle se souvenait de mon père. Je lui ressemblais, apparemment, et ça ne lui plaisait pas. Alors elle me brûlait les bras, les jambes, les pieds avec ses cigarettes en me crachant des horreurs à la figure. Je crois que ça l’amusait. Je n’avais pas le droit de crier, sinon j’étais puni. C’était pareil quand elle me frappait. Elle ne me blessait jamais le visage, elle ne voulait pas qu’on sache quel monstre elle était. Voilà, je t’ai tout dis.

C’est bien. Continuons. Parle-moi de ton père.
Je n’ai rien à dire sur lui, je ne le connais pas. Je ne sais même pas à quoi il ressemble.

Je vois. Maintenant, dis-moi, qu’est-il arrivé à ta mère ?
Elle est en prison.

Comment est-elle allée en prison ?
J’ai dit qu’elle ne me blessait jamais au visage pour ne pas qu’on sache qu’elle me battait. Mais un jour, en faisant la vaisselle, j’ai cassé un verre. De colère, elle m’a lancé une bouteille de bière dans la figure. Cela m’a laissé un énorme bleu au visage. L’institutrice de ma classe a prévenu le directeur de l’école, qui m’a convoqué dans son bureau. Ils m’ont posé des questions. J’ai tout avoué et je leur ai montré mes bras. J’ai pleuré. J’ai beaucoup pleuré même, mais j’étais tellement soulagé de pouvoir enfin en parler à quelqu’un.

Que s’est-il passé ensuite ?
Le directeur a appelé les services sociaux. Quand ils sont arrivés, j’ai de nouveau tout raconté, mes bras comme preuve. Après, une dame m’a emmené dans un foyer d’accueil et la police a arrêté ma mère. Il y a eu un procès et elle a été condamnée.

Et que t’est-il arrivé après ?
Je suis resté un peu au foyer. Il y avait plein d’autres enfants de mon âge, d’autres plus jeunes et d’autres plus âgés.

Quel âge avais-tu ?
J’avais dix ans.

Tu te plaisais au foyer ?
Oui. Les gens étaient gentils et les autres gamins jouaient avec moi. J’aimais bien m’occuper des plus jeunes que moi, j’avais l’impression d’avoir plein de petits frères et de petites sœurs. Et puis, je mangeais à ma faim et je dormais bien la nuit.

Tu y es resté longtemps ?
Non. Un mois après mon arrivée, une famille m’a accueilli. Ils étaient très gentils aussi. Ils avaient une grande maison avec un jardin, j’avais des frères et sœurs et un père. Ils s’occupaient bien de moi. Comme une vraie famille. J’étais heureux…

Que s’est-il passé ?
Je suis retourné en classe. Mes parents m’avaient inscrit dans une nouvelle école, aucun élève n’était au courant de ce que j’avais vécu juste avant. Pourtant, ils me regardaient comme une bête curieuse et chuchotaient sur mon passage. Du coup, je n’osais pas aller vers eux. Alors je suis resté seul. Ça ne me dérangeait pas, j’avais l’habitude. Les premières semaines, se sont bien passées, même si personne ne venait me parler. Et puis, il y a eu ces petits merdeux qui se croyaient au-dessus de tout le monde.

Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?
Au début, ils m’embêtaient en se foutant de moi, rien de méchant. Je ne faisais pas attention. Mais ça ne leur plaisait pas qu’un « looser » comme moi les ignore. Donc ils se sont mis à me pousser dans les couloirs et à me piquer mes affaires pour les balancer n’importe où. Et surtout dans les toilettes. Mais comme je ne disais rien, que je n’essayais pas de les arrêter, ça les agaçait. Alors ils ont commencé à s’en prendre physiquement à moi. Ils m’entrainaient dans les coins isolés de l’école pour me voler mon argent de poche et me donnaient quelques coups au passage parce qu’ils n’aimaient pas ma tête, parce que je les énervais. Je ne me défendais jamais. A vrai dire, j’avais peur de me défendre.

Pourquoi avais-tu peur ?
J’avais peur de ressembler à ma mère si je frappais les autres. J’avais peur de décevoir ma nouvelle famille si je me montrais violent. Alors je ne faisais rien. Mais ces petites frappes étaient de plus en plus violentes chaque jour. Si bien que de nouveaux bleus ont commencés à apparaitre çà et là sur mon corps. Et ça n’a pas échappé à ma nouvelle mère. Je n’avais pas envie de lui mentir, alors je lui ai tout dit. De nouveau, j’ai pleuré. La situation me pesait bien plus que ce que je voulais croire. Après ça, mes parents ont été voir la directrice de l’école pour lui en parler. Les élèves concernés et leurs parents ont été convoqués. Les quatre gars qui m’embêtaient ont été sanctionnés.

Ça s’est arrangeait après ça ?
Pas tout à fait. Si trois d’entre eux ont arrêté de me persécuter, ça n’a pas été le cas de leur « chef ».

Qu’a-t-il fait ?
Un jour, en sortant des cours, il m’a trainé dans un coin isolé et m’a balancé au sol. Il a commencé à me dire que je n’étais qu’un looser, qu’à cause de moi il s’était pris le pire savon de sa vie par ses parents et que j’allais le regretter. Avant que je ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, il s’est mis à me frapper de toutes ses forces. Au visage, dans les côtes, sur les jambes, sur les bras. Il me faisait mal. Ça m’a rappelé ma mère.

Et qu’as-tu fais ?
J’ai explosé. J’en avais assez d’être opprimé, assez d’être constamment rabaissé, humilié, insulté, frappé. J’en avais assez qu’on me fasse chier, qu’on m’en mette plein la figure tout le temps. J’en avais marre d’être le souffre-douleur de tout le monde, d’être toujours le seul à souffrir en silence et à pleurer la nuit. Alors pour la première fois de ma vie, je me suis défendu. Ça m’a tellement soulagé que je me suis mis à hurler comme un fou. Je ne pouvais plus m’arrêter de le frapper, ça faisait tellement de bien d’évacuer toute cette frustration. Il a fallu deux profs pour m’arrêter et nous séparer.

Que s’est-il passé après ça ?
Le gamin a été envoyé aux urgences. Je m’étais tellement défoulé que je lui aie cassé le nez. La directrice de l’école ne pouvait laisser passer un tel acte de violence, alors j’ai été renvoyé définitivement.

Et comment ont réagis tes parents ?
Ils étaient furieux, bien sûr. Mais le pire, ce n’était pas ça. C’était le regard dégoûtait et déçu qu’ils ont porté sur moi. Il était similaire à celui que ma mère avait à chaque fois qu’elle posait les yeux sur moi. C’était douloureux de supporter à nouveau ce regard.

Qu’ont-ils fait ensuite ?
La pire chose qu’on puisse faire un gamin. Ils m’ont abandonné. Ils ne voulaient pas d’un enfant violent, disaient-ils. Il s’est battu une fois, il recommencera forcément, répétaient-ils. Ils m’avaient donné une chance de m’en sortir, se rassuraient-ils. Alors ils m’ont ramené au foyer d’accueil et sont partis sans même me dire au revoir, sans même un regard en arrière. C’était la première fois de ma vie que je ressentais pareille douleur à l’intérieur de moi.

Qu’est-il advenu de toi après cela ?
Après cet abandon, je me suis enfermé sur moi-même et j’ai décidé de ne plus faire confiance à personne. A cause de ce qui s’était passé, je suis resté un moment au foyer. Personne ne voulait d’un môme violent. Et les choses ne se sont pas arrangées. Qu’importe dans quelle école on m’envoyait, les choses se déroulaient toujours de la même façon. Mais j’en avais marre d’être persécuter tout le temps, alors je me défendais et ça finissait de la même manière. Les éducateurs du foyer me reprochaient constamment mon comportement violent, mais ils ne comprenaient pas que j’en avais plus qu’assez de me faire constamment embêter par les autres. Je n’en pouvais plus de tout ça.

Combien de temps cette situation a-t-elle durée ?
Deux ans.

Qu’est-ce qui a fait changer les choses ?
Un idiot est entré dans ma vie.

Raconte-moi.
Une famille d’accueil avait finalement décidé de me venir en aide et m’a donc pris en charge. J’ai été inscris dans une nouvelle école et comme toujours, j’étais seul. Un midi, en allant à la cantine, une bande de petites racailles m’a trainé à l’écart pour me piquer mon argent. Bien sûr, je ne me suis pas laissé faire. C’est à ce moment-là qu’il a débarqué, surgissant de nulle part. Avant que je ne comprenne ce qui se passait, mes raquetteurs avaient fichu le camp. Alors que j’étais par terre, il m’a tendu la main avec un grand sourire et m’a dit qu’il valait mieux que j’aille à l’infirmerie avant que ma lèvre ne gonfle de trop. Je n’ai rien dis et j’ai suivis son conseil. Sans que je ne lui demande rien, il m’a accompagné. Sur le trajet, il n’arrêtait pas de parler. Mais je ne l’écoutais pas.

Pourquoi ?
A ce moment-là, je me fichais de ce qu’il me racontait. Je me fichais de lui et de sa vie. Je ne voulais pas me faire d’ami et je ne voulais pas qu’il reste avec moi. Alors quand nous sommes arrivés à l’infirmerie, je l’ai remercié et je lui ai dit de me laisser tranquille.

T’a-t-il écouté ?
Non, puisque c’était un idiot. Ce même jour, après les cours, il m’a suivi tout le long du trajet. Bien sûr, il n’a pas arrêté de parler. Mais cette fois, je l’ai écouté. Un peu. Il s’appelait Craig et il habitait dans le même quartier que moi. Cela voulait dire que j’allais me le coltiner tous les jours, du matin au soir. Et si au début il m’agaçait, avec le temps j’ai fini par l’accepter et l’apprécier. J’ai appris à le connaitre et à lui faire confiance. C’était un bon gamin, d’une incroyable gentillesse. Je me suis même souvent demandé pourquoi il restait avec moi.

Il a changé ta vie, n’est-ce pas ?
Oui. Avec lui à mes côtés, je retrouvais doucement le sourire et les choses sont devenues plus simple. Les bagarres ont cessées et j’ai réappris à m’ouvrir aux autres et à leur faire confiance. La vie m’a alors parue plus belle, plus douce. Et il m’est devenu indispensable. C’était un ami précieux. A mes yeux, il était comme une lumière qui éclairait mes ténèbres.

Parle-moi un peu plus de lui, de votre amitié. Du temps que tu as passé avec lui.
Comme je te l’ai dit, il s’appelait Craig. C’était un gamin d’une grande gentillesse qui abordait les gens sans arrières pensées. Il était peut-être un peu naïf sur les bords. Il avait une passion étrange,c’était la botanique. Il connaissait les noms bizarres de plein de plantes et connaissait les vertus de chacune d’elles. Il m’en parlait toujours avec enthousiasme mais je ne comprenais jamais rien. Ça le désespérait. Il avait aussi une imagination débordante et inventait des jeux super cool, pour des gamins de douze ans. On s’amusait toujours beaucoup tous les deux. Notre quotidien n’était qu’éclat de rire et bonne humeur. Mais Craig cachait un lourd secret.

Quel était ce secret ?
Il était malade. Une leucémie qu’il combattait depuis l’âge de dix ans. Il le cachait, il ne voulait pas que les gens s’inquiètent pour lui. Gentil et naïf, le p’tit Craig.

Comment l’as-tu su ?
Il a brusquement cessé de venir en cours. Quand je passais chez lui en rentrant de l’école, il n’y avait jamais personne. J’étais inquiet. Et puis un jour, en arrivant en classe, le prof nous a demandé de nous asseoir et de l’écouter calmement. Il nous a dit que Craig était très malade, qu’il était à l’hôpital et que son état était grave. Il y a eu un long silence et puis j’ai fini par demander s’il allait mourir. Le prof a hésité un moment avant de répondre qu’il ne savait pas. Maintenant que j’y pense, si on nous en a parlé ce jour-là, c’est parce qu’il y avait un risque que sa maladie l’emporte.

Qu’as-tu ressentis ?
De la peur. Je crois que je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie qu’à ce moment-là. Je ressentais aussi de la tristesse. Je ne voulais pas qu’il meurt. Je ne pouvais pas imaginer un monde sans lui.

Qu’as-tu fais ?
En rentrant chez moi, après les cours, j’ai supplié mes parents de m’emmener à l’hôpital. Je voulais le voir. Je devais le voir. Pour me rassurer, pour calmer l’angoisse qui m’agitait. Mon père a accepté et il m’a emmené. Mais arrivé devant la porte de sa chambre, j’étais mort de trouille. J’avais peur de ce que j’allais voir. Et puis, j’ai fini par prendre mon courage à deux mains et je suis entré.

Et qu’as-tu vu ?
Craig alité, des fils partout, le teint pâle, la mine fatiguée. Il était entouré de sa famille et il souriait. Ma peur et mes angoisses se sont envolées quand j’ai vu son sourire. J’étais soulagé.

Et comment a-t-il réagis en te voyant, lui qui ne voulait pas qu’on sache ?
Il était surpris au début. Puis son visage s’est illuminé. Il m’a fait signe de venir et je me suis approché timidement. Il m’a dit qu’il était heureux de me voir. Je me suis mis à pleurer, moi aussi j’étais heureux de le voir. Ça l’a fait rire et il s’est moqué de moi. Malgré tout, il avait l’air d’aller bien. Enfin, il avait le moral. Peut-être qu’il était soulagé de ne plus avoir à cacher sa maladie.

Et ensuite ?
Ensuite, j’allais lui rendre visite tous les jours après les cours et je passais tous mes samedis avec lui. On discutait, on jouait, on s’occupait. Et il a fini par aller mieux. Il n’était pas guéri, mais il était hors de danger. Pour un temps. Il est sorti de l’hôpital et la vie a repris son cours.

C’est tout ?
Non.

Raconte-moi.
C’est dur.

Je sais. Aller, dis-moi.
Le temps s’écoulait, on grandissait. On était toujours amis, toujours complices. On allait en cours, on riait, on draguait. On faisait la fête, on buvait, on s’amusait. On vivait nos vies d’ados. Et puis un jour, tout s’est arrêté.

Qu’est-il arrivé ?
Son état de santé s’est détérioré et il a été hospitalisé. Son cancer progressait rapidement. Les médecins lui faisaient subir des traitements différents pour arrêter sa progression, mais rien ne fonctionnait et Craig souffrait. Malgré toute la douleur qu’il endurait, il gardait le sourire. Il était fort Craig. Et courageux. Il ne flanchait pas et s’accrochait. Et moi, j’étais impuissant. Je ne pouvais rien faire pour l’aider, ni pour le soulager, ne serait-ce qu’un peu. Je ne pouvais qu’être là, à ses côtés pour le soutenir et l’encourager.

Comment ça s’est finit ?
Il s’est éteint.

Et après ?
Tout est devenu noir, fade et sans saveur. Plus rien n’avait de sens. La vie continuait mais pour moi c’était comme si le temps s’était arrêté. Je n’étais plus qu’une coquille vide sans force ni volonté. Je n’avais plus goût à rien. Et ça n’a pas changé malgré le temps qui s'est écoulé.

Et combien de temps s’est-il passé depuis ce jour ?
Un an. Ça fait un an aujourd’hui.

C’est ça que tu fêtes en buvant ?
Oui…

Il te manque ?
Oui. A tel point que ça me fait mal.

Alors rejoins-le.
Pourquoi pas. Si je le rejoins, je serais de nouveau heureux et les autres ne s'inquièteraient plus pour moi.

Alors qu’attends-tu ?
J’ai peur que ça fasse mal.

Dans ton état, tu ne sentiras rien.
Tu as raison.

_________________________________________________________________

Ouvre les yeux, mon garçon.
Où suis-je ? Ça m’éblouis.

A l’hôpital, je crois.
A l’hôpital ? Je suis vivant ?

Il semblerait, oui.
Comment ?

Je ne sais pas.
J’ai mal.

Où as-tu mal ?
Aux poignets.

Tu peux les bouger ?
Difficilement, mais je peux.

C’est déjà ça. Que vas-tu faire maintenant ?
Je ne sais pas. Survivre.

Tu ne peux pas vivre ?
Je ne sais pas.

Tu devrais voir ça comme un signe.
Un signe ?

Oui. De la part de Craig. Le signe que tu dois continuer à vivre, même si c’est difficile.
C'est bizarre.

Pas tant que ça. Ça peut être une bonne raison de t'accrocher.
Tu as raison. Dans ce cas, d’accord. Je vais vivre. Pour Craig.

C’est bien.


Tu pleures ?
Oui.

Tu es soulagé d’être en vie ?
Oui.

Alors pourquoi as-tu fais ça ?
Je ne sais pas. J’allais mal, j’étais désespéré. C’était sans doute un appel au secours.

Tu as failli mourir. A ce stade, c’est plus un cri de détresse.
C’est vrai, oui.

Que va-t-il se passer maintenant ?
Je ne sais pas. De toute façon, ça ne pourrait pas être pire.

Non, c’est vrai. Ça ne pourra qu’aller en s’améliorant.
Oui, je crois. Je suis fatigué.

D’accord. Alors ferme les yeux, dors. Et demain, recommence à vivre.

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Pieds-Nus
Ven 11 Aoû - 19:01
Hello et bienvenue! ^0^ Je ne pensais pas que tu viendrais si vite. ^^ Bon courage pour ta fiche. J'ai hâte de voir quel tordu tu vas jouer. <3


Lorian gribouille en #99cc66.


Forme dans l'Envers:
Spoiler:
 


Opaline, doudou favori:
Spoiler:
 

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Cicatrices
Ven 11 Aoû - 19:12
Hello ! :3

Je ne pensais pas venir si vite non plus, lol ! xD

Merci ! Je tâcherais de la finir rapidement. ^^



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Raspoutine
Ven 11 Aoû - 19:55
Bienvenue parmi nous Blanche Neige :D Voilà donc la relève albinos de notre regretté Banshee. Puisses-tu être moins.... plus.... HUUUH.
En espérant que tu passes ici une future et cinquième (ET PLUS) année à rp sur forum ! Je suis curieux de voir quel nouveau Loir nous rejoint et quel évènement traumatisant a cousu les lèvres de ce petit être blafard que tu nous croques ici ~ (du sang, du sang, du saaaang)


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Merci à Fantâche pour mon avatar <3
Award du plus beau parleur (mais pas suffisamment pour réussir son coup):
 
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Cicatrices
Sam 12 Aoû - 11:42
Bonjour Raspoutine ! :)

Merci, merci. Je ne sais pas si je saurais à la hauteur de Banshee, mais je ferais de mon mieux. :)
La fiche avance doucement, mais sûrement. Et pour ce qui est du sang, oui, il y en aura. ^^

A bientôt j'espère ! :)


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Brèche
Sam 12 Aoû - 21:27
Bienvenue les rangs des Loirs se remplissent. excited Je suis curieuse d'en découvrir plus sur ce Blanche Neige aux lèvres closes. Mon personnage ira probablement confier ses peines et ses déboires dans le creux de ton oreille.



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Feu/Brèche par Fantôche
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Moustache
Sam 12 Aoû - 21:51
Bienvenue parmi nous Blanche.

J'aime beaucoup le fait que de ce que j'ai compris elle n'est pas vraiment muette, mais c'est plutôt que la terreur a eu pour conséquence de lui coincer la voix au fond de la gorge.

Bon courage pour la fin de ta fiche. o/


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Cicatrices
Sam 12 Aoû - 22:36
Bonsoir vous deux et merci pour votre accueil, ça fait plaisir. :)

Brèche : Blanche ce fera un plaisir de t'écouter. ^^

Moustache : En effet, c'est la terreur et le traumatisme engendré par ce qu'il a vu qui l'empêche de parler. ^^

A bientôt ! :)


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Raspoutine
Jeu 21 Sep - 15:52
Coucou Cicatrices. :D J'ai lu ta fiche et je suis prêt à te valider, mais avant ça, je voudrais savoir ce qu'il en est du groupe de ton personnage : j'aurais plutôt tendance à le faire entrer chez les Cerfs que chez les Loirs, puisque tu nous fait part d'une hésitation, mais je préférerais savoir ce que tu en penses et si cette hésitation est toujours de rigueur. ^^


- Fiche
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Merci à Fantâche pour mon avatar <3
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Cicatrices
Jeu 21 Sep - 18:26
Coucou Raspoutine. :)

Je t'avoue que j'hésite encore, en fait j'avais besoin d'un avis. Si tu me dis qu'il est mieux chez les Cerfs, alors je suis ton avis. ^^
Ce sera un Cerf donc. :)


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Raspoutine
Jeu 21 Sep - 19:06



Tu es validée


Eeeet j'ai donc le bonheur de t'accueillir parmi les Cerfs, Cicatrices :D. C'était un choix plus judicieux que les Loirs à mon sens, car ton personnage vient en aide à tous sans distinction et fait figure de bon samaritain, notamment pour les plus jeunes ; cette figure de médecin inter-groupe rassurant et emplis de bonté, associée à son âge, à son vécu et à ce que dégage le personnage de manière générale, m'incite à penser qu'il est tout à fait à sa place chez les Cerfs.
Ceci étant dit, j'apprécie beaucoup Cicatrices, un personnage touchant mais pas pathétique, qui malgré son jeune âge, dégage une certaine dignité empreinte de sérénité. Tu as su lui donner un passé lourd sans pour autant sombrer dans le pathos à outrance. Sans une être une âme apaisée, il fait figure de petit rayon de soleil au sein de la Maison et de ses cohortes torturées. Qu'il ait su relativisé et accepté les évènements difficiles de son existence lui confère une présence d'autant plus forte, et qu'il cherche à soigner ses blessures en pansant celles des autres est. TOUT A FAIT ADORABLE.
Alors à nouveau bienvenue parmi nous :D. Heureux que ta fiche ait finalement trouvé son terme !

Pour entrer plus avant dans la danse, je t'enjoins désormais à créer ta fiche de liens et à poster une demande de rp.






- Fiche
- Carnet de liens

Merci à Fantâche pour mon avatar <3
Award du plus beau parleur (mais pas suffisamment pour réussir son coup):
 
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Cicatrices
Jeu 21 Sep - 19:31
Merci Raspoutine. :)

Je t'avoue que tu me rassure beaucoup quant à mon personnage et ma fiche car hier encore, j'hésitais à en changer une fois de plus. Mais je me suis dis que j'allais quand même finir la fiche et advienne que pourra. ^^

Bref, me voilà rassurée et heureuse d'être validée. :D

Merci pour votre patience en tout cas, car je sais que j'ai largement dépassé les délais et je m'en excuse encore.


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