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De l'autre côté d'un miroir - Cheshire
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Cheshire
Jeu 10 Aoû - 22:36


ft. Eto - Tokyo Ghoul

fiche médicale
De l'autre côté...

Hellotation ! Roliste depuis quelques temps maintenant, ça faisait un moment que j'étais pas tombé sur un forum aussi original et plaisant ! Connaissant la fonda, c'est elle qui m'a parlé du projet que je suivais depuis un moment. Maintenant que la maison a ouvert ses portes, j'ai hâte de vous mettre mes petits garnements entre les pattes... ♥️ (parce que oui, un autre arrive bientôt ~)
PS : Oui j'ai modifier les couleurs de la fiche. Non j'ai aucune respect. Oui j'vous aimes quand même. ♥️


nom : Cheshire, pour ta fâcheuse manie à apparaître sans cesse là où on t'attend le moins. Sur une poutre, derrière une porte, hors d'un placard : tu sembles passer de murs en murs sans que l'on ne t'ai remarqué et la première chose qui révèle ta présence, c'est ton petit ricanement cristallin.
Cheshire, pour ton comportement, félin toujours à grimper en hauteur, observer le monde depuis une branche, a te balancer au bord du vide, a retomber avec agilité toujours sur tes pattes, puis à monter sur le toit pour te perdre dans les étoiles. Félin toujours solitaire, à aller et venir au gré de tes envies. Sans entraves, sans chaînes.
Cheshire aussi, pour ce sourire qui ne quitte jamais tes lèvres, ce sourire que tu adresses aux enfants, aux adultes, à la Maison. Ce sourire parfois malicieux, teinté d'amusement. Ce sourire tranquille, sans joie ni haine, ce sourire creux qui étire ta bouche en une demi-lune éternelle.
Cheshire, enfin pour ce regard, ce regard si troublant qui semble n'être qu'un reflet brillant. Un miroir sans bord qui ne recèle rien. Rien. Rien qu'un vide profond et froid, et plus au fond encore, quelque chose de laid, quelque chose qui suinte. Mais quelque chose de cacher derrière le reflet d'une glace.
De l'autre côté d'un miroir.

âge : 15 ans

âge d'arrivée : Naissance

origines : La Maison

groupe : Cerf

rang : L'Engoulevent, Prêtresse de la Rouge,
Gardienne des Secrets, Ombre souriante, D'Encres et de Reflets, ou je sais pas faites vous plaisir !

rôle : Gardienne des Secrets : par son histoire même, elle ne pouvait n'être personne. Dans la Maison, elle tient le Sanctuaire, caché dans les charpentes du Grenier. Elle archive, elle recueille, elle classe et elle garde précieusement les réminiscences dans son musée. Elle collectionne les histoires qui s'écrivent sur les murs. Elle chérie les murmures qui se perdent dans les couloirs. Tout est assimilé précieusement et tout est ainsi figé hors du temps dans son petit sanctuaire. Elle le connait comme sa poche et continue de l'entretenir de mille offrandes à la Rouge, de mille souvenirs. Et lorsque la nuit tombe, lorsque l'heure sonne, alors les masques se posent et les robes s'allongent. La Gardienne prend son rôle lors des cérémonies, elle annonce la venue des choses qu'elle a pressentit. Elle travaille son lien avec la Maison adorée. Elle préside à ses fêtes et dispense les paroles qui ont germé dans son esprit inséminé par son Écarlate. Elle s'adonne à ses rituels si bizarres et si complexes, hypnotisant et étranges, où tous les sens entrent en transe. Et loue toujours la Maison maternelle. Que cela soit en gardant ses mémoires ou en donnant ses offices, rendant les hommages et les sacrifices. Et pour cela on la craint, on la respecte, on l'écoute ou on l'admire. Ou peut-être est-ce dut à ce qui se dégage d'elle ? 

affiliation avec l'envers : Cheshire saute, bondit et traverse. Tel un chat agile, les murs ne l'arrêtent pas. Elle est naît sous ce toit, entre ces briques. L'Envers comme l'Endroit coulent dans ses veines et de son regard miroitant une vérité ce dessine : une réalité en vaut une autre. Alors pourquoi ne pas choisir la plus amusante à chaque fois ?

raison de l'admission : Cheshire n'a pas de famille si ce n'est la Maison elle même. Ses parents l'ont laissé là comme un vieux paquet poussiéreux. Ces parents ont été happés par l'En-Dehors. Alors sa seule Maman maintenant, c'est la Maison. Sa seule famille, ce sont les enfants qui vont et viennent, les adultes qui veillent et ferment les yeux. Et les rêves. Les espoirs. Les craintes. Les songes. Toutes ces choses qui coulent et qui suintent des murs.

Cela dit Cheshire ne pouvait pas naître comme les autres. Le suintement l'a marqué depuis sa plus tendre enfance. L'encre l'a rongé, a sucé jusqu'à la moelle ce qui était en elle et la remplacé par son goudron. Toute l'essence coloré : disparue. Ne reste de Cheshire qu'une poupée creuse au sourire aussi creux qu'un arbre mort. Le froid et la sombreur ont éteint les lumières dans sa poitrine : alors ne reste que les froideurs dans son esprit, les éclats et les bouts de miroirs brisés dans son cerveau. Ouvert. Ouvert au monde et au reste, trou béant, avide, dévorant. Avalant goulûment tout ce qui arrive a sa portée. Chaque information, chaque souvenir, tout est enregistré. Et pourtant tout est froid. Avalé stupidement, sans rien y comprendre. Emmagasiner sans rien pouvoir ressentir. Témoin de la fougue et de la fureur des enfants, elle ne peut en percevoir qu'une infime portion qu'à travers le regard des autres. Que c'est beau... Comme ça brille ! Plus c'est intense, plus elle en ressent une fraction. Mais ce n'est jamais qu'un simulacre, une mascarade. Alors il lui en faut plus, toujours. Un peu plus. Elle est comme une mite attirée par la lumière d'une lampe qu'elle ne peut pas atteindre. Elle plonge son regard dans le votre et y dévore la passion avec avidité, comme une bête affamée à la soif éternelle que jamais rien ne suffit à étancher. Le vide est si creux, si cruel. Il faut le combler. Avide. Maudite. Il en faut toujours plus.

Oh, elle a bien ces masques, si bien fait, si joli. On y croirait tellement, elle les porte à merveille. Ces colères, ces rires, ces douceurs, ces tristesses. Mais ces masques sont trop parfaits. Trop froidement parfait, comme les visages de poupées de porcelaine que jamais rien n'émeut. Aucun sentiment parasite ne vient interférer dans ses illusions. Elle, tout la traverse. Et le creux en elle, le vide, jamais elle ne pourra le combler. Et le plus triste - le plus drôle, peut-être ? - c'est que ce manque, cette absence, ce creux, ce vide : elle ne peut même pas le pleurer.

Alors elle sourit. Alors elle dévore.

Car il n'y a rien. Rien qu'une vide creux et froid, désolé, qui tend désespérément à être comblée par des milliers de pensées, par des milliers de souvenirs et d'étincelles, ainsi que des milliers de masques et de miroir, de reflets irisés pour voiler la noirceur du goudron affamé. Mais la chaleur elle ? Elle a depuis longtemps été éteinte par le suintement et l'encre des murs.

Et de plus en plus les encres ont faim.

Troubles autistiques - Hypermnésie - Absence d'empathie - Lacunes émotionnelles sévères - aime le jus d'orange ♥️
Comment votre personnage perçoit-il La Maison, son folklore et ses traditions ? —

Jolie boite. Petite boite. ~ ♪

Boite à jouet pleine de secrets et de trésors,
Tu remplis mon esprit de recoins poussiéreux.
De souvenirs et de mystères que je dévore,
D'histoires qui attisent mon être désireux.
Combien de doudous délaissés sur tes parvis,
Combien de graffitis étranges sur tes murs?
Autant de témoignages et autant de récits
Que je ramasse et que je mâche entre tes reliures.
Dans chacune de tes caches où je retrouve les ombres,
Je cueille un secret, une empreinte, un songe.
Et je garde précieusement chacun de tes récit,
Chacun de tes contes que tu offres à la lune.
Et chacune de tes légendes qui nourrissent nos vies,
Alimentent les délires, les vanités, les fortunes.

Les enfants s'en vont mais les souvenirs demeurent,
Tu les garde chaudement dans ta gueule édentée.
Et quand vient le temps pour les angelots qui se meurent,
Te voila rassasiée d'une nouvelle portée.
Tu continues d'apporter ton lot de merveille,
Les jeux se perpétuent pour un cycle nouveau.
Tu continues de tourner et glisses dans mon oreille
La délicate mélodie de tes rouages colossaux.
S'ouvre ton couvercle et se révèle en ton sein
mille babioles étranges à découvrir.
Mille ressorts, mille engrenages et mille desseins
qui se font, se défont, puis que tu laisses mourir.

Boite à musique pleine de beauté et de douceur,
l'aigreur que tu sucites ne saurait me toucher.
Car je suis ton enfant, tu m'as fait de ta Rougeur,
je suis fait des souvenirs que tu m'as implanter.
Tu existes en moi tout comme je te traverse,
tes histoires sont mienne et ne pourraient mourir.
Car quand viendras mon tour, l'heure pour moi de partir,
je te laisserais un peu plus que mon plus beaux sourire.

Boite à musique pleine de secret et de trésor,
tu remplis mon esprit de tes sons mélodieux.
Je n'ai pas peur que passent les jours, les aurores,
chaque pas de plus que je danse dans ton creux
N'est qu'un pas en avant qui mène vers l'essor
de la merveilleuse musique que je te laisserai comme
adieu.

Comment perçoit-il L’Envers ? —

Quatre pétales blancs s'élèvent dans la nuit.

Portés paresseusement par la brise nocturne qui de sa fraîcheur fait frissonner les sens. Elles entament leur ballet emplie de grâce, candides, volettent agilement entre les effluves de la nuit. Elles volettent, tournoient, s'éloignent et se rapproche à nouveau. Elles rendent hommage à la lune argentée par leur danse capricieuse, tandis que les étoiles, cour de l'astre lunaire, observent le spectacle de la danse sensible.

Quatre pétales blancs s'élèvent au dessus de ce monde. Au dessus de ce grand champs de fleurs à la blancheur immaculé qui forme son jardin secret. Cet endroit, secret, isolé et perdue à jamais dans la nuit sous une mer noire parsemée d'étoiles scintillante : elle l'a modelé de ses rêves et de ses visions. Peint comme on dépeint une toile ou un tableau. Où peut-être s'est-il trouvé là pour elle, comme une effluve de son esprit ? Qui pouvait savoir ? Elle l'observe un instant, pose son regard sur son vraie refuge. Autour d'elle, des milliers de fleurs ondulent légèrement sous la caresse de la brise qui vient par moment arracher un pétale ou deux pour l'apporter à la danse discrète. Les fleurs semblent dormir, immobiles, silencieuses. Existait-elles seulement en dehors de son esprit ? Cet endroit tout entier, était-ce autre chose que le fruit de son imagination ? Cela n'avait pas d'importance. Qu'est-ce que cela pouvait changer ? Ce n'était qu'une question de point de vue après tout. C'était son jardin secret.

Elle porte son regard sur les fleurs à ses pieds puis se baisse, doucement, comme pour ne pas les effrayer. Elle en cueille une entre ses doigts graciles, puis la porte vers son nez, en humant la fragrance.

Un léger sourire, sans joie ni peine, vient étirer le coin de ses lèvres. Lâchant sa prise, elle laisse la fleurs s'envoler dans la brise, un peu plus loin pour retomber parmi ses consœurs qui ne semblent pas s'en soucier.

Elle avance alors, gravit la colline où son jardin se trouve. Un peu plus haut, il y a une fontaine. Une belle fontaine de pierre grise, ancienne et poussiéreuse semblant avoir été laissé là il y a for longtemps : dernier vestige d'une civilisation oubliée peut être ? Elle s'en approche sans crainte, ses pas nus venant fouler la terre sombre d'humus. La fontaine n'est pas bien grande, mais elle porte de belles gravures rongées par le temps. La jeune fille s'approche et vient glisser ses doigts à la surface de l'onde, et plonge sa main droite à l'intérieur. C'est froid. Et l'air frais de la nuit n'y arrange rien. Mais ce n'est pas important, la fontaine continue de jaillir quoi qu'il adviennent. La source est trop profonde pour être tarit.

Ses vêtements amples, faits de tissus et de brumes volettent légèrement dans le vent éthéré. Les pans la suivent derrière elle, caressant le monde qu'elle chérie, ici et bien au delà de son jardin. Ce monde de rêve et de magie qui coule jusque dans ses veines. Son deuxième foyer. Sa deuxième Maison. Ou peut être n'était-ce qu'elle ? Peut être n'était-ce que deux faces d'une même pièce ? Nouveau sourire. Ses cheveux blancs, blancs comme sa peaux, blancs comme ses pupilles sont caché sous sa capuche d'obscurité nébuleuse. Elle ressemble à un rêve elle aussi. Légère, impalpable, irréelle. Son visage ne lui ressemble pas. On dirait une poupée, lisse et parfaite. Son pas glisse, frôle et caresse, faisant danser les pans de ses tuniques et de ses tissus de fumerolles. Elle arrive au sommet.

Là, un grand arbre trône dans la quiétude de la nuit. Haut, large, sage, son écorce ridée est marqué par le temps. Son tronc est énorme et ses racines s'enfoncent profondément dans la colline, immobile. La pâleur de la lune rend son teint plus terne encore. Il semble dormir, veillant paisiblement sur la tranquillité du lieu, sur la sérénité des milliers de fleurs autour de lui. Elle vient poser sa main sur l'écorce : elle est rugueuse. Froide. Elle sourit. En un instant, vif et agile, les tissus de brumes tournoient, se rassemblent et disparaissent, ne laissant du Cheshire qu'un chat d'ombre et de brume qui grimpe dans l'arbre sans mal. Une fois en haut, les brumes se dispersent de nouveau et la jeune fille réapparaît, installée sur l'une des branches. Le large tronc offre un espace important duquel les branchages se dispersent et grimpent, tordus, vers le ciel, donnant au tout l'aspect d'une main qui tenterait de s'agripper à la lune ou au firmament étoilée. De la haut, elle peut voir l'entièreté de son jardin, la fontaine, les fleurs, et la forêt autour. Son jardin secret. Et plus loin encore, au delà des forêts, elle peut voir l'Envers tout entier.

Ce monde qu'elle aime tant explorer, arpenter. Dont elle apporte tant de souvenirs et de récits. Ce monde qui semble souffler et vivre en elle, au travers de son être creux. Elle le voit, il brille dans le reflet de ses yeux. De toute sa beauté, de tout son mystère, de toute sa poésie. Elle adore l'arpenter et le découvrir. Mais quoi qu'elle fasse, elle revient toujours ici, dans son jardin secret. Elle y reste longtemps, à observer le monde, à jouer en haut de son arbre, et à perdre son regard dans les étoiles du dessus. A humer les fleurs, à voir le ballet des pétales blancs. A écouter le clapotis que fait la fontaine.

Le brise souffle à nouveau sur le rêve.

Elle sourit.

Son sourire est creux. Son regard est vide. Son corps est froid. Comme son arbre. Comme ses fleurs. Comme son jardin.

Ici tout est creux. L'arbre n'a plus de ventre et son écorce à jamais flétrit ne recueille aucune sève. Les fleurs sont froides, elles ne se réveilleront jamais. Elles ne sentent plus rien. Elles n'ont jamais rien sentit. Et la fontaine ne donne plus d'eau. Elle n'en a jamais donné. Elle n'en donnera jamais.

Elle observe sa main droite, le sourire aux lèvres. Elle est couverte d'encre. Noire, sombre, elle reste accrochée à sa peau. Elle dévore tout ce qui passe à sa porté, toute vie qu'elle peut aspirer. Elle est froide. Mais Cheshire ne craint rien : elle est déjà creuse depuis longtemps. Creuse et remplie d'encre.

Les encres dévorent tout ce qu'elle peuvent. Elles n'ont rien laissés de ce jardin. Rien qu'une toile sans vie, rien que ses secrets.

Elle soupire.

Lève son visage angélique vers la lune. Immense dans le ciel, presque trop grande. L'astre pâle qui se teinte alors de couleurs rosées et cramoisies. Son sourire ne la quitte pas. Elle l'attendait. L'Autre descend alors de la lune. Flottant comme un rêve, ou bien un cauchemar. Immonde pour la plupart, de racine, d'os et de sombre. Famélique, tordu, longiforme, indicible. Et si noir ... Et si maigre... Ses côtes sont visibles. Il est si creux lui aussi. L'une de ses longues pattes touche le sol. Les fleures blanches se fanent. Elle l'observe sans dire un mot avant de descendre le rejoindre. Elle ne le craint pas. Elle n'a pas ce qu'il recherche. Elle n'est pas grand chose de plus pour lui qu'une coupe vide. Ils se ressemblent un peu. Vides. Creux. Sans espoirs. Avec un petit quelque chose de félin peut être. Mais depuis si longtemps maintenant, ils se sont liés. Liés entre les Encres et les Reflets. Liés par le corps, l'esprit et l'âme. Elle est la blanche poupée souriante, lui le noir monstre affamé. Et lui ? Était-il une création de son esprit ? Une manifestation de son vide intérieur ? Une personnification de sa faim comme un réflexe de son cerveau ? Ou existait-il avant elle ? Un être perdue dans l'Envers, chassant et rongeant pour l'éternité, qui s'était lié à elle et son destin si particulier ? Cela non plus n'avait pas d'importance.

Elle passe sa main là où aurait dut se trouver son visage, mais il n'y a rien ici. Rien d'autre qu'un trou béant, une faille sombre. Presque une parodie de visage. Lors qu'il la tourne sur le côté, elle ressemble à un dessin d'enfant. Un visage triste, sans joie, grimaçant. Sa main se tache de noir. Il suinte. L'Autre la saisit délicatement par la taille entre ses longs doigts crochues, la soulève comme une poupée de chiffon. Puis il la dépose dans son épaisse crinière de racines sombres, noueuses et de ronces qui ondulent dans la nuit, sous les reflets de la lune. Des dizaines de petits êtres se cachent à l'intérieur. Ils ressemblent à des poupées, ou des enfants, noirs aussi. Leurs visages sont des parodies. Des troues béants. Ils sont immobiles, retenues, enchevêtrés par les racines. Inertes. Il déploie ses ailes déchirées.

Elle sourit.

Il est l'heure.

Les Encres ont faim.


Quel est son avis sur les adultes/enfants ? —

Petits pantins dansant, freluquant, fanfaronnant entre les murs rouges de briques, rouges de sang. Sans arrêt, sans raisons, continuant de tourner à l'éternelle dans la farandole de leurs émois déliquescents. Sans arrêt si ce n'est lors des sommeils, quand la nuit projette ses ombres et ses rêves dans l'esprits des petits comme des grands. Chacun passe le jour à arpenter les couloirs à la recherche de quelque chose de particulier. Un biscuit, un pinceau, une sale gueule ou un écho : un exutoire. Sauver un enfant ou arracher quelques larmes, quelques gouttes de rouges pour étancher une soif de souffrance, pour recouvrir et cacher ses propres plaies. En les créant ici ou ailleurs, ou en les pensant chez les autres. Dans un cas comme dans l'autre, juste pour oublier, oublier que le sang et les larmes coulent des deux côtés. Chacun passe le jour à avancer, tâtonnant, vers un but ou sans raison. Mais chacun qui avance, le jour ou la nuit, n'avance que pousser par une force qui n'a rien d'extérieur : celle de son petit cœur qui ne demande qu'à vivre un peu plus. Fuir le malheur, courir vers la lumière, échapper aux encres qui s'écoulent le long des murs. Fuir est tout ce qu'il reste. Tomber avec l'espoir comme une écharde au cœur, avec l'espoir de trouver une lueur un peu plus sucré de l'autre côté. Plus loin, ailleurs que dans la poussière et les larmes amers et chaudes. Chacun passe le jour en avançant, s'arrachant à la monotonie, ne cherchant rien de plus qu'à obéir à une passion incontrôlée. Délétère ou non. Chacun est son propre prisonnier. Et avance le jour comme un aveugle vers la clarté imaginaire.

Puis vient la nuit et l'obscurité étend ses sommeils et ses rêves. Elle rend visite à tous et personne n'échappe à ses songes, ses souvenirs refoulés. Oh on peut les ignorer ou les cacher sous le lit. Mais quoi qu'on fasse, ils restent toujours dans un petit coin du cerveau. Puis vient la nuit et le temps qui se perd entre les murs. Tic-Tac-Tic-Tac ♪ Tu l'entends ? C'est le temps qui passe insidieusement pour tout le monde, glisse devant les portes, ombre sur les murs et par les fenêtres. Il rode, il frôle et caresse sans rien prendre si ce n'est quelques heures de plus. Tu peux fuir, tu peux te cacher. Tu peux avancer autant que tu le veux. Mais chaque jour qui passe te rapproche un peu plus de l'heure fatidique. "Ne crains rien" te dit-on. Mais as-tu le choix de craindre ? Bien sûr que non. Tu es comme moi : enchaîné, prisonnier de ta propre personne. Les fils qui te tiennent et te retiennent, qui t'entourent et qui t’étouffent te dictent la marche à suivre. Tu n'as pas le choix : personne ne l'a. Ce qui se passe dans ta tête et dans ton petit cœur boursouflé, tu le subis. Ce sont ces fils qui te font t'animer. Tu es le pantins de tes propres passions. Comme tout le monde. Petits et grands. Ici et En-Dehors. Tout le monde.

Jolie monde, petit monde de marionnettes qui dansent et qui tournoient, qui courent, qui s'entre-choquent ou qui se laissent mourir dans un recoins poussiéreux, froid. Marionnettes de bois grossier boursouflés de vie, tant de vie qui dégoulinent, qui s'écoulent et qui suppurent des plaies ouvertes, par la moindre aspérité poisseuse. Marionnettes sans raison, sans avenir. Juste des jouets dans une boites à souvenir.

Et moi ? Mes liens ont presque tous était coupée. Rongé par l'encre noir et l'encre rouge. Mais je suis prisonnières moi aussi. Ne m'en reste que Trois. Trois et une corde autour du cou. Et depuis les hauteurs de ma charpentes, balançant au gré de ses secousses que je ne contrôle pas, je ne peux qu'observer le balais de vos si belles émotions. Vents de passions et flammes ardentes. Pétillements criards ou déglutit larmoyants. Observer et sourire au spectacle de la Maison. Observer, sourire et observer l'étincelle qui me répond.

Et y prendre goût.
Un peu plus.
Jour après jour.
Depuis 15 ans maintenant.

Ce n'est pas juste. Ce n'est pas triste. Ce n'est pas cruel. C'est ainsi, on n'y peut rien. Et pourtant...
C'est si beau. ~ ♥️



♣️ Dans ses boites et dans ses babioles, Cheshire possède bien des étrangetés. Elle collectionne les boites à musiques, de toutes sortes, de toutes mélodies, elle en possède des dizaines. Ce sont bien encore les seuls instruments dont elle peut jouer, car si ça mémoire lui permet d'apprendre extrêmement vite, sa musique ne recèle pas plus d'émotion que celle de ces boîtes, froides et métalliques. Douce ironie, elle les garde donc et les fait jouer, ou bien parfois en confectionne avec ce qu'elle peut. Ça et ses masques, ses visages grimaçant taillés dans le bois et l'écorce. Ses masques étranges. La plupart représentent d'anciens enfants ou d'anciens adultes, parti, disparu dans l'En-Dehors ou ailleurs, et ce de manière plus ou moins stylisé, suivant leurs surnom la plupart du temps. D'autres masques, personne ne sait vraiment. Elle vous dira que ce sont des habitants de l'Envers ou des adorateurs de la Rouge qu'elle a rencontré. Tous ces masques elle les taille de ces coups de couteaux habiles avec précision et doigté. Puis elle les garde et les expose. Certains sont pour les cérémonies, d'autres pour son sanctuaire, d'autre enfin juste pour son amusement. Tout cela est soigneusement stocké dans le Grenier. Son sanctuaire où elle entrepose les souvenirs de la Maison et sur lesquels elle veille avec attention. Les livres, les peluches, les jouets, les vêtements abandonnés, les dessins. Et les masques sur les murs. Tout y est, comme un petit musée ou bien une machine temporelle dont elle est la gardienne et qu'elle connait comme sa poche. Mais le véritable musée n'est pas là. Le véritable musée est vivant.

♦️ Cheshire dispose d'un esprit unique au monde,  une monstruosité contre-nature forgée par les aléas de la vie. Le vide insondable creuser par les encres dans son petit être fut combler par les vrilles et les filaments tortueux de son esprit. Sa mémoire est comme une bibliothèque où chaque image, chaque son, chaque sensation sont stockés et classés méticuleusement et où jamais rien ne se perd. Certaines zones forment un chaos sans nom qu'elle "range" au fur et à mesure quand elle en a le temps, mais d'autres sont parfaitement bien ordonnée - a sa manière, disons. Il lui suffit de fermer les yeux et de laisser sa mémoire et son imagination travailler de pair pour reformer ce que ses yeux ont vu, ce que ses sens ont capté, ce que ses pas ont foulé, et avec un peu de concentration elle peut retracer tout les schéma qu'elle désir dans son esprit et les confronter à ses souvenirs, revoir chaque livre qu'elle a lu, entendre chaque mot que ses oreilles ont recueillit. Chaque personne rencontré, chaque lieu visité, chaque expérience vécu fait l'objet d'un souvenir auquel elle aura toujours accès, et chaque souvenir est relié à une centaine d'autres dans le vaste réseau de ses synapses. Tout cela forme une toile de pensées baignant dans l'encre sombre et squameuse de son cerveau. Inextricables pour un inconnu mais dans laquelle elle se sent chez elle, où les liens entre les éléments sont légions autant que les éléments eux même et où chaque seconde, de chaque minute, de chaque heure, de chaque journée est précieusement gardée, analysée puis rejetée ou bien classée quelque part dans cette mémoire inhumaine, cette bibliothèque grouillante, immonde, pulsante de vie.

♠️ Grimpe sur les toits. Marche sur les murs. Cheshire reste un chat dans l'âme et dans l'allure. Du haut de sa charpente elle observe le monde. Elle te regarde, elle te hante, et son sourire, faille immonde, brille dans les reflets au creux des encres noires ; luit dans les couvents où se dévore les espoirs. Petit être fragile qui garde ses distances, elle prend part à la nuit dont elle hume la fragrance. Elle fait corps avec la pierre, le rouge et la sombreur ; sa peau pâle, éthérée, reflète les lueurs et ses yeux, miroitants sans bords et sans lumières sont deux failles béantes perçant l'obscurité. Se prélassant dans les ombres, elle est gardienne des souvenirs. Et chacune lui raconte son histoire, son devenir. Elle recueille, aimante et sans bassesse, les contes qu'elle accueille avec délicatesse. Puis les emporte entre les charpentes du grenier où se tient sa tanière d'encre et de clarté. Elle t'observe, elle te nargue, s'amuse et te fourvoie ; petit être si fragile qui se régale de tes émois. Sans colère, sans méchanceté, elle veut simplement cueillir entre ses doigts si frêles la seule chose qu'elle désir : la chaleur d'une flamme qui brille dans la noirceur ; la lueur d'une âme dont elle ignore la saveur. La passion effacée, perdue entre les encres manque à ses reflets, vide dans son ventre. Alors elle observe, alors elle contemple, les éclats tamisés, les lueurs rayonnantes. Puis elle tourne le pas pour dans l'ombre s'évanouir. Ne laissant derrière elle qu'un léger soupire. Un soupire sans joie, et son plus doux sourire.

♥️ Mais les ombres se meuvent dans la noirceur de la nuit. Le silence est un leurre, le calme, une parodie. Car entre les creux, les fissures de la perfection, suinte abondamment le sang de la déraison : ces encres immondes qui abreuvent les murs, qui coulent des reflets et qui souilles les dorures, ne sont que les larmes amers d'une entité sans âme, un monstre sans reflet à la nature infâme. Au creux de la poupée, loin sous la froideur, reste dissimulée la plus parfaite des horreurs. Une faim innommable perdue au fond d'un gouffre dont les émanations de sang mêlée de souffre attisent les humeurs, l'attirent hors des ténèbres. Et quand elle contemple le monde, lui se pourlèche les lèvres. Son ventre gargouille, immonde, ses crocs luisent et ruissellent, et dans la noirceur de ses yeux se lit sa faim sempiternelle. Car le vide a un nom, la faim est son reflet. Car la douceur de sa peau n'est que la glace argentée qui séparent le monde de la gueule enténébrée. Et de chaque fissure sur les bords du miroir s'écoulent les encres qui se mêlent dans le noir. La glace ainsi scindée coupe le monde en deux. D'un coté la blanche immaculée. De l'autre le monstre le plus hideux. Et dans son regard, sous la froideur d'un reflet, on peut presque deviner la terrible entité, qui se pourlèche, qui aspire à la flamme et qui fomente. Car le vide doit se nourrir et les encres, se répandre. Il n'y a qu'un seule monde divisé par un miroir. Méfies toi des reflets. Méfies toi du Noir.
Fragments de masques

Grattement dans le bois. Grincement entre les planches. Un courant d'air quand la fenêtre s'ouvre vient déranger la poussière statique, puis la charpente gémit doucement sous l'ombre qui se meut dans l'obscurité au dessus. Une ombre s'est faufilée depuis le toit. Une ombre est entrée dans le grenier. Une ombre est retournée dans son nid de douceur et de poussière. Le silence autour ne répond pas à la langueur plaintive de la charpente, mais sa plainte n'en est pas : elle t'aime. Et te porte comme une vieille mère aimante porte son enfant, sang de son sang, dans ses bras chaleureux et doux.

Tu descend alors de ton promontoire de bois, glisse vers le sol avec agilité, pendue au file des bandelettes que tu laisses parfois derrière toi. Pendue. Tu descend vers le sol, tes petits pieds nus viennent fouler la poussière, caresser le plancher avec tendresse. Quelle douce sensation, quand tu es en contacte direct avec Elle. Un pied, puis l'autre, tu retournes sur le sol, parmi les autres, les petits et les grands. Parfois il le faut, tu ne peux rester à jamais dans ton perchoir. Ce serait tellement moins amusant, n'est-ce pas ? Tu avance donc, tes pas glissent, caressent et frôlent, semblant profiter aux maximum de votre liens privilégié. C'est Elle que tu caresse à chaque fois que tu avance en dansant. Et, tu le sais, Elle te caresse aussi. La poussière efface ta course éphémère, ne laissant le souvenir que dans ton esprit. Et peut-être aussi dans le siens. Tu avances encore entre les ombres du grenier. Ici tout est calme, tout est silence. Il n'y a que toi qui danse pour les araignées qui te regarde depuis leurs toiles. Mais tu ne danses pas pour te donner en spectacle. Peut être que tu danses pour Elle. Peut être que tu danses pour Toi. Ou peut être danses tu simplement sans raison. As-tu déjà eut besoin d'une raison pour t'amuser ?

Tu passes alors devant le miroir, ce grand miroir à moitié rongé de poussière, dévoré par les toiles d'araignée, prisonnier de l'obscurité comme enchaîné au mur. Scellé. Tu passes devant lui et son éclat attire ton regard, éveil ton sourire. Tu vois à l'intérieur, de l'autre coté de la surface froide. Tu vois la jeune poupée de blancheur poussiéreuse à l'intérieur. Elle n'est pas bien grande, elle semble si fragile qu'un rien suffirait à la briser. Ses jambes nues dévoilent la blancheur si pâle de son teint et remontent vers ses vêtements bouffants, agglomérats de tissus et de lins rongés par les mites, short délabré et chemise déchirée parfois, parfois simplement des draps et vêtements troués, trouvé de ci de là dans les recoins perdues. Ils masquent ta silhouette et te donnent des airs de fantômes, de petit être étrange qui glisse sur le monde. Et lorsque tu marches ils glissent autour de toi dans les courants d'air de la Maison qui respire. Et ton petit corps est couvert de tant de bandelettes, qu'on t'appliquait autrefois à force de te blesser, à force de t'évader. Aujourd'hui tu n'en as plus le besoin, mais elles sont restées. Elle traînent autour de toi, parfois tu t'y accroche pour te balancer depuis la charpente. La plus longue glisse le long de ta colonne vertébrale jusqu'à ton bassin où elle donne encore l'impression d'être une queue de félin. Le tout est recouvert de ce chaperon gris qui te dissimule, qui te donne ces airs de mystère, de mystique. Ce chaperon qui te plonge dans la pénombre et couvre ton corps d'une petite cape de poussière bruissant dans l'obscurité.

En dessous de l'ombre on devine ta chevelure, épaisse et hirsute, mal agencé et emplie de babioles et de débris qui te servent parfois. Des épingles, des tissus, des petits os et quelques bandelettes qui s'y perdent. Ils auraient pût être beau pourtant tes cheveux, si clair, si soyeux. Mais trop clair, ils tournent aux gris, et la poussière n'arrange rien. 15 ans dit ton corps. Ils dissimulent ton visage quand tu baisses les yeux, caches cette petite touche de douceur si parfaite. Ta peau est lisse et douce comme le satin ou la porcelaine. Tes traits voilés sont si purs, si doux à observer. Ton petit nez bien dessinés, sans défaut, surplombe tes lèvres pulpeuses à la couleur de la chair ou de la rose, affichant toujours ce sourire éternelle. Tu as le visage d'une poupée, et nul doute que si tu étais mieux entretenue, tu serais ravissante. Une adorable poupée qui danse sur le plancher et qui grimpe dans la charpente. Si la poussière cessait de te manger. Si les tissus arrêter de te cacher.

Et pourtant il y a tes yeux. Tes yeux si froids, si creux, comme deux trous béants menant sur les ténèbres. Deux trous béants sur ton masque si parfait, sur ton sourire permanent, sur ta douceur candide et tes rires cristallins. Chaque fois on se perd à l'intérieur de ton regard, on glisse sur la surface comme sur un miroir gelé. Ils laissent souvent une étrange impression que la plupart peinent à comprendre, peinent à expliquer. Que la plupart préfère oublier. Ce regard si vide... Comme celui d'un enfant malade. Ni joie, ni peine, ni colère, ni crainte. Juste un vide insondable, comme le regard d'une poupée creuse. Car c'est peut être ce qui se lit dans ton regard, ce qui dérange, ce qui perturbe : ces deux troues sombres à l'intérieur des quels, derrière la vitre, on peut voir les encres couler de l'intérieur. Qui se meuvent dans l'obscurité de ton cerveau. Ces encres qui révèlent la sinistre vérité.

Tu te montres enjouée, rieuse, aventureuse, impressionnée, attentionnée, douce, amicale, triste, perdue, sensible. Tu montres tant et tant de choses Cheshire, mais ce ne sont que des masques. Comme les masques que tu façonnes. Ce ne sont que des masques, des milliers de masques que tu portes avec aisance, que tu change à ton gré pour t'adapter, pour cacher ce qui doit rester secret. Ce que personne ne doit savoir. Des milliers de masques pour des milliers de scène à jouer, pour des milliers de calculs mener dans le sanctuaire de ton cerveau. Car rien n'est laissé au hasard, chaque sourire, chaque grimace, chaque larme n'est que le fruit d'une pensée hypertrophié, un travail monstrueux qui s'effectue en coulisse dans ton esprit cyclopéen si creux et froid. Ton esprit qui a toute la place de développer ses arborescences monstrueuses, de ses racines à ses branches, en baignant dans l'encre sombre et spumescente. Ton esprit qui a toute la place maintenant que le reste est mort. Il tire les ficelles de ton corps avec une synchronisation inhumaine et fait de toi ni plus ni moins qu'une machine. Un automate à la froide perfection qui garde la poussière qui te recouvre comme un voile de plus, un mirage pour cacher l'intérieur. L'intérieur déliquescent et ignoble de ton être. Pas de pitié, pas de gentillesse, pas de tendresse. Rien qu'un calcule perpétuel et une danse éternel entre des milliers de masques qui flottent au gré des courant sur l'encre noire.

Et pourtant tu n'es pas mauvaise. Ce n'est pas de ta faute. Un monstre vie en toi, un parasite, une bête innommable qui se sert de toi comme d'un moyen pour se nourrir et se rependre. Cette bête, ce n'est autre que ton vide intérieur, ce vide insondable qui n'aspire qu'à dévorer encore et toujours plus de lumière, plus de chaleur, plus de sentiments et de passion, dans le but vain, futile, stupide et absurde, d'être un jour rassasié. D'être un jour comblé. Mais le vide reste à jamais creux, c'est là toute son essence. Et quoi que l'on fasse, qu'importe ce qu'on leur donne, les encres ont toujours faim. Alors que peux tu y faire ? Rien. Tu ne peux que continuer à les nourrir. Continuer à attiser les flammes, des feux les plus doux aux plus immenses brasiers. Comme pour te réchauffer. Ces flammes que les encres aspirent avec avidité. Tu ne peux rien, tu es prisonnière toi aussi par cette corde qui te tient au cou. Pendue. Tu ne fais pas ça par méchanceté. Tu ne fais pas ça par haine, par sadisme, par cruauté ou par vanité. Pourquoi fais tu cela ? Y a t il seulement une raison ? Tu es comme tout le monde. Prisonnière d'une force que tu ne contrôles pas. Une force inhérente qui réside au fond de toi. Et comme tout le monde, tu ne peux que suivre son dicta et nourrir son appétit monstrueux.

Ce n'est pas de la cruauté qui se lit dans ton regard lorsque le gouffre s'ouvre et que l'Autre aspire la flamme à l'intérieur. C'est quelque chose comme de l'émerveillement de voir ce qui ne t'appartient pas, ce que tu ne peux pas créer par toi même. Cette chaleur, cette lumière.. C'est de l'émerveillement et quelque chose de creux et froid. Quelque chose de froidement résolu. Tu es prisonnière et tu le sais. Nous sommes tous prisonniers. Nous avons tous nos encres et nos reflets. Les tiennes ont prit forme dans la noirceur et l'obscurité, et tes reflets brisés sont devenus tout autant de masques façonnés avec soin. Mais peut on seulement t'en blâmer ? Non. Tu n'as fait que répondre à ta nature détraquée. Il n'y a pas de haine. Pas de colère. Pas de joie. Pas de rancœur. Il n'y a que trois ficelles, et une corde autour de ton cou. Il n'y a que l'amusement, l'intérêt et l'ennui. Et la faim. Le vide. Et quand tu observe le monde de tes grands yeux noirs, de l'autre coté du miroir on peut Le voir. Qui se pourlèche, se pourlèche les lèvres et se frotte les griffes. Qui attend patiemment l'heure du festin. Et pendant un instant, vos regards se confondent. On ne les discerne plus, on ne sait qui de vous deux réside dans ces yeux. Peut-être n'être vous que les deux face d'une même pièce, après tout.

Cela n'a pas d'importance. Qu'est-ce qui a de l'importance ?

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Pieds-Nus
Jeu 10 Aoû - 22:41
*saute sur Ches'* Te voilà enfin! <3 J'ai trop hâte de lire la suite. sheep


Lorian gribouille en #99cc66.


Forme dans l'Envers:
Spoiler:
 


Opaline, doudou favori:
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Feu Follet
Jeu 10 Aoû - 23:03
AH JE TATTENDAIS TOI (CHESHIRE ALLAIT VENIR CETAIT LA DESTINEE ANNONCEE SUR LA CB)

Ton perso a l'air vraiment super cool de ce que j'en lis pour l'instant
J'ai vraiment hâte de voir la suite !


hand




Feu-Follet gromêle en #cc0000

Feu-Brèche made by Fantoche:
 
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Cheshire
Ven 11 Aoû - 3:05
*Rattrape pied nu* Merci de l'accueil vous deux ! Ça me fait plaisir ! ^0^

Oh j'ai eut droit à une prophétie sur ma choupette sur la CB ? 8D Qu'est-ce qu'on vous a raconter encore ? '-' /PAF/

Merci pour les compliments, je posterais des petits passages régulièrement ! :D

PS : Y a surement plein de fautes, me suis pas encore relu. ._. Je corrigerais tout ça a tête reposer parce que là il est genre 3h04... 05 ! Donc faut dormir un peu, hein.
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Brèche
Ven 11 Aoû - 9:47

Bienvenue ! Je plussoie le nom et l'originalité de ce perso, relié à la Maison dès le plus jeune âge. J'ai hâte d'en découvrir plus sur ce chat. Et son intégration dans le Cerf coule tellement de source au vu de ses affinités avec la Maison.



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Feu/Brèche par Fantôche
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Raspoutine
Ven 11 Aoû - 19:49
MONSIEUR MOUSTACHE. (surnom plus acurate encore maintenant) (CHAT) Vous ici ! Quel nouveau personnage délicatement tordu et étrange nous écris-tu là ? ( Bon ok j'en ai connu qu'un seul autre, mais il était merveilleusement anthologique quand même. ) Je salue ton courage : je serais incapable d'écrire avec un personnage qui ne ressent pas ou prou quasiment aucune émotion. Or, j'entrevoie déjà un lien intéressant avec Cheshire. (Et là c'est le moment où les gens censés fuient.) La pauvre petite me touche déjà ; abandonnée à la naissance, pas étonnant qu'elle ait finis avec ces troubles. Et élevée au sein de la Maison, on ne peut qu'encore moins s'étonner de voir que toutes ces aspérités sont devenus des montagnes au sein desquelles Cheshire semble s'être perdue. Le cumul est fort fort INTENSE. Et il semble cohérent.
De plus, l'idée d'une cerf hyperménisque est plus qu'appropriée :D. Et je pressens qu'elle sera bien utilisée.
J'aime beaucoup cette comparaison de la Maison à une boîte à musique aussi.
Bref. J'aime ce début de fiche. U_U Et je suis donc heureux de te souhaiter la bienvenue à l'instar de mes voisins du dessus ! Fais nous donc cauchemarder.


- Fiche
- Carnet de liens

Merci à Fantâche pour mon avatar <3
Award du plus beau parleur (mais pas suffisamment pour réussir son coup):
 
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Quenotte
Ven 11 Aoû - 21:11
Le voilààà! Depuis le temps qu'on fomente au sujet de tes petits personnages, je suis ravie de te voir ici avec le premier!
Et un début de fiche très prometteur avec ça! J'ai bien hâte de voir la suite et comment tu vas mener ta petite Cheshire!

Courage à toi, tu sais où me trouver au besoin :DD




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Cheshire
Dim 13 Aoû - 21:26
Merci merci à vous trois pour l'accueil !! Cha me fait plaisir ! 83

Brèchouille : Merci merci encore ! Et sympa le gif, joli matou au sourire aussi rassurant que celui de Ches' :3

Raspoupout' : Oh rien de bien méchant, juste la transposition en petite gamine d'un de mes personnages RP favoris. ~ ♥ Tu parles d'un lien ? Tu m'intéresses ! :3 Perdue dans les montagnes, peut être oui, un peu. C'est une jolie image ~ Cela dit, elle garde le sourire et avance encore de son pas dansant, ne cherchant pas un chemin mais simplement un nouveau jeu. ♪
En tout cas merci pour les compliments, j'avance doucement mais surement sur cette fiche, j'espère que mon adorable Cheshire vous plaira ! èwé
Oh, et pour paraphraser le personnage qui a donné ton surnom : "Terror is the least I can do ~ ♪"

Quequenotte : Merci merci l'amie ! Je suis bien content que ce début de fiche te plaise aussi ! J'espère qu'elle sera bien à sa place entre ces jolies briques que vous avez mis en place avec tant d'amour et de soin. :3
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Quenotte
Sam 26 Aoû - 17:55
Coucou Cheshire!
Je viens aux nouvelles concernant ta fiche! Les deux semaines règlementaires touchent à leur fin mais puisque tu m'avais laissé entendre que tu étais occupé et que la fiche serait assez conséquente, je t'encourage à me contacter (ici, mp, ou même Skype évidemment!) si tu as besoin d'un délai supplémentaire pour qu'on puisse le notifier!

Des patounes sur toi, à très bientôt :3




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Cheshire
Jeu 21 Sep - 23:01
Le Début du Conte

Tristesse effacée dans un cocon de poussière. Maladroitement dispersée au fil de l'eau. Rouge est le Monde. Rouge est la Lumière. Froide est la vie. Noirs sont les mots.

Myriades. Arborescences. Constellations brillantes dans les racines et les branches. Scintillent, milles étoiles scintillent à l'unisson dans le silence. Luisent dans l'obscurité qui recouvre le ciel de son voile. Percent les ténèbres de leurs pâles lueurs. Millions de points lumineux qui dorment au firmament. Quiétude absolue, silence assourdissant. Elles dorment toutes, si loin, là-haut, tout au fond du ciel. Tout au fond. Tout au fond. Toutes sont liées, par les branches invisibles, par les racines enténébrées et les filaments onduleux. Des milliers et des milliers de fils qui tombent en cascades, soufflés et balancés au gré du vent. Milliers de fils comme une toile complexe, qui se croisent et se décroisent dans l'invisible, insoupçonnés. Et pourtant elles vibrent, toutes ces cordes de cristal. Pourtant elles vibrent mais aucun son ne sort. Parce que l'oreille ne se recueil pas leur chant mélodieux. Car toi aussi, si tu tendais l'oreille, tu pourrais entendre chanter les cieux. Et leur chant est si doux, leur chant est si terrible. Il est comme celui des anges.





Tu ouvres les yeux et la lumière t'aveugle. Une lumière loin dans l'obscurité, comme au bout d'un couloir. Comme un astre sans chaleur dansant dans la nuit, allant de gauche, à droite, à gauche, et encore. Bougeant, dansant devant ta vision dans une chorégraphie absurde. Il fait glacial sur ta peau. Tu frémis, fiévreuse, tu frissonnes, ressent chaque parcelle de ta peau mordue par la froideur de l'endroit qui ronge le feu qui brûle dans chacun de tes muscles, chaque parcelle de ta peau. La douleur sature tes nerfs et tes nervures, possède ton corps tout entier. Et tu entends. Des voix. Des cris. Des pleures. C'est une cacophonie assourdissante qui te vrilles les tympans et le cerveau de part en part. Tu ne comprend pas ce qu'il t'arrive, tu ne sais pas où tu es. Perdue dans le noirs au milieu des ombres qui dansent, des ombres qui pleurent, des ombres menaçantes et grimaçantes. Elles tournent autour de toi, jouent avec les lumières. Hurlent dans la nuit et crachent la violence et la haine. Et la peur. Oui, tu le sens dans leurs voix tremblantes : les ombres ont peur. Mais de quoi ? Des ténèbres à la lumière, bientôt ton œil s'habitue et l'obscurité vient à nouveau ronger la bordure de ta vision. Ce qui t'aveuglait, ce soleil pâle et sans couleur qui brûlait ta rétine, sa lumière ne te semble pas naturel. Elle n'a rien d'accueillante, rien de rassurante. Elle ne fait que dévoiler, sans pudeur, le petit bout de viande. Le petit bout de chair. Le petit bout de vie. Autour de toi, les ombres prennent formes, mais leurs visages demeurent dévorés d'obscurité. Tu n'entends que leurs voix perçantes et étouffées. Et derrière, lointainement, tu entends des sanglots. Des larmes chaudes, brûlantes, chargées de douleur et de crainte.

- Qu'est-ce qu'on va faire ... ?

- Ferme là ! Il faut pas qu'ils apprennent ... Ça doit rester secret !

- De toute façon, le départ est bientôt.

- Tu as raison... Si tout se passe bien, on aura eut le temps de se casser avant.

- Et elle, on en fait quoi ?

- Faut l'aider à remonter, pas l'choix. Si on remarque son absence, on est mort. Et avec un peu de chance, avec le bordel que ce sera aujourd'hui, personne ne remarquera son état.. Ou au pire, on le mettra sur le coup de l'émotion.

- De toute façon, personne ne l'a jamais aimé. J'suis sûr que personne remarquera.

- Ouais, t'as raison.

- Et ... Et pis.. pour l'autre ?

- ... Laisse là ici. On a pas le choix t'façon. Personne l'entendra si elle pleure ici.

Il y a du mouvement autour de toi. Les ombres continuent leur danse et se lèvent. Elles s'éloignent de toi, titubante, tremblante et crachante, et avec elles, la lumière aveuglante s'en va aussi. Tu n'as pas vu leurs visages. Et maintenant te voilà seule dans le silence, la noirceur et le froid, perdue sous les marches d'un escalier poussiéreux. La couverture te gratte, tu as froid. Tes lèvres sont rapidement bleuis. Tes muscles s'engourdissent lentement alors que tu luttes instinctivement pour rester en vie. Il fait sombre, la lumière a cessé de te brûler les yeux. Mais le feu dans ton corps aussi commence à faiblir dans son combat face à l'obscurité reine. Il n'y a rien autour. Rien que la poussière. Rien que les chuintements dans les murs, les murmures de la brise dans les couloirs. Et les pleures. Qui se perdent dans le l'obscurité, que personne ne recueille. Des pleurs qui s'écoulent sur les murs et que seul le noir récupère. Doucement. Avidement. Pour s'en repaître. Pour les dévorer.

La caresse sur ta peau glace tes sens et vient arracher un morceau de la flamme. L'encre... La noirceur. Et après un long moment et des flots incessants de larmes, les cours d'eau s'assèchent finalement pour ne laisser qu'un sillons sec, engourdis, endoloris. Et le silence de la nuit. Plus de cris, plus de larmes. Bues par l'assoiffée dans les ténèbres.

Il fait si froid ...

***

Ses yeux se ferment. La revoilà. A nouveau dans le vide, flottant entre les myriades et les branches. Flottant aux fils des encres qui s'écoulent paresseusement de leur océan. Elle sourit et contemple de ses paupières closes les souvenirs qui se mêlent et qui poussent en constellation de lucioles dans les ramifications de branches lumineuses, prenant racine et reflet dans le goudron. Elle souris, paisible, calme. Et elle revis. Elle revis chaque seconde, chaque minute, chaque heure et chaque journée. Comme si elle ne l'avait jamais quitté, comme si chacune était resté, intact, accrochée quelque part dans le jardin complexe et étrange que forme son cerveau. Et parfois, durant ses promenades intérieurs, elle cueille l'un des fruits. Parfois elle croque à nouveau dans la chair tendre, et replonge à nouveau dans le passé. Pour se souvenirs. Et pour trier. Faire de l'ordre dans son Sanctuaire.

Que tout soit à sa place.

Elle prend alors un nouveau fruit, une nouvelle grappe de lumière sans chaleur qui luit entre ses doigts frêles. Elle la tiens délicatement, la caresse presque avec tendresse. Elle souris, puis avance ses jolies lèvres et sa bouche avide qui s'ouvre en grand.


***

Tu ouvres les yeux. Tes yeux sans couleurs qui se perdent devant toi. La salle est blanche, il y fait frais. La salle est blanche mais quelques écarlates ont poussés sur le sol, tachetant le carrelage de vives couleurs. Tu observe la chemin qu'elle forme, comme un sentier de rougeur animant la froideur immaculé et morne du lieu. Tu remontes la piste des yeux, une tâche après l'autre, ton regard sautille tendrement d'un des nénuphars rouges à l'autre. Et remonte vers tes jambes. Ça pique un peu... Le produit sans doute. Et les bandelettes qui entours tes genoux, tes gambettes meurtries. Tâchées de rouges qui suinte entre les tissus. Ça ne t'empêche pas de les balancer d'avant en arrière d'un air insouciant, du haut de ce lit sur lequel tu tiens. Ça ne t'empêche pas de sourire non plus. Encore une fois tu es arrivés ici, à force d'escalader les chutes sont parfois rudes. Et le sol est bien dur. Mais cela ne t'empêche pas de recommencer, encore, toujours, malgré les avertissements des araignées qui viennent recoudre tes plaies, embaumer ton petit corps abîmé. Des jours comme celui-ci, tu en as vécu des dizaines. Et tu en vivras bien d'autres. Passer dans cet endroit où l'on prend un peu soin de toi. Où l'on te réprimande sans colère, juste pour te mettre en garde, juste pour te protéger. Mais tu t'en fiches, tu te contente de sourire. Ce sourire calme et serein, sans joie ni peine. Ce sourire qui fait bien comprendre que tu t'en moques, que tu recommenceras, quoi qu'on te dises, quoi qu'on te fasses. Ce sourire qui marque ta nature, qui affiche ton essence : tu es un chat après tout. Un chat grimpe, escalade et bondit. Alors a quoi bon tenter de le restreindre ? Tout ce que vous pouvez y gagner, c'est un sourire narquois. Il faut simplement lui laisser le temps de grandir.

C'était devenu une habitude, presque un rituel, une pièce de théâtre qui se répétait de façon absurde, sans mémoire. Chaque fois le rouge coulait à nouveau et les araignées venaient l'essuyer, frénétiquement, psalmodiant et t'imploraient de ne pas recommencer, d'arrêter de faire couler le rouge. Comme si le rouge ne devait pas couler ici. Comme si, d'une certaine manière, elles savaient. Elles savaient que le rouge allait l'attirer, elle. Et cela ne devait pas être. Cela était interdit. Mais toi, tu t'en fichais. Tu t'en moquais. Tout ce que tu pensais à ce moment là, c'était que les araignées apeurées avaient quelque chose d'amusant, dans le regard, tout au fond. Et quant au rouge ... Son odeur, sa couleur ... C'était si beau. C'était si chaud.

Tu ne la connaissais pas encore vraiment à cette époque. Tu étais encore trop jeune, jeune fruit immature inconscient de ses propres ficelles, de ses propres encres. Alors si ça devait l'attirer... Qu'elle vienne. Tu lui en offrirais davantage encore.

Tu voulais juste sentir un peu plus de chaleur.


***

De nouveau entre les branches, elle revient à elle. Sourire au lèvre, elle laisse le fruit retomber au sol où les encres viennent le dévorer. Pour le faire retourner aux arbres et aux branches. Installé en haut d'une arborescence, elle observe la vaste forêt de lumières pâles qui s'étend à la surface de l'onde noire. Elle laisse ses petites gambettes oscillaient gaiement d'avant en arrière en prenant le temps de se recueillir ici, dans son petit sanctuaire. Elle sourit, observant la pousse des branches qui tente, vainement, de remplir le néant insondable. Puis elle s'élance sans conviction de sa hauteur et se laisse planer par les courants entre les troncs luminescent, gardienne de sa forêt, elle veille, silencieuse. Elle arrive alors à sa destination. Ici, les arbres sont différents. Leurs corps translucides luisent d'une étrange aura rosâtre. Elle sa pose à l'un des pieds et pose sa main sur le corps. Il est encore tiède. Elle lève les yeux vers la cime et sourit. Puis elle s'installe contre le tronc, à son pieds. Elle ferme de nouveau les yeux et laisse sa chevelure se mêler aux racines. Elle ferme les yeux. Elle se souvient.

***

Tu ouvres les yeux. Le soleil est bas dans le ciel et colore le monde de mille nuances d'orange, de rose et de rouge. Le firmament, flamboyant, peuplé de quelque nuage comme des moutons d'or, est en parti dissimulé par la cime des arbres qui grignote l'éternel azur. Le soleil glisse lentement de son trône et se rapproche un peu plus chaque minute de l'horizon qui n'attend que de le happer. Il fait bon, une brise tiède vient caresser ta peau, s'amuser dans tes cheveux. Elle est douce, rassurante et tranquille, comme une caresse aimante qui veut te rassurer. Mais tu ne paniques pas. Ce n'est pas la peur qui fait battre ton cœur maintenant. Ce n'est pas la crainte qui dilate tes pupilles noires qui dégoulinent d'encres sombres. Ce n'est pas elle non plus qui crispe tes muscles et qui tend ton échine, qui serre tes doigts et qui attise tes sens. Non, pas la peur, ni la colère, ni quoi que ce soit de ce genre. C'est quelque chose de nouveau pour toi, quelque chose que tu n'avais encore jamais connu, jamais senti. Quelque chose de grisant, de puissant, puissant pour ton petit corps non habitué.

Tu la sens. Enfin. Après des années, après tant d'années à errer dans le noir et le froid. Tu la sens finalement, brûler de toute sa puissance, de toute son ardeur. Tu la vois briller, resplendissante dans les ténèbres. Tu sens son aura et son odeur, elle vient titiller tes narines et faire frissonner ta chair. Tu la vois, enfin, juste devant toi, toute proche. Elle est si chaude... Si douce.. Si incroyable. Jamais tu n'aurais put l'imaginer,
jamais ton cerveau n'aurait put la créer de lui même. Et pourtant elle est si belle,
si unique, si brûlante de vie.

La passion.

Là, juste devant toi, entre tes mains resserrer, tu sens la vie battre, la chaleur fluide s'écouler. Tu le sens sur tes doigts, contre ta peau, et ton regard ne peut se détacher du spectacle qui t'obsède. Tu sens le gouffre, affamé, au creux de ton ventre, qui tend vers l'avant pour tenter d'en dévorer un peu plus. Pour tenter de voler ce qui reste,
d'ingurgiter jusqu'à la dernière goutte la brûlante saveur de la vie. Tu sens dans ton regard exorbité l'animal qui rode et qui gronde. Et ton sourire, large balafre inhumaine, croissant de lune livide, ressemble encore davantage au rictus mauvais d'un prédateur malveillant. Tu ressens la chaleur et la pulsation de la vie contre ta poitrine. Ça bat, ça bat fort, vite, ça semble vouloir briser les côtes trop étroite pour s'échapper plus loin. Ça bat contre ta poitrine et la résonance semble faire que, petit à petit, ton petit coeur aussi se met à battre plus fort, entraîné par le premier. Pendant un instant, tu te sens vivre, tu sens le rouge pulser dans tes veines, tu sens la chaleur d'un autre corps contre le tiens, et il te semble pendant une minute, que cette chaleur est tienne. Tu te réchauffes au coins de ce feu monstrueux dont tu dévore l'essence jusqu'à la dernière cendre. Ta main se resserre sur la sienne, tu passes ton petit visage sur son épaule. Tu sens son souffle, rapide, trop rapide, qui quitte précipitamment ses lèvres asséchés. Il ne bouge pas d'un pouce, tétanisé, le regard fixé devant lui, la mains serré fermement. Et toi non plus, tu ne bouge pas. Immobile,
tu restes dans son dos, le menton sur son épaule, ta main prenant la sienne. Et vous observez, tous les deux, sans pouvoir détacher les yeux en cet instant précis, la sublime oeuvre qui fut la votre. Qui fut la sienne. Qui fut la tienne.

Les larmes montent et la mains se desserre. Le kriss argenté tombe sur le sol. Et la vielle terre, noire et sale, vient se gorger avidement du rouge ainsi versé pour elle.
Et pousse sur son dos les nénuphars écarlates.

L'oeuvre observe le ciel rougeoyant de son oeil vitreux, allongé paisiblement sur un merveilleux tapis de feuilles incandescentes. Elle craquaient encore il n'y a pas si longtemps, mais à présent, le monde entier s'est murer dans le silence, a retenu son souffle pour vous laisser apprécier le spectacle. A quelques mètres seulement, d'autres nénuphars ont poussés sur le tapis colorés. Et dans la froideur de l'automne, comme la chaleur ainsi dispensé, s'échappant du corps ouvert semble douce, rassurante, paisible. Quel plaisir, quel émoi, quel feu qui s'offre ainsi à toi ! Ouvert. Béant. La pourpre se répand ainsi pour venir réchauffer la terre fraîche. Plus un bruit, plus un son. Encore un instant au par avant, c'était les cris, c'était le tumulte et la tempête. Mais maintenant ne reste que le silence qui règne sur la scène de son joug tyrannique, il plane au dessus une horreur assourdissante, comme une chape de plomb oppressant les âmes. Plus un souffle, plus un mouvement.

Le tableau est sublime. Tu le dévores des yeux, littéralement. Et pourtant, la chaleur, la douceur, la vie, tu sens bien la terrible tragédie : ce n'est qu'un simulacre. Une mascarade. Un subterfuge qui ne trompe personne. Cela ne vient pas de toi, ça t'est extérieur, étranger. Ce n'est jamais rien qu'une fraction qui tu parviens à déceler face à la puissance intérieur qui émane de l'autre qui n'aura servi pour toi que comme un exutoire pour épancher un peu ta soif inaltérable. Et tout au fond de ton petit corps, tu sens qu'il t'en faut toujours plus : ce maigre repas ne fait qu'attiser ta faim. Elle ne te rassasie pas, elle te met simplement davantage en appétit. Tu en veux plus, plus de vie, plus de chaleur. Tu voudrais brûler, brûler toute entière, corps et âme, te sentir vivre, exister. Tu voudrais serrer les poings toi aussi. Tu voudrais sentir les larmes monter, ta gorge se nouer face à la terrible injustice. Pourquoi donc, lui qui tenais l'instrument est il si épris de ces passions qui le dépassent ? Pourquoi, alors qu'il ne fut que ton instrument dans cette merveilleuse mise en scène, est-il le seul moyen pour toi de sentir la flamme, par procuration ? Tu voudrais haïr, cracher, maudire le ciel froid au dessus de ta tête - et tu sais que ces couleurs ne sont que des masques, que là haut, l'eau gèle instantanément. Tu voudrais siffler, rugir, hurler, fondre en larme.

Mais à la place de tout cela, ne vient sur tes lèvres qu'un maigre sourire sans joie ni peine.

Même souffrir, tu en es incapable.

Cette chaleur ne t'appartient pas, et elle ne t'appartiendra jamais. Tu resteras pour toujours une coquille froide et creuse, creuse pour être réceptacle des noirceurs.

Mais ce n'est pas si terrible, ce n'est pas si grave, puisque pour la première fois, pendant une fraction de seconde, un battement de cœur.. Pour la première fois tu as cru sentir quelque chose. Tu as ressentit une partie de la chaleur, au travers d'un autre certes, mais tu l'as ressenti. Il fut pendant un instant ton brasier, ton flambeau dans les ténèbres. Et face à ça chaleur, tu as senti en toi toutes les encres se tendre pour tenter de dévorer la flamme qu'elle ne pouvait que lécher au travers de la vitre tiède. C'était un début, c'était une piste. Mais il t'en fallait plus... Encore... Toujours... Car, aujourd'hui, et chaque jour un peu plus : les Encres ont faim.

Alors il faut les nourrir. L'outil contre toi ? Son sort t'es égale. Il est coupable après tout, tu n'as rien fait de mal. Il sera juger, d'une façon ou d'une autre, tu t'en moques. Ça n'a pas d'importance, son rôle est clos. Et pour ce qui est de l'oeuvre, froide à présente, gisant sur le tapis de feuilles mortes ? Tu ne t'en fais pas trop.

Tu l'entends derrière toi. Chuinter, ronger, mastiquer. Elle est venue. Prendre l'offrande que tu lui fais, avec toute la force possible que te permet ton faible amour Elle est venue dévorer le cadeau appétissant. Car ce qui est à la Rouge retourne à la Rouge. Oh comme tu voudrais te jeter dans Ses bras. Elle qui t'a recueillit en son creux, en son sein, quand tu n'étais qu'un nourrisson sans famille. Elle qui t'a guider au travers de ses couloirs poussiéreux et chargé d'histoire, te tenant presque par la main pour faire de toi l'enfant que tu es. Elle qui t'a confier les encres dans le plus grand secret. Elle enfin qui est ta seule vraie Mère, ta seule vraie famille, la seule chose au monde qui parvient encore à faire éveiller un semblant d'étincelle, une dernière braise couvée, dans ton cœur inerte et statique. La seule qui parvient à te faire sortir de la noirceur et des encres, la seule pour qui ton âme est capable de fabriquer quelque chose de semblable, fragile, à une passion. Comme tu aurais voulut te réfugier entre ses bras squelettiques pour lui apporter toute la maigre chaleur de ton amour trop faible. Mais tu le sais : on ne dérange pas la Rouge quand elle vient prendre son dût. Alors tu la quitte, à regret. La seule personne au monde que tu fut capable d'aimer. Tu la laisses se nourrir et ne laisse derrière toi qu'un léger sourire, avant de disparaître à nouveau comme tu étais venue, entre les endroits et les envers, retournant dans ton pays des merveilles.


***

Elle rouvre à nouveau les yeux et se transportes une nouvelle fois, laissant là le souvenir de cette délicieuse rencontre. Elle se relèves et s'envoles vers les cimes où elle fait apparaître de grands nénuphars pourpres pour tracer un chemin dans les airs. Bondissant, avec agilité et grâce, de l'une des plantes à l'autre qui flottent dans l'éther, elle se dirige vers une nouvelle destination, quelque part dans ce jardin d'idée et de souvenance.

C'est une clairière isolée entre les arbres immenses qui grignotent le ciel sombre. Une clairière boursouflée comme un furoncle dans la terre d'encre, suintant abondamment du même liquide noire et goudronneux qui imbibe l'entièreté de ce monde. Elle pose le pied sur sa surface et la gravit, tachant ses petits pétons blancs de l'immonde ichor qui a déjà rongé toute sa couleur, grimpant sans peine et souriante vers le sommet. Une tache de couleur se détache de la noirceur, bien en dessous d'un astre gigantesque et miroitant, argenté. Une tache d'un rouge intense, brûlante et vive qui irradie dans la sombreur de son aura embrasée. C'est une fleur aux pétales duveteux et à la fragrance délicate qui trône, solitaire, au sommet de la colline d'encre. Elle rayonne, elle rougeoie et une douce chaleur émane de son essence, comme un rayon dans l'obscurité que le noir ne parvient pas à étouffer. C'est une douce chaleur qui réchauffe même les ténèbres les plus glacées, celles qui se trouvent dans le néant, perdues quelque part entre les étoiles. Elle s'en approche, le sourire au lèvre, et son cœur se fait sentir un peu plus fort dans sa poitrine, trouvant comme un souffle nouveau. Elle connais bien ce souvenir. L'un de ceux qu'elle chérie le plus. L'un de ceux qui la marqua le plus fort et qui changea tout un pan de son existence. Elle s'avance avec respect et désir, sans lâcher la fleur des yeux, captivée par sa couronne de flamme éclatante. Avant de l'atteindre toutefois,
elle lève un œil vers les cieux ou luit l'astre lunaire de sa froide pâleur. Et elle sourit plus largement en voyant de l'autre côté de son reflet, l'Autre qui observe d'un air curieux avant se s'installer nonchalamment au bord de la lune pour veiller à nouveau sur son royaume ou sa prison encrée.

Alors elle fait un pas de plus. Puis se penche au dessus de la fleur. Et fermant les yeux, elle en hume le fragrance.


***

C'était une nuit d'hiver très froid cette année là. La nuit du solstice, tu t'en souviens. La nuit la plus longue, lorsque le noir règne sur le monde le plus longtemps, étend ses griffes ténébreuses sur les êtres et les âmes, et où le monde des rêves vient frôler notre monde. Les barrières se réduisent, les voiles se dissipent légèrement, et une autre réalité s'invite parmi les hommes. Avec d'autres êtres, d'autres esprits, d'autres âmes errantes au crépuscule.

C'était une nuit noire au firmament voilé de ténèbres, masquant la lueur des étoiles qui brillaient au dessus, comme si elles se cachaient, se dissimulaient aux horreurs de la Terre. Seuls les rayons argentés de l'astre lunaire parvenaient à percer l'épais et obscure mentaux cendreux. Et la forêt bruissait de mille sons ce soir là. Mille bruit inquiétant qui entonnaient leur cantonade au clair de lune et qui élevait leurs fracas au plus haut de la nuit. Il y avait les bruissement du vent qui hurlait dans les branches rachitiques des arbres mis à nu. Il y avait les craquements incessants du bois qui brûlait au centre de toute la force de sa douleur. Et puis il y avait les chants. Des dizaines de voix qui résonnaient entre les troncs et venaient perdre leurs échos dans la noirceur nocturne. Des chants étranges et désaccordés, raillant dans le noir des dizaines de psaumes et de prières à la divinité bienfaitrice et cruelle. Les ombres dansaient cette nuit là, elles dansaient avec ferveurs comme si leurs corps étaient de feu. Elles projetaient leurs formes cauchemardesques entre les arbres et les branches, terrifiants les animaux qui se trouvaient là et qui n'osaient pas sortir le museau de leurs terriers. Les ombres dansaient en ronde, chantant et frappant sur des instruments de pacotilles, leurs visages de bois grimaçants et étranges. C'était un soir de fête cette nuit là. Et autour du grand feu qui venait lécher la froideur de l'atmosphère, irradiant d'une chaleur suffocante, les ombres s’apprêtaient à apporter un nouvel élément, un nouveau sacrifice à la Grande Rouge.

Toi.

Tu avances tes pieds nus sur le sol boueux et froids, tu t'avance vers le brasier incandescent. Ton regard est un gouffre qui cherche à dévorer toute la flamme, aspirer toute sa chaleur. Tu ne porte pas de masque. Tu portes à peine quelques tissus blancs. Et sur ton visage, on peut voir ton immense sourire qui brille entre les flammes iridescentes, qui luit au rayon d'opale. Ton large sourire qui dégouline de cet espèce de bonheur difforme et purulent que ton cerveau produit. Cette nuit est la tienne. Mais tu ne la garde pas pour toi. Tu lui offres, à Elle. Car cette nuit tu te rapproches un peu plus de son manteau de pourpre, elle, reine parmi les reine. Cette nuit, les enfants ton choisit pour devenir le lien. Mais tu sais qu'à travers eux, c'est Elle qui te désigne. Toi, qui te considère comme son enfant. Fille des Encres, de Rouge et de Noire. Tu t'avances encore, tu sens ta peau frémir face à la flamme brûlante qui irradie toute ton essence. Un pas de plus, et tu te changerais instantanément en cendre. Tu inspire la fumé, et tu peux sentir à l'intérieur la souffrance du bois qui cris son agonie, rongé par les flammes qui le dévorent sans pitié, sans même y réfléchir. Tu sens la passion du végétale qui se tord et qui hurle. Les yeux clos, tu reste droite face à la nuit et au feu. Le Grand Cerf aux cornes de bois vient alors vers toi. Il te prend les mains que tu tend sans crainte. L'entaille du métal et profonde, sa morsure est acerbe, mais tu souris. Tu sens le liquide chaud couler entre tes mains, contre tes paumes. Tu rouvres les yeux et observe la longue lignée rouge un moment. Puis, d'un geste vif, tu jettes l'encre rouge et épaisse dans le feu qui crépite de plus belle. Une veloute cramoisie s'élève vers les cieux sous les chants des enfants.

Le Grand Cerf revient alors, il te fait dire les Mots. Les Mots qui feront de toi un instrument. Les Mots qui feront de toi l'instrument de Sa volonté. Tu ne seras désormais plus un Cerf comme les autres, tu n'auras plus aucun droit à prétendre au pouvoir qu'ont les Chefs. Tu ne seras plus rien que la servante la plus fidèle et la plus dévouée de Ton Altesse, Ta Reine, Ta Mère Adorée. Et ce serment te lieras à Elle, jusqu'à ce que la Mort ou l'En Dehors ne viennent te prendre à ton tour. Et tu dis les Mots en levant tes mains haut dans le ciel d'où s'écoule le liquide pourpré. Prenant à témoins tous les enfants qui chantent autour de vous. Prenant à témoins le Feu qui dévore et le Bois qui hurle. Prenant à témoins la Nuit gardienne des songes. Et prenant à témoins la Grande Rouge qui observe depuis son royaume.

Les Mots sont dits. Ton destin est à présent scellé. Tu l'as senti, tout au fond de ton âme. Quelque chose se bouleverser, quelque chose de nouveau. Une flamme, une fleur. Brillant comme une maigre bougie dans l'obscurité. Et cette flamme, tu la chériras pour l'éternité.

Le Grand Cerf revient une dernière fois. Et tu sens glisser sur tes épaules la longue étoffe qui vient te réchauffer. Elle couvre ton dos de sa douceur écarlate, symbole du lien qui t'unis à Elle à présent. Il te passe autour du coup le pendentif gravé de son sceau, de son symbole grotesque et maladroit, forgé par les doigts malhabiles de ses chères enfants. Enfin, il pose sur ton visage le masque de bois aux longues cornes, montant vers le ciel comme pour y chercher une autre vérité. Ce masque au visage creux, sans émotions, sans bouche, sans nez. Seulement de grand yeux, deux trous béants pour tout assimiler, pour tout dévorer et garder précieusement. Tu te sens complète.

Tu te tournes alors et te dresse de toute ta petite stature face aux enfants. Mais malgré ta taille, ta proximité avec les flammes fait de ton ombre la plus grande. Tu lèves tes mains meurtris vers eux, te présentant à eux sous ton nouveau jour.

Car à partir de cette nuit, et pour toutes les autres, tu es la Prêtresse de la Rouge, les Yeux de la Mère. Tu es la Gardienne des Secrets, et à travers toi vivront tous les souvenirs de la Maison, passeront les offrandes des enfants. Tu annonceras et interprétera la volonté de la Grande Rouge, et tu tiendras toujours Sa parole plutôt que la tienne. Car tu es plus que Son instrument, tu es plus que sa prêtresse. Tu es sa Mémoire. Tu es son Enfant.

Et les feux dansent. Et les enfants chantent. Un nouveau lien est forgé. Le temps est arrivé. Et la Nuit sera encore longue ce soir là.

Tu souris sous ton masque, les mains levées vers les cieux qui observent le blasphème avec dégoût et horreur, préférant de loin caché l'hideux spectacle par l'épais nuages de fumée. Seule la lune garde un œil sur la scène, timide gardienne de la noirceur de l'âme humaine.

Tout autour, les cris des enfants, leurs joies débordantes, leurs passions exacerbées, elles sont comme ce feu dans ton dos. Tout cela te réchauffe un peu. Illumine la noirceur de ta nuit. Toutes ces émotions qui suintent autour de toi... Elles sont si belles. Si douce. Et elles sont si nombreuses que, pour cette nuit, votre faim se calme un peu. Tu sens dans ton ventre les Encres qui dévorent avec gloutonnerie. C'est merveilleux. Pour la première fois, les Encres sourient elles aussi. Pour ce soir, les Encres sont rassasiées.

Ton sourire s'élargit, immonde balafre voilée par ton masque froid de chêne.

Qu'en sera-t-il demain soir ?


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Cheshire
Jeu 21 Sep - 23:04
Hellotation ! Désolé du double post >< juste pour dire deux choses :

1) J'AI FINI MA FICHE !! ♥️ (finalement, je suis désolé pour tout le temps que ça m'a mit x___x)

2) Ma fiche était trop longue, du coup j'ai mit l'histoire séparément .w. mais du coup y a plein de messages entre les deux >< c'est possible de faire un truc ? D:

Dans tous les cas, je m'arrête là pour ce soir. Y a encore surement pleeeeein de fautes d'ortographe, je me suis pas encore relu il se fait tard pour moi xD Je me relieras demain et ce week end pour corriger les fautes, mais là sinon tout est bon achevé normalement !

Merci d'avoir attendu, j'espère que le résultat vous satisfera, moi en tout cas j'ai pris beaucoup plus plaisir à façonner cette petite Cheshire, et j'ai vraiment hâte de pouvoir la jouer <3

Je vous aime tous ! A très bientôt ! Et méfiez vous des ombres dans les charpentes, si elle sourient, c'est que le Chat vous observe ~ ♥️
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Raspoutine
Ven 22 Sep - 13:26
COUCOU CHESHIRE. Avant tout, heureux de voir cette fiche achevée :D. Bravo à toi d'avoir tenu jusqu'à LA FIN, il faut s'accrocher pour ne pas abandonner quand on se lance de quelque chose d’aussi loooong.
Je suis prêt à te valider, mais avant ça, je te demande ton avis : le seul moyen pour accoler le post contenant ton histoire au reste de la fiche serait de supprimer les commentaires qui les séparent. A toi de voir si tu préfères laisser ou non les choses en l'état donc :D.


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Cheshire
Ven 22 Sep - 15:02
Hello !! Merci a vous pour votre patience en tout cas !! ><

Oh bah non, on va pas supprimer tout ces jolies messages qu'on ma fait '^' tant pis, on laisse comme ça! :D
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Raspoutine
Ven 22 Sep - 17:58



Tu es validé

ET VOILA. On y est. C'est la validation monsieur. Tu es arrivé au bout de ton parcours- mais devine quoi, ce n'était qu'un petit sentier (qui sentait la noisette) menant à un long chemin peuplé de tout un tas de gens cools et qui te veulent du bien.
fange
(en vrai ils veulent tous te saigner)(sauf Sables je crois)(Sables est trop bon)

Mais parlons bien, parlons fiche. Quelle prose méticuleuse ! Le moins qu'on puisse dire c'est que tu as le soucis du détail, et que tu as peaufiné avec soin l'univers intérieur de Cheshire ; de tel manière que malgré le peu d'émotions habitant le personnage, il y ait suffisamment à dire pour développer un fort univers visuel autour d'elle. La grande précision que tu as mis dans ta fiche lui octroie une indéniable richesse, et elle en fait un voyage à entreprendre au calme pour s'immerger au mieux dans son son onirisme dense. (Avec tout ce que le rêve peut comporter d'inquiétant.) Et tu choisis toujours très bien les musiques accompagnant tes textes :D.
C'est donc avec plaisir que j'ouvre les portes de la Maison et du dortoir des Cerfs à Cheshire, afin qu'elle puisse se gorger de couleurs en rp, et cannibaliser joyeusement tout ce beau monde.

Tu peux maintenant créer ta fiche de liens et poster une demande de rp. Viens aussi faire un tour sur la chronologie pour nous dire quand Cheshire est devenue grande prêtresse de la Rouge :D.






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