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Braquage, meurtre & alcool à désinfecter — Tempête
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Charogne
Sam 27 Jan - 23:31

C'est à peine si elle a attendu que la nuit tombe, qu'enfin le jour s'éteigne, que, vieille souris d'opéra devenue rate parmi les chatons, Charogne s'est glissée dans le Sépulcre. Elle a beau avoir la démarche aussi silencieuse qu'assurée, nus pieds et pieds nus faisant à peine grincer le plancher, le prof a les doigts qui ne tiennent pas en place et son regard parcourt nerveusement le couloir d'un angle à l'autre, à l'affut d'un prédateur à la truffe humide et à la moustache mal rasée. Dans ses poches, une clef, tout petite, toute froide. Au ras de ses yeux secs le rouge des nuits blanches passées à attendre Acide, des cernes qu'on a accentué à coup de khôl dégoulinant comme pour mieux les souligner. Et pourtant, un sourire, la lignée de dents blanches entre le carmin baveux de sa bouche quand la silhouette de Tempête s'extirpe de l'obscurité jusqu'à se faufiler jusqu'à elle.

▬ Shhhhhh... Qu'elle siffle en plaçant un doigt devant sa bouche plus par taquinerie que par crainte qu'on les entende.

C'est que Charogne se remémore comme si c'était hier de cette fois, cette drôle de fois où les deux dames avaient tenté de braquer le bureau du Lapin qui n'en était plus un. Enfin braquer, un bien grand mot, ça avait fini tout penaud devant la porte fermée et Charogne qui s'étonne du fait que la cantinière ne soit pas également serrurière. Ivresse ou préjugés - sans doute les deux, elle aurait pourtant juré que Tempête savait s'y faire en matière de cambriolage. Et ivresse ou semblant de lucidité, Tempête s'était simplement contentée d'hausser les épaules et de rigoler. Demi-tour, fin de leur soirée. Enfin du moins, c'est ainsi que Charogne s'en souvient. Agréablement bizarrement. Ce n'était que partie remise après tout.
Car il faut plus qu'un verrou pour stopper le duo. Et le meurtre de Morphée et la disparition d'Acide ce sont juste ce qu'il faut pour que le binôme se décide une bonne fois pour toutes de frapper. Pour de vrai.

Désormais, aucune des deux femmes ne rit. L'heure devient tout de suite plus grave quand le meurtre s'abat, mais le visage - quoique sombre, de Tempête reste quand même un phare un peu rassurant au milieu du chaos ambiant. Car s'il y a une bien une seule personne qu'elle ne soupçonne pas d'être le meurtrier c'est bel et bien elle. Charogne ne fait pas confiance, plus de plus longtemps mais elle a l'instinct, la sagesse des vieilles peaux qui savent lire dans les intestins et écouter leurs tripes. Alors quand ses sens lui soufflent de braver la Tempête, Charogne obéit et y plonge les yeux fermés.

▬ À toi l'honneur. Murmure-t-elle en glissant entre les paumes de sa Sherlock - ou Watson, peu lui importe, improvisée, la clef du bureau de Moustache qu'elle a sans doute soigneusement dérobé à un moment où l'infirmier a eu le malheur de baisser sa garde, trop occupé à secouer les plumes d'un autre charognard. Car quand le loup a les pattes occupées, la charogne mord. Et elle n'est pas seule pour une fois.



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Tempête
Dim 28 Jan - 12:26
Dans l'ombre de Tempête, se mêlant à la pénombre nocturne, se profilait la silhouette d'une sirène. La cantinière avait conservé le secret sur sa découverte de l'Envers, arme qu'elle prenait soin de fourbir pour mieux la dégainer lorsque l'occasion s'en présenterait. Cette nuit le serait peut-être – tout dépendait si elles rencontraient âme qui vive entre les murs du Sépulcre. Le décès de Morphée demeurait auréolé de mystère. Le corps avait été promptement enterré et les pensionnaires taisaient son nom comme pour mieux éviter de subir le même sort.

D'autres gisants avaient remplis les tombes anonymes du cimetière mais Morphée dénotait par la cruauté même de son décès. Son tueur avait érigé une scène pour mieux faire connaître son existence, mise en garde macabre mais dont il manquait l'ingrédient principal : l'identité du meurtrier. Certaine de trouver quelque indice au Sépulcre, Charogne avait engagé Tempête à la suivre. Voler quelques vinyles pour chauffer les oreilles de Moustache passait au second plan, blague dérisoire de collégiennes. Élucider un meurtre possédait des attraits non comparables. Et Tempête, dans sa vocation de préserver les filles, voulait réparer ce qu'elle n'avait su empêcher.

« Merci. » souffla-t-elle à Charogne, saisissant la clé, ses doigts frôlant celle de l'enseignante.

L'échine ployée en avant, prête à filer ventre terre si une lueur de lampe de poche éclairait leurs semelles, Tempête glissa la clé dans la serrure. La tourna jusqu'à entendre le verrou céder, pose sa main sur la porte qu'elle poussa espérant qu'elle ne couinerait pas. Elle s’entrebâilla sans un bruit, pas même un souffle. De la main Tempête invita Charogne à la suivre, fermant la porte derrière elles. Point de fenêtre ici si ce n'est une donnant sur l'extérieur.

Allumant la lampe de poche qu'elle avait pris soin d'amener, Tempête la tendit à sa comparse.

« On pourrait allumer la lumière... » déclara-t-il d'une voix mesurée oscillant entre le chuchotement et le murmure « … mais quelqu'un pourrait la voir qui se répand de sous la porte dans le couloir. »

Tempête balaya les lieux du regard glissant sur les dossiers multiples qui encombraient les étagères, les papiers rassemblés grossièrement en piles prêtes à s'effondrer, le lit de repos irradiant de son métal glacé.

« Bon. Tu connais mieux le loustic que moi. Dis-moi où il a pu ranger les notes sur l'autopsie. »

Un temps, un haussement de sourcils.

« D'ailleurs t'y étais, non ? Y s'est dit quoi ? »

Les indices commençaient peut-être là.



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Charogne
Sam 10 Fév - 19:44

Elle jette un dernier regard derrière et frissonne car si elle a beau ne voir personne, Charogne se sent tout de même observée. La Maison est devenue froide et ce n'est pas à cause de l'hiver. Jamais l'expression les murs ont des oreilles ne lui a paru si lourde de sens car c'est comme si l'Envers suintait sur le réel, comme si la Rouge les épiait à travers chaque fissure, chaque recoin, chaque trou de serrure et plus les mois filent, plus le nombre de pensionnaires portés disparus s'agrandit. Peut-être que c'est le tueur lui-même qui les nargue. Il est temps de mettre ça au clair.

▬ Morte par asphyxie. Étouffée avec un oreiller. Pas d'attouchements, pas de violences sexuelles. Les mutilations ont été faites post-mortem. Souffle-t-elle en éclairant la pièce. C'est sans doute l'une des rares fois où elle y pénètre en l'absence de l'infirmier. La première en pleine nuit. Défigurer la dépouille et la transporter du Sépulcre à la Cafetière sans se faire prendre... Elle hoche la tête tant ça coule de source : C'est forcément un adulte, sûrement quelqu'un du Sépulcre. Ou alors plusieurs gamins mais ça leur ressemble pas... De faire un truc pareil à un de leurs semblables dans le coma. Y'a trop de sadisme calculé pour que ce soit l'oeuvre d'une bande de morveux écervelés.

Quenotte était celle chargée de prendre les notes mais peut-être que l'autre poilu a eu l'intelligence de griffonner quelques observations après l'autopsie. Vu sa méfiance - à juste titre, à l'égard du polonais, elle ne serait pas étonnée qu'il ait pu garder pour lui une ou deux informations. Pour peu que ce ne soit pas lui le meurtrier. Il faut dire qu'il a tout du parfait suspect.

▬ Je prends le bureau, regarde le lit dès fois qu'il cacherait pas un truc sous le matelas ou dans l'oreiller. Une astuce que tout les gamins connaissent et donc par extension tous les surveillants également. Moustache c'est qu'un rat qu'a pas bien grandi après tout. Et ça ne coûte rien de vérifier.

Sans gêne, Charogne s'attaque dès lors au bureau, parcourt du regard les piles de papiers, des dossiers empilés. Ce n'est pas ordonné mais ce n'est pas pour autant en désordre, très vite elle comprend vite qu'il y a une sorte de logique dans la façon qu'il a eu d'entasser sa paperasse. Alors elle s'en prend aux tiroirs, remplis de trucs sans grande importance: stylos, scalpels, feuilles vierges, gants et tiens un morceau de vinyl et une bouteille sans étiquette quasiment vide. Plus intéressant encore, le dernier tiroir est verrouillé. Elle tire sur la poignée mais le meuble lui résiste et si Charogne se dit qu'il serait aisé de le briser, elle préfère rester discrète.

▬ Viens voir. Elle s'accroupit pour mieux observer la serrure. C'est vieux et sûrement pas très résistant. Ça se joue. Redonnant la torche à son acolyte, elle murmure : ▬ Tiens-moi la lampe et éclaire-moi. Et aussitôt ses deux mains libres, elle défait son chignon pour se munir d'une épingle qu'elle glisse dans le mécanisme comme elle le faisait pour fouiner dans les affaires de son ex-mari. Quelques tours à droite et à gauche et le verrou lance un clic de défaite tandis qu'elle se tourne vers Tempête, triomphante :

▬ Combien tu paries que c'est soit de l'alcool, soit des magasines cochons ? Parce qu'elle doute y trouver son journal intime rose et fleuri, soigneusement annoté au fil des jours avec des petits coeurs sur le point des i. Dommage car ça la ferait beaucoup rire.



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Tempête
Dim 18 Fév - 16:09
Tempête se mit en devoir d'inspecter les lits de repos comme proposé par Charogne tout en faisant rouler, dans son esprit, sa confession sur les résultats de l'autopsie. À ses yeux tout individu habitant la Maison demeurait un suspect potentiel. Au moins, au sein de ce charnier, Tempête avait eu la réponse à une des questions qu'elle s'était posée au sujet du décès de Morphée. C'était un soulagement bien faible, mais un soulagement tout de même, d'apprendre qu'elle n'avait subi aucun attouchement, ni aucun sévices d'ordre sexuel. On pouvait déjà éclipser tout individu potentiellement intéressé par le syndrome de la belle au bois dormant.

La cantinière malaxait les oreillers entre ses mains, les pressant contre le lit pour mieux déceler un quelconque objet dur au sein de toute cette ouate. Elle aurait pu saisir un couteau, procéder à une coupure – à l'image d'un scalpel traçant une ligne fine mais profonde dans un corps – mais elle craignait que cela ne se voit. Il leur fallait laisser le moins de traces possibles, de sorte à ce que Moustache ne remonta pas jusqu'à elles.

« T' sais Charogne... » confessa Tempête tout en s'agenouillant pour fouiller sous les lits, passant la main entre les barreaux d'aciers. « … je pense qu'un enfant peut être aussi coupable qu'un adulte, surtout dans un endroit comme celui-là. Un adulte, il l'aurait juste étouffé, rejeté la faute sur un gosse qui aurait fait ça pour abréger les souffrances de Morphée. » L'euthanasie avait de beaux jours devant elle. « Mais tout ce spectacle... Je n'ai pas pu le voir mais tous les témoignages concordent sur bien des détails. Les yeux manquants, le mot épinglé sur le dos... Si ça se trouve ça vient d'un gosse qui est insensible à la mort ou une autre connerie du genre. Y a tant de pathologies ici. »

Des pathologies qui venaient à modifier la perception du monde à le rendre moins concret ou différent auprès de ceux touchés par ces maux. Ce qui ne justifiait pas, pour autant, le meurtre aux yeux de Tempête. La femme se releva en soupirant, excédée de ne rien trouver. Mais, en même temps, si ça avait été si facile, l'affaire aurait été résolue en un rien de temps.

L'interpellation de Charogne l'amena à se rapprocher de l'enseignante, pliant les genoux pour se mettre à sa hauteur. Tempête plissa la bouche, circonspecte.

« Tu parles, cochon comme il est, il laisserait le magazine bien en vue des gamins pour voir leur réaction. J' parie qu'il en a même déjà filé à un môme en disant... » Repoussant ses cheveux en arrière d'un mouvement de nuque, Tempête tenta d'imiter l'infirmier en grossissant sa voix. « Vu qu' tu dois rester en surveillance, gamin, prends ça. Bonne lectur'. Et ça t'apprendra deux-trois trucs. »

Cela ne l'empêcha pas, néanmoins, de se pencher sur le contenu du tiroir. Effectivement il y avait de l'alcool. Tempête saisit une des bouteilles, l'ouvrit, en huma le parfum avant de reculer, brusquement, toussant.

« Il a tourné... C'est pis que du vinaigre chaud... Il l' garde pourquoi ? Pour désinfecter les plaies ? Tu m'étonnes que les gosses renâclent à venir l' voir ! »

Refermant vivement la bouteille, la cantinière la déposa à même le parquet pour mieux fouiller dans le tiroir. Elle en extirpa un papier qu'elle saisit dans sa main, l'éclairant de sa lampe-torche.

« Au merdeux qui a ouvert l' tiroir... Repose tout et dégage. Mince, tu crois qu'il a aussi mis un piège à souris ? L' piège à ours serait trop grand pour entrer d'dans. »

L'adulte entendit alors le parquet grincer. Quelqu'un approchait. Faisant signe à Charogne de ne faire aucun bruit, Tempête éteignit sa lampe. Plongée ainsi dans la pénombre, la femme ne bougea pas, espérant que ses yeux s’habitueraient rapidement à la pénombre. Elle aperçut la porte s'ouvrir et une silhouette se profiler – une silhouette d'enfant.

Spoiler:
 



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