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Formol de formalitées
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La Rouge
Mer 6 Déc - 21:18





Autopsie


Du ventre enflé de l’agitation naît le calme assourdissant d’une Maison plongée tant dans les restes de sa nuit que dans son deuil. Ils procèdent là comme des porteurs mortuaires quand le corps les a pourtant précédés, déjà couché au lit du Sépulcre qu’il n’aura décidément jamais quitté. Pauvre Morphée, vive Morphée. C’est à Vautour alors que revient la si lourde tâche d’ouvrir et comprendre, comme un scientifique, dissection de grenouille qui aurait mieux fait d’en être bien une. Charogne, du bout de lèvres amères, s’est éparpillée en ordres. S’est attelée au Sépulcre et aux paperasses. Et en pépiements vengeurs, s’est enquis de la présence d’une Araignée. Moustache aux dents longues, dérangé dans ses ronflements s’il avait toutefois trouvé le sommeil. Pas de musique cependant, au royaume de blancheur, on peut entendre voler les spectres de mouches. Pour terminer la cohorte précédemment composée, ils déambulent en petites pattes affairées, yeux baissés pour visages peinturlurés. Personne dans son choc encore palpable, sa gravité silencieuse – comme toujours – de celui qui ne pourra désormais plus rien réparer. C’est en bon camarade et parfait second qu’il suit et accompagne Morphée pour son dernier rêve. Presque à la tête puisqu’elle suit Vautour – elle prétendra plus tard le surveiller – Quenotte et ses lèvres pincées, encore pâle de sa courte nuit. Trottine en sourdine et en chemise de nuit, c’est tout juste si elle ne le tient pas par la manche jusqu’à ce que le Vautour ne bifurque, allant se munir d’outils de torture.

Sur un lit improvisé gît le corps, transporté par les petites mains habiles des plus puissants de chaque groupe. Morphée y est impeccable, les paupières closes sur une absence flagrante d’yeux. Le corps encore rouge, cependant, plus que les murs encore, sur toute la surface du pyjama gris de Sépulcre. Dans un coin des papiers s’enchevêtrent, dossiers hasardeux et compliqués. On y aperçoit les autocollants caractéristiques. Bleus, jaunes et rouges, graduant la dangerosité et les troubles de chacun, petit mémo fort pratique pour les Araignées. Mais la célébrité est ici accordée au défunt après tout et c’est d’un seul être ou presque qu’ils avancent et que, dans leur dos, se ferme la porte comme un signal de départ.
Il est temps de procéder à la dissection, du cadavre comme des egos de chacun.





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Vautour
Sam 9 Déc - 17:13


Autopsie

avec Moustache,
Personne, Quenotte et Charogne




Il aurait aimé le faire rouler, ainsi, lentement, zébré par les néons, arborant sur son visage le masque d’une quiétude profonde, parade de cire immortelle, dans son déclin le plus infime pour les premières heures seulement. Il aurait aimé entendre le caoutchouc des roues crisser sur les carreaux et sentir le poids du brancard sous ses paumes à peine tiède. Mais Vautour se contente de peu, de ces boutons qu’il attache avec une lenteur procédurière. De ce col qu'il redresse et lisse un rien, la fatigue dans son regard cerné miroitant comme un lac dans la pénombre. Et ainsi abandonnant la noirceur du professeur de science, retrouve avec un rien d’affection palpable, la tenue impeccable de sa jeunesse de thanatopracteur.

Ainsi, il est une sorte d’araignée-reine dans ce domaine d’éther et de javel. Ses pas claquent d’une semelle de cuir qu’il a préalablement lustré, nettoyé, désinfecté et les cheveux renvoyés en arrière, dans sa blouse de médecine, s’avance parmi eux – hélas, ils sont bien nombreux.

Tenant du bout des bras une mallette rachetée ici – les instruments de son père sont restés en Pologne, allez expliquez à ces américains la nécessité de transférer ce qui pourrait apparaître comme des armes potentielles, eux qui n’acceptent pas même un déodorant dans les bagages à main.

Mais les scalpels qui s’étalent, bien rangés, chacun à leur emplacement, sont bien assez professionnels pour qu’il puisse s’en saisir avec soin et connaissance. Pour l’instant pourtant les instruments demeurent à leur place et la mallette gagne une commode bien pratique à proximité, tandis que ses mains se délavent un peu plus dans un reste d’eau tiède mélangée à de l’alcool à 90°.

« Sommes nous au complet ? » Demande-t-il d’une voix grave, capable sans doute de donner le frisson aux plus sensibles de l’assistance. « Je ne veux pas de photo et j'aimerais un silence le plus total. Si vous avez le cœur sensible… » Son regard s’attarde brièvement sur les faciès distendus de Quenotte et de Personne. Puis il soupire. « Je vous conseille de sortir sans rien salir. Une bassine vous sera sans doute proposée. »

C’est à Moustache qu’il s’adresse puisque ce dernier doit lui servir d’assistant mais son nez se pince un rien aux ailettes et son visage se tourne légèrement vers le médecin, avec sa carrure d’ours mal léché et ses aptitudes malhonnêtes.

« Je ne suis pas ici pour saccager qui que ce soit. » Avertit-il aussitôt, sensible aux rumeurs qui courent sur la brutalité de l’Araignée, largement déprécié au sein des enfants. Apparemment, seuls les rats gardent un zeste d’estime à son encontre – allez savoir pourquoi. Mais la réputation de ces derniers n’est pas pour le rassurer.

Vautour apprend ainsi doucement mais sûrement.

« Des questions avant que je ne commence ? »










Rigor Mortis
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Moustache
Dim 10 Déc - 1:28

Apparemment il y avait eu un mort. Et qui était venu le prévenir ? Charogne. Cela l'avait étonné au premier abord et il avait même pensé que la prof avait pu finir par s’être attachée à lui comme certaines rumeurs le disaient, et cela le ferait vachement chier. Mais non elle ne devait pas être comme ça. Elle était juste venue voit une vieille araignée en qui elle pouvait avoir le plus confiance. Ou alors elle avait moins confiance en ce cadavre de Vautour qu'en Moustache. C’était plutôt marrant en y pensant.

Enfin on avait besoin de lui pour l'autopsie. Apparemment, en plus, c’était pour être assistant de ce putain de glaçon de Vautour. Cela le faisait plus chier qu'autre chose. Mais sa présence ferait certainement encore plus chier Vautour. Et rien que pour cela c’était une raison suffisante pour être présent.

Moustache avait sorti de son placard une chose qu'il était sûr qu'elle ajouterait une touche de mépris à sa présence dans la salle. Déjà qu'il arrivait cheveux au vent détachés tombant sur son visage, moustache taillée comme à son habitude, un visage tiré par le manque de sommeil et même s'il en avait l'habitude son corps lui rappelait que ce n’était pas pour autant bon.

Une fois sur place il y avait plusieurs gosses, dont la donzelle que Fange avait pour sœur accrochée aux basques de Vautour. Il devrait penser à inviter Charogne pour la remercier de l'avoir prévenu. Car oui contrairement à ce qu'on peut penser des fois la bête sait se parer d'une peau et des coutumes des hommes.

Vautour, ah cet homme. Moustache ne put s’empêcher d'avoir un petit sourire quand ce dernier se mit à lui parler. Il n’était pas dupe. Les paroles de l'imposteur n’étaient pas destinées qu'à Moustache. L'araignée posa enfin ce avec quoi il était venu dans un coin de la salle. Les gamins appelaient ça un poste radio. Moustache le mit en route avec une musique classique bien évidemment. Ça n'avait pas le charme du tourne-disque mais hors de question de travailler sans musique.

Ensuite Moustache hésita à griller une clope question d'en rajouter une couche, mais il préférait garder ça pour plus tard. L'heure était de répondre au professeur de science tout en enfilant les gants chirurgicaux.

— Ne rien saccager qu'il dit le prof de science qui se fout de nos gueules en venant ici-bas dans le Sépulcre pour faire une démonstration de soit-disant pro avec sa panoplie du parfait petit légiste.

Moustache se pencha au-dessus du corps, cheveux frôlant le cadavre.

— Tu peux dire et faire ce que tu veux. Ici personne n'osera te contester. Tout le monde aura les yeux qui brillent car ils y connaissent peau de balle.

Moustache ne démordait pas dans la pensée que si Vautour était un prof, et non au Sépulcre, ce n’était pas pour rien. Le cadavre ambulant pouvait dire ce qu'il voulait, présenter des papiers, des diplômes, cela ne changerait rien pour la bonne raison que Moustache savait très bien qu'il est facile de modifier des papiers ou d'en créer des faux.

— Donc pour le massacre c'est plutôt à toi qu'il faut le dire. Alors tache de ne pas faire de saloperie et de ne pas charcuter à tout va. Si eux ne le voient pas, moi je le verrais.

C’était l’hôpital qui se foutait de la charité. Mais de base il était Araignée. Si un prof faisait de la merde sur le billard, la logique serait qu'on écoute Moustache. Aussi doué en science que soit Vautour pour disséquer des grenouilles, le corps humain était tout autre et Moustache espérait pouvoir se servir de cela.


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Quenotte
Dim 10 Déc - 14:41



If I were any older

I could act my age


Il ne leur aura fallu qu’un instant pour transformer l’étude funéraire en véritable combat d’ego, pour ne pas dire d’autre chose. Soyons polie à défaut d’être d’humeur charitable. C’était le grand escogriffe, tout d’abord, arrivé tout de noir vêtu. Comme lors d’une grande occasion, il a quitté pyjama et peignoir. S’est pointé en grandes pompes – funèbres – pour les asséner d’un discours placide de grand coutela.  Et le voilà qui se met à babiller photos et instructions mais qui donc entre quatre murs s'amusaient à photographier la mort d’aussi près ? C’est un sourcil dubitatif qu’elle lui offre à la place, croisant les bras sur l’ébauche d’une chemise de nuit qu’elle n’a pas pris la peine de changer, malgré le froid d’aurore. Comme il est agaçant d’être ainsi prise pour une idiote par un ignare qui ne voit en la bâtisse qu’un bon perchoir pour ses plumes.

Pas qu’elle ait cependant moins de rancœur envers l’autre homme. L’hirsute à face de hyène qu’elle sait désormais passablement proche de son cadet. Et cela ne lui plaît pas, pas du tout. Ils sont après tout bien les mêmes, à se mesurer et s’affronter, fauves faussement menaçants. Il ne l’impressionne guère, sans pour autant rendre sa présence plaisante d’une quelconque manière. Et incarne tout ce qu’elle est, dans tout leur être velu et teigneux. Dans tout ce que l’homme a de plus prédateur, jusqu’au fil des crocs. Elle fronce le nez, ne leur accorde à tous deux qu’une mine agacée, déconfite de sommeil. Ne remercie pas Charogne de cette sombre idée non plus. Les adultes sont tous les mêmes. Tous des pourris, des incapables.

Et au hasard de leur petit affrontement de chien, fait claquer sa langue. La princesse s’impatiente. Et se vexerait sans doute d’entendre qu’elle agit ainsi comme une petite femme.

- C’est bon… ? Vous avez fini de confronter vos petits egos de mâles… ? – Tempête ne serait pas pour la contredire, si elle avait toutefois la moindre idée de son existence. Et d’un geste impérieux, s’écarte de Personne pour s’approcher de la table. – Vous n’avez donc aucun respect pour Morphée ? C’est bien beau de s’affirmer comme soigneurs si vous êtes infichus d’agir correctement face à l’un des notre.

Elle englobe dans cette catégorie la plupart des enfants, les bambins qui galopent, d’une pièce à l’autre, s’ennuient dans les salles de classe, rêve parfois à L’En-Dehors sans se l’avouer, terrifié à l’idée de devoir quitter La Maison, heureux de ne plus en être prisonniers.

- Si vous avez l’intention de vous aboyer dessus tout du long, c’est moi qui le découperais, ou Charogne, après tout elle est encore la plus raisonnable d’entre vous. Personne ne vous retient si les enfants vous importent si peu.

Ce n’est ni le moment, ni l’endroit. Et il est déjà bien assez fatigant d’enquêter sur l’identité de l’assassin – elle en a une petite idée – pour ne pas en plus se coltiner la stupidité masculine de ces deux-là. Et, se faufilant entre eux, se penche sur la table pour replacer quelques mèches qui encadrent le visage mortuaire. Avec un rien de tendresse. Sans connaître réellement l’ancien Loir, il n’en était pas moins l’un des enfants de La Rouge. Ce n’est pas le cas de Vautour. Et Moustache, lui aussi, a depuis longtemps renoncé à ce privilège, une fois les dix-huit ans arrivés. Coup d’œil courroucé, à l’un comme à l’autre. Cette journée s’annonce déjà si mal, le début d’une ère terrible.

- Maintenant faites votre travail, avant que je n’aille chercher Raspoutine pour qu’on l’enterre directement avec un peu plus de dignité.

Elle espère ainsi apaiser les tourments de Personne, déjà passablement choqué par l’annonce du décès. Lui promettre une autopsie digne et sans heurts. Et un enterrement digne d’un arpenteur de L’Envers.






C O D E ©️ W H A T S E R N A M E .





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Charogne
Dim 10 Déc - 16:46

Et au milieu de toutes leurs chamailleries d'hommes adultes prétendument experts, Charogne baille, ses cheveux toujours détachés, aussi longs, noirs et épais que ceux de Quenotte ou de Personne. C'est à peine si elle a pris le temps d'enfiler un gilet grossièrement cousu sur ses épaules blanches. La prof tient une pile de papiers contre son coeur, croise les bras pour se réchauffer car pieds nus en hiver dans le Sépulcre elle grelotte un peu. Elle a fait exprès de s'abstenir de répondre au Vautour, sachant pertinemment que Moustache derrière qui elle s'est placée se chargera de le remballer bien comme il faut. Et elle a vu juste. Charogne fait semblant de tousser discrètement pour passer une main devant sa bouche et étouffer un ricanement qui devient presque un rire quand Quenotte en rajoute. Elle se dit que Quenotte lui ressemble, un peu. Et ça lui fait peur, un peu. Alors elle écarte bien vite cette pensée et ravale son gloussement car rien ne fait plus plaisir à la cynique professeur que d'assister aux premières loges aux joutes verbales de ceux qui l'entourent. C'est que les feulements des hommes a toujours sonné à ses oreilles comme une mélodie aussi douce que la chanson que Moustache a passé sur sa radio. Sans surprise, Charogne est charognarde à sa façon quand elle se repait du venin qu'on crache et des soupirs d'agacement. Mais si elle pourrait volontiers rester des heures à les regarder se chicaner, elle acquiesce de la tête les paroles de Quenotte et pour une fois, se retient de mettre de l'huile sur le feu :

▬ Vautour, si tu veux jeter un coup d'oeil au dossier de Morphée c'est moi qui l'ait. Même entre adultes, elle ne compte pas l'appeler autrement que par son surnom. Surtout qu'elle a déjà oublié son véritable nom de famille et quand bien même elle s'en souviendrait, elle aurait bien trop peur de l'écorcher avec son accent britannique. Quant à son prénom, ça ne lui viendrait même pas à l'esprit tant elle voudrait le tenir éloigné ce grand oiseau de malheur avec sa mallette pleines de scalpels - quel professeur de sciences censé ramène pareils atouts dans ses valises ? Et plus elle l'observe, plus il parait suspect. C'est peut-être même lui qui lui donne la chair de poule et non l'atmosphère glacée et glaciale de la salle. Mine de rien, Charogne est bien contente d'être aux côtés de Moustache car si elle ne fait confiance à aucun des deux, elle sait qu'au moins l'un ne laissera pas l'autre faire n'importe quoi (à Morphée et à qui ce soit).

Elle parcourt la pièce du regard, s'attarde un moment sur Personne sans savoir quoi penser de ce drôle de petit être silencieux puis soupire en se disant que vraiment il y a de meilleures façons d'entamer l'hiver.



Animal, tu n'as pas le choix, tu auras mal ✝️ Animal.
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Dim 10 Déc - 20:49




LES ENTRAILLES

Tu as regardé, silencieusement
disparaître dans la pénombre du matin avec
les morceaux de Morphée
le cadavre porté sur
le brancard de
fortune
disparaître dans la poussière du matin goudron triste noir comme les encres
les gens ah c’est vrai Personne
toi aussi tu fais parti de cette équipé maintenant
il te faut les suivre avant mais
(tu penses à ce qui a été murmuré par
la seconde des Cerfs la deuxième la reine de coeur enfin la cassé étrange celle qui a élevé la voix surtout tu retiens c’est parole car elle humaine entre tous c’est étrange (c’est imprévu) elle a montré de l’empathie pour Morphée (un peu sans doute pas assez) enfin c’est une qualité tu retiens ses paroles) mais avant ainsi Personne tu es vraiment (un étrange personnage) muet toi
avant Personne il te reste une chose à faire donc
il faut plonger (tu te lèves autour de toi déjà le tourbillon des enfants).

Souvent c’est dans le brouhaha que les portes sont les plus grandes
ouvertes pour toi il est bien facile de se glisser
là-bas
dans les bras de ta gentille Rouge réparable c’est bien facile car personne
non personne ne remarquera
ta disparition et ainsi te voilà
des coquelicots à perte de vue comme des champs magnétiques les pôles ici sont drôlement chamboulés tu t’autorises un soupir entrouvert transparaître alors à l’intérieur toute l’inquiétude pour les tiens toute la colère contre le tueur toute la rage pour la mort toute la tristesse dans ce monde pour Morphée le monde c’est celui de Morphée ici les nuages et les coquelicots magnétiques sont doucement en train de
faner
de grandes colonnes soutiennent un ciel de coton
des aiguilles
des seringues
et surtout la décomposition des choses : l’Envers de Morphée doucement se dissout Morphée étant lui même
dissolu(e) tu regardes alors ton ombre
tu regardes le sourire et les yeux rouges sur ton ombre tu hoches la tête et les-Yeux te retournent ton sourire et ton ombre bouge mais
Personne (les
cornes enroulées
)
toi
tu ne bouges pas enfin les-Yeux levés tu hoches la tête
cet Envers désormais est sous la stase du Réparateur
cet Envers cette dissolution surveillée par les-Yeux
les fils rouges les aiguilles déjà se faufilent dans le sol dans la chair intangible de l’imaginaire la chair épaisse de la Maison
la chair condensée qui fabrique les rêves et les souvenirs (Morphée est mort)
les fils du Réparateur désormais vont soutenir
maintenir le plus longtemps possible ce qui a été et ne sera jamais plus
maintenant le temps avant le néant complet de la mort
cet Envers désormais est ralenti et l’ombre de Personne se détache en se dodelinant (bruit de cloches)
Personne caresse doucement la main de son autre lui-même
(oculaires silencieux (doubles occurence))
coud une porte
le voilà dans le couloir avec l’équipé le groupe
pour fouiller les entrailles de Morphée
qui pour s’apercevoir de sa disparition ?
personne, sans doute peut-être sûrement.

Dans la pièce tous se placent et silencieux personne suit le
mouvement
les voilà qui s’agitent et qui parlent lui personne ne dit rien il suit simplement le
mouvement
c’est-à-dire la scène le vautour et le grand brûlé (c’est comme ça qu’il voit Moustache, évidemment il ne le connaît pas mais évidemment il connaît son Envers de magma dans son être) Personne ne dit rien il analyse emphatique symptomatique songe Moustache c’est après tout l’autre choix aurait été Rien
(fronce les sourcils) et c’était un mauvais choix
ses yeux derrière la couche de poussière la poussière de la nuit
la poussière du maquillage
de la peinture
la poussière lasse de la tristesse de la colère des choses vaines les adultes
bien vain
ses yeux observent et détaillent
ne ratent rien regardez moi et dans votre âme personne regardera
Quenotte la voilà encore elle aussi a parlé tu poses un regard muet sur elle
reconnaissant néanmoins elle montre des choses que les autres n’ont pas (des émotions humaines des considérations un souvenir)
méfiant mais après tout
et voilà Charogne enfin la dernière
(tu ne vas jamais dans ses cours cependant cependant)
elle
elle pose un regard sur toi
tu lui retournes le sourire invisible et muet
angoissant de personne
un regard sombre un regard triste un regard lourd comme une masse dans un champ de gravitation enfin un regard las
tu lis de la lassitude aussi chez elle
tu lis la lassitude de chez toi
miroir miroir hein
finalement
Personne tu ne dis rien
peut-être parlera tu encore dans le futur après tout la journée n’est pas encore
fini mais
pour le moment
c’est le silence tu attends tu regardes tu surveilles tu tiens compagnie surtout à non-Morphée
car Morphée n’est plus là.
Il est parti.
 



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Vautour
Lun 11 Déc - 21:33


Autopsie

avec Moustache,
Personne, Quenotte et Charogne



Qu’est ce qu’un ancien enfant de la Maison pouvait connaître à la science et la médecine, voilà la question que se posait Vautour en fixant Moustache, le regard aussi froid que l’acier sur lequel reposait Morphée. Il n’avait aucune envie de lui répondre – aucune preuve à lui apporter excepté son savoir-faire, sa passion pour un métier qui lui manquait quotidiennement. Il n’avait rien à démontrer autrement que son expertise et se garda bien de toute réplique, suivant les mots acides d’une Quenotte bien sage soudaine, accusant son propos d’un simple hochement de tête.

« Je ne compte pas manquer de respect à Morphée. » En vérité, il ressentait même désormais de l’amour à l’égard de cet enfant. Un amour inconditionnel et épuré de toute vélléité, de toute adulterie obscène et grasse. Sa main se posa sur l’épaule du cadavre et caressa le tissu qui le recouvrait.

Puis quand Charogne offrit de consulter le dossier, tout en retenant un soupir d’ors et déjà épuisé face à leur présence malcommode et bien bruyante effectivement, il fit un signe dénégatif de la main.

« Vous connaissez le dossier de son vivant, j’ai besoin de connaitre sa mort. Et il n’y a que lui… ou qu’elle, pour me répondre. A ce sujet… » Ses doigts se posèrent sur l’arcade de ses sourcils, mesurèrent d’un regard les lignes de son visage et vinrent glisser le long de sa gorge. Ses gants crissèrent un rien sur l’épiderme mais il lui importait de ne pas laisser de trace pouvant nuire une peau déjà atteinte par la raideur de la décomposition. Le moindre acide, même celui d’un postillon, pouvait l’abîmer.

Et il était hors de question de la gâcher.

« Biologiquement, c’est une jeune fille. J’utiliserais donc le féminin pour la désigner sauf indication contraire personnelle. » Ce fut à Personne cette fois-ci qu’il s’adressa. Le jeune garçon aux yeux étranges semblait ainsi sourire dans toute sa timidité familière d’un cercle intime dans lequel aucune personne (sic) ici n’était convié.e. Il était présent plus en tant qu’ami que témoin et Vautour le sentait. Il n’allait pas juger malgré son absence d’intérêt pour ces formes obscures et sociologiques que le concept d’amitié.

« Je commence. Pour la tête, pas de cyanose de la face, pas de… » Ses doigts écartèrent les cheveux de la victime. « coups ou d’écorchures, pas de plaie ni de choc. Les yeux ont été énucléé… apparemment pas au couteau peut-être… une cuillère. Peu d’écorchures autour des orbites. J’apporte confirmation à mes observations précédentes, pas de traces d’étranglement ou de ligature… pas d’obstruction des voies nasales… »

Sa main vint trouver une paire de ciseaux sans même les regarder et d’un coup de maitre, rapide et précis, il découpa ainsi la chemise de nuit de la jeune fille, lui laissant la culotte par pudeur, plutôt que de lui trouver une serviette pour cacher son bassin. Au moins, le tissu ne glisserait pas. Et au vu du tissu intact…

« Pas d’atteinte aux organes sexuels mis à part les coups de couteau sur sa poitrine… » Murmura-t-il en dégageant les pans de soie blanche raidie par le sang séché. Les plaies, désormais coagulées, béaient ainsi librement sous leurs yeux médusés. Vautour toutefois ne tressaillit pas à cette vision.

Au cours de sa formation, il avait vu bien pire.

« Pas d’ecchymoses non plus au niveau du tronc, les plaies sont au nombre de… 12. 12 coups de couteau ayant atteint le cœur, le foi, les viscères… le poumon droit. Blessures post-mortem. Aux extrémités une simple piqûre à l’avant bras gauche. Moustache, veuillez procéder au curetage des ongles si vous trouvez des résidus défensifs… terre, chair… »

Il importait désormais de commencer un examen interne plus approfondi. Et après une dernière hésitation à l’égard des enfants, ce fut délicatement qu’il se saisit d’un scalpel. La découpe pouvait ainsi débuter.






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Moustache
Dim 17 Déc - 12:56

Moustache ne put se retenir et éclata de rire aux paroles de la jeune Quenotte. Un rire grave et puissant qui pouvait se figer au fin fond de votre cerveau pendant les moments de solitude ou pendant votre sommeil, vous faisant croire qu'il pourrait être le monstre qui a élu domicile sous votre lit et qui est prêt à vous torturer dès que vous vous endormez.

Moustache pensa qu'il avait enfin vu la gamine qui était la sœur de Fange. Il n'en avait malheureusement pas eu la charge médicale. La gamine avait du répondant, mais rien de comparable à son frère qui était actuellement aux yeux de Moustache bien plus intéressant que cette petite pisseuse sur pattes.

Charogne était bien calme, cela l’étonnait. Elle n'avait pas pour habitude de taire son clapier de femme crachant son venin. Il devrait peut-être revoir son jugement sur elle. Il la préférait fière et pleine d’orgueil tenant tête à qui se présente devant elle, surtout les hommes. Si le petit passage dans l'Envers pendant la fête des Loirs l'avait choqué, Moustache laisserait sûrement tomber son intérêt pour elle à zéro. Car elle ne serait, alors, pas aussi intéressante qu'il l'aurait pensé et ne la verrait pas tenir la moitié du temps qu'il avait passé dans la Maison.

Quant au gosse dans le coin, il portait bien son nom. C'était comme si personne n'était là.

Le regard de glace de Vautour fut comme une petite brise de vent frais sur sa chevelure longue et grasse. C’était comme ça qu'il aimait un regard qui lui était adressé : glacial et méprisant. C’était une habitude qui était dure à maintenir. On n’imagine pas le mal qu'on pouvait se donner pour se faire détester en quasi-permanence. Certes Moustache avait un don naturel pour cela, mais cela demandait de l’imagination.

D'ailleurs le rapace commença à dévorer sa proie bien vite après avoir répondu à la pisseuse. Mais bientôt il regretterait peut-être d'avoir dit ses paroles. Pour le moment l'Araignée tissait sa toile autour du rapace, et un long fil vint s'ajouter à la toile quand il refusa de regarder le dossier du gosse clamsé.

Moustache avait adressé à ce moment-là un doux sourire malsain à Charogne qui venait de lui offrir ce geste refusé. Les femmes pouvaient vraiment être utiles et fascinantes quand elles le voulaient, Moustache devait bien le reconnaître.

La toile était presque prête, mais Moustache ne pouvait plus attendre. Déjà que ce couillu de pseudo légiste improvisé ne prenait pas la peine de faire semblant de le prendre en compte, le laissant comme un meuble dans un coin.

— Bon mon con.

Moustache prit le poignet de Vautour le stoppant dans ce qu'il allait entreprendre, c'est-à-dire une autopsie plus poussée ou plutôt le début du vrai boulot.

— On a vu que tu savais bien utiliser un ciseau et voir où il y a des blessures. Bravo.

Le moustachu prit même la peine d’applaudir de manière sarcastique en lâchant le poignet de Vautour.

— Mais bon déjà on ne va pas se raconter de pipeau. C'est bien de préserver le mort, les gamins et les femmes ici présentes. Mais dire qu'il n'y a eu aucun sévices sexuel sans même avoir pris la peine d'observer l’intérieur du sexe féminin et s’assurer qu'il n'y a aucune rupture interne serait une bonne base. Et va pas croire que sa m'fait bander de toucher le sexe d'une gamine. Les gamines ce n'est pas mon trip sexuellement parlant.

Moustache avait envie de fumer une clope mais s'il voulait avoir une chance de briser les ailes du charognard face à lui il devait refréner cette pulsion. Un mal pour un bien.

— De plus son cadavre va te parler, mais bon c'est là où on voit que tu es qu'un charlatan mon gars. Lire un dossier reste une base pour savoir si le corps interne ou externe n'avait pas des malformations quelconques et qui éviteraient des bavures pendant l’examen.

Il se tourna vers Charogne lui demandant le dossier pour le consulter, n'ayant pas la responsabilité médicale du vivant de ce mort. Comment Moustache pouvait tenir un tel discours ? Avait-il au final un peu de professionnalisme dans ce corps tordu ? Non enfin un peu si. Mais il avait pas mal bossé à la Maison et avait vu pas mal de morts. N'ayant que peu de choses qui le dérange, il avait déjà eu la charge de ce genre d’opération qui était plus souvent digne du personnage du boucher du roman « Le mal de dents » que de celui du parfait petit légiste.

— Ici tu es un prof je te rappelle. Je ne crois pas que tu bosses même à mi-temps au Sépulcre. Dans ces murs je suis plus qualifié que toi.

Un largue sourire apparut sous la moustache de Moustache.

— Et que cela te plaise ou non ! Donc si monsieur le prof veut bien être mon assistant pour la suite je veux bien laisser le prof assister une personne qui est désignée plus compétente. Des objections ?

Moustache regarda tout le monde pour savoir si quelqu'un allait dire quelque chose, ignorant Vautour pour le moment.


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Quenotte
Dim 17 Déc - 14:12



Breathe the life

into the animal you hide?


Cela serpente entre ses boucles, comme un fiel un peu amer qui n’en finit de se prolonger, un drôle de fleuve à l’allure gracieuse dont on ne soupçonnerait pas les alligators s’y promenant. De son frère il n’y a sur elle que des miettes, mais l’on serait surpris d’apprendre qu’elle lui a tout enseigné. Ce qu’il est aujourd’hui n’est que l’amer résultat des claques qu’elle lui a collé au museau, des mille toboggans dont elle l’a poussé enfant, espérant sa mort, sa disparition. Pour partir avec maman dans un endroit bien mieux. Et maintenant que maman est entre quatre murs blancs, c’est un nouveau compagnon de route, qu’elle a bien dû se trouver. Ils devraient comprendre pourtant, à cette torpeur étrange dans laquelle il la plonge de ses mots, lorsqu’il parle d’écorchures et de coups de couteau. Des secrets chuchotés par la chair – morte – rires discrets transportés par la brise. C’est comme l’ébauche d’un rictus, à la fossette de ses lèvres. Ah tout l’intérêt qu’elle lui porte soudain, sans le laver de tout soupçon. Un étrange mécanisme qui fait craquer jusque dans son ventre des rouages qu’elle croyait absents, et qui lui font un peu mal. Et oublier Personne dont elle devrait tenir la main, trop proche du corps, et Charogne dont elle devrait se méfier, tant pour leur ressemblance que pour ce qu’elle est devenue – adulte – et il n’y en a qu’un alors pour se rappeler à elle.

La tirer à la hâte du monde dans lequel elle s’est brièvement enfermé, qu’elle a su faire sien autant qu’un Envers étranger. Ah il a bon dos, l’ancien rat à crachoter et piailler sa bière amère à la gueule du Vautour. Ah il n’est pas plus innocent, si ce n’est meilleur coupable, que tous les adultes en ces lieux. Et avec sa mine peu affable, ses traits tirés qui lui rappellent d’un rien les colères emportées de Fange, il ressemble à papa.

D’un coup de ciseaux, elle voudrait lui couper sa – langue bien pendue – et ne pas se priver alors de régler ses comptes.

- Cela suffit. – Une main s’abat sur le brancard, qu’elle tire à elle d’un rien, de toute sa petite force échevelée, pour tourner à l’endimanchée du Sépulcre un regard tout à fait menaçant. Lorsqu’elle aboie, elle a tout de Fange. L’inverse en revanche, ne marche jamais. C’est pourtant bien elle, la première née. – Je vous ai demandé du respect mais il semblerait que vous soyez le seul à ne pas comprendre la signification de ce mot. Je vais trop vite pour vous peut-être… ? C’est vrai que le temps est dur, lorsqu’on est plus un enfant ici, n’est-ce pas Monsieur M… ?

Du bout de la langue, sur les vagues de ses mots, elle voudrait l’exclure. Lui faire comprendre d’une pirouette, comme pour les autres, qu’il n’a ici plus la moindre place de choix. Que rester ne le rend nullement à la Rouge. Qu’elle le tolère plus qu’elle ne le désire. Un regard à Charogne, au rapace, à Personne dans son coin qui n’a décidément rien demandé de cette mascarade.

- Tout le monde sait que les enfants qui viennent vous voir ressortent dans un état pire encore qu’à leur arrivée. Vous parlez de charlatan mais vous n’avez-vous-même rien d’un médecin. Oh si, peut-être. Avec les Rats. Ephélide a l’air d’aller mieux, en venant vous voir, uniquement depuis qu’il a changé de groupe. C’est vrai ça Monsieur M. Vous aimez tellement vos petits ratons que vous frayez avec eux la nuit dans L’Envers. Moi de ce que j’en dis, c’est moche tout ça. Alors si vous pouviez simplement ne pas trop ramener votre clapet dont l’odeur m’indispose…

Ah ça Quenotte ce n’est pas prudent, de jouer à pince-mi pince-moi avec le loup de ces bois. Mais elle n’a rien à craindre, rien à justifier, pour celui qui détruit plus qu’il ne répare. Elle n’a rien à craindre, puisque son frère rôde, toujours à l’affut de ce qui pourrait la blesser, n’est-ce pas… ? Elle n’a rien à craindre, puisqu’elle le monstre sous le lit, depuis le jour où maman l’a craché.

- Monsieur V est thanatopracteur. – Elle n’a saisi le sens du mot que par déduction, mais donne d’un roulement d’épaules toute l’importance que la chose devrait avoir. S’occuper des morts, découper des choses. C’est un choix de vie curieux, mais qu’elle se voit tout à fait emprunter à son tour. Et se pince la lèvre, de songer à des inepties tandis qu’elle fait rouler d’un geste le brancard un peu plus vers elle. – Si vous êtes l’un des nôtres comme vous semblez le croire, Monsieur M, tenez-vous. Morphée mérite notre respect à tous, et pas nos stupides querelles. Je pense que Personne sera d’accord avec moi, il est bien assez choqué comme cela. Ou nous pouvons simplement le ramener et aller l’enterrer dignement.

Ce n’est pas tant de défendre allègrement le Vautour, qu’elle se sent baisser les yeux, prunelles pudiques, quand dans ses veines et autours d’eux, cela frémit dangereusement. Ce n’est pas le moment de sauter, mais l’agacement rend la barrière plus maigre, funambule, sous son équilibre déjà précaire. Un frisson infirme de branches imaginaires.

Et Moustache n’est qu’un enfant perturbé qui pense n’avoir jamais su grandir.

- En revanche, si vous ne vous conduisez pas correctement, je consens à plonger, pour aller régler ça de l’autre côté.

Et ils verront alors, comme elle peut être bien pire qu’un milliard de frères, tant qu’elle en tient la laisse.

Et comme j’aime à faire taire le clapet des cabots mal appris.







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Charogne
Lun 18 Déc - 22:14

Des étincelles au feu de forêt il n'y a qu'un pas, trois mots, un geste, un haussement de voix, Moustache qui intervient, Quenotte qui enchaine et voilà que l'incendie semble être déclaré quand la gamine - car Quenotte du haut de ses seize ans n'en reste pas pour le moins qu'un morceau de femme, provoque en duel Moustache. Dans l'Envers qui plus est. Et déjà Charogne sent le souffle du vent sur sa nuque, le presque imperceptible, et pourtant présent, bruissement des feuilles qui lui murmure à l'oreille que décidément, ils ne sont qu'à un clignement d'yeux de la chute, les pieds près du précipice, prêts à basculer à tout moment de l'autre côté. Cette témérité cinglante, cette colère froide jamais déjà perçue par la prof dont fait preuve le Cerf ne l'étonne qu'à moitié. Elle reconnait l'impétuosité, la fougue presque admirable de la jeunesse dans les crachats de Quenotte qui sont plus une nuée d'épines qu'un nuage d'acide. Elle se voit vingt ans plus tôt dans cette chemise de nuit et cette crinière noire, le regard fiévreux et en même temps glacé, mâchoire serrée, poitrine gonflée, mains crispées. Un chat ou un serpent prêt à bondir. Une femme qui ne l'est pas totalement qui pourrait mettre le monde à feu et à sang juste parce qu'elle le peut, et qu'elle le veut. Ici, maintenant. Frissonnement.
Charogne ne trouve plus ça drôle. D'autant plus qu'elle est avant tout là pour comprendre le pourquoi du comment du décès de Morphée, tenter d'appréhender ce tournant nouveau et glissant qu'a pris La Maison, savoir si elle doit se méfier d'autant plus de l'Envers que du corps enseignant ou des plus vieux habitants. Alors la prof, sans laisser le temps à Moustache de répondre aux provocations, s'interpose, le dossier ouvert, qu'elle colle entre les bras de l'Araignée en tentative désespérée d'éteindre l'incendie. Car si le coeur de l'anglaise est aussi froid et dur que de la glace, il ne suffit sûrement pas à tiédir les ardeurs de ces deux protagonistes.

▬ Je suis plutôt d'accord avec Moustache. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'elle est de son côté. C'est toujours comme ça entre les deux. Courber le dos pour mieux se planter. Car moins on s'y attend, plus ça fait mal. Et plus c'est bon. Il donne son opinion, il est là pour ça après tout. Et je ne crois pas que se quereller dans l'Envers soit également une grande marque de respect envers Morphée. D'ailleurs plus que le respect, ce que l'on nous devons à Morphée c'est la vérité.

Elle se souvient de Personne - comment l'oublier, cette petite chose qui l'a regardée avec ses prunelles rondes comme des billes dans lesquelles elle a cru voir presque toute la peine du monde, du moins la sienne. Décidant de le prendre à partie nonobstant le malaise qu'il lui inspire, elle continue sa tirade :

▬ Thanatopracteur ce n'est pas médecin légiste. Leur travail est d'embellir la mort, point de la décrypter. Mais infirmier non plus. Elle a jeté un regard à Moustache pour appuyer ses propos. Un regard ni moqueur, ni méprisant, un regard qui ne dit rien d'autre que la vérité, un peu vide, un peu las. Elle ne le qualifierait pas de charlatan car il a des connaissances. Cependant, il n'a rien du médecin pour autant, n'a jamais prêté le serment d'Hippocrate, n'a pas fait les sept années minimum d'études. Du moins, Charogne n'a jamais entendu parler de diplôme. Puis, son attention se porte toute entière à Personne. Puisqu'il est là autant qu'il se rende utile :Ceci dit si vous n'êtes tous les deux pas capables de coopérer, je pense qu'il nous faut quelqu'un pour trancher une bonne fois pour toute de qui dirigera cette autopsie ou s'il faut la stopper totalement. Et puisque Personne, ici présent, est celui qui connait le mieux Morphée, je propose de le laisser décider. Elle le désigne d'un geste de la main et hoche la tête. Personne, qu'en penses-tu ?

C'est ridicule de laisser un môme prendre ce genre de décision mais ça l'est moins qu'une adolescente et un trentenaire se bagarrant crocs et poings pour la dépouille d'une assassinée.



Animal, tu n'as pas le choix, tu auras mal ✝️ Animal.
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Mar 19 Déc - 23:41




LES CHOSES SÉRIEUSES ET LES CHOSES LÉGÈRES

C’est si ennuyant de parler — c’est de quoi se souvient Personne le silencieux observant les autres humains de la pièce courir foule parler foule s’allumer comme un incendie sonore. C’est si dangereux de parler : parler c’est rencontrer l’autre, et l’autre la plupart du temps, il ne pense pas comme vous et il veut vous le faire comprendre, c’est agressif un autre : ça prend de la place et du bruit (de l’espace sonore) et du temps (de l’espace temporel) — c’est un aveugle avec une épée boiteuse l’autre, un aveugle en colère. Personne lui évidement, il ne parle pas, il regarde et attend, contemple un peu triste et surtout très las : il y a quelque chose de vain dans cette scène qui lui rappelle les souvenirs d’un temps qu’il ne devrait pas reconnaître, (avant (avant (avant))). C’est amusant comment il devine dans leur couleur (Personne l’empathie scande et voit les couleurs des hommes dans les sons et les actions les couleurs ce sont les raisons et les antécédents les couleurs ce sont les hommes analysées ouverts en coeur ou en trèfle — la couleur c’est l’aorte psychique des choses, drôlement important comme un muscle qui pulse fébrilement) les appels et les références.

Monsieur M. (trop tard Quenotte a parlé une fois tu as déjà adopté son référentiel tu regardes en même temps le plafond songeur déplacé comme si ton potentiel d’inertie social n’était pas le même)
Monsieur M. et Monsieur V. sont gris, comme un orage désastreux
on lève les yeux au ciel et reçoit de grosses gouttes épaisses sur la peau
Monsieur M. de reliefs en diamant
Monsieur V. de reliefs tout neigeux
Madame C. est de pourpre enlacée, les reliefs sont les ronces le pourpre c’est les pétales
(mais charogne est une fleur fanée)
Quenotte enfin, bleu nuit encore couleur tombante comme le noir
couleur tombante relief granuleux
couleur tombante vers le goudron
(aujourd’hui souvenez vous c’est
le jour goudron).

Et toi, Personne silencieux incolore qui écoute, tu esquisses un sourire muet constatant les morceaux des vents d’une forêt détourée (l’Envers attend l’Envers s’entend dans l’Envers les-Yeux surveille encore et le champ de coquelicot en nuage continue sa chute figé) se détachant vers Quenotte — tu es plutôt d’accord avec elle en réalité. D’un pas léger et silencieux tu t’approches d’elle et du corps que l’on ouvre — d’une action invisible et imaginaire les aiguilles absentes recousent doucement les embouchures détourés, et suivant les paroles Madame C, le potentiel d’une porte sans un bruit s’éloigne à nouveau. Tu hoches lentement la tête en regardant Quenotte. Tu es d’accord ? Instinctivement, tu n’aimes pas Moustache, et dans les faits aussi : tu connais les rumeurs et les mots murmurés ; les faits et les morceaux d’avant constatés. Dans la réalité tu n’aimes pas Vautour non plus, de gris vêtu également, il a les plumes bien trop lourdes de secrets pour être véritablement innocent. Tu es seulement plutôt d’accord, seulement seulement voilà. Tous parlent de respects, cite la morale et le souvenir — Morphée (Morphée toi Personne tu jettes un regard bien las à Vautour, Morphée n’était pas du genre à s’attarder sur une chose aussi peu intéressante que le genre) est mort, c’est la vérité. Le respect ? Mais les morts sont morts et Morphée aussi : Morphée s’en fiche de la façon dont on traite ce qui n’est plus (et pas donc) lui. Morphée est mort, ne parlez pas de respect. La vérité ? La vérité pour Morphée la vérité ce n’est pas pour lui il n’est pas question de vengeance (la colère bouillonne en toi la colère cependant mauvaise chose toxique terriblement) la vérité pour un mort c’est stupide la vérité ; la vérité c’est pour les vivants. Personne ne veut un autre Morphée mort. Dans vos yeux Personne tu le devines ici la question est la question du pouvoir ici la question est celle de l’ordre donné et de l’ordre suivi, c’est vain, c’est humain, c’est triste et désespérant et sur ce point sans doute Morphée acquiescerait. Mais enfin finalement, voilà encore une citation qui s’ajoute, et Charogne qui s’adresse directement à celui qui n’est (Personne). Tu lui jettes un regard surpris en l’écoutant, et surpris méfiant vaguement espérant quelque chose de nouveau quelque chose d’intéressant mais non Charogne comme les autres Charogne à côté et le pourpre tombe aussi tombe vers le foncé.

encore sans doute
il va falloir
c’est bien pour elle et lui
c’est pour morphée
enfin il va
falloir parler
le pourpre le gris le noir le bleu tombante l’incolore le transparent
les photons les phonons les scalpels que l’on ouvre
derrière son masque rouge sang, Personne d’une voix finalement
calme ?
triste !
lasse.
(personne parle).

Il regarde Charogne, haussant un sourcil, puis Moustache et Vautour (vous vous n’êtes pas des nôtres). « Nous sommes tous gris ici, avec des nuances.  » Il les pointe du doigt. « Pour ce que j’en sais, le tueur, c’est peut-être l’un de vous deux.  » Pause muette et acidulé et terrible. « Et si Monsieur V. est le meurtrier, il peut en profiter. Et si Monsieur M. est le meurtrier, il peut en profiter. Nous n’avons pas le choix en fait, c’est un piège. Il vous faut coopérer, puisqu’il vous faut vous surveiller mutuellement.  » En parlant, Personne décale son regard glissant sur Morphée. « Ainsi, décidez-vous ou partez ; mais ce jeu de force est bien trop long, et le temps nous n'en n'avons plus.  » (vous me lassez vous m'énervez et vous êtes vain) La voix de Personne s’éteint à nouveau, grésille et disparaît. Tu as déjà trop parlé.
Trop.
 



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Vautour
Dim 7 Jan - 19:09


Autopsie

avec Moustache,
Personne, Quenotte et Charogne




L’arrêt de son rêve est comme une coupure brutale et clignant des yeux froidement sur la main de Moustache qui vient de stopper la sienne, Vitold relève enfin la tête, perdant pour peu le masque blafard et nonchalant du professeur de sciences que l’on connait. C’est quelque chose qu’Agatha aurait sans doute voulu lui causer autant que lui éviter. C’est un sentiment qu’il a réussit à épargner à beaucoup de monde jusqu’à présent – et pourtant, il aurait pu en souffrir bien plus tôt avec les épreuves qu’on lui a fait subir. Mais c’est bien Moustache qui réussit là où tant d’autres ont échoué. A faire naitre en sa poitrine d’oiseau mort un formidable éclat de colère.

Cela lui fait briller ses yeux sombres huileux. Cela lui pince les commissures comme un costume trop serré. Cela lui donne envie, soudain, de trancher la chair dur de ses muscles et en extirper les tendons de l’infirmier comme autant de fils de marionnette. Sur le moment, il n’a rien à répondre à ses accusations stupides et infondées. Rien à répondre à ses insultes autre qu’une formidable aura de mort. Mais avant que l’Envers n’en profite et se faufile jusqu’à ce malheureux tombeur, avant que les néons ne clignotent et ne les emmènent tous dans le Dernier Endroit, Quenotte s’avance et sa voix fluette s’exprime.

Ca a au moins pour mérite de l’arrêter net.

De la part de la demoiselle, il ne s’attendait pas ainsi à une telle prise de position. Surtout au vu de leur dernier échange. Et quelque peu touché, autant que troublé, par ce terme qu’elle a retenu mais ne semble pas comprendre il finit par se redresser, un rien plus sûr de lui-même. Le verdict ainsi tombe, de Charogne tout d’abord qui met les point sur les i tout en laissant la possibilité à Personne de l’évincer. Puis le garçon à son tour, donne de la voix, lui qu’on pensait presque muet.

Alors ses envies de départ, de furie, se coincent dans les roues du brancard et laissant son crâne tourner comme celui d’un oiseau un rien moqueur, Vitold enfin, murmure posément.

La mèche de l’incendie soufflée.

« Je viens de Pologne et je sais le mépris des américains pour tout ce qui est étranger. Thanatopracteur, effectivement, ce n’est pas médecin légiste mais j’ai acquis mon diplôme par le biais d’une école de médecine. Et dans la ville où j’officiais, en plus de devoir opérer pour préparer mes clients, je devais parfois vérifier. Si le dossier avait comporté des malformations, je ne doute pas que Charogne en aurait fait mention puisqu’elle tenait le récapitulatif entre ses mains. Quant à la possibilité d’une agression sexuelle… Elle a encore la culotte sur les cuisses et vous noterez l’absence de tout fluide. »

C’est fermement qu’il garde le scalpel entre ses doigts glacés et chuchote un ton plus bas encore.

« Je vais me répéter, calmement. Je ne suis pas ici pour être votre chef de service Moustache et il est clair qu’en améliorant les capacités administratives des Etats-Unis, j’aurais bien eu ma place au Sépulcre ou dans une école de médecine, qu’ici en tant que professeur de Sciences. Vous en discuterez avec celle qui m’a permis de me requalifier au sein de votre pays. Malheureusement, Morphée est là. »

Et puisque la petite attends, c’est avec brio qu’il repousse les pans de sa chemise et effectue, avec lenteur mais précaution, une coupure en Y digne des manuels de chirurgie. Le sang vient alors border les plaies mais sans jaillir, s’écoulant en chaque ligne sèche de chaque côté des morceaux qu’il retrousse avec soin, ne souhaitant pas déchirer la peau. Cela baille, comme un costume, de chaque côté de la cage thoracique. Et abandonnant le scalpel, c’est les forceps qu’il saisit.

Avant de les tendre à Moustache.

« Vous aurez sans doute plus de force que moi. Alors tenez. Et procédez. »

Ce n’est pas tant un ordre qu’un léger pas en arrière. Pour prouver à l’assistance qu’il est le premier ici à vouloir coopérer – en plus d’opérer.

« Quand nous en aurons terminé avec les possibles lésions internes, bien que je ne constate aucune fracture des côtes, aucune cassure quelconque ni même malformation, nous pourrons effectivement descendre au bas ventre. Cela serait bien plus précis qu’un examen extérieur, puisque vous y tenez tant, Moustache. »







Rigor Mortis
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Moustache
Lun 15 Jan - 22:03

Tout bougeait. Les mots fusaient dans tous les sens. Même la pisseuse ouvrait sa grande gueule demandant de respecter le gamin clamsé, alors qu'en ouvrant ainsi sa petite bouche malpropre, elle allait à l'encontre de ce qu'elle demandait et ne respectait rien, ni personne ici présent. Si elle était si bien renseignée elle saurait qu'il y avait des tordus qui venaient voir d'eux-mêmes Moustache. Des tordus comme Pieds-Nus. Moustache ne prenait pas, une seconde, au sérieux son défi dans l'Envers. Que ce soit là-bas ou ici, il ne reculerait pas, quiconque se présente à lui.

Les paroles de Charogne l’étonnèrent. Il est vrai que Moustache avait bien plus l'habitude d'une Charogne piquante, laissant des marques de son bec de vautour. Alors que là elle lui semblait en demi-teinte, de prime abord plutôt du côté de Moustache, mais n'hésitant pas néanmoins à planter son bec entre deux côtes du moustachu. Une blessure non fatale mais suffisante pour propager la douleur, de quoi surprendre Moustache qui se contenta de hausser les épaules.

Quant au dernier gamin, Moustache songea qu'il devait avoir un grain à la place du cerveau. Rien qu'à sa façon de parler il avait envie de faire taire le gosse. Plus gris ? Belle connerie. Tout le monde le désignait noir, noire comme sa forme lupine de l'Envers, noir comme ses cheveux, noir comme les yeux qui dévisageaient le gosse qui l'accusait d'un meurtre qu'il n'avait pas commis. Certes ce n’était pas la première fois, mais dans les paroles de la cervelle d'oiseau, aucun enfant était capable de tuer et cela aurait mérité un rire bien rauque qui aurait raisonné dans la salle, mais...

Les trois personnes présentes étaient comme des fantômes pour Moustache. Des meubles, rien de plus à ses yeux, et tout cela grâce à Vautour qui dégageait quelque chose de plus froids, plus glacial qu'à son habitude à l'encontre de Moustache. Moustache ne s'y était pas attendu, pas si simplement du moins. Mais c’était vraiment existant pour lui de ressentir cela vis-à-vis de Vautour, à croire qu'il avait un don pour pousser les gens dans leurs retranchements et cela pour son plus grand plaisir.

Mais d'un coup rien, comme si ce qui les entourait avait réchauffé l'ambiance glaciale que les deux hommes avaient créée par leurs animosités. Ce qui énerva passablement Moustache qui n'avait pas envie que les choses s'arrangent. Il ne voulait pas de cette chaleur réconfortante. De toute façon qu'est-ce qu'il en ferait ? Bonne question. Il n'en savait rien. Il n'avait pas peur de l'inconnu, néanmoins cette chaleur ne le mettait clairement pas à l'aise. Il entendait Vautour parler. Apparemment il prenait sur lui et Moustache ne trouva qu'à répondre une simple chose sur le coup.

— Ouais enfin si c'est de moi que tu parles pour le ricain, je suis allemand... Normalement.

Moustache était de plus en plus déstabilisé par cette assurance qui suivait l'aura glacial qu'il avait ressenti à lui en faire dresser chaque poil de son corps. Les simples paroles de deux gosses lui avaient permis d'effacer cette haine ? Non pas effacer, plutôt engloutie au fond de lui-même sûrement.

Mais en agissant de la sorte Moustache se sentit comme dans une impasse. Il avait beau être une brute, il n’était pas pour autant sans cervelle. Il savait bien que la situation n’était pas à son avantage s'il continuait sur le même chemin, surtout quand le professeur de sciences tendit les forceps à Moustache.

Était-ce un défi ? Il ne pensait pas. Peut-être voulait-il pousser Moustache à la faute pour montrer sa supériorité dans le domaine. Possible. Moustache allait montrer de quoi il était capable. Un boucher, certes, mais pas que. Il allait leur prouver de quoi il était capable pour leur faire comprendre qui il était à eux, mais surtout à lui-même.

Moustache soupira et ne prit pas directement les forceps. Il sortit, d'une de ces poches, un élastique pour attacher ses cheveux en queue de cheval dégageant entièrement son visage. Il mit une paire de gants chirurgicaux après s'être, bien sûr, lavé les mains et avants bras pour, ensuite, prendre les forceps et les installer sans problème.

L’Araignée allait devoir faire appel à sa mémoire car même s'il n’était sûrement pas du niveau de Vautour il avait bien celui d'un assistant qui savait ce qu'il avait à faire. Du moins en théorie grâce à ce qu'il avait lu dans des bouquins, lors de ses longs temps libres pendant toutes ces années d'Adulte à la Maison.

— Je confirme. Aucune lésion interne au niveau des côtes. Tout est en parfait état. Aucune malformation n'a l'air présente pour ce qu'on peut observer. Il pourrait être bien d'observer plus attentivement les poumons ou le cœur. La mort pourrait résulter d'un manque d'air.

Moustache rinça ses mains gantés pour ensuite aller en direction des parties intimes de la victime et y effectuer un rapide examen comme il avait déjà dû le faire avec Roussette. Une gamine que Tempête lui avait amené pour un examen médical suite à l'arrivée des règles de la gosse.

— Aucune trace de violence en ce lieu. Je ne tiens pas spécialement à vérifier. Mais il ne me semble important de savoir si l'agresseur avait abusé ou non de la victime de cette façon pour savoir à qui on a affaire, pour que tous savent le profil dont ils doivent se méfier.

Moustache avait fait une petite partie du travail et avait soumis une idée. C’était au tour de Vautour d'agir. Il allait jouer le jeu de la coopération et montrer que tous ici avaient en partie tort à son sujet, car il avait beau être un monstre, cela n’empêchait pas Moustache d'avoir un ego et une fierté.


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Quenotte
Lun 15 Jan - 22:49



Still remember

the names, and faces


Ils n’ont rien à voir, opposé par tout ce que les étoiles ont pu créer de différences. Comme Fange et elle, c’est un reflet en inverse, qui lui jette en travers de la gorge un rien d’étranglement. Pour sûr, elle aurait préféré ne pas avoir à y penser, à cette comparaison pas franchement flatteuse qui les rapproche des adultes, hirsutes comme impeccables. Dans leurs dégaines, leurs regards ternes, mornes jusqu’au bout de leurs membres grêles. Et l’idée la fait frissonner. De crainte comme de colère. Lui donne effectivement l’envie d’aller filer des roustes au corniaud dans ce qu’il reste de L’Envers.

Lui rabattre le museau, et balancer à l’autre ses quatre vérités mortifères. Sans compter Charogne qui n’aide pas franchement, avec sa paperasse et ses grands airs, qui ne fait ainsi pas mieux qu’elle est qu’elle a bien envie de brûler. C’est à lui refiler la galle, faire fleurir l’exéma à ses poignets, de fréquenter trop longuement les mêmes pièces qu’eux.

Et quand l’examen démarre, puisqu’ils trouvent un semblant d’entente, c’est encore pire et elle voudrait disparaître. Le sang et les viscères sont une chose, mais c’est une examination toute autre, qui lui fait détourner la tête, baisser les yeux et trembler les épaules. Il faut bien être aussi cinglé que celui-là, pour croire que ces choses existent ici, n’est-ce pas ? Il vaut mieux y croire, s’en persuader. Ne pas penser aux autres, à certains Rats, à Aspirine qui, depuis le temps, a sans-doute finit de se décomposer. C’est sur l’un des lits d’hospitalisation qu’elle prend place, jambes et boucles pendantes. Pas trop loin de Personne, si jamais il venait à avoir besoin d’elle. Cela aussi, fait partie de son rôle de seconde, qu’elle prend fort au sérieux, contrairement aux réputations calamiteuses qu’on veut bien lui coller. Et quand l’évocation de l’asphyxie se fait entendre, c’est une épaule qu’elle hausse, les mains agrippées à son si petit carnet.

- … Morphée était dans le coma depuis des années… Ça n’aurait pas été difficile pour le tueur de l’étouffer… Je ne sais pas si… Enfin si dans son état, iel pouvait sauter… Entraîner son agresseur… - Elle renifle, l’humidité à fleur de museau. Il est trop tôt, il fait trop froid. Ce n’est décidément pas le bon jour pour un assassinat. Rien que pour ça, le meurtrier mérite un sale coup de pied dans le fondement. Puis d’une voix plus basse, marmonne un rien, tout en les dévisageant ouvertement, par-dessous ses boucles. - … Moi ce que j’en dis, c’est que Morphée était au Sépulcre. Ça aurait été facile pour un employé d’agir et de déposer le corps tranquillement dans la Cafetière. Je n’accuse personne. Mais oui, je pense à un employé, ou à un adulte, en tout cas. Quelqu’un qui peut troubler le couvre-feu sans se faire renvoyer. Peut-être même plusieurs personnes. Et aussi quelqu’un qui est là depuis assez longtemps pour avoir L’Envers dans sa poche. J’ai quelques souvenirs douloureux de la poursuite avec notre Fée des Dents. Et je doute que ces deux évènements n’aient rien à voir l’un avec l’autre.

Inspire, soupire. C’est trop de mots, même pour elle. Trop de noms, aussi, qu’elle peut d’ores et déjà mentalement noter. Vautour, le nouvel arrivant attirant son lot d’étranges emmerdes. Charogne qui ne les porte pas dans son cœur, tout comme pour Tempête, de ce qu’elle peut bien savoir de la cantinière austère. La Carrie, qui n’est pas franchement connue pour la douceur de ses traitements, sans parler de Moustache et tout le fracas brinquebalant de sa réputation catastrophique. Ours que sa sympathie hautement irritante n’exclue en rien et le psychologue discret qu’on chuchote maudit par La Rouge. Elle ne les compte même plus, jusqu’au Grand Pape, les coupables probables. Ceux qui, exclues par le destin, auraient toutes les bonnes raisons de vouloir leur mort. Les détruire, les réduire pour mieux les désolidariser. Rendre leurs défenses plus friables dans cette guerre silencieuse qui les unis depuis des déceins déjà.

- Mais soit… Morphée était déjà de trop, et je n’ose pas imaginer ce qu’on jugera comme punition pour celui qui aura eu la mauvaise idée de nous attaquer aussi ouvertement.

Ainsi parla la princesse qui, l’ongle du pouce enfoncé à l’écart de ses dents, prend tout à coup quelques airs renfrognés qui semblaient pourtant n’appartenir qu’à Fange.








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