Partagez|
Don't call my name — Os
avatar
Messages : 86
Libre pour rp? : Oui
Voir le profil de l'utilisateur
Charogne
Dim 29 Oct - 20:32

Au milieu des copies et des tasses de café oubliées, des bouquins et des stylos égarés, à l'heure où tous les petits sont couchés et tous les grands retraités, trône une silhouette malingre et inquiétante, maîtresse de la terre des adultes. Grande perche décharnée aux yeux verts, c'est la professeure d'histoire qui rode au milieu de la nuit, le dos vouté sur la table où entre le cendrier et sa pile de devoirs à corriger elle a étalé ses cartes qu'elle contemple d'un air songeur. De loin elle ferait presque humaine la Charogne quand elle porte à ses lèvres rouges sa clope déjà à moitié consumée et que dans un soupir las elle remplit la pièce de sa fumée empoisonnée, le regard vide et même un peu humide. Seraient-ce des restes de larmes au coin de ses yeux rosis par la fatigue ou la mélancolie ? Parfois quand elle se croit seule Charogne entrouvre son grand manteau d'indifférence, laisse glisser juste un tout petit peu son armure de froideur au point de laisser poindre quelques morceaux de sa chair blanche et un peu fripée, son coeur tout sec et probablement exténué. Parfois quand elle se croit seule Charogne fait soudainement vieille avec ses 37 ans et ses rides au coin des yeux, ses cernes violettes et sa bouche éternellement pincée. Et pourtant même avec le poids des années et des tourments du pensionnat, Charogne est toujours restée la même : superbe et terrifiante dans ses tenues d'un autre temps et son maquillage négligé, ses cheveux noirs et longs toujours soigneusement peignées et son parfum de nicotine qu'elle répand aux quatre vents, comme si coincée entre les briques rouges de La Maison le temps avait perdu son emprise sur elle. Au fond d'elle-même, Charogne se surprend à se préférer trentenaire plutôt qu'adolescente. Maintenant qu'elle n'est plus bonne à marier, qu'elle a quasi passé l'âge d'enfanter elle se trouve plus libre, plus décomplexée et elle sait très bien que si on la regarde encore alors qu'elle n'a plus le minois charmant des jeunes demoiselles c'est qu'elle possède la beauté terrible de celles qui n'auront jamais vraiment à redouter les anniversaires tant elles sont fascinantes et effrayantes à la fois. Alors elle qui ne craint ni enfants sauvages ou adultes complaisants et encore moins la vieillesse ou le regard des hommes, qu'est-ce qui peut bien la tracasser ? Car Charogne a le front plissé et ses sourcils se sont froncés quand elle s'est mise à fixer l'unique carte retournée en face d'elle. Reine de Coupes.

Et soudain un bruit, un écho, un souffle, un murmure et le sentiment d'être observée. Elle fait volte-face et tombe nez à nez avec le nouveau gardien et sa peau encrée d'ornements colorés.

▬ Oh c'est toi Oz, tu as failli me faire peur. Qu'elle lance sur son habituel ton dédaigneux dont elle a le secret. Et pas besoin d'en ajouter plus car dans la façon dont elle le dévisage, elle lui fait bien comprendre qu'il dérange ce môme qui n'en est plus un, cet élève devenu adulte et qu'elle ne considère cependant pas comme son égal. Car Oz, désormais Os, a beau avoir 27 ans et toutes ses dents, elle se souviendra toujours de ce mi-adolescent mi-bombe à retardement qui la faisait sourire avec ses accès de violence et son air indolent. Maintenant elle ne sourit plus quand elle voit. Qu'est-ce qu'il fait là ?



Animal, tu n'as pas le choix, tu auras mal ✝️ Animal.
Award du meilleur prof 2k17:
 
avatar
Messages : 45
Libre pour rp? : pas pour l'instant :(
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 31 Oct - 10:59
Maintenant elle ne sourit plus quand elle te voit, mais toi si, toi toujours. Bien que c'était davantage un rictus mi-désolé, mi-affable, bien que tu n'osais pas maintenir le contact visuel pendant longtemps. Depuis que tu as entré cette salle où elle se trouvait, les pouvoirs que tu as acquérit en étant adulte ne faisait plus tout à fait effet. C'est l'enfant en toi qu'elle a invoqué après tout. Et tout d'un coup tu étais de nouveau ce môme maladroit qui ne sait plus trop quoi faire de ce trop plein de lui, qui ne sait comment le verser sans en faire déborder de partout.

Bien qu'un peu tard, le revers de tes doigt toqua tout de même trois fois contre la porte ouverte.

Ça doit être la première fois que je faillis à ça, dernièrement.

A cause de ton apparence, autant dire que tu as gâté les gosses (et pas qu'eux) bien avant halloween. Tu hésites encore un peu, mais rentre malgré les deux émeraudes fusant de magie qui essayaient de te bannir de ces lieux.

J'ai bien peur que je vais devoir vous importuner un moment.

Feuilles à saigner, cadavres de stylos, effondrement de livres, et mysticisme - ce genre de chaos était sa signature. Et d'autres trucs un peu flou. Tu vois mal de loin de toute façon, aussi ne voulais pas faire rugir le dragon. Mais ton regard balaya de même sur le reste de la classe ; souvenirs qui te prennent aux narines, cet endroit n'a pas changé. Cet endroit ne changera probablement jamais.
Tout comme ceux qui l'habitent – tes yeux glissèrent vers elle de nouveau.

Maintenant elle ne sourit plus quand elle te voit – pourquoi ?

Maintenant ses humeurs ont commencé à creuser des rivières entre ses sourcils éternellement froncés, maintenant son regard a peu rouillé aussi, à force que la lame en eux traîne dans la bruine peut-être. Maintenant que tu la dépassais en hauteur, tu réalisais à quel point sa férocité dépassait encore de loin la tienne.

Maintenant tu te sentais con car tu ne savais quoi dire, comment le dire.

Il y avait pourtant tant de choses à dire. Tu pourrais peut-être t'excuser de la fois où tu lui avais joué un mauvais coup, quand ton chef des rats d'antan te fit choisir entre elle ou le clan. Ou de la fois où tu avais volontairement brisé un de ses verres de thé par colère, puis caché les cadavres sous la table d'un autre enfant (par peur qu'elle ne te déteste). Ou tu pourrais simplement la remercier d'avoir donné de son temps, d'avoir été là quand t'en avais besoin.

Si ça se trouve, elle est juste déçue de toi, Carmen.
Pour ça qu'elle ne sourit plus.

Tes yeux s’abaissèrent à cette réalisation ; tu regardais les mains de la dame, tu avais sans doute passé plus de temps à les regarder en tant que gosse qu'à regarder ses yeux – trop intimidé pour soutenir son regard, d'autre fois trop coupable pour réussir à le soulever de tes pompes. Ses mains, avec des  traces de craie sur le bout des doigts parfois.

Tu accroches son regard finnalement.

Comment vous vous portez ?

Ou ça, ouais, tu pourrais juste lui demander ça pour l'instant.
avatar
Messages : 86
Libre pour rp? : Oui
Voir le profil de l'utilisateur
Charogne
Dim 5 Nov - 20:23
Il est loin le temps où Oz n'aurait jamais pu importuner la professeur car celle-ci aurait toujours trouvé un moment pour lui, un bonbon à glisser dans ses poches ou un mot doux à lui susurrer à l'oreille en catimini. Oz c'était le gamin qui pouvait piquer des crises en classe et que Charogne chouchoutait quand même. Avait-elle été triste quand il eut 17 ans et qu'il franchit le seuil de la Maison pour ce qu'elle croyait être la dernière fois ? Probablement. Cependant Charogne se consolait en l'imaginant heureux dans l'En Dehors, peut-être avec une femme et des enfants. Ou même un homme, ou encore un chat ou un chien, elle n'en a que faire, vraiment. Mais non, Oz est revenu, il est là devant elle, la tête baissée comme s'il avait fait une bêtise et Charogne ne trouve pas la force de lui concéder quoi que ce soit, elle qui avait cru avoir tourné la page. L'adulte n'aime pas quand les fantômes du passé ressurgissent sans avertissement. Elle n'aime pas avoir la confirmation, la preuve tangible et si réelle qu'Oz n'a sa place que dans la Maison. Manquerait plus qu'il finisse comme elle. Pauvre bougre.

▬ Hé bien comme tu vois je suis toujours en vie et coincée ici. Toi aussi apparemment. Qu'elle répond en soutenant son regard.

Il y a de l'amertume dans sa réponse et ça se sent et ça picote comme un jet de jus de pamplemousse dans les yeux. Si elle se porte bien ? La réponse est évidente. Ça fait 10 ans maintenant qu'elle est au même endroit, pas plus malheureuse, pas plus heureuse qu'avant. Elle se complait dans cette état de stagnation immuable, dans les murs rouges de La Maison où l'En Dehors n'a plus d'emprise sur elle et le temps se répète sans cesse et sans cesse dans un cycle permanent. Les enfants viennent et vont pour la plupart, c'est pour ça que d'ordinaire elle ne s'y attache pas trop. Cependant il y a toujours des exceptions à tout et de temps à autres surgissent des petites pépites comme Oz ou Acide, des mini étincelles qui rallument la flamme folle de l'amour tout desséché de Charogne. Des feus de bois qu'elle n'arrive pas totalement à maîtriser malgré les années. C'est drôle de se dire que son coeur ne bat plus que pour les petits hommes, les moins de dix-huit ans car depuis son divorce Charogne n'a eu de coup de foudre que pour des morveux. Est-ce ça l'instinct maternel ? Et cette déception qui l'irrite de l'intérieur quand elle toise Oz tout benêt planté devant elle, c'est quoi ? Il a beau être plus grand et définitivement plus imposant qu'elle à présent, elle ne voit toujours qu'un enfant penaud à la peau maintenant recouverte de dessins d'adultes.
Charogne se saisit de la carte trônant sur la table et la dissimule dans une de ses poches avant d'enchainer froidement :

▬ Tu sais que je n'aime pas perdre mon temps alors crache le morceau. Qu'est-ce que tu veux ? Car elle le connait, elle imagine bien qu'il a quelque chose derrière la tête, il a toujours été un gamin vif d'esprit après tout. Et elle n'a jamais été du genre à tenir la conversation.



Animal, tu n'as pas le choix, tu auras mal ✝️ Animal.
Award du meilleur prof 2k17:
 
avatar
Messages : 45
Libre pour rp? : pas pour l'instant :(
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 15 Nov - 14:22
C’est plutôt quelque chose derrière le dos que t’as, Carmen.

Et heureusement que les squelettes ne possèdent de paupières ; recevoir un jet de pamplemousse dans la rétine ne t’avait fait cligner des yeux. L’un des autres avantages d’être un squelette, c’est que le temps ne nous affecte plus. Le temps n’a plus rien d’autre à te voler (ou c’est ce que tu croyais), aussi tu ne paraissais très perturbé d’effiler les si précieuses minutes de la maîtresse.

Elle claque de son sabot de nouveau pour t’urger à quitter ses lieux, et cela t’incita à faire un pas en avant à la place. C’est toujours durant les vents contraires que ta flamme s’embrase à outrance. Peut-être n’aurais-tu osé la contrarier si elle avait été hypocrite avec toi à la place – ça aurait peut-être réussi à te blesser d’ailleurs. Vous voyez, le truc avec les squelettes, c’est que comme ils n’ont plus de chair pour les couvrir, ils ne peuvent plus être hypocrites. Vous savez c’est facile pour nous de (croire) cacher la vérité quand on a autant de peau sur les os, on peut toujours la glisser dans une poche de chair et l’oublier. Mais parfois les mensonges sont si lourds qu’ils creusent des rides sur notre peau – tu te demandais quel genre de vérité cachait Charogne au coin de ses yeux.

D’autres fois, les vérités sont vivantes, rampantes sous l’épiderme ; changent de place et de forme. On pense les stocker que pour un court instant, et le temps de les repêcher, ils ont disparu, ils ont plongé plus profondément.

Tu te demandais si Charogne n’avait plus de place sous sa peau, pour cela qu’elle utilisait la poche de sa robe aussi ?

Tu avais rompu le contact visuel pour t’approcher du bureau, la carte qu’elle avait glissé dans sa poche ayant attiré de nouveau ton attention sur la table. Tu dépasses le dragon sans même l’effleurer de ton courant d’air tant tu te déplaçais lentement ; tu étais allé de l’autre côté de la table, l’attention toujours sur ce qui se trouvait dessus – dont les autres cartes de tarot face-cachés ;

Perdre votre temps…

Tu répètes distraitement, puis relèves tes yeux de nouveau vers elle avec un petit rictus.

Non pas que ce soit ce que je veux.

Tu gardes le rictus et le contact visuel en glissant discrètement un petit objet derrière une pile de copies, à l’abris du regard périphérique de la maitresse sous cet angle.
Finalement, tu laisses tomber le rictus, ainsi que tes yeux, sur l’étendue des cartes de tarot. Le bout de tes doigts qui étaient sur la fin de la table la quittèrent également.

Vous m’accorderiez un tirage si je réussis à deviner la carte que vous avez dans la poche ?

A ce niveau, tu ne savais réellement quelle serait sa réponse ; si elle serait outrée que tu oses jouer avec elle, si elle serait choquée par ta demande rapine, ou si elle allait te chasser de la classe avec un pied au cul, ou peut-être allait elle consentir – peu importe sa réponse, tu ne la craignais car tu avais déjà accompli ta mission en venant ici.
avatar
Messages : 86
Libre pour rp? : Oui
Voir le profil de l'utilisateur
Charogne
Dim 19 Nov - 0:01
Il a beau papillonner autour d'elle Oz, joli requin des tréfonds des classes au regard mutin, Charogne ne bronche pas, reste toute aussi droite sur sa chaise, toute aussi sévère dans ses mots :

▬ Un tirage ? Je pensais que tu connaissais pourtant ton avenir. Il a l'air déjà tout tracé.

Les mômes ont déjà bien du mal à quitter La Maison alors pour les adultes c'est encore pire car la plupart d'entre eux ont déjà goûté à tout ce que la majorité pouvait leur offrir. Charogne elle-même n'est pas certaine d'en réchapper un jour. Ce n'est pas comme si elle en avait réellement envie de toutes façons. Mais Oz, mais Oz. Au mieux, prendra-t-il sa place de professeur, au pire il restera un pauvre gardien lunatique, le cerbère des petits enfants. Pourtant, il y a tellement de belles choses qui l'attendent encore dans l'En Dehors, ne serait-ce que sa grand-mère. La professeur, elle, aurait tout donné pour une année de plus avec son aïeul.

▬ D'accord. Hochement de tête. Elle passe un doigt sur ses cernes violacées pour essuyer ses yeux secs. Mais puisque c'est Oz qui le demande, puisqu'il a fallu que La Maison le ravale, elle veut bien lui faire cette faveur. Il n'a qu'à seulement deviner. C'est facile, c'est une carte qui me ressemble. D'un geste de la main, elle désigne une chaise en face et l'invite à la rejoindre, car son instinct lui souffle qu'il connaît déjà la bonne réponse. A-t-il entraperçu la carte ou se souvient-il de leurs sessions de tarot, 10 ans plus tôt ? Assieds-toi et arrête de gigoter. Il a toujours été un adolescent nerveux et ce n'est pas prêt de changer.

Bizarre de penser que les deux personnages ne se sont connus que l'espace de quelques mois et qu'il y a pourtant une espèce d'affection - ou d'infection, entre eux. C'est qu'ils se ressemblent un peu, tout au fond, et encore plus maintenant qu'on l'a baptisé Os. Os et Charogne feraient un superbe duo macabre s'ils le voulaient. Est-ce qu'il a appris à danser au moins Oz ? Est-ce qu'il a connu l'amour ? Physique ou émotionnel ? Est-ce qu'il a voyagé ? En Europe, Asie ou Afrique, peut-être même Australie ? Charogne aimerait bien savoir, mais n'osera pas l'admettre car cela reviendrait à dévoiler ses relents de tendresse envers ce vieux squelette qu'elle a laissé dans son placard quand elle n'avait "que" 27 ans. Plus que tout, elle aimerait deviner le pourquoi du comment, cette raison folle et imminente qui l'a réellement poussé à revenir dans le ventre de La Maison, ici, maintenant, en cette année 1992. Car la Maison ne cesse jamais vraiment d'invoquer ses garnements, mais elle ne fait rien au hasard, oh non.



Animal, tu n'as pas le choix, tu auras mal ✝️ Animal.
Award du meilleur prof 2k17:
 
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» When everything goes wrong, call Superman.[with Chase Turner]
» Gamertag , Call of duty MW2 ( X360)
» Call of Chtulhu LCG
» ~ call me maybe (baptiste)
» Quel est votre Call Of Duty préféré?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: