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Cauchemar en cuisine [Ours]
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Dim 29 Oct - 14:32
Scène de crime : une coulée jaunâtre, visqueuse et gluante, éparpillée sur le carrelage, la hotte et les plaques de cuisson. Lambeaux d’œufs brouillés – brûlés – s’égouttant sur le sol. La chose semble s’être échappée de la poêle où elle a tout de même laissé des traces brunes encore crépitantes.

 
Un désastre.

Auteur du crime : Minuit, vingt-sept ans, homme de ménage, et incapable de faire la cuisine correctement malgré toutes ses années d’indépendance. Son unique talent : explorer les réactions chimiques des plats qu’il détruit. La capacité étonnante de rater tous ses plats, même les plus simples, de manière spectaculaire. Grandiose. Il ne se souvient plus du nombre de fois où ses collègues de l’En-Dehors lui ont demandé son secret pour arriver de tels résultats. Avec une tête de six pieds de long – au moins. Lui-même ne sait pas vraiment comment il y parvient. Comment arriver à un résultat aussi démesuré quand on est si discret ?
 
Sa mâchoire se contracte. Pas vraiment à cause de ses bêtises – il commence à en avoir l’habitude – mais plutôt la possibilité d’être assassiné par Tempête s’il ne les répare pas fissa. Aussi, le spectacle de ses vêtements et de ses chaussures maculés de morceaux d’œuf. Baptême de l’omelette. Un rire nerveux lui secoue les épaules. C’est tout de même un comble de penser ainsi alors qu’il vient de provoquer une apocalypse culinaire. Minuit pince les lèvres, puis s’arme d’une éponge et d’un sac poubelle. Sous ses gestes la carcasse de l’omelette se décolle, s’effrite, tombe en morceaux dans un bruit spongieux.
 
Il entend alors un bruit de pas. Ça se rapproche. Ça vient. Si ça se trouve, Tempête ou un autre membre de la Cafetière a entendu – ou senti – le massacre. Fébrile, Minuit continue sa tâche avec toujours plus d’assiduité. Personne ne doit voir, personne ne doit se rendre compte, personne ne –
 
Ah.
Les pas se sont arrêtés.
 
L’homme à tout faire se retourne avec une lenteur dramatique. Il tente de garder son calme, mais son visage livide trahit sa nervosité. Il cligne des yeux en voyant la personne qui se tient à l’entrée. Ce n’est pas Tempête. C’est Ours – ce qui n’est pas plus rassurant. La lippe tremblotante, il tente un mot, une syllabe, un son. Mais tout ça reste coincé dans sa gorge. Le bégaiement l’étreint toujours plus fort quand il est stressé. Mélange explosif. Il s’humecte les lèvres, inspire.
 
« B-b-b-bon-bonjour Ou-ours. »
 
Son regard s’égare sur ses vêtements. Impossible de faire porter le chapeau à quelqu’un d’autre – ce n’est pas son genre de toute façon. Il a l’impression d’être revenu en enfance. Tout petit face à ce grand barbu. L’époque où, assis derrière une table, il écoutait religieusement le cours du lundi.
 
« Je. Je v-vais ré-réparer tout ça. Dé-désolé… »
 
Et se mord la lèvre, yeux baissés.

Ours


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personnage : Croate, il est aux Etats Unis depuis une vingtaine d'année et depuis bien longtemps dans la Maison. Il se voudrait lumière dans les ténèbres, mais en attendant il nourrit les imaginaires avec ses empires de papier
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Shakes-bear
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Dim 29 Oct - 15:41
Souvent, il déplaçait son être entier lorsque sonnait l’heure de la pause du midi vers la cuisine. Il ne désirait pas s’attirer l’ire des employés y officiant alors il objectait que ce travail le calmait ce qui n’était pas faux. Parfois il lui permettait de renouer avec ses origines. Parfois il ne faisait rien de plus que se servir dans le frigo un morceau de fromage et du pain, selon ses humeurs. Il n’était pas gastronome mais était méticuleux et consciencieux, ce qui conférait a ses plats une certaine qualité assurée. Professeur de littérature, il serait étonnant de se dire que si il devait écrire un livre, ce serait sans doute un livre de cuisine. Peut être que l’Ours avait gagné de la son surnom et son embonpoint jovial.

Donc comme tout ces jours, il rejoignait les cuisines de son pas relativement caractéristique, pesant et peu preste. Il avait eu une matinée un peu dure avec des Rats dissipés, que toute sa bonne volonté n’avait pas suffit a apaiser. Comme il n’avait pas voulu se donner a l’éclat, il avait pris sur lui ce qui lui avait laissé des crispations notamment au niveau des épaules et du dos. Il s’était toujours interrogé sur la façon dont sont corps accusait ses humeurs, c’était pour lui relativement déroutant.

Il poussa la porte d’une main pour découvrir le carnage et le jeune Minuit, ce même jeune dont il avait déjà eu l’occasion de s’occuper lorsqu’il était élève. De l’oeuf partout et le protagoniste a la diction affolée qui essayait de se racheter. D’ailleurs installé comme ça, Minuit devait l’imaginer grand mais enfin l’Ours malgré son nom n’est pas si grand que cela. D’ailleurs le professeur lui fit un signe de main rassurant, observant sans ouvertement désapprouver. De sa voix basse et chaude il l’engagea plutôt a se calmer :

- Calme toi Minuit, ça va, je vais t’aider.

Ce fut a son tour de saisir un chiffon qu’il trempa avant de commencer a nettoyer les plaques de cuisson, placide. Ce calme olympien était une belle façade, mais l’homme a tout faire n’était en rien responsable de ses quelques bouillonnements internes. Le quadragénaire avait un peu d’expérience dans la gestion des crises maintenant. Il essuyait consciencieusement, avec attention, tout en gardant un oeil sur Minuit qui pourrait tres bien se sauver, ce dont il n’a pas nécessairement envie.

- Tu vas manger avec moi si tu veux

Il réfléchissait déjà a quoi cuisiner et se disait qu’il pourrait peut être faire quelque chose de son pays natal, cela pourrait donner l’occasion d’en discuter. Le croate n’avait rien contre son ancien eleve et était au contraire plutôt content de reprendre le contact.


- J’espère que tu n’as rien contre le fait que je cuisine et qu’on discute un peu. J’ai du temps ce midi et j’ai besoin de me détendre un peu.

Ours lança un petit sourire pour confirmer son propos et délaissa son chiffon sur un coin d’évier. Le plan de travail lui semblait relativement propre ce qui l’engagea a aller ouvrir le frigo…


Merci Quenotte:
 
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Dim 29 Oct - 18:42
La voix d’Ours est comme un torrent de montagne roulant sur la roche. Limpide, claire. Rassurante. Elle suffit à faire relever la tête d’un Minuit tout étonné. Son ancien professeur ne le rabroue pas. Il se propose même pour l’aider. L’homme de ménage le regarde faire, pantois. Il a bien changé, Ours. Le jeune homme se souvient encore de ses débordements bourrus, sauvages. Se rassure. Les gens changent. En bien, parfois.

Il hoche la tête quand le professeur de littérature l’invite à déjeuner avec lui. Ca le touche. Beaucoup. Il n’ose jamais se rapprocher des enseignants – ils sont un peu ses supérieurs hiérarchiques. Il fait non de la tête, un sourire faible à l’appui. La gêne d’avoir usé de la bonne foi d’Ours ronge son enthousiasme. Il n’aurait peut-être pas dû le laisser faire. Ce n’est pas son travail. Ce n’est pas à lui de nettoyer les bêtises des autres. Pourtant il a ce petit quelque chose de reposant. De rassurant. Cela doit venir de son air de bûcheron, ou de vieux loup de mer, comme ceux qu’on voit sur les cartes postales. Image d’Épinal. Et il cuisine, qui plus est. Sans doute mieux que son invité.

De son côté, Minuit s’en va ouvrir un placard pour en sortir des assiettes et des couverts. Avec soin, il dispose les ustensiles les uns en face des autres. L’argenterie n’a rien de très raffiné, mais tout est placé dans l’ordre, avec parcimonie. Avec une droiture sèche, stricte. L’homme de ménage place ensuite les verres, des serviettes en papier – pliées en deux – et une carafe d’eau. Il s’assied sur une chaise, les mains sur les genoux.

« Me-merci de-de votr- euh, de ton aide. C-c’est gentil. »

La gêne éclot en coquelicots sur ses joues blafardes. Minuit a encore du mal à ne pas vouvoyer ceux qui l’ont autrefois éduqué. Pur réflexe. Déférence de Cygne – de quelqu’un qui jamais n’a contesté l’autorité. Il observe les grandes paluches s’engouffrer dans le frigo. Se souvient que sa maladresse aura coûté deux œufs à la Maison. Il les paiera de sa poche quand il aura le temps.

« Tu. Tu as b-besoin d’aide ? J-je ne sa-savais pas q-que tu cuisinais. »

Il se sent un peu embarrassé de se proposer. Piètre cuisinier, serait-il meilleur assistant ? La perspective ne l’enchante pas, mais il se sentirait mal de voir Ours s’activer seul aux fourneaux.

Ours


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Shakes-bear
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Lun 30 Oct - 7:51
Minuit l’avait connu au pire de son état, ce qui faisait de lui un témoin a qui il fallait faire oublier tout ça. Ou en partie, parce que on ne change pas toujours totalement. En tout cas il était appliqué, ça se voyait, il mettait la table, probablement mieux que l’Ours ne l’aurait fait lui même, puisqu’il n’avait pas le soucis pour lui même de répartir les couverts précisément. Il sortit du frigo du fromage blanc, du beurre, et de la crème fraiche, prit de la farine, du sel et de l’huile d’un placard et récupéra les oeufs laissés a l’abandon.

- J’ai l’habitude de cuisiner seul mais si tu veux aider vient

Parfois on apprend mieux a cuisiner de cette manière. Quoi que la recette n’était pas banale a la base, devant donner un plat de la région de Zagreb dans laquelle il avait passé toute son adolescence. Rien a voir avec la cuisine de ses montagnes natales, ou il consommait beaucoup de viande et de pain. La cuisine zagreboise possédait des influences autrichiennes bien que s’individualisant de celle ci par de nombreux points. Bref ce plat serait donc fait d une pate farcie de fromage blanc et de creme ce qui était relativement calorique. (Pour avoir une idée ca devrait donner ca )

- Pour commencer tu pourrais mélanger la pâte pendant que j’ajoute les ingrédients. Tu ne vas pas trop vite et si tu as un doute je pourrais récupérer pour te montrer.

En quelque sorte, cela faisait de nouveau de Minuit son élève. Il lui colla donc un large bol en face de lui dans lequel il commença a verser farine, oeufs, sel et eau progressivement. Il ne faisait clairement pas un sacré plat comme ca tout les jours mais il y avait aussi quelque part le désir d’impressionner son hôte. En tout cas il était patient, il ne s’attendait pas a des miracles de la part de l’ancien cygne. Il voulait aussi l impliquer, le rendre fier de son propre travail.

- Dit moi, j’espère que tu lis toujours. Si tu ne lit plus je serais oblige d’aller te trouver des livres. Et si tu ecris j’aimerais bien voir aussi si tu veux bien.

Il était intéressé et plutôt encourageant. En même temps il n’avait rien de mieux pour lui que savoir que ses élèves avaient tiré parti de son enseignement…


Merci Quenotte:
 
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Dim 12 Nov - 18:16
Les lèvres pincées, Minuit peine à cacher sa joie quand Ours l’autorise à venir l’aider. À le servir. Il a bien conscience que beaucoup le considèrent comme un larbin. Celui qui nettoie les bêtises, panse les plaies, éponge les pleurs. Pourtant il trouve que son métier a quelque chose de noble. C’est beau d’offrir un environnement sain. Une place nette pour s’asseoir. Un toit tout neuf pour observer sans tomber. Une table spacieuse et propre pour déjeuner. C’est beau de n’avoir besoin que de gestes simples pour créer. Et même recevoir un merci, parfois.

Il se lève, faisant grincer sa chaise sur le carrelage. S’approche de son ancien professeur, les mains nouées. Ses yeux clignent devant les gestes assurés du grand barbu. Il hoche la tête. Mélanger. Pas trop vite. C’est simple. Du moins, à l’entendre, on dirait que ça l’est. Sa main nerveuse empoigne une spatule. Le poignet tourne et tourne encore, à mesure que le professeur de littérature – et de cuisine – verse les ingrédients dans le saladier. Consciencieusement, Minuit reste concentré sur ses gestes. Tant et si bien qu’il sursaute presque quand Ours prend des nouvelles de son côté littéraire.

« E-eh bien… » commence-t-il.

La littérature reste l’une de ses plus grandes amies. Elle lui rappelle le parfum lointain de sa maman. Elle lui offre d’autres horizons, moins terre à terre que la bricole. Lui donne un autre usage de ses mains abîmées. D’artisan, il devient artiste. La poésie lui permet un autre monde. Plus malléable que l’Envers, moins cruel que l’En-Dehors. Il pourrait le nommer l’Espace, ou l’Extérieur.

L’Échappée.

Minuit sourit avec maladresse. Sa timidité l’a empêché maintes fois de montrer ses travaux à Ours. Par peur d’être moqué, sans doute.

« O-oui. J-j’ai m-moins de-de temps m-mais. J-je lis. E-et j-j’écris. Un-un peu… »

Encore une fois ses joues se teintent de rouge – comme les roses.

« En-enfin. C’est p-pas inc-incroy-yable. E-et c’est en-en fr-français. »

Il se sent l’obligation de se justifier. Il a come l’impression d’être un imposteur, ignare écrivaillon face à l’expert des livres. Peut-être devrait-il s’excuser d’ainsi entacher cet art, par sa simple présence. Après tout, il n’est qu’un homme de ménage.

« J-je f-fais bien là ? » ajoute-t-il en désignant sa main du menton.

Livide d’embarras.

Ours


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Shakes-bear
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Lun 13 Nov - 7:03
Décrire le reste de la procédure passa au second plan. Oh Ours dictait toujours quelle devait être les gestes de son acolyte de l’instant mais de façon plus discrète, plus gestuelle. On devinait aisément par cela que les idée nichant en son esprit était d’ordre littéraire avant celles d’ordre culinaire et ainsi il menait les deux conversations en simultané. D’ailleurs il ne manquait pas de saluer les efforts de son ancienne élève. Vice ou déformation professionnelle de sa carrière de prof sympathique sans doute. Il sentait le Minuit tendu, il voulait le mettre a l’aise. Mais il ne parvenait pas a le mettre totalement sur un pied d’égalité. Peut être parce que l’homme a tout faire avait cette fâcheuse tendance a sembler s’aplatir. Bref aucun soucis, apres tout, tout pourrait s’arranger.

- J’espère que tu sais que tu peux toujours venir prendre dans mes livres si tu ne trouve pas ton bonheur a la bibliothèque. Ou si tu ne sais simplement pas quoi choisir

Les écrits étant plus intimes que les lectures, il séparait les deux pour faire comprendre que si Minuit désirait emprunter des livres sans montrer son travail cela pouvait se faire. Ce qui laisse aussi le temps au jeune de lui apporter une réponse ou de se reconcentrer un peu sur leur travail collectif. Ou d’avoir un moment de pensée non noyé par l’embarras. Bref Ours croyait dans les vertus du silence.

- Pour ce qui est des textes je ne lis pas le français mais si tu me permet de les faire traduire et les lire ce sera un honneur

Il ne blaguait pas en parlant d’honneur. Il ne connaissait que trop bien la valeur personnelle de ce genre de travaux. Ours estimait l’homme de menage comme une autre personne et savait bien quels trésors pouvaient révéler de tels essais. Donc forcément il serait un des rares a lire la prose -ou les vers- de l’ancien cygne, ce qui pour le professeur s’apparentait a être garant d’une partie de son monde interne.

Après plusieurs années dans ce métier on apprend ce que chacun à a offrir et a voir qu’un texte apparement sans lien a parfois bien long a reveler sur une personne.

- Tu te débrouille vraiment bien. Détend toi. Crois moi j’ai rarement eu un si bon assistant en cuisine


Ce qui lui décrocha un sourire satisfait.


Merci Quenotte:
 


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