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Promenade tepeuteuse † Non & Personne
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Jeu 26 Oct - 16:56

Promenade tepeuteuse
Tap tap tap – un son mat se fait entendre, bruit de ses pieds nus sur le plancher froid, petite marche nocturne mais non somnambule, pour chasser les cauchemars et trouver le réconfort qu'il a tant cherché auprès de sa mama, de ses petits moutons tepeuteux, en mangeant une magneine et en buvant le lait de ses brebis, comme il aimerait tomber de l'autre côté ! Pourtant, sa marche dure encore et encore, il n'en voit pas le bout, comme avec ce long couloir. Il a froid, ses vêtements ne sont pas assez chauds, il n'a ni chaussettes ni chaussons, il aurait du prendre une petite laine avec lui, mais il n'y a pas pensé, alors il est triste, triste et froid, mais il continue à marcher.

Il marche, il court, il ne sait plus, il se concentre sur ses bruits de pas, il essaye d'appeler mama mais elle ne répond pas, elle ne doit pas l'entendre, il est trop faible pour se faire entendre d'elle, il n'y arrive pas encore, alors il reste dans cette réalité, il continue à marcher, mais voilà qu'un obstacle est sur sa route, il ne l'a pas vu parce qu'il est tombé dessus, il ne comprend pas, parce que c'est chaud maintenant – il est contre quelqu'un, quelque chose, mais qui, qui est tout le temps assis même en plein milieu d'un couloir pendant une nuit aussi noire éclairée par la lune ? Ses petits yeux se lèvent, mais il ne voit pas, il distingue et devine plus qu'il ne constate, et il se sent bête, bête et impoli, il n'a pas vu mais il aurait dû, il aurait voulu voir, alors il se blâme et se redresse, être affalé sur quelqu'un ça ne se fait pas, il a ses joues qui le brûlent, il se sent tout nul et terriblement méchant, parce qu'il a encore été un mauvais garçon, et lui veut être gentil, pas méchant.


« Pardon... Je ne tu avais pas vu... »

Il parle toujours aussi lentement pourtant, son rythme ne s'accélère en rien, il est toujours aussi lent mais en plus il est honteux et méchant maintenant, mais il ne sait pas qu'il est lent, il pense que ce sont les autres, les trop rapides, qu'ils ne prennent pas assez longtemps, mais ce n'est pas grave, lui ça lui va, il aime être lent. Il est bébête aussi, il ne remarque pas ses fautes, mais il sait qu'il en fait, alors il se sent encore plus minable et en plus maladroit, parce qu'on lui a déjà fait des reproches – Tu sais Abel, tu devrais faire un effort, arrêter de faire ces erreurs de bébé, à moins que tu n'en sois toujours un ? – à s'en souvenir, il a des petites larmes qui lui mouillent les yeux, mais il est un grand garçon, alors il ne pleure pas, il renifle et ne pleure pas, il attend juste la réponse de l'autre personne assise qu'il ne voit pas, et qu'il voit encore moins à cause de sa vue toute floue.
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Mer 1 Nov - 4:36
C’est trop bizarre, la nuit, les couloirs de la Maison. Le jour aussi c’est bizarre, mais pas le même genre de bizarre. Je saurais pas vraiment comment expliquer. C’est le principe des choses bizarres, remarquez, de pas savoir comment les expliquer. Mais il y a des trucs louches qui se trament, ici, et j’ai l’impression que je ne vais pas tarder à mettre le doigt dessus. Je sais que les autres enfants savent, ou une partie d’entre eux du moins. Ils se murmurent des trucs, des secrets qu’on ne partage pas avec les non-initiés – et plus généralement avec les Cygnes, de ce que j’ai pu remarquer. Ma meilleure hypothèse, jusque-là, c’est que la maison est en réalité une gigantesque secte dédiée à convertir ses pensionnaires en fervents serviteurs du diable. Rigolez pas, c’est drôlement crédible quand on y réfléchit. Je déconnais pas quand je disais qu’on était pas très au point ici niveau normes d’hygiène et de sécurité ; mais tout le monde a l’air de s’en foutre, et ça cache quelque chose. En définitive, le seul truc plus bizarre que ce qui se passe ici, c’est l’indifférence générale des autres face à ce qui se passe ici. La seule explication, à mon avis, c’est que la Maison est secrètement dirigée par quelques adultes fascinés par le démon qui entraînent les enfants dans leurs rituels occultes et en profitent pour leur refiler des kilos de drogues hallucinogènes et leur faire des attouchements sexuels. J’ai vu un documentaire là-dessus à la télé une fois, et c’est exactement comme ça que ça se passe. Ils attirent des gens un peu fragiles à eux sous un faux prétexte, puis ils leur lavent le cerveau et avant que t’aies eu le temps de dire « c’est quoi ce bordel ? » tu te retrouves embrigadé dans le club des mangeurs de poumon de cheval cru. C’est pour ça, le foyer d’enfants handicapés : ils doivent penser qu’on est moins solides mentalement, plus vulnérables ou bien plus cons, allez savoir. Mais moi, pas question que je me laisse avoir par ces conneries. Je les laisserais pas me bourrer le crâne, ni me couper un demi-pouce. Oui, parce que ça aussi, c’est un truc que j’ai remarqué. Y a plein de gamins à qui il manque des bouts de doigts, ici, et c’est un peu trop gros pour être une coïncidence. Je sais qu’il y a des bagarres mais tout de même, sectionner un doigt n’a jamais été une méthode d’attaque – ni de défense – privilégiée… Et puis, c’est toujours le même bout qui manque. Avouez que c’est trop propre pour que ce soit des accidents ou le résultat de combats au couteau.

Je n’ai parlé à personne de mes soupçons, pas même à Lardon ou Diablo. Pas que j’aie peur qu’ils soient dans le coup – quoique, peut-on réellement se fier à qui que ce soit ici ? - mais plutôt par crainte que nos conversations soient surveillées d’une manière ou d’une autre. Et puis avouons-le, j’ai pas trop envie qu’ils se foutent de ma gueule. Ça a l’air farfelu, ma théorie, ce serait normal qu’on ne me croie pas sur parole ; il me faut des preuves, et c’est pour ça que je mène l’enquête. De nuit, parce qu’instinctivement il m’a semblé que c’était le moment où j’avais le plus de chances de tomber sur rituel occulte au détour d’un couloir. Peut-être que je regarde trop la télé, remarquez. Peut-être que que les adorateurs du démon font leurs messes noires de jour, et que la nuit ils dorment comme tout le monde. Ça m’arrangerait pas mal, à la réflexion, parce que je crois pas que je ferais trop la maline si je tombais effectivement sur une orgie en l’honneur de Satan. Je devrais réfléchir un peu plus, avant de me lancer dans des expéditions du genre. Voire même, je devrais réfléchir un peu plus tout court.

Un bruit de pas discret interrompt mes réflexions. J’ai à peine le temps d’espérer qu’il ne s’agit pas d’un membre de la fameuse secte venu pour me couper le pouce, qu’un gosse sorti de nulle part se vautre sur mes genoux. Enfin, techniquement il sortait sans doute de quelque part – la preuve, je l’ai entendu arriver - mais c’est histoire de dire que j’ai pas vu le truc venir, quoi. Quelle idée, aussi, de se trimballer sans lumière dans un couloir sombre. C’est nécessaire dans mon cas, puisque j’espionne les autres résidents de la maison, mais celui qui vient de me rentrer dedans n’a aucune excuse. Je m’apprête à lui gueuler dessus, pour la forme, mais il me demande pardon d'un air si désespéré que j’en mets mon énervement de côté. À la voix et à la silhouette, je crois reconnaître Abel, le garçon un peu simplet qui partage avec moi et pas mal d’autres le dortoir des Cygnes. Et il semble être pas loin de fondre en larmes, le Abel, tout désolé qu’il est de s’être affalé sur les genoux d’autrui sans invitation préalable. C’est pas dans ma liste de trucs à faire pour avoir l’air cool, ça. Faire chialer un gamin un peu retardé et définitivement trop doux pour ce monde, c’est pas le genre de truc dont on se vante ensuite. Je ne martyrise pas les faibles, moi. Ou alors, seulement les pas trop faibles.

« Hé, nan, pleure pas. Stop. Sérieux. »

Je retiens un soupir. Ce n’est pas comme ça qu’on console un enfant, clairement. Peut mieux faire.

« C’est rien, je t’en veux pas. », je finis par avancer. Ça, ça ressemble déjà plus à ce qu’il faut dire dans ces cas-là. « C’est les risques de se marcher la nuit. Tu t’appelles Abel, c’est ça ? C’est joli, Abel, t’as de la sanch- chance. Moi, on m’a appelée Non. »

Je ne lui demande pas ce qu’il fait là, d’abord parce que je m’en fiche un peu et puis surtout parce que je ne veux pas qu’il me demande ce que je fais là, moi. Par ailleurs, on m’a souvent dit qu’Abel avait de petits problèmes de compréhension, mais je ne sais pas jusqu’où s’étendent les ‘problèmes’ en question ; si ça se trouve, il n’a pas compris la moitié des mots de ma phrase. Cela dit, s’il a pigé que je n’étais pas fâchée après lui le plus gros de ma mission de consolation temporaire est fait.
Je remarque qu’il grelotte, le gamin. Pas très étonnant : il n’est pas assez vêtu pour cette grande maison froide. Moi, je me suis équipée pour l’occasion : double épaisseur de chandail, et un gilet en laine. J’ai même posé une couverture sur mes jambes, alors qu’elles ne sentent ni le froid ni quoi que ce soit d’autre. Je la lui tends, pour qu’il s’enroule dedans et cesse de trembloter.

« Prends ça. Pas la peine d’attraper la crève. »


Manquerait plus qu’on se retrouve avec un enrhumé dans le dortoir des Cygnes. Je tiens à ma santé, moi.

Spoiler:
 
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Dim 26 Nov - 23:09

Promenade tepeuteuse
Le petit mouton essuie ses yeux mouillés après la première phrase, il ne veut pas décevoir la personne en face de lui, alors il chasse les petites larmes qu'il avait en reniflant. Elle parle un peu vite mais Abel il fait des efforts pour tous comprendre, les mots sont simples après tout, même s'il ne les comprend pas tous – c'est quoi un rissk ? Quel drôle de mot – et il bafouille une petite réponse honteuse mais un peu contente quand même, parce que la fille elle l'a complimenté sur son prénom, il aime bien Abel aussi, mais il lui semblait qu'il y avait un autre sens à son prénom, mais il a oublié, alors il s'en fiche, c'est pas grave d'avoir oublié.

« Oui, c'est joli ! Et ton nom c'est quoi ? »

Le petit Abel, il a pas comprit, il pense avoir mal entendu comme d'habitude, c'est vrai, pourquoi Nom ? Pourquoi on aurait appeler quelqu'un avec ce mot là, Nom ? Ou Non ? C'est quoi la bonne orthographe ? Le petit garçon ne comprend pas mais il se met à éternuer d'un coup, tout juste le temps de mettre ses menottes devant sa bouche pour ne pas asperger la pauvre fille devant lui, alors quand elle lui tend la couverture, le mouton la prend avec plaisir, content qu'on se soucie un peu de lui, et il s'emmitoufle dedans – un peu comme il le fait avec Mama à côté, quand il est avec son troupeau, ça lui rappelle, c'est drôle quand même, parce que maintenant, il a vraiment envie d'aller voir mama et de lui présenter sa nouvelle amie, de lui montrer ses tepeutons qui doivent paître paisiblement. Il en entend leurs bêlements dans sa tête tellement ils lui semblent proches, alors il prend la main de la fille et se met à parler un peu plus vite que d'habitude, mais toujours lentement.

« Viens voir mes tepeutons ! »

Un petit rire lui échappe, rire cristallin se perdant dans le couloir, gazouillement de bonheur et ode à la joie, parce qu'il sait, il sait qu'il va voir son troupeau aujourd'hui, il le sent parce qu'il tombe à nouveau, sans lâcher la main de son amie, parce qu'il veut vraiment lui montrer, et quand il sent le vent souffler sur ses joues, il se met à rire de plus belle, bâton dans une main, main dans l'autre, et il tire la fille.

« Viens ! Les tepeutons ! Par là ! »

Son rythme est un peu plus rapide maintenant qu'il est dans l'Envers, mais il reste fidèle à lui-même – plus lent que tous, Abel reste Abel – ou Mouton reste Mouton ? – Abel reste Mouton ? Le nom n'est pas important ici, il n'y a que ses tepeutons, ses chers nuages sur pattes qu'il protège vaillamment du vent et de la faim. Il montre le chemin à la fille au drôle de non et lui montre son troupeau pâturant paisiblement pendant qu'une boule de laine aussi grande que son berger vient les rejoindre pour son câlin de la journée, et c'est bientôt tous ces petits nuages qui s'attroupent autour d'eux pendant que l'enfant rit de bonheur, les caressant tous autant qu'il peut. Il change un peu d'expression parce que sur son petit agneau, il y a un bout de laine rouge, alors Mouton se met à gazouiller et trépider de bonheur en le voyant, il le prend et le brandit devant la fille qui l'a suivi, heureux sans se souvenir de sa signification – il sait que c'est important pour lui, même s'il ne sait plus pourquoi, c'est tout ce qui lui importe.

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