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quartz et micas et feldspaths dans tes yeux — drôle de Limon (vieux frère).
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Mar 24 Oct - 22:59
Personne
& Sables
Limon

dans l'Envers voyage Personne le grand découseur de portes (dé)constructeur de choses — il a une ombre avec de grands yeux rouges méfie toi drôle de Limon traqueur tu pièges mais celui qui est enfermé avec Personne c'est toi enfin imagine la taille d'une ombre cornue dans un désert (de Sables).

(recharge mes batteries)
Personne tu es drôlement occupés tu es où Personne dans l’Envers dans l’Endroit c’est le grand hangar (abandonné) alors ça doit être ton Envers à toi tu faisais quoi déjà Personne ah oui tu étais dans les couloirs tu marchais tu t’ennuyais tu réfléchissais tu voulais partir tu faisais quoi Personne tu es tombé volontairement (à moitié ?) tu es parti te cacher ailleurs dans ce grand hangar vide personne ne t’y trouvera ici en tout cas c’est trop bien caché ici (personne vraiment Personne ?) et maintenant Personne tu es (il est) Personne il est drôlement occupé donc il répare un truc un machin c’est difficilement identifiable encore plus avec la lumière calorifugée et déphasée et bleuâtre comme la pluie dans la tête des gens tristes c’est difficilement identifiable sur la nature sur ce que c’est sur l’essence de la chose enfin on devine un ressort deux petites roues ça grince et ça grelotte et c’est comme si ça bougeait se mouvait entre les mains de Personne (parfois Personne il grogne comme pour signifier à la chose de s’arrêter de se trémousser parce que c’est difficile comme ça de la réparer) enfin Personne (tu es) il est drôlement occupé dans son grand hangar dans l’Envers personne ne doit venir le déranger et qui pourrait de toutes manières le grand hangar est à personne donc il n’existe pas vraiment il faut vraiment le chercher on ne peut tomber dessus par hasard (maintenant Personne pose le machin devant lui et le machin se tortille sur le sol froid métallique toundra rouillée) impossible pas même le grain de sables qui entre dans la paupière de Personne apporté par le lourd vent sonore qui souffle dans le hangar rouillé de l’Envers de Personne.

(tu ressembles à un marchand de sable pour de faux toi
toi tu es cassé aussi
mais en même temps
tu es le moins cassé alors
explique moi pourquoi je n’arrive pas à trouver la pièce manquante ?)

Personne il ne connaît qu’un endroit de l’Envers où on trouve du sable (et même qu’il y a pas beaucoup de pluie là-bas, c’est pas comme dans le grand hangar de Personne (et sous la lumière du Néon, l’ombre cornue des Yeux s’agite elle aime bien ce déroulement elle veut voir la suite)) c’est le désert de Sables c’est le seul endroit Personne n’est pas sûr d’aimer Sables ni de le détester en fait Sables est un peu étrange et intriguant c’est à dire que Personne ne peut pas lire à l’intérieur de ses yeux (foutu Limon capricieux) impossible Sables est comme un filtre passe bande et la fréquence de Personne n’est pas dans la bande passante enfin qui est dans la bande passante de Sables personne c’est ce que Personne en pense enfin Personne il ne connaît qu’un seul endroit de l’Envers où on trouve du sable et ce n’est sans doute pas dans le grand hangar de Personne alors la question la question (être ou ne pas être — un oeil rouge — l’oeil rouge qui s’allume c’est une sorte de serpent en fait le truc mouvant un petit serpent gentil les roues c’est assez étrange et pas symétrique il y en a une à la fin de la queue et une à mi-chemin de la tête les yeux sont rouges à la tête il y a une chaine aussi à un endroit et une poulie-courroie enfin le serpent tourne et tourne et regarde Personne et le grain de Sables) la question c’est bien qu’est-ce que ce sable fait là ?

Personne se lève, il soupire.
Personne devine un peu, ce n’est pas la première fois.
Personne sort son aiguille pour coudre une porte pour sortir de l’Envers mais sans surprise la porte ne donne nulle part nulle part pas vraiment en fait le sable est partout en fait le sable souffle plus fort avec le vent dans le grand hangar et bientôt dans le désert un serpent métallique et personne pour crier, voilà Personne sous le soleil de plomb.
(Sables tu cherches quoi exactement encore ?)
(Sables il faut dormir maintenant)
(Sables il faut laisser Personne maintenant)
(Personne ne veut pas jouer avec Sables)
(Personne est drôlement occupé d’abord)
Personne marche dans le Limon, le sable liquide du désert d’un Envers qui n’est plus vraiment le sien.
Le petit serpent métallique à roues et à ressort et à poulie-courroie se déplace à côté de lui, laisse des vaguelettes dans le (sable).
Personne se demande ce qu’il fait là, Sables.
Pourquoi il vient embêter les autres dans leur Envers ? (Personne croit avoir la réponse en fait, Sables il le connaît bien il l’aime pas trop Sables c’est Sables enfin)
Personne est un peu stressé, alors il cache sa tête son maquillage son sourire rouge dans capuche.
Sur l’ombre criarde de Personne à cause du soleil du désert du limon de Sables, les cornes sont agitées, et les Yeux plus ouverts que jamais (on devine le sourire amusé on devine le sourire amusé on devine le sourire amusé on devine le sourire amusé (répétition périodique incantation recharge mes batteries ?)).
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Sables
Mer 25 Oct - 22:03


Quartz et micas

avec Personne



Sous le vent fort des tempêtes qui se dressent et emportent les plus profondes pensées déplorables, Sables se baigne dans le lit des dunes changeantes. Et le sable ondule comme de l’eau sous ses mouvements de désossé.

Il a laissé derrière lui le jardin et la rose et Petit Chien et ses amoureux.ses, et les portraits paniqués depuis la grande sarabande de dents qu’iels ont enfin fini par trouver. Il s’est arraché des murmures et de la peur comme on enlèverait un morceau de scotch et a plongé dans le désert comme une piscine.

(Mieux vaut cela aujourd'hui que les parties de thé)

Pourtant un son l'appelle. C’est le mouvement lancinant d’une tige qui court au sol et chaque grain lui raconte l’histoire des Envers à proximité.

Chez Frangipane le royaume est un peu inquiet.
Chez Fourchette on pleurniche sur un énième deboire amoureux.
Chez Princesse on continue de courir sans se lasser.

Alors d’où vient le mouvement rapporté ?

De Personne.

« Il est venu au cyclope et ainsi s'est présenté. Mais quand les frères ont demandé « Qui qui t'a attaqué » le cyclope n’a plus que pleurer devant leurs moqueries désabusées. Hélas il disait vrai. Personne l'avait bien fait. »

La voix chante dans le désert et c’est presque ainsi qu’il l’attire. Le Personne. Ce cactus intriguant au masque souple et effacé. Aux couleurs monochromes et obsédantes. Il est fascinant et effacé. Dangereux peut être qui sait. Il répare et transforme et plus d'une fois Sables s’est enlisé de l’observer. Sans le comprendre sans le connaître ce drôle d’esprit un peu sauvage au silence reposant.

Mais aujourd'hui leurs mondes s'emmêlent d’un baiser télépathique. Et sous le cri rageur du vent des tours de fer des débris des sociétés d’autrefois avant que tout ne revienne (à) aux sables, apparaissent et transparaissent pour mieux être ensevelies.

Sables a cessé de nager. Il se tient droit – n’est plus vraiment le même. Et comme un vêtement retourné se couture du profil de Selbas.

Il est blond, le visage de terre. Et ces deux yeux noirs et jaunes ne cillent pas. La cape du djinn applaudit dans le vent. Mais le sourire fait craqueler sa poussière.

La bête à cornes est venue.

Le compagnon aussi et l’envereux Selbas tend la main. Fait venir l’artifice à lui.

Le serpent de fer ne tarde pas à obeir. Mais au contact de ces doigts, change encore. Et ses écailles s’assemblent comme un puzzle sous le soleil trop vif. Jetant à son corps noirs des reflets auburn.

Il est vrai et siffle et souffle, glisse à son poignet. Puis se love dans le cou de Selbas.

« Je voulais ça. » Explique t il posément.

A qui ? A Personne.
Au Dieu Endormi peut être.



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Mer 25 Oct - 23:05
Personne
& Sables
Oxyde de fer

oxyde de fer il est en existe trois trois niveaux d'oxydation le premier le premier est timide comme un orage en devenir le deuxième le deuxième est curieux comme une luciole en hiver qui se cache le troisième ah le troisième est muet et terrible comme la rouille il faut se méfier du troisième.

(drôle de marchand de sable)
(foutu marchand de sable)
(malicieux morceau de Sables)

Personne fixe Sables (es-ce Sables es-ce encore lui plus tout à fait) dans son grand désert absolu mathématique grande étendue infinie où son drôle de Djinn donne et reprend et impose sa loi en métronome détraqué (une fois une fois Personne s’est perdu dans cet Envers là et même que le sable avait fait disparaître les morceaux de laine rouge et que Personne avait bien failli y rester à jamais dans cet Envers là mais finalement le drôle de Djinn avait fait ré-apparaître les morceaux de laine rouge et maintenant Personne se méfie drôlement et les Yeux vibrants aussi dévorant se méfient).

Pour Personne, les gens ont des goûts et des couleurs papillonnantes : Rouge-Gorge est rouge comme la maladie et un coucher de soleil en été sur un lac paresseux, Hibou est blanc comme un petit éclat de coton tombé d’une étoile à trois branches, et Kazoo est orange comme le ciel bruyant des oiseaux en plein printemps. Pour Personne, Sables est un drôle d’humain, il n’a pas vraiment de couleurs ni de mélodies comme l’été ou le printemps — enfin si, mais Sables change de couleurs en permanence : sous sa capuche, Personne observe le drôle de Limon et son Djinn drôle se mouvoir ensablés — là Sables est violet comme un parfum de fraise à la mer avec le bruit de l’embrun sous le goût froid polaire que laisse la substance sucrée sur le palais. Qui pourra dire sous quoi Sables sera colorié dans la minute suivante ? Les gens changent de couleurs, mais Sables va bien trop vite, Personne n’est pas sûr d’aimer trop ça (alors pourquoi pourquoi Limon mystérieux Personne est si attiré ? Non. Personne est bien trop curieux, comme les lucioles lorsqu’elles veulent voir le goût du feu, Personne veut dévorer le désert de Sables — était-ce vraiment le sable qui avait envahi le hangar ou le hangar qui contenait le sable ?) mais en même temps mais en même temps, Personne fait un petit sourire content et excité et amusé sous sa capuche — fidèle à lui-même, Personne répond un silence poli et curieux à son hôte limoneux, en observant son drôle de serpent réparé prendre vie et s’en aller. Personne hausse les épaules — un objet réparé est un objet autonome.

(dans l’Envers, les silences n’en sont plus vraiment)
(nul besoin de mots)
(nul besoin de serpent en acier dans le désert, hein ?)
(drôle de vieux frère ?)
(et alors triste et fatigué, se retournant vers la mer (de sable) et levant un poing pourtant non moins furieux, le cyclope s’écria d’un ton terrible et prophétique : « je te maudis Personne, je te maudis ! »)
(et le Dieu endormi entendant sa prière, il en fut ainsi)
(Personne fut maudit)

Les Envers fusionnent d’une drôle de façon, comme si l’Envers de Sables voulait manger celui de Personne sans en avoir vraiment l’appétit : et Personne observe ça d’un oeil un peu lointain, mi-intéressé, mi-fraise, mi-pomme et mi-raisin. À l’horizon, un vieux train métallique sur des rails toutes rouillées et grinçante trace sa route en fumant : le train est visiblement cassé. Il zigzag un peu entre les dunes pour se rapprocher de l’ombre cornue, de Personne et du génie amusé, et aussi du Limon, droit maintenant (et qui regarde Personne regarder le train fatigué) et finalement, il heurte une grosse pile (de sable de sable de Sables) pour se stopper net, dans un flot de vapeurs fatigué. Les rails n’ont pas compris que la course était finie, alors elles continuent à se matérialiser en une course sans fin, ignorantes du fait qu’elles ne seront jamais parcourues. Personne reporte son attention sur Sables et hausse les épaules comme pour s’excuser (mais en fait, il ne s’excuse pas vraiment). Et Personne s’approche un peu plus pour détailler le drôle de Selbas. Est-ce qu’il a une couleur ? Non, il est comme Sables. Il est pire que Sables à la vérité — impossible de fixer une couleur, même pour un instant photographié.

Personne finit par s’affaler dans le sable.
Le sable est chaud et doré comme un biscuit trop cuit.
C’est plutôt agréable.
Personne, capuche vissé toujours, grands yeux bêtes à cornes dans son dos, les Yeux rouges regardent et détaillent ce drôle d’environnement pour jouer.
(tu t’intéresses aux objets réparés (toi ?))
(Selbas (Sables ?) ?)
C’est ce que dit en silence Personne en regardant le Limon en un être fusionné.
C’est ce que disent les railles qui continuent de se construire pour rien juste pour rire pour pas grand chose alors dans la grande étendue et repartent à l’horizon.
C’est ce que demande la vapeur du drôle de train cassé, en un murmure malicieux et méfiant.
C’est ce que dessine le morceau de laine rouge qui se tortille dans le sable comme un petit poisson.


Spoiler:
 
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Sables
Dim 5 Nov - 21:19


Quartz et micas

avec Personne



Je m’intéresse à tout, Personne comme Personnage. Limon et limonade – entends-tu comme elles explosent, les bulles dans ma poitrine à chaque fois que je te vois ? Et tu peux bien sourire, découper sur tes lèvres peintes des esquisses longilignes, des horizons d’albâtre et d’ivoire, des bouts de langue qui ne prononcent aucun mot – tes pensées sont là comme les poussières dans l’air, celles que seul le soleil peut attraper et qui forment dans ces rivières de clarté des paillettes presque féériques et un rien asthmatiques. Tu peux bien sourire et tomber dans le sable comme on plonge dans une heureuse piscine – cela ne fait rien, les grains étouffent le son, et puisque tu ne parles pas, ton corps non plus ne fait aucun bruit. Un instant tu es debout face à moi, après tu es comme un ange assoupi. Et moi je te surplombe.

Je suis Selbas, je suis l’Envers, je suis l’arrière, comme le passé de ton présent. Je suis la terre friable de mon visage et l’obscurité des nuits éclairées par des lampadaires – c’est bien pour cela que mes yeux sont si noirs et mes iris sont si jaunes, le petit aimait les observer sur le siège arrière de la grande voiture étirée comme un long ver un long chat et tellement de portières qu’il faisait des paris entre lui et lui de savoir par laquelle LUI passerait une fois rentré.

(Reste couché, qu’ils ne puisse pas te voir)
(C’est un drôle de jeu de cache-cache et bientôt tu ne l’apprécieras plus)
(Comme tant de choses avec LUI)

Et le train siffle et s’écrase – oh la la quel accident vite appelons la police et leurs lumières sporadiques, et leurs sirènes hurlantes comme le cri de celleux qui voudraient bien se relever aussi. Appelons la, la justice, qu’elle attrape des cordes d’insoumission et les attache autour de cette grande ferraille. Qu’elle la tire, la locomative, sur des rails plus clémentes – qui ne seraient donc pas celles de la vie. Et que la machine redémarre comme après un gros éternuement. Cela serait sans doute drôle à voir mais il n’y a rien ici, que les dunes et l’absence et le silence et les yeux de Personne.

Et Selbas penché sur lui, la cape déchirée claquant dans le vent. A ce sujet !

« On m’a dit que tu étais Réparateur. Et j’ai grand besoin d’un Réparateur. J’ai croisé des Cordonniers, des Fermiers, des Jardiniers, des Luminaires, des Rois des Comptables des Présupposés aux joints des douches et des Tireur de Chasse d’Eau des Reines un peu paresseuses. J’ai rencontré un chat noir qui m’a dit ensuite de te trouver mais avant de te trouver, je t’ai observé toi et ta danse de reconversion et j’ai aimé chacun de tes gestes et chacune de tes créations. Mais comme elles sont créées, peut-on appeler cela des récréations ? Passe la récréation avec moi, dans mon monde abandonné. Je suis seul désormais et je ne sais plus comment me vêtir. La cape que tu vois, la vie l’a déchiré. J’ai besoin d’une nouvelle fourrure. C’est Minuit qui l’a dit. »

Minuit, le félidé malicieux qui mord et dort et bave un peu parfois sur les oreilles de celleux qui ne l’embêtent pas. Minuit, au nom qui se confond avec le marcheur-veilleur qu’on appelle Gardien.

Minuit, et ses feulements en murmures, en écho aux crissements qu’il traduit du morse le long des murs. Pauvre Grande Rouge abandonnique.

« Peux-tu veux-tu fais-tu avec tes fils bien rouges cela serait agréable et je te donnerais quelque chose en échange – ce que tu veux. »

Le serpent en collier autour du cou semble même attendre l’assentiment. Et la silhouette pliée en deux comme une équerre au dessus de l’ange des sables que forme Personne, Selbas attends comme une de ces statues de cire des musées d’antan.




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Lun 6 Nov - 22:37




DIFFUSION PARTICULAIRE


Et dans le sable plongeant plongeait une aiguille.
Au bout de l’aiguille, il y avait un fil de laine rouge (c’était un marqueur pour dire — ne te perd pas dans le désert, Personne).
La diffusion particulaire, c’est quand les particules (se mélangent) se rencontrent (se dévorent) et s’échangent.

Et comme un serpent, et comme un anguille plongeait l’aiguille dans le sable vibrant (le sable brûlant) d’une fin d’après-midi. En petits cercles dessinés, le fil Rouge (celui qui guidait Personne dans l’Envers et le rassurait et le tenait en place assemblées toutes ses pièces) se mouvait autour de Personne assis sur le sable craquelé et craquant comme du biscuit trop cuit, et Personne le suivait des yeux comme s’il ignorait Selbas (il fait mine de ne pas le voir, comme s’il ne sentait pas le poids de ce drôle de regard entre le granit et le citron avec son puit d’encre noir (tout au fond)), et pourtant et aussi attention mais pourtant, pourtant du coin de la capuche abattue, et comme une ombre se dessine et se trouble, Personne ne pouvait pas vraiment faire mine d’ignorer le grand Djinn terrible : le fait était là, indéniable et étouffant ; il ne l’ignorait pas. Et si les orbites organiques du visage étaient tournées sur le fil Rouge qui se tortillait, les orbites de l’ombre, les grand Yeux rouges lointains (ceux-là même que le fil Rouge tenait éloignés) ; les grands Yeux dévoreurs de secrets et de morceaux cassés étaient tout tournés (attention complète et totale et avide) sur les yeux citron et granit (et le puit d’encre noir tout au fond) de Selbas.

(est-ce que tu m’intéresses ?)
(sûrement.)
(est-ce que je me méfie ?)
(probablement.)
(regarde vieux frère, les lambeaux de métal, déjà, envahissent ton désert.)
(méfie toi des métaux oxydés des personnes.)

Mais il n’y a rien ici, que les dunes et l’absence et le silence et les yeux de Personne — les yeux de Personne doublés, il y a les Yeux rouges sang vibrant pulsant curieux dévorant affamé, les grand Yeux terribles dardés sur Selbas ; il y aussi les yeux rêveurs et ailleurs et absents, les yeux de Personne dirigés sur le fil Rouge —, personne et Selbas, Selbas est donc seul : une vieille locomotive fumante (c’est une métaphore) qui siffle et tousse, des rails en métaux oxydés qui se matérialisent encore en continu (c’est encore une métaphore) et maintenant un lampadaire, tout rouillé, qui pousse comme un coquelicot juste à côté de Personne (c’est) et le fil Rouge s’entoure doucement tout autour comme une chenille paresseuse (encore une métaphore) ; maintenant un lampadaire, qui éclaire la scène d’une lumière néon soleil fatiguée (comme si le soleil faisait mal son travail (les lambeaux de métal envahissent le désert)).

(Minuit ? Mais Minuit est un grand oiseau maladroit rouillé cliquetant)
(Minuit non pas l’heure, Minuit l’autre)
(Quenotte a un chat qui s’appelle Minuit non ? Un chat noir comme l’encre de tes yeux)
(Un chat noir qui sent l’odeur de la pluie sur le goudron, je l’aime bien je crois, mais je ne l’ai jamais vraiment approché)
(C’est le chat de Quenotte après tout, Quenotte est une chose cassée et irréparable, tu te tiens loin de Quenotte, toi, Personne)

Et le lampadaire grince alors que Personne se lève ou bien c’est son ombre qui fait se lever Personne (peut-être bien que Personne ne s’est jamais levé mais que son ombre l’a fait pour lui peut-être bien) et l’ombre de Personne se dilue tout autour de lui (c’était pour ça le lampadaire pour avoir une ombre plate et diluée peut-être) lui c’est c’est Personne et c’est Selbas aussi l’ombre le dévore le caresse avec des petites mains muettes comme des aiguilles et pleines de grands Yeux rouges qui mesurent dévorent comptent analysent effleurent la grande cape le grand Djinn la substance et le sable. Et si on clignait des yeux sûrement on verrait les cornes enroulées et brûlantes sur le front (sur les yeux ?) de Personne et le sourire de l’ombre les grands Yeux et l’ombre se rétracte brutalement (mais tout cela allait très vite le temps d’un clignement) alors que Personne levé, fixe Selbas et Sables avec un regard méfiant et enlève sa capuche (et tombent ses longs cheveux blancs (à cause de la peinture (et dans l’Envers, Personne n’a pas de couleurs sinon le rouge sinon le noir sinon le blanc))). Au loin de la dune (de la déconstruction), le train mort fume et grince plaintivement, et en même temps les lèvres rouges du Loir articulent les syllabes et les mots et les phrases, comme des couperets harmoniques (car les chocs en sont alors sinusoïdaux).

(mais les Yeux sont intéressés)
(mais jouons un drôle de jeu selon ton désir)
(Non)
(Personne ne veut rien)
(Peut-être que Personne pourrait vouloir des choses ?)
(Personne voudrait le coeur et la substance)
(Non)
(Personne ne veut rien)
(Non)

Et avec un geste doux et silencieux, Personne imprime dans ta tête la phrase terrible et silencieuse et froide et méfiante et simple et triste et curieuse et vide et creuse et vivante et vibrante (comme le désert (et les mots qui n'ont pas été prononcés résonnent pourtant comme des grains de Sables)) : « Mais Personne ne peut pas réparer ce qui n’est pas réparable.  »
 



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Sables
Dim 12 Nov - 22:51


Quartz et micas

avec Personne



Il fait soudain noir dans le désert, une nuit sans lune, une nuit sans étoile. Une nuit comme un drap noir jeté pudiquement sur la scène, pour laisser toute la mise en place du lampadaire, sublimer le rayon doré de cet œil qui leur jette sa lumière et aplani ainsi chaque esquisse de leurs visages. Ils sont soudain comme deux dessins éphémères sur un papier gondolé. Et Selbas sourit sans s’inquiéter des lambeaux d’ombres et des yeux qui l’observent – car c’est ainsi sa vie, on l’a toujours observé. Prenant la mesure de sa folie comme une pipette gorgée d’hystérie. Condamnant, maitrisant, appelant, nommant, définissant, chacune de ses paroles, chaque composition de sa bouche agile et de sa langue tordue. Calculant, divisant, multipliant les éclats de faïence à son cerveau morcelé. L’interprêtant comme on peut le faire des rêves et il s’était senti signe sous l’astrologie des bien-pensants en blouse blanche. Il s’était vu comme une prêtresse désolée que personne ne veut croire. Avec ses herbes ses plantes ses regrets et ses mystères.

(Casque à cornes)

Il ne sait pas soudain pourquoi l’esquisse lui fait battre le cœur plus fort mais c’est terrible, lui le Djinn, comme il a envie de se jeter et de le grignoter, de le défaire comme un papier de bonbon et de se lover contre la cage ferreuse de sa poitrine pour y entendre les battements de cœur prisonnier – joli oisillon. Il voudrait le lécher et le caresser et s’y fondre et s’y faire comme une seconde bouture de lui pour mieux survivre. Il pense (Casque à cornes) et entend déjà le pas des chevaux de la grande armée et laisse aux côtés du lampadaire se dessiner un mur de pierre qu’il chevauchait pourtant autrefois, comme il était bien plus Sables que Selbas. Quand il a compris que la chose en lui, la grande pieuvre baleineuse, ne s’attachait pas tant à ce qu’il désignait que ce dont il avait juste profondément envie.

Et aujourd’hui c’est bien de Personne qu’il rêve.

« Création. » Impose-t-il à la voix qui se formule à ses pensées. Celle qui n’a pas besoin d’une gorge pour être murmurée. Elle est belle sa voix, elle est craintive. Elle est rouillée et un peu timide mais c’est une bonne voix. De cicatrices et de coutures. Tout ce qu’il lui fallait.

Selbas tend la main et le fil rouge s’enroule à son petit doigt.

« On ne se répare pas souvent mais on peut se vêtir de bien autre chose et sous l’emmitouflement de ces souvenirs qui s’ajoutent on oublie en dessous la carcasse mal cicatrisée. Je me fiche de guérir tant que je suis bien habillé des autres. Je suis comme une main à la recherche de sa joiture. Je voudrais les allonger tous sur le sol et faire des doigts des prises et des peaux des connexions. Je voudrais m’y brancher et laisser le courant électrique de leurs peurs et de leurs espoirs se mélanger jusqu’à la surtension. Je voudrais trembler et m’agiter et rire à en exploser. Et ça serait parfait ainsi mais avant tout, je voudrais faire ça avec toi. Dans Personne il y a sonne, et c’est ce que mon cœur fait à chaque fois qu’il te voit. »

Dans personne il y a père. Mais de celui-là, on en parlera pas.




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Mer 15 Nov - 23:17




LES-YEUX

Lorsqu’il entend le mot « création », Personne le décousu se stoppe dans son mouvement (il s’était retourné — il voulait s’en aller) et sur le lampadaire tournent encore plus de lambeaux de morceaux de passages de fragments de laine rouge (fleurissent comme des fleurs — des coquelicots et des nénuphars) : il écoute, attentif, à nouveau intéressé, à nouveau curieux, à nouveau (vorace) affamé. Et il tapote nerveusement de ses mains en piano invisible sur le lampadaire, alors que celui-ci diffuse la lumière (les photons) l’ombre et surtout l’espace, l’espace de Personne — et plus le lampadaire diffuse au niveau de Personne et du sable et du désert et dans l’Envers de Selbas, et plus c’est l’Envers de Personne qui se fait une place et retourne et détourne et mécanise et convertit les flux de pensées — enfin Personne ne fait que tapoter donc  la mélodie du piano invisible nerveuse et gloutonne fait s’agrandir l’ombre autour du lampadaire qui illumine (au loin, le cadavre du train mort et les railles fantômes qui se construisent encore et se déconstruisent après, et au loin encore (plus loin (encore après)), ce sont les baleines lentes et lourdes (elles apparaissent en même temps que les fils rouges plus nombreux autour de Personne, et les Envers deux à deux sont cousus), oxydées et métalliques elles se déplacent dans l’océan du Limon, et leurs chants sont comme des cloches (des chocs) rouillées ; enfin simplement, l’Envers de Personne approche et fusionne, l’Envers de Personne transparait avec la floraison des fleurs de laine rouge sur le lampadaire, l’Envers de Personne dégouline, au loin) le désert et la figure de Selbas, comme un métronome, car enfin Personne tapote, il ne fait simplement que tapoter sur la barre de fer un peu grinçante un peu ancienne un peu hésitante, il tape nerveusement (excité (affamé (détourné))).

(création)
Les Yeux rouges dans l’ombre palpitent.
(création ?)

Le Fil Rouge tourne autour du doigt de Selbas mais tourne et tourne encore il continue sa route il enserre la main il caresse peut-être que l’aiguille voudrait transpercer et rentrer en dedans jusqu’à l’os décomposer le corps et analyser le coeur.
Les Yeux rouges sont sur la capuche maintenant, et dans l’ombre de Personne et dans l’ombre du lampadaire aussi. Ils sont dans le chant des baleines de zinc et de cuivre aussi, là-bas, plus loin, juste après le cadavre du train.

((car si Sables avait sa manifestation détourné de l’Endroit extérieur en l’Envers, Personne avait sa manifestation bien cachée, Personne en l’Envers était creux comme un vase et dedans tapis comme une pieuvre ou une bobine enroulée une bobine de fil rouge de laine rouge la manifestation les grands Yeux curieux et affamés de l’Envers de Personne et si beaucoup l’ignoraient pour voir la manifestation de Personne pour la faire sortir l’appâter véritablement la voir en vrai que Personne disparaisse enfin il suffit de toucher (le Fil Rouge qui est là comme une tentation ou un repère un moyen de sortir pour Personne, un moyen de rentrer pour les autres (mais toi tu le savais bien au fond hein vieux frère ?)))

Et la capuche a caché la tête et les cheveux et le visage peinturluré de Personne maintenant, et on ne distingue plus rien sinon l’ombre derrière cette capuche c’est le noir le noir de l’encre alors voilà Personne est finalement Personne enfin pas totalement il y a ces grands yeux sur les côtés de la capuche ce drôle de (casque à cornes as-tu dit ?) pansements les coutures partout craquent et se fissurent les cornes enroulées et mouvantes il y a des fils de laine multiples autour et des longues manches aussi tombent des fils de laine enfin les fils ce sont les mains et les aiguilles se sont les doigts et les Yeux se sont le double et la manifestation les Yeux se sont ceux qui peuvent fabriquer dans l’Envers ce sont ceux qui sont curieux et affamés (et les Yeux détruisent aussi, parfois, c’est pourquoi il ne faut jamais toucher le Fil Rouge (mais tu le savais toi vieux frère n’est-ce-pas ?)) et du fil de laine aiguille dans ta main déjà les-Yeux est tout autour de toi il est dans ton dos il grince et frotte il fait un bruit de laines et de bobines que l’on déroule et ce que tu as autour de ton doigt enfin dans ta main c’est sa main en serpent analyse et décrypte enfin tout autour de toi les-Yeux virevoltant et joyeux (ils font un bruit de cloche excité et content) les aiguilles sur ton visage doucement effleure et dessine sur tes lèvres un dessin un sourire peut-être un visage enfin elles parcourent les vallées les souvenirs que disent la peau fatiguée du désert enfin finalement les-Yeux se reculent doucement penche la tête (casque à cornes) et les grands Yeux rouge-totem plongés dans les yeux du Limon de Selbas rubis contre ambre fatiguée les grandes manifestations se font face (et n'oublions pas le son des bruits des tintements de cloches).

(écoute les-Yeux fabriquer des mots autour des sons de cloche parmi le chant des baleines et des grenadiers écoute le sable grincer sur le métal de mon lampadaire et des Envers mélangés qui se rencontrent cela faisait longtemps longtemps longtemps petit être et vieux frère écoute écoute car les-Yeux peut beaucoup et ne peut rien et les-Yeux peuvent (peut) créer mais rien ne se perd et puisque rien ne se crée il faut transformer il faut la matière et les particules et écoute les-Yeux enfin une réclamation pour fabriquer les-Yeux ont besoin de ton coeur enfin pas vraiment pour créer et pour voir les-Yeux ont besoin d’un secret un secret ? un secret de Selbas cela peut avoir de la valeur cela peut révéler et être inspirant alors vieux frère alors les-Yeux veulent un secret de l’endroit ou bien de l’Envers les-Yeux voudraient un rêve et alors seulement seulement avec ce secret les-Yeux pourront pourront peut-être peut-être produire fabriquer assembler les morceaux les squelettes une enveloppe dorée et polie comme l’écorce blanche et les os des baleines pour le vieux frère le petit être le grand Djinn enfin les-Yeux ont besoin de quelques choses et puisque les-Yeux sont réveillés maintenant les-Yeux se rendormira avec quelque chose pour se contenter d’une manière ou d’une autre écoute bien le chant des cloches qui sonnent autour de toi le son des coutures (vieux frère Limon))

c'est le trait d'union — la dégringolade
l'apparition
imagine une grande ombre de la taille de personne (en particulier)
enfin non bien plus grand
sorte de héron plaintif mal défini
grandes cornes emmitouflées morceau de laines (lambeaux)
yeux rouges (disent le contraire) pulsatifs et stroboscopiques sur les côtés
sur la capuche
comme peints enracinés vivants
yeux totems curieux affamés (la répétition de cet adjectif n'est pas un effet de style, c'est un avertissement, c'est une mythologie qui s'éveille)
des bras enfoncés dans de grands habits larges et pas de mains
des fils plein de fils de laine surtout la laine rouge
partout comme des serpents ou des fleurs autour de lui qui sondent l'air et poussent (mauvaises herbes orties ?)
partout comme des serpents ou des fleurs au bout des bras à la place des mains aussi
les aiguilles les dix aiguilles pour les dix doigts le grand fabricateur éveillé finalement remplacé par personne (en particulier non vraiment)
souffle le vent du désert à la frontière où rencontre les épaves industriels
les-Yeux grands ouverts (maintenant)



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Sables
Lun 20 Nov - 20:23


Quartz et micas

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Trace le sourire et effleure la peau nue, griffe l’épiderme pour en émietter le sable et rendre à la terre sa couleur d’or pâle. Selbas rit un peu de ces chatouilles métalliques et renverse la tête en arrière quand une baleine les surplombe dans son bond d’eau de mer, s’effaçant dans les vagues en une explosion de dunes, et l’une se fait rejoindre par l’autre et c’est une cohésion comme un chant qui fait trembler le désert. Il se tourne, le Djinn, et se souvient, alors du sable rongeant le fer s’extirpent soudain des raies, aux queues rouges de fils entremêlés. Et lui, le voleur, l’inventeur, le souhait déplorable, sourit sous sa cape déchirée et il entend les sons emmêlés comme des cris, des appels. Les raies dansent, les baleines se gonflent et soufflent et le train n’en finit pas de fumer.

« C’est bel et bien fait tout cela. Cela me rappelle… » Il ne sait plus ce dont il se rappelle. Il n’y a, dans ses propres fils, que des histoires décousues, des contes qu’Ayesha racontait. Et sa nuque ploie comme une tige fatiguée – les fleurs du jardin manquent parfois d’eau, d’eau des bouches, d’eau de baisers languides, d’eau de caresse, d’eau d’espoir et d’eau d’amour.

Puis les grands yeux s’ouvrent et les mots se tissent dans sa cervelle en noix de coco. Il est une datte flétrie sous le regard d’un jardinier et les grands yeux en casque à corne sont tournés vers lui – en lui – vers son âme. Vers cet espèce d’écho en pierre, en rose des sables, qui pulsent et s’agitent loin en dessous des couches, des pétales.

« Un secret. » Dit et comprend le Djinn en tendant les mains – les fils serrent trop fort alors la main se coupe et la main se fait poussière puis repousse et c’est un puis trois puis cinq doigts qui s’agitent, délivrée des fils, avant d’être de nouveau prisonnière.

Mais lui, est-il prisonnier ?

« Un secret. » Répète-t-il, mais en possède-t-il un seul, un grand un vrai ? Qui sont donc les secrets, dans la mémoire effacée d’un enfant délaissé. Un enfant de déni. Un enfant de soupir et de dos tourné. Un enfant qui ne voudrait pas replonger dans les eaux tumultueuses d’un passé bien collant, vieux chewing-gum collé sous la table, carotte rousse et longiligne à la forme évidente – impression malaisante.

Sables surgit à travers Selbas. Et l’œillade humaine qu’il lui jette est la moue boudeuse de son dessinateur.

Selbas dit les contes que Sables peint.
Sable plaint les contes que Selbas teint.

Mais il y a quelque chose qui parvient à transfigurer tout le reste. Une impression, réelle, souvenue et soutenue. Celle d’une silhouette enfantine, la sienne, dans un immense désert. Et puis de per- sonne. Plus rien pour lui toucher l’épaule ou caresser ses cheveux et proposer des céréales et des glaces et des jeux et des livres et de la peinture et le silence oh cache-toi bien dans la voiture surtout n’en sort pas mais attiré par le désert il en était sorti, attiré par la foule et par la grande tour aux fenêtres miroirs il était entré il s’était dit cela serait formidable d’en avoir toute pareille pour la cité et la dame oui la dame s’était penchée sur lui elle avait demandé

« Où est ton père ? »

Et lui de son doigt frêle, la tête remplie de silhouettes gigantesques le dépassant, le bousculant, l’ignorant, le repoussant, et les voix les acclamations les éclairs blancs – les photographes – avait indiqué le noir d’un autre grand pape.

D’un pope.
D’un pa.

C’était bien à cet instant que tout avait basculé. C’était bien à ce moment qu’il avait trahi – déçu, il avait été déçu, il avait dit « je suis déçu » et cela avait été la voiture, plus de désert, plus de sable, plus de sourire, plus de jeux plus de céréales plus de caresses plus de siestes couché contre lui et le mal insidieux, la pensée écœurante, la flasque de vomi de sensation quand ses doigts touchaient et sa bouche faisait et tout le reste aussi.

Selbas rouvre les yeux.

« IL DÉTRUISAIT LE DÉSERT. » Et il hurle, hurle les poings serrés, hurle comme il n’a jamais souffert. « IL DÉTRUISAIT LE DÉSERT IL EN FAISAIT DES CITES DES CITES SANS REGARDS SANS PENSÉES ET SANS CŒUR ET LES GENS Y VIVAIENT SANS SAVOIR CE QU’ILS Y FAISAIENT ET C’ETAIT UNE MACHINERIE DÉROUTANTE » C’était une machinerie dégoûtante je ne veux pas y penser je ne veux pas retourner là bas je veux laisser le désert aussi sauvage car des oasis s’y cachent et des filles grimpent aux arbres et parfois elles y meurent.






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Sam 25 Nov - 22:23




LE DÉSERT

Les-Yeux grand épouvantail tordu rieur dodelinant (tension fit le tenseur tension appréhension et dissension ont commencé) et partout comme des racines affamés sont tes fils rouges (vieux singe malin) diffusés dans le grand désert sans fin diffusés dans les Envers environnants dans les océans dans les rêves et dans les forêts forent les choses et esquissent de grands yeux curieux et ouverts — tu sonnes et tu voltiges autour de Selbas, et les sons que tu fais sont autant de sons de cloches et de carillons (vient la nuit je demeure (vienne la nuit je) les jours demeurent et les heures sonnent) et pelotes de laines enfin tu sonnes et tu prends sa main et les fils (les tiens (les mains (les mains se sont la deuxième vérité du corps, le deuxième organe pour voir, les deuxièmes yeux des êtres)) découpent la main et tu fais un petit grelottement excité et heureux et tu re-coupes la main et le sable la forme une nouvelle fois et c’est drôlement amusant sur ta tête sur le côté le (casque à corne) le grand oeil numéro 1 pulse et rigole et occupe encore la main (vieux frère) et les aiguilles ne vont pas encore chercher le coeur de Selbas (cela n’est pas poli et puis un secret ça vaut largement un coeur un coeur finalement c’est en soit une sorte de secret et comme c’est une relation de symétrie, comme c’est une équivalence et bien peut-être que finalement, un secret c’est une sorte de coeur) les aiguilles tiennent la main les-Yeux sonnent (et sonne (les-Yeux est et sont les-Yeux sont l’unité et est la multiplicité les-Yeux est partout et les-Yeux sont personne)) et écoutent, très patients les-Yeux, il est patient les-Yeux intéressé il immobilise sa carcasse (ta vieille carcasse de héron) étirée et les baleines et les autres animaux marins invoqués chantonnant dans le lointain avec les rails mortes et absurdes, les-Yeux tu écoutes le secret du Djinn millénaire.

(imagine la scène, ce sont deux mythologie qui conversent)
(imagine la scène, il y a des nénuphars et des yeux en pelote de laines sur un lampadaire gris oxydée trois fois)
(imagine la scène et le sable et les baleines)
(et la voix de Selbas)
(imagine comment c’est beau, un secret raconté qui s’échappe dans une main comme le sable qui s’échappe dans le vent du désert dans les oasis sur les arbres tombant à cause du champ de la gravité imagine la gravité du moment les mythologies qui se font faces imagine les choses enterrées qui tremblent dans leurs rêves)
(et la voix de Selbas)
(au milieu de tout ça, imagine, les histoires décousues des humains)

Sables apparaît maintenant — les-Yeux sonne grand ouvert sont les yeux et font vibrer les cordes laines rouges les fils et les aiguilles se mettent au travail dans un coin du désert dans un endroit abandonné par les hommes et les lampadaires tissent et fabriquent et construisent une impression sur la base d’un secret — et les-Yeux vibre pour lui dire bonjour (et ça fait des sons de cloches un peu rouillées) (moi j’ai de l’empathie pour toi tu sais de l’hyper-empathie en fait hyper-empathie ça veut dire que je suis apprivoisé par les hommes même sans les connaître ça veut dire que tu es comme un autre comme moi un autre moi-même c’est quoi un père dis c’est quoi ça je ne connais pas la notion je ne me rappelle je ne peux pas vraiment comprendre alors mais en tout cas tu sais vraiment j’ai de l’empathie pour vraiment j’ai de l’empathie tu sais vieux frère (le sable craque comme le biscuit) vieux frère j’ai de l’empathie pour nous de l’hyper-empathie) ; en tailleurs les-Yeux s’est assis (comme un vieille araignée) sur le sable-biscuit-qui-craque assis il regard les grands yeux rouges de la capuche posés sur Selbas les yeux grands ouverts grands avides grands affamés (et les mains les mains aiguilles dans un coin du désert (casque à cornes) travaillent encore et tissent le destin tissent les liens tissent sur l’hyper-empathie).  Encore un peu plus, sur ta tête, les cornes poussent enroulées par le fil rouge.

« C’est effrayant le désert en un sens, vieux frère. »

les-Yeux baissent la tête sur le côté ça fait un bruit de cloches vous connaissez un peu maintenant enfin les-Yeux ont parlé ainsi doucement avec une voix un peu cliquetante feuille de verre nénuphar aussi enfin les-Yeux a fait un rire en cascade qui tombent sur une pente lisse et polie enfin les-Yeux ont fixé Selbas sans rien dire en parlant finalement une fois c’est que les-Yeux sont bien moins timides que Personnes les-Yeux sont quelqu’un et une personne par lemme d’échange et des humains, ça peut parler  (c’est un peu solitaire dans le désert c’est un peu seul et un peu froid et un peu vide enfin) vous connaissez vous connaissez et là-bas dans un coin sur un côté il y a les aiguilles qui construisent ça ressemble à un spectre ça ressemble à une sphère une petite sphère d’une trentaine de centimètre elle flotte sur le sol elle flotte sur le sable et les aiguilles sont agitées autour — les-Yeux baisse sa tête, fixe le grand Djinn, et sonne en cloche.


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Sables
Lun 27 Nov - 22:38


Quartz et micas

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Les cloches sonnent – et sonnent et tonnent et donnent et rient et ce tintement impérial lui fracasse la tête de colère et il crie Selbas il crie et se déchire et la terre tremble.

C’est un Envers plus énorme et plus éternel que celui qui a réussi à avaler l’ancien chef des Rats, le prédécesseur d’Aspirine et de Fange. C’est une large plage éternelle et sans mer où les naufragés qui s’y égarent en sont réduit à manger du sable jusqu’à en faire partie eux-mêmes.

Le train déraille et chaque avancée de fer se retrouve soudain mis à nu quand le désert recule. Alors la Cité apparaît dans toute sa splendeur de ville abandonnée. Ce sont des carcasses de demeures ciselées dans la pierre de la Tour. Ce sont des ruelles désertes dans lesquelles ne surgissent ni rires ni larmes ni chant ni fruits ni eau. Il n’y a plus rien depuis longtemps. Il n’y a que le Djinn solitaire et la catastrophe qui s’annonce comme une menace immense.

Elle est là. La Grande Vague. Le sable contenu en elle est un tumulte rugissant comme un milliard de lions. Au loin l’oasis est le premier englouti et Selbas se tourne pour lui faire face.

Alors le tsunami les engloutit et le fracasse. C’est un choc une gifle qui les écrase.

Et les relâche dans le réel. Adieu l’Envers. Il ne reste que le couloir noyé sous un reste de sable. Minuit sera sans doute furieux des dégâts poussiéreux.

Sables se tient debout un peu vouté. Pantalon marron pour chemise crème et veston violet. Il a la tête penchée des somnolents égarés. Puis relève le menton et sous son casque d'or, les yeux ciel larmoient lentement.

« Personne. » Personne est revenu avec lui comme traîné par une main immortelle.

Est-ce ainsi un exil ou une pause primordiale dans leur univers chaotique ? Une reprise d'air avant de replonger dans l’obscurité de leurs mondes emmêlés. Une fuite involontaire mais nécessaire.

Qui sait. Le secret a déjà été donné.






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Dim 17 Déc - 14:42




LE LIEN

my body is a cage
that keeps me from dancing
with the one
i love
(my mind holds the key).

Tu sais vieux frère, je voulais te dire (moi les yeux) que j’étais un peu triste et que là était la raison du maquillage (pour dissimuler les larmes tu comprends) je voulais te dire de ne pas être mélancolique (enfin pas trop cela n’aide pas vraiment à affronter la vie en fait ; et la vie c’est comme un désert et les gens c’est comme des grains de sables qui tentent d’infiltrer tes paupières) tu sais je voulais te dire que la tristesse c’était comme une pomme sucrée sur une symphonie de violons (le pH malgré tout est élevé) tu sais ce soir vieux frère j’ai le sang très acide le pH sous sept et finalement finalement alors que déjà la grande vague s’élève, Selbas et Sables, je crois que je comprend un peu des morceaux de vous : maintenant, je serai moins méfiant, j’ai saisie avec ce secret un soupçon de couleur c’est une couleur en trois dimensions c’est ainsi comme une sorte d’hyperplan (en supposant l’axiome du temps retrouvé ajouté comme quatrième variable de l’espace vectoriel initial et c’est espace c’est l’Envers et c’est espace c’est la Rouge et c’est espace c’est le reste) une couleur à relief donc voilà un peu violette un peu épaisse et granuleuse comme le limon et comme le quartz — des souvenirs en ruban et fragment de feldspaths.

très vite j’ai cousu le temps et les os et la baleine pour protéger
les Yeux du sable dodelinant
comme un carillon rieur
d’une grande main déjà il attrape Selbas et le serre contre son coeur
d’une grande main déjà les racines et là-bas
la création le manteau promis l’ombre se
détache
là-bas j’ai appelé la grande baleine bobine depuis le hangar après tout
le désert
le hangar
cela faisait plusieurs paragraphes que les limites étaient déjà flou avouons le
la grande baleine bobine donc déjà citée dans l’histoire celle avec les yeux et les os blancs et polis par le soleil qui dévore les phrases et les secrets (c’est une métaphore, mais les-Yeux ont oublié l’objet quel était l’histoire
déjà
(ce mot par deux fois répété) ?)
et j’ai entendu les flûtes alors qu’approchait bien trop vite
la grande
vague
c’est froid le désert
c’est seul un désert
c’est étouffant un désert ça fait peur
attrapé Selbas par le coeur donc et la grande baleine bobine surgissait devant nous
nos yeux trois dimensions (les siens) les-Yeux rouges les carillons (les miens)
dans sa carcasse vide (elle n’avait pas de peau que des os et du vide et la grande bobine sur son dos avec le fil rouge des orbites cependant avec des oculaires et des lentilles et des rouages volés dans les histoires des autres Envers) pour se réfugier elle nous tombe dessus
elle ce n’est plus la baleine c’est la grande vague
et elle emporte tout
les enfants
l’Envers
le secret
et la voix de Personne.

Et voilà les deux garçons les deux morceaux les deux androgynes étranges tremblotants dans le grand couloir vide — Sables et Personne et un peu de sables aussi, un peu de poussière et Personne qui regarde Sables avec un air faussement furieux. Et la main fine du Loir se glisse sur un détour de peau de l’Ensablé, caresse sa joue et balaie la larme — c’est amusant parce que Personne est petit, doux et toujours faussement furieux, Personne l’emphatique qui voit les couleurs bleues sur l’eau salé sur la joue et il n’aime pas ça évidemment et entre leurs deux bras toujours, le fil Rouge souvenir d’un autre Envers d’une autre présence autre mythologie cliquetante. Personne doucement le délit et d’une main experte le lit en un faux bracelet sur le poignet de l’autre. C’est un serment et un talisman, un souvenir et un manteau ; Personne silencieux hoche la tête et tapote la main (doucement) de Sables pour lui montrer. Le fil rouge attend et pulse (invisible lien).




blbl:
 
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Sables
Dim 17 Déc - 20:27


Quartz et micas

avec Personne




Alors perdure le fil rouge comme la queue d’un cerf-volant déchiré, abandonné dans un ciel déjà invisible, plus retenu par aucun plafond du monde, par aucun crâne fermé. Sables agite son poignet pour observer la danse toute en courbes de ce serpent de sang sous son souffle un peu court et tandis que le désert repose dans le couloir, large clair et sans empreintes, il laisse ses larmes sécher sous les pouces de Personne et le maintient un peu contre son cœur.

C’est vide et dur un désert, c’est solitaire et amer comme après tant d’attaques d’armées différentes. Sables n’a plus la force de combattre et de s’élever au-dessus de cette misère comme des souvenirs qui lui restent. Il y a des cruautés en forme de balle qu’aucun chirurgien du cœur ne saurait extraire mais pourtant les cicatrices disparaissent sur sa peau comme les pas sur la grève quand la mer vient les lécher. Elles s’étalent et se font infimes et le pincement à chaque pas se fait un rien trop habituel. C’est ainsi, de grandir. Et Sables n’a rien contre.

Un jour il sera Adulte et peut-être bien qu’on l’enverra encore ailleurs de cette Maison. Que lui-même prendra roses, graines, crayons et papiers et s’enfuira, dans l’Envers ou ailleurs pour ne pas avoir qu’à fuir et être seul. Il deviendra artiste sous un autre nom et tissera son avenir – comme maman tissait ses tapis chuchote son crâne mais les mots sont trop faibles et sa conscience ne peut les écouter.

Ce n’est pas si grave de partir, ce n’est pas déchirer. Ce sont des fils dans lequels on s’emmêle, il faut seulement apprendre à ne pas trébucher.

« Tu es gentil. » Dit-il à Personne, au regard furieux. Et sa main passe sur ce front pour en lisser des rides de colère. « Tu es gentil. » Répète-t-il, à son voleur de secret, à son extracteur, à son aimant et doucement il se penche – petit Personne – et de sa grande silhouette de rêveur, si haut qu’il pourrait bien se cogner du front à la lune, il plie sa carcasse et vient chercher sa bouche de la sienne.

C’est un baiser d’enfance, de tendresse et d’accord. Ca vient fleurir là, aux commissures de leurs lèvres pincées. Ca ne dure qu’une fraction de seconde, pas de quoi infuser un thé. Puis Sables se relève, et laissant sa tête tourner pour contempler le spectacle de sa revenue, ne craignant pas une retenue, il se disperse comme son sable, Sables, et s’écarte déjà pour aller au-delà des couloirs de ce monde.

Il avance, d’une démarche peut être maniérée, avec ses bras écartés pour faire voler le fil. On pourrait jurer l’entendre rire.

On pourrait jurer le voir danser.

Spoiler:
 






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