Partagez|
Rou(x)lette russe — Éphélide, Diablo, Non
avatar
Messages : 43
Libre pour rp? : Oui.
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 23 Oct - 23:46

Oh quel beau nuage, celui-là avait la forme d'un éléphant. Le vois-tu Babar, toi le roi des pachidermes, le seigneur de Célesteville ? Allongé là, sur le béton de la cour de récré, Lardon avait les yeux rivés vers les cieux. Coulées de gris et de cyan avec des touches de blancs par-ci, par-là. Il fixait d'un air mélancolique cette grande étendue grisonnante d'un automne un peu frisquet. Peut-être même était-il envieux de cette volée d'oiseaux migrateurs qui s'en allait au loin vers des contrées plus chaleureuses, de cet écureuil farceur qui filait vers son nid une noix entre ses dents ou encore même de ce petit bourdon moribond, bombus errant au gré des vents et des trainées de pollens. Il n'y avait bien que l'oeil observateur et silencieux de Lardon pour repérer tout ces petits détails insignifiants, tout ces autres minuscules pensionnaires du domaine de La Maison. Il se prit à repenser à Mémé, au temps pas si lointain où il passait ses mercredis après-midi vautré dans l'herbe de son beau jardin à regarder les nuages tandis qu'elle lui tressait des couronnes de fleurs en lui parlant de son beau Nathanael, ce jeune frère arraché trop tôt par une Europe malade du fléau du fascisme. Ah Mémé, et si jamais tu n'avais jamais connu Hitler et sa moustache est-ce que aujourd'hui tu serais encore en colère ? Et ça lui fit mal rien que d'y repenser. Comme un énorme coup de poing dans le torse, une percussion en plein dans l'poumon. Sentant sa respiration devenir difficile, il passa une main dans sa poche droite, sortit son inhalateur, puis pschit s'infligea une bouffée de ventoline dans le museau. La sensation du médicament s'infiltrant dans sa trachée lui laissa la langue pâteuse. Ses doigts gantés étaient restés dans son sweat, tripotant nerveusement les coins en plastique de sa cassette veuve de son disparu walkman (rip). En l'absence de son précieux, il lui faudra se contenter du bruissement étouffé du vent filant à travers les grilles de l'orphelinat, des cris et des jurons des enfants d'à côté et du bruit des bottes et des baskets martelant sans jamais s'arrêter ce pauvre bitume bien écorché de la cour de récré.
Mécaniquement et avec une lenteur exagérée, il jeta un coup d'oeil à sa montre et se perdit dans les battements de l'aiguille des secondes. 16h27 et 58 et 59 et 16h28 et 1 et 2 et 3 et que faisait Non à cette heure-ci, sa compagne d'infortune, autre nouvelle cygne fraichement plumée à la vente aux enchères ? Et Diablo ? Diabolo tequila, gratteur du dimanche qui à l'instar de l'alcool te faisait tourner la tête à t'en donner la nausée avec ses belles paroles et son rire taquin, même quand il s'esclaffait en faisant des bruits de cochon comme presque tous les garçons adolescents (que c'est mignon les cochons). Et pourtant tu voulais toujours en reprendre une gorgée, une dernière pour la route en espérant que cette fois-ci ce serait la bonne quand bien même tu savais que jamais il ne te regarderait de la bonne façon. Et des lèvres de Lardon s'échappa un soupir presque théâtral.

Soudain, d'un coup d'un seul, tout sembla s'arrêter : le temps et avec lui sa respiration, les aboiements de la marmaille environnante, le souffle du vent et même l'écureuil aperçu deux minutes auparavant paraissait s'être volatilisé dans l'Envers à l'approche du maudit fauve aux yeux clairs. Clap, cloc, clap, cloc. Car semblable à Tick Tock Croc et son horloge on reconnaissait le terrible, l'effroyable Grand Méchant Roux au son de ses béquilles.  
Ferme les yeux, fais-toi petit. Si tu ne le vois pas, peut-être ne te verrait-il pas non plus pensa Lardon, les paupières closes, figé par terre et pourtant déjà tout tremblotant.
avatar
Messages : 17
Libre pour rp? : 0/0
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 24 Oct - 18:42

   
Rou(x)lette Russe
Nothing better to do when I'm stuck on you

   
Parfois ses phalanges en grincent encore, comme animées d’un choc insurmontable.

Elles mandent ainsi à retrouver la gorge d’un corniaud qu’il a abattu pour le plaisir, se nicher à ses viscères comme si, au hasard de la création, c’est pour l’acte lui-même qu’elles avaient été conçues. Dans ces moments-là, il frotte, les frictionne jusqu’à oublier, jusqu’à ce que, pire que ses reins encore, elles se fassent douloureuses. Six mois supplémentaires à l’asile n’auraient pas pu lui faire oublier l’illumination de ce jour, ce grand vide, océan sans vagues aux habituels remous de son corps où il s’est oublié, perdu un peu, dans le regard mort d’un imbécile parmi tant d’autres.

La douleur finie toujours par refluer. Et lui par soupirer, oublier, jusqu’à la prochaine fois.

C’est sens dessus-dessous qu’il a retrouvé La Maison, un peu hagard, un peu perdu aussi, jusque dans les yeux de Quenotte qui n’a pas su lui confier des explications convenables. Elle aussi avait la mort dans le regard, et la récente soirée des Loirs – imbéciles heureux en puissance – n’y était sans doute pas étrangère. Il y a ici comme un vent d’Inconnu qui souffle, plus bruyant que jamais. Et glacial comme une nuit de saison des pluies. Ces nuits de merde qui le retrouvent geignant de douleur dans son lit au matin, cloué sur la planche du Sépulcre ou à son fauteuil dans l’attente de soins, tout juste bons à retarder la prochaine crise.

Des jours vides, par centaines, par poignées, jeter à leurs paupières comme une poussière de fée mortifères. Ils évoluent dans La Maison comme tant de pantins à l’existence morcelée, ballotés par le cours des évènements et par leur rôle quotidien, engoncé dans l’image que La Rouge attend d’eux. Il n’estime en aucun cas être une exception à cette règle, se complaît même dans le franc parler acerbe qu’il a développé ici plus que dans L’En-Dehors. Le vent frémit, porteur d’éclats de rires et d’injures lointaines. Çà et là bat la vie juvénile d’une centaine de bambins en furie.

Petits estropiés, bande de fracassés dansant au son des flûtes en un milliard de rats agités. A pas claudiquant, il s’est accoutumé au fil des mois à suivre leur valse perpétuelle, fameux jeu de mime et d’écoute. Accoudée a rebord du perron, il inspire l’air du dehors, parfum d’étrange plus soutenu qu’à l’accoutumée. La Maison ne lui a jamais paru plus isolée, hors d’un temps trop vif dans lequel ils n’ont plus leur place.

Dans L’étendue herbeuse, là où les pousses sèches se faufilent jusqu’à l’ombre d’un grillage troué – escapade vers la forêt – une tranche de lard s’affaire à se faire dorer sous les dernières lueurs d’un été crevé. Il n’a de visu que sa moitié de gueule, sa tête d’ahurie à peine croisée à son retour. Septembre aura apporté son lot de minets aux yeux encore pourpres de larmes, bafoués d’avoir dû quitter leur famille d’amour. Ces déchets-là, ces pleureurs d’En-Dehors, ont leur place toute désignée chez Les Cygnes, sous l’aile cendrée d’un Richter toujours plus bien-pensant.

- Hey, mais c’est Freddy Krueger… - Le surnom est tout trouvé, outrepassant les règles de scout de La Rouge. Lardon ne pourra sans doute que saluer la référence tandis que l’oiseau se faufile, béquille après béquille, jusqu’à la silhouette étendue au sol. Et, bien réel, tapote sa joue de l’extrémité. – Tu nous viens du débarquement de Septembre c’est ça… ?

Un moyen comme un autre d’engager un semblant de conversation. Mais l’autre tremble, grelote comme pris d’épilepsie – aha – et ferme les yeux si fort qu’il aimerait voir ses paupières se déchirer sur un œil brûlé vif. Il faut croire que sa réputation ici-bas le précède. C’est un rien de délice sur le bout des cils, que de se savoir craint d’avance, sans jamais avoir à baisser les yeux, pas même devant les plus éminents des Rats. Ni même devant les bois altiers des Cerfs. Béquilles plantées dans le sol, il entame l’esquisse d’une descente aussi houleuse que douloureuse, réprimant sa grimace comme son juron. Et de sa pupille plus large que l’autre, petit roi de gobelins sur son trône herbeux, se déride d’un sourire presque charmeur mais – n’importe qui vous le dira – annonciateur d’une bien funeste après-midi pour le Lardon. Et l’hirondelle niera furieusement agir de la sorte pour l’avoir vu gambader en bonne pédale obéissance, bras dessus, bras dessous avec un diable.

- On m’a dit que tu cherchais ton walkman… - Tout se sait, tout se devine et tout s’invente. – Je suis à peu près sûr de savoir où il est planqué…

C’est presque trop facile, de précipiter ce crétin bien heureux dans le dortoir des Rats, se faire péter le pif par un Fange mécontent d’être dérangé. Il ne va tout de même pas se salir les mains lui-même…

   
©BBDragon
avatar
Messages : 35
Libre pour rp? : Non
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 25 Oct - 22:05


Rou(x)lette russe

avec Ephélide,
Lardon et Non



L’automne. Ca lui prend le pif avec ses feuilles mortes et sa terre un peu meuble, dans cette odeur pétrichor avec un rien de rosée sur l’herbe coupée fraichement. Ca l’enivre un peu mais pas autant que la clope sur laquelle il tire joyeusement, de sa main désormais libre car enfin, ENFIN, le Sépulcre vient de le relâcher et du plâtre, trois araignées sont tombées – ça l’a fait marrer, de quoi attirer les regards mais Diablo s’en foutait, c’était ça ou criser et au moins il aura quelque chose à raconter pour le prochain coup de téléphone avec la mama et et le reste de la famille.

Aujourd’hui, il a toutes les raisons du monde d’être heureux. L’année scolaire vient de débuter et signe le dernier sprint avant la liberté, si parfaite et si grandiose. Bientôt, il rejoindrait sa vraie maison et bientôt, il n’aurait plus à se concentrer pour répondre à son surnom. Il devait rejoindre Lardon – un ami impeccable qui avait su trouver les mots à feutrer sur son ex plâtre et il lui agiterait son bras sous le nez avant de se lancer dans une parfaite séance de chatouillis. Non débarquerait peut-être en les menaçant de leur rouler dessus pour les calmer et ça serait encore plus impeccable qu’un drap tout juste sorti du sèche-linge.

Les boucles noires s’agitant au vent, la démarche un rien dynamique et la tête relevée, pour une fois, ce fut la surprise qui manqua de lui faire lâcher le filtre. Lardon était bien au rendez-vous, étendu comme une paillasse sur le sol, de quoi lui faire une bonne blague en lui lâchant un tas de feuilles sur la tronche pour le surprendre et rire avec lui. Hélas, plutôt que le feu de quelques plantes c’était la crinière d’Ephélide qui le surplombait.

Et ça, c’était comme trébucher sur de la merde. Ca ne sentait jamais rien de bon.

El Diablo pinça les lèvres, tapota sa cendre au sol en vérifiant qu’aucun Adulte ne soit dans les parages – cette fois, il ne se laisserait pas surprendre par la violence de l’handicapé et même s’il était de nature compréhensible, le latino sera carrément opé pour lui péter son petit nez, qu’il avait d’ailleurs bien charmant.

Mais quoi ? Il n’allait pas lui foncer dessus d’emblée ça ne rimait à rien. Et même si Lardon avait l’air d’un steak pris dans les filets d’un barbecue particulièrement efficace, rien ne méritait, pour l’instant, une attaque préventive en défense.

Aussi fit-il ce qu’il savait faire le mieux : l’appel innocent du Jean-Foutre.

« Hey Lar’ ! Et Ephy ! » Un salut honnête, presque comme s’il retrouvait sa bande.

Sa botte écrasa sa clope, sa main remonta son écharpe sur sa bouche, ne laissant voir que ses yeux bruns, rieurs. Il s’en consumait déjà de plaisir, juste de les voir – et de retrouver les éclats de rousseurs qui n’avaient pas disparu malgré son séjour, ailleurs, en hôpital psy sans doute.

374. Elles étaient encore toutes là, ses tâches. Sur sa bonne vieille gueule de beau gosse.

El Diablo s’effondra aux côtés de Lardons, passa un bras autour de ses épaules pour le ramener à une position plus assise comme pour le soutenir. Et darda son regard dans le bleu intense quoiqu’un peu déluré d’Ephélide.

« Bah alors papi ? Tu traines ? Y’a des nouvelles au pays du Roi Cornu ou l’un des chefs s’est chié dans son froc ? » De l’excitant, assurément. « T’arrives à temps regarde, el finito del platra. Finalmente, este hijo de puta no durará mucho. »





avatar
Messages : 46
Libre pour rp? : oui !
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 28 Oct - 16:31
Je m’ennuie, dans le dortoir des Cygnes. Pourquoi est-ce que je continue à traîner dans le dortoir des Cygnes, d’ailleurs ? J’ai une bande, maintenant. En quelque sorte. Des gens avec qui rester, qui risquent pas de me planter – métaphoriquement ou non – un couteau dans le dos, et qui seraient peut-être même prêts à me défendre en cas de bagarre. Ou, au moins, à me faire rouler loin des embrouilles. Des amis, quoi. Ou des potes. Je suis pas vraiment habituée à avoir d’amis, ni de potes, alors je sais pas trop faire la différence. Heureusement, je crois que Lardon et Diablo sont pas vraiment habitués non plus. Qui se ressemble s’assemble, comme qui dirait. On s’est bien trouvés. J’ai toujours cru que c’était pas mon truc, les amis, qu’il allait falloir que je me rabatte sur d’autres activités comme le macramé ou la fabrication de bombes artisanales. Franchement, j’étais à deux doigts de me désintéresser du concept d’amitié en lui-même – je vous baratine pas. Avec du recul, je crois que ma solitude d’avant était principalement due au fait que j’étais entourée de nazes. C’est une toute autre affaire, maintenant que je côtoie des gens sympa. Des gens cassés et paumés, comme moi, et qui n’essaieront pas à tout prix de me réparer.

Oh, je sais de quoi ça a l’air. Ça y est, j’ai des potes, je vais soudainement me sentir comme un poisson dans l’eau à la Maison et vouloir y rester pour toujours. Mais non, hein, vous en faites pas. Je pense toujours que c’est un trou à rats – c’est le cas de le dire HAHA elle est bien bonne – et que tout ce qui se passe ici est complètement aberrant. Ceci dit, j’admets, c’est plutôt sympa de se sentir appartenir à un groupe. C’est rassurant. Peut-être finalement qu’il y a moins de fous furieux que je le croyais, ici, et plus de bons petits diables.
C’est à se demander ce que je fiche encore dans ce dortoir, au lieu de profiter de l’air encore chaud du dehors avec mes copains. Lardon m’a dit qu’il allait dans la cour. Alors, qu’est-ce que je fous encore là ? Eh ben, j’observe une meuf. C’est un peu glauque, je sais, mais c’est vous qui avez demandé. Et puis c’est pas comme si je l’observais se déshabiller, ou quoi que ce soit du genre. Elle pleure, et moi je la regarde pleurer à la dérobée. Il paraît qu’elle est comme ça, Cassiel, elle chiale tout le temps. Ça me fait de la peine, personnellement. Elle a le regard embué de la demoiselle en détresse, et ça me donne envie de voler à son secours. Mais j’ai du mal à la cerner, Cassiel, et je ne suis pas sûre qu’elle ait si envie que ça qu’on vienne la sauver. C’est difficile, ici, de savoir ce que les autres veulent – quoique c’est difficile ailleurs aussi. Demain, peut-être, j’irais lui parler… En attendant, mater une fille qui pleure, c’est pas très classe.

Je referme le bouquin que je ne me donnais même plus vraiment la peine de faire semblant de lire, et je le range sous mon matelas. Je veux pas que quelqu’un me le pique, parce que je veux vraiment savoir si Frodon et ses amis vont gagner à la fin. Ça craint pas grand-chose, dans le dortoir des Cygnes, mais on sait jamais. Après ça, je lance un dernier regard en coin à l’angelote déchue et je file rejoindre mon Lardon.
Je le trouve sans peine, vautré par terre au soleil histoire sans doute de mieux se dorer la couenne – vous noterez que je suis drôlement marrante, aujourd’hui. Lui, Diablo, et puis un autre mec. Je roule dans leur direction et je les hèle, avec un sourire même pas forcé.

« Eh les gars, vous faites quoi ? »

J’arrive à leur hauteur, et puis je toise celui des trois que je ne connais pas. Je n’ai pas l’occasion de toiser grand-monde, en général, et c’est une expérience plutôt enrichissante. Je devrais côtoyer plus de gens couchés. Ou des gens vraiment très petits.
Enfin bref, je toise le rouquin. Pas très longtemps, parce que la scène doit avoir l’air un peu ridicule vu de l’extérieur. C’est dur, ici, de trouver le bon dosage pour avoir l’air d’une vrai caïd. Il y a trop de concurrence, trop de gens qui jouent mieux que moi le jeu de l’intimidation. Dans mon ancienne école de bourges il suffisait de répondre à un prof pour avoir l’air d’une rebelle, ici il faudrait certainement que j’empoisonne le café d’un éducateur ou quelque chose comme ça. Je ne suis pas désespérée à ce point. Et puis j’ai un crew, maintenant : a priori, j’ai plus besoin de rouler des mécaniques pour qu’un me foute la paix. Mais, en même temps, ça me semble être le moment idéal pour faire un peu la maline. Je croise les bras sur ma poitrine, et jette un bref regard à mes deux compères affalés sur le sol. Au delà du fait que Lardon ne semble pas être au comble de l’extase, je constate que Diablo n’a plus son plâtre – c’est dingue, on ne me tient jamais au courant de rien.

« C’est qui, lui ? »

Mon ton n’est pas vraiment agressif, un brin dédaigneux peut-être. Parce que j’ai beau ne jamais avoir eu directement affaire à lui, je me doute bien de qui il est. Beau gosse en béquilles, la tronche couverte de taches de rousseur : Ephélide. Le type qui a pété le bras de Diablo, et qui fiche une peur bleue à Lardon. J’en ai entendu parler, et pas qu’en bien - très peu en bien, en fait. Autant vous dire qu’avant même de le croiser pour la première fois, j’avais un mauvais a priori sur lui. C’est ce genre de personne qui se croit autorisé à traiter les autres n’importe comment sous prétexte qu’il a eu une vie difficile. C’est bon mec, t’es pas spécial, tout le monde ici en chie des pointes. Enfin, bref, c’est ce genre de personne. Il me semble. Je peux me tromper, cela dit, vu que je le connais pas du tout. Il a pété le bras de Diablo, en tout cas, et rien que pour ça j’ai envie de lui montrer qu’il n’est pas en position de supériorité. D’accord, on est pas très costauds et pas spécialement bagarreurs, mais on a le nombre pour nous.

Spoiler:
 



Spoiler:
 

merci Quenotte pour cet avatar du swag
avatar
Messages : 43
Libre pour rp? : Oui.
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 3 Nov - 0:04

Malaise. Mayday mayday ou m'aidez m'aidez comme disaient les français. Barthel-Lardon, pardon, se mit à trembler, terrassé de petits spasmes couards au milieu des battements affolés de son coeur en papier cartonné. Et quand l'autre le rebaptisa Freddy (Krueger et pas Mercury, ô désespoir), et quand l'autre le toucha du bout de sa béquille, Lardon fut paralysé et son esprit aussi. Page blanche, tout fut stoppé. Lapin pris dans les phares d'une voiture ou bien Atlas pétrifié par le regard mort de Méduse. Plus Lapin qu'Atlas d'ailleurs car il n'avait rien du titan sinon peut-être la grande taille. Et c'était vrai quelque part que ce roux cruel avait des airs de gorgone avec ses yeux trop clairs, son sourire carnassier, ses milles et une - façon de parler, il ne les a pas comptées, tâches de rousseur comme des petites écailles sur son nez bien droit comme il faut, signe distinctif des jolies statues grecques. Ne lui manquaient plus que quelques sonnettes et langues fourchues suspendues à ses boucles folles et on l'aurait appelé Éphélide Euryale - ou Sthéno, mais pas Méduse car Méduse est mortelle. Cobra royal, la rumeur disait vrai : il avait le venin des reptiles et l'allure foudroyante du vilain Don Juan. Une beauté fatale en somme. Et Lardon lui était par terre, soupe à la grimace et les yeux aussi embrumés que son cerveau en train de redémarrer comme un vieil ordinateur à qui on en a trop demandé. C'était que ce pauvre bougre d'adolescent ne pouvait retenir d'exprimer physiquement sa désapprobation quant à ce foutu surnom. Freddy Kruger pourvu que ça ne reste pas.
Walkman ? Vous avez dit walkman ? Et là, finit la bruine dans les iris goût châtaignes caramel du Cygne car naquit une étoile, une grande lueur d'espoir.

▬ Ah ? Ah ! Ah bon ? Bredouilla-t-il en regardant les pompes du rouquin, par crainte que celui-ci ne le change en pierre d'un coup d'oeil. Dans la Maison on était jamais trop prudent. Mais pas assez quand on parlait du sacré saint walkman, celui qui lui permettrait enfin de repasser en boucle s'il le désirait We can be heroes de David Bowie. Car la symphonie rutilante de Kazoo ça allait bien deux minutes quoi. S'il avait été brave ou tout simplement pas socialement handicapé, il aurait sans doute enchainé par un « Et alors il est où ? Tu me le dis ? ». Mais Lardon n'ajouta rien, bêta qu'il était.

Heureusement que dans tous ses malheurs, Lardon était pas trop mal accompagné car de nulle part surgit son meilleur ami, que dis-je, sa lubie, son idylle - comment ça il s'emballe ? Non c'est juste son coeur qui bat la chamade, son Diablo. Dans la tête de Lardon on se croira dans un vieux drama car à ce moment-là c'est limite s'il n'y avait pas des feux d'artifices et des applaudissements quand apparut son chevalier blanc (quoique plutôt hispanique en vrai). Et quand il sentit son bras passer autour de lui et le redresser, le presque étranger à La Maison sut que ça allait bien se passer. Même qu'il se sentit presque pousser des ailes quand le Loir se mit à narguer le Rat en espagnol. Il ne comprenait pas cette si jolie langue mais pas besoin d'être bilingue pour deviner ce que son pote racontait. Étrange comme certains mots se ressemblaient dans toutes les langues. Puta par exemple.

▬ Oh Diablo ! Ton bras, trop cool ! Tu as pu garder le plâtre ? Réalisa-t-il enfin en saisissant ledit bras en question. C'était qu'il lui avait gribouillé de jolis moutons en hommage à Abel et même une guitare pour pas qu'il perde la main (façon de parler). De mémoire, il lui semblait que Non aussi avait rajouté quelques oeuvres d'art à moins qu'il n'ait rêvé. Tiens quand on parle de la bête, voilà qu'elle déboule à grands renforts de cris, cavaleries sur roulettes, chevalier numéro 2 sur son joli destrier de métal. Et le sourire que Lardon tira lui alla presque d'une oreille à l'autre tant il était grand. C'est ainsi que le réconfort devint bravoure.

▬ Coucou Non. Trop content d'être réuni à sa bande, la bravoure mua en hardiesse quand il fit les présentations en désignant du doigt chacun des adolescents : Éphélide, Non. Non, Éphélide. Salutations pour la forme. Il aimerait bien pouvoir appeler Non par son vrai prénom mais il l'a oublié. Il l'a entendu une fois à son arrivée et n'a jamais osé lui demander car il fallait bien se plier aux règles de La Maison. Sans doute la questionnera-t-il un soir dans les dortoirs dans leur futur forteresse de draps et d'édredons quand les cygnes assoupis ne leur auront pas interdit la construction de leur palais d'oreillers : Et moi c'est... Il grimaça : La... Lardon. C'était toujours mieux que Freddy Krueger.

Et du coup tant qu'on y était, tant qu'on se sentait presque invincible entouré des siens, Lardon dévisagea enfin ce joli félin rouge pourvu de béquilles en guise de pattes arrière (ou avant au choix). Il ouvrit la bouche et la referma aussitôt en réalisant que si lui-même avait des airs de Freddy Krueger, le type en face de lui aurait pu être un croisement de Ken et Chucky avec son teint de poupée maculée, ses foutus yeux bleus et sa superbe rousseur. Foutu film.

▬ Wa-walkman ? Fut tout ce qu'il put prononcer. Le courage s'était déjà envolé bien loin dans le ciel quand il avait osé défier des yeux le grand méchant roux.
avatar
Messages : 17
Libre pour rp? : 0/0
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 3 Nov - 10:19

 
Rou(x)lette Russe
Nothing here to see just a kid like me

 
Piètre saltimbanque au pays des Je-M’enfoutistes, il a le regard vague et triture consciencieusement des doigts – longues chenilles osseuses – les trous savamment crevée dans son jean, à la jointure de ses genoux. Et plus il y pense, plus y s’y concentre, plus ça le gêne, cette peau dévoilée, ce bout de chair à la vue de tous. Et même s’il n’y a plus rien pour le marquer, pour attester des galaxies d’un titan céleste a jeté à son corps, ça le rend malade, d’être un peu nu, un peu visible, un peu vulnérable. D’un geste réflexe, il tiraille les manches de son pull, comme s’il pouvait être plus couvert, plus dissimulé qu’il ne l’est déjà.

Ça le picote au bout des phalanges, le bout des poings, quand l’autre voix grince et rebondit à chaque recoin de son crâne comme un souvenir moqueur. Lorsqu’il se pointe comme Minuit dans son lit le matin – putain Quenotte t’as pas idée d’appeler ton chat comme le larbin de service – et qu’il s’éveille, la gorge nouée et le nez au bout de l’implosion, la sale bestiole couchée sur son ventre. « C’est parce qu’il sait que tu ne l’aime pas » qu’elle dit avec un éclat de sourire au bord des lèvres, comme une pointe de rasoir maladroitement dissimulée. Ça parle mais il n’écoute pas, n’écoute plus, nimbé dans ses restes de souvenirs déchiquetés par les chocs électriques. Ça se voudrait à le provoquer, à deviser l’air de rien en sa compagnie mais s’il le toise, le suit des yeux comme ce jour-là, dans l’attente d’une faiblesse, d’un instant de fatigue, sa prunelle brille à d’autres horizons. Ils sont des ces jours qu’il ferait mieux de passer sous sa couette. Des jours à catastrophe annoncés qu’il devrait voir venir, qu’il devrait sentir à quinze putains de kilomètres, comme une chute au milieu du réfectoire, qui fait rire les autres mais pas lui.

Et à en cuir un peu plus la gueule de Freddy, le diable de Soleil se pointe et l’aveugle. Encore une fois. Comme à chaque fois.

Jusqu’au jour où cela lui sera trop insupportable.

Et est-ce qu’il a pensé à lui ? Dans sa camisole et sanglé à sa table ? A hurler dans ses draps et ramper comme un ver sur le carrelage ? Assurément. Et, en parle de cruauté sur le bout de la langue, voudrait bien lui dire, à ce morveux bienheureux, que c’est les gens comme lui, lui et son pote, toutes les pédales du monde, qu’on envoie se faire électrifier le museau dans les asiles de nos jours. Et qu’après ça le monde n’en est que plus labyrinthe, se tordant en déliés de mémoires hasardeux qui n’appartiennent plus à personne.

Il est au bord du gouffre quand la fille se pointe, camarade roulante dont il se souvient à peine du visage. Et que l’autre steak grillé lui présente comme un cuiseur de télé-achat à la con, démonstration d’usage pour définir les rôles. Lui jette son dévolu d’une main dans sa veste à un flacon d’où il extirpe à la force de l’habitude trois pilules pâles.

Jamais moins, parfois plus. Il n’est pas né l’hôpital merdique qui pourra le sevrer de l’unique chose qui lui permet d’oublier son mal. Peut-être bien qu’il en crèvera. Peut-être bien qu’il finira par tant s’y habituer qu’il n’y verra plus de différence. L’un comme l’autre, cela n’a aucune importance. De l’autre main, c’est une bouteille d’un vert hasardeux qu’il sort, clapotant d’un liquide tout aussi louche ramener par sa princesse des Cerfs. Calmants et alcool, le mélange a au moins le mérite de lui délasser les nerfs. Et s’il ingurgite le mélange sans ciller et s’étire, c’est pour mieux offrir un semblant de sourire à la demoiselle au patronyme peu conventionnel – même pour ici – et souffler avec l’aisance de ceux qui ne craignent ni le ridicule, ni les gifles.

- Eh bien cela en fera au moins une qui n’est pas trop désagréable à regarder dans le lot, ça change. – Et puisqu’il y est, s’empare de ses cartes pour s’empresser de les trier et recouper nerveusement. C’est beaucoup plus facile quand la raison de son internement n’est pas dans les parages, à le narguer de son bras neuf. Et puisqu’on en parle. – Tu m’en vois ravi Diablo, par chance, j’ai déménagé de dortoir avant que tu ne puisses te remettre à la guitare, la vie est bien faite non… ?

Non.

Et ce faisant c’est d’un réflexe tout à fait naturel qu’il se rapproche de la fille. C’est qu’il a une réputation à tenir, tout en étant passablement persuadé que celle-ci n’ira pas le faire chier à glousser et s’agripper comme les autres.

- Ah oui, ton walkman. De ce que j’en dis, Fange s’en est fait offrir un par sa sœur. Tu devrais peut-être aller lui demander si ce n’est pas le tien, j’imagine qu’il te le rendra si c’est le cas.

Et pourquoi pas lui demander de sauter d’un précipice tant qu’à faire. Mais il n’est pas là depuis suffisamment longtemps pour savoir que ce bidule désossé suit le chef des Rats depuis son premier anniversaire dans La Maison. La fille non plus, et puisque Diablo veut jouer à se foutre des règles de La Rouge, se penser supérieur et plus civilisé dans l’espoir de retrouver sa petite maman, il espère bien ne pas le voir baver, au risque de se retrouver avec le bras tatoué d’un motif qui ne sera pas dessiné au feutre.


 
©BBDragon
avatar
Messages : 35
Libre pour rp? : Non
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 5 Nov - 21:14


Rou(x)lette russe

avec Ephélide,
Lardon et Non



Le bruit des roues sur l’herbe morte attire aussitôt son attention, et laissant son bégayant ami demander des explications fiévreuses à Ephélide au sujet du Walk-man, Diablo lève une main amicale en direction de Non, son sourire toujours cousu main sur sa tête de basané. Il règne autour de lui une implacable bonne humeur que rien aujourd’hui ne viendra foutre en l’air, ni les manigances du rouquin qui cherche sans doute une fois encore à causer un énorme merdier, ni la crédulité de Lardon qui est, il l’avoue, pas mal mignon ainsi embarrassé.

« On traine Non ! Tu veux une clope ? Je viens d’écraser la mienne mais on peut s’en relancer une, ici personne viendra balancer. » Pas un des gamins déjà adepte de la binouze des grands soirs des Loirs d’ailleurs. Encore moins un adulte soupirant de lassitude de voir son autorité bafouée. Déjà Diablo sort le paquet tanné de sa poche, heureux de ne pas s’être fait extorquer par une de ces sales petites brutes des Rats – si Ephy ne s’en mêle évidemment pas. Mais il y a un mot d’ordre que Fange fait respecter : la clope, c’est dehors. A croire qu’il y a quelque chose dans la nicotine qui l’effraye, le vilain chat. Mais Diablo se gardera bien d’aller lui rire au nez.

A ce sujet d’ailleurs.

« Ephelide était aussi entrain de balancer Lardon au milieu de sa petite bande de cafards. Quenotte n’est pas une voleuse. Le walk-man, à coup sûr qu’elle l’a chopé au dernier marché. Et celui de Fange a des têtes de morts collées dessus. J’imagine mal le tiens bariolé de manière aussi punk, je me trompe ? »

La lueur du briquet illumine ses yeux bruns comme les bûches entassées d’un quelconque feu de cheminée. Et inspirant la fumée, Diablo affiche son savoir-faire et ses connaissances sans crainte aucune de celui qui devrait pourtant se présenter comme l’adversaire.

Ephi fait peine à voir, ainsi installé avec ses cartes battantes, se rapprochant de Non comme pour se donner un genre. A croire qu’il est sans amis.

« J’ai pas pu garder le plâtre, ils l’ont balancé trop vite et il était en morceaux - Lo siento Lardon. » Et ébouriffant la crinière de son copain, ajoute sous une idée soudain lumineuse. « En parlant de guitare, et malgré la critique d’Ephy… Ma mère m’a filé une nouvelle gratte… tu pourrais peut-être dessiner dessus t’en dis quoi ? Os me l’a ramené avant-hier. Elle est juste impeccable. Et avec tes croquis ça sera encore mieux, j’ai adoré tes moutons. »

Tête renversée en arrière, son attention retourne aussitôt à la seule présence véritablement féminine de ce quatuor rocambolesque.

« Et toi Non tu foutais quoi ? T’avais un rendez-vous galant ? Tu veux en parler ? Allez, crache le morceau ! »






Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» bonne fete revolution russe
» Equipement artillerie Russe
» Une institutrice russe "scotchait" ses élèves...
» (m) Alexander Androkovey - Robert Downey Jr - Avocat Russe
» Montagne russe ♣ Event 002

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: