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El Diablo ʘ Future Starts Slow
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Mer 4 Oct - 19:22


ft. Nico Di Angelo – Fanarts divers

fiche médicale
Sous les Briques

Elliot, j’arrive.


nom : El Diablo.

Ou tout simplement Diablo. La maladie du diable, sans doute un catho qui a du lui refiler ce surnom à l’une de ses crises. Elles ne sont pourtant pas très fréquentes, ses possessions. Ses tremblements en secousses sismiques qui le laissent comateux, en chocs électriques, le cerveau essayant de survivre, pataugeant dans son raz-de-marée d’informations divers comme de fluides. El Diablo, autant pour les comics qu’il se traine que pour son affreuse maladie. El Diablo, pour ses vêtements noirs qu’on penserait gothique et ses yeux sombres toujours tournés vers la fenêtre.

Attends moi maman, je reviendrai vite.

âge : 17 ans

âge d'arrivée : 12 ans

origines : Latino-américain

groupe : Loirs

rang : Happy meal

rôle : Guitariste animateur de soirées tristes

affiliation avec l'envers : Tombant

raison de l'admission : Epilepsies symptomatiques avec crises convulsives et pertes de conscience, cas généralisé, sous médicamentation bien que la posologie actuelle ait démontré une certaine inefficacité chez Miguel Brasco. La stimulation électrique pourrait lui être d’une grande aide.
Comment votre personnage perçoit-il La Maison, son folklore et ses traditions ? —

L’imitié des premiers temps a laissé place à une indifférence presque nonchalante, voire à une sympathie non dénuée d’un reste de pitié à l’égard de ces tournoiements écarlates qui les agitent, eux, presque tous. Ils sont semblables dans la ferveur qu’ils portent à cette Maison mais Miguel a souffert autant de ses morsures que de sa maladie. C’est ainsi, d’être victime du racisme des gens. C’est ainsi, de se retrouver coincé ici sans le vouloir. C’est ainsi, d’essayer de faire partie de ce monde tout en s’accrochant aux cordes d’une réalité plus normale. Et elle n’aime pas ça, la Rouge. Elle n’aime ni coups de fil du vendredi soir, ni l’intérêt qu’il porte à son nom. Et lui barre les jours d’un calendrier secret, en se disant, quand même, qu’il lui tarde d’avoir 18 ans.

Alors il étudie, révise son anglais. Il propose même son aide aux gars de la cantoche, essaye d’avoir trois sous de côté. Il prends ses médicaments, parfois même avec le sourire. Il trouve de quoi s’occuper. Il accroche aux murs qui entourent son lit des photos de toute sa famille – la tante Margarita, sa mère Lucinda, les deux jumelles, Stefa et Lopé, le cousin Pablo, l’oncle Tony, la nouvelle chevrolet de Ricar et Alfonso. Tous ces sourires et cette vie qui l’attends, loin des pouces coupés, de l’Envers dans lequel il est toujours si tragiquement normal.

Puis son corps convulse et c’est l’impatience qui crise. Crise de larmes d’être toujours malade.

Comment perçoit-il L’Envers ? —

Vous savez cette impression détestable, quand vous descendez un peu trop vite les marches d’un escalier et que votre pied glisse avant que votre main n’ait pu vous rattraper. Cet espèce de looping interne, de frayeur comme d’adrénaline. C’est comme ça avec lui. Qu’importe où il tombe, qu’importe qui l’entraîne, c’est toujours désagréable. C’est toujours pesant et vomitif. Ce n’est jamais le rêve promis. Jamais une féerie.

Quel est son avis sur les adultes/enfants ? —

La plupart des Loirs sont cools et il ne remerciera jamais assez Sables d’avoir posé son véto quand il a débarqué ici, en 1987. Les cygnes sont plutôt pédants mais une fois ce truc snob mis de côté, sont pas plus désagréables que les autres. Les rats sont virulents, faut jamais trop les chercher. Les cerfs sont sympas, dans l’ensemble, même la petite blanche avec son air pincé qui semble prendre des notes tout le temps et a les yeux qui font des vagues quand personne la regarde. Raspoutine est un bon gars, vraiment mastoc, c’est plutôt marrant de faire semblant de jouer à la bagarre dans les couloirs avec ses poings qui font presque la taille de sa tête. Le Sépulcre a mauvaise réputation mais si les docs étaient pas là, il serait pas mal foutu alors, disons, un mal nécessaire ? Les adultes sont négligeant, pour la plupart assez barrés mais ce sont des éducateurs et histoire de pas avoir d’emmerdes, autant les respecter.

Et puis. Puis y’a lui. Avec ses tâches de rousseur et son chiendent de vie. Avec ses béquilles en forme de canne, cet espèce de flamand roux. Son air bellâtre et furieux. Ses coups. Ses douleurs. Ses injures. Son racisme. Ses moqueries. Son tout quoi. Son tout qui lui fait dire qu’il ne se foutra jamais assez dans la merde, qu’il a comme une espèce de karma, qu’il devait être bourreau dans une autre vie. Pas croyable de morfler autant et de continuer de crever de sentiments pour ce connard.

Pas croyable quand même. Et assez pesant.
Pensées en l'air



Grand fan de Mickael Jackson – A aussi un crush sur Cindy Lauper que sa mère adore – Surkiffe les frites – supporte mal l’épicé – pourrait regarder dix fois de suite Retour vers le Futur – Considère d’ailleurs le dernier comme le meilleur de la trilogie – Chante l’hymne national en rotant – exagérément réservé quand ce n’est pas « sa période » - Lardon est son meilleur ami ici – Bisexuel – S’énerve en espagnol – Ne supporte pas les clichés sur ses origines latines – Sa mère lui manque – A l’habitude de chanter Take On Me sous la douche – Tend à rester le plus normal possible – Guitariste – Voudrait posséder un caméscope – Dit c’est toi qui a volé le walkman de mon pote ? – Préfère ses boucles brunes à son sourire – Crushe sur Ephélide – même si ce dernier lui a cassé le bras – A d’ailleurs porté un plâtre jusqu’à la rentrée – Sent le chien mouillé les jours de pluie – Très gourmand en sucreries – Déteste avoir les chaussettes trempées – Ne doit sa place chez les Loirs que grâce à Sables qui l’a recruté parce qu’il « lui rappelait le caramel » - Lit souvent des Comics – Team Marvel – Grand amateur de nanars divers et de films d’horreur à petit budget – Chante étonnement bien – Est particulièrement doué avec les scoubidous – Dragueur un rien profem mais toujours honnête avec les femmes – Intellectuel.

Fragment d'Âme


Ceux qui ne croient plus en la naïveté dans les cœurs d’enfants n’ont manifestement jamais croisé le regard – charbon liquide – d’El Diablo.

Du Malin il n’a que le nom et vous assommera d’un sourire tendre, de paroles rassurantes, si par mégarde vous croisez la route de l’énergumène. Aucun ventre maternel ne peut prétendre avoir enfanté pire benêt, imbécile heureux et idéaliste que ce couillon là, avec sa mine de labrador en rut et son museau qu’il fourre absolument partout. C’est un cabot à euthanasier. Il lui faudrait une niche, une laisse et une courroie, pour l’empêcher de renifler tous les culs de cette baraque. A croire qu’il se complaît à aimer les deux genres pour avoir plus de choix cet enfoiré. Sacré collectionneur, j’en suis presque jaloux, de le savoir amateur de chair tendre quand la sienne lui colle aux os, chiche de gras comme de taille.

Il a la nuance des caramels salé et peut-être bien qu’il en a aussi le goût. Je ne m’aventurerais pas sur ce terrain, demandez donc à sa cohorte de pédales ce qu’il fleurait bon quand il a baissé son futal. Tu parles d’un gosse. Fouille merde en devenir, le nez plongé dans ses bouquins et ses bandes-dessinés. Quand il ne parle pas il gratte, fait vibrer la corde comme personne. C’est bien le seul talent que je lui reconnais. C’est les notes du démon qui s’échappent de ses doigts, lorsqu’il fait gémir l’instrument et son Nom a tout à coup un sens plus profond encore. Endiablé, même. Un truc à vous faire vibrer les sens et les émotions qui lui ont fait une place toute tracée chez les Loirs. Il a le rire dans l’œil qu’aucune crevasse de cernes ne pourrait faire taire. C’est agaçant, la joie qu’il a au coin des lèvres, comme un reste de baiser oublié là. C’est agaçant, son rire qui fait comme des éclats d’aurores aux oreilles, la douceur de miel, qu’il place dans ses mots, dont il couve ses amis, ses semblables. L’aisance avec laquelle il se coule sous les regards. Lui-même et fier de l’être, dans sa maladresse et ses incohérences. De sa dégaine moulée de jeans grisâtre et de t-shirt plaqués de crânes. Dans ses boucles folles et sa tronche, sa putain de tronche impossible.

Plus que beau diable, il est profondément – désespérément - humain.

C’est terrifiant.

Sous un déluge de poings il geint et je me plais en secret à l’imaginer faiblir de tout autres cris – un peu sale, je sais – quand je lui désacralise sa face d’angelot d’un coup de phalanges osseuses. Et il ne lui serait pas impossible de m’abattre – courtaud mais plus massif – de me tordre comme un monstre avant lui, s’il était seulement conscient d’en avoir le pouvoir.

Mais c’est une tête de con, Diablo. Un imbécile heureux aux rêves irréalistes. C’est ce qui rend l’acte plus jouissif encore. De le briser à l’image de ce qu’on a fait de moi.

Le Début du Conte


Ca fait, bleu rouge bleu rouge bleu rouge, sur les façades étoilées des baraques qui s’alignent, avec leur toit un peu guingois mais les tuiles toujours bien alignées, leur pelouse un peu sèche, les vélos dans les allées, le crépi qui se barre en couille et ce portail en fer qui ferme tellement mal qu’on a du lui rajouter une chaîne et un cadenas. C’est une petite bicoque qui pourrait contenir un couple et deux enfants sans trop de peine mais quand ils poussent la porte, Josh en premier, il compte peut-être sept ou huit paires d’yeux effrayés. La plupart sont des gosses, déjà chassés par les matrones qui les encerclent et Josh a ce réflexe, ce vieux geste débile de porter la main à la ceinture comme pour y trouver une arme alors qu’ils ne sont pas policiers. Juste des ambulanciers.

Ils ont juste le droit à une matraque et c’est pas vraiment officiel, c’est plutôt une prévention car dans ces quartiers chauds qui ressemblent à des favelas, c’est toujours mieux de faire comprendre à celui qu’on vient aider qu’on mangera pas les coups gratuitements, qu’on sera prêt à les lui rendre pour gagner le respect. Hélas, les lumières dehors vrillent toujours, mais en silence, et la foule va venir. La foule qui flaire le flic, la foule qui se méfie et les gosses qui veulent leur part du défi. Alors peut-être que ça créera des emmerdes, peut-être bien que ce soir sera une énième nuit éreintante.

Puis les témoins, la famille, se met à parler toute en même temps, comme une voix prenant de multiples visages et Antonio lève les mains, assène un simple « Stop ! » Pour essayer de les tempérer.

En vain, ils sont trop paniqués. Et la mémé dans sa cuisine est déjà entrain de prier.

« Lucinda Brasco ? » Qu’il demande aux femmes mais plutôt qu’un geste dénégatif, ce sont huit mains qui se tendent en haut des escaliers.
« Quelle merde… »
« Ils parlent anglais, commence pas Josh. »
« Bon, il est où le gosse ? »
« Sans doute avec sa mère, montons. »

Il est 23h passées et cela fait à peine une demi-heure qu’ils ont reçu le coup de fil – ils étaient l’UPP, l’unité la plus proche, mais par ici les excès de vitesse ne sont pas très conseillés. On laisse trainer, presque à oublier. Antonio n’aime pas ça mais c’est Josh qui conduit. Et Josh est blanc. Pas lui.

Il y avait une voix de femme au téléphone, leur a répété la radio et Christine – oui ça devait être Christine, la petite jeune qui à 30 piges à peine donnait du fil à retordre aux mecs qui essayaient de la choper, joli petit lot – leur avait filé l’adresse, 322bis Elmeet Street – en donnant le résumé à peine traduit de ce que la mère avait réussi à faire passer.

En sommes, ils avaient trop rien compris mais ils étaient là, avec leur uniforme, suivi par le reste de la maisonnée comme à former une espèce de procession.

« Ca pleure à gauche. »
« Entre. »

Un coup sur la porte pour s’annoncer, et déjà c’est lui qui prend le relais – Josh joue les matadors de l’ignorance, évitant le regard de la mère comme un taureau prêt à charger.

« Lucinda Brasco ? »
« Si. » Qu’elle souffle. Elle est brune, belle, même avec ses cheveux en vracs et sa robe mal enfilée. Une main sur sa cuisse, l’autre sur le torse de son garçon. Il doit avoir quoi, 11, 12 ans. Il est sur le dos – ça c’est mauvais. Mais il n’ira pas jusqu’à lui expliquer la nécessité d’une position fœtale. Ca serait déplacé.
« Expliquez-moi. »

Alors elle explique, dans un espagnol mâtiné d’anglais. Et lui remonte le fil de cette drôle de canne à pêche qu’est l’existence, chassant la pathologie. Il faisait son lit, chahutait avec ses cousins, il venait de se brosser les dents, puis il est tombé, et il s’est mis à danser sur le sol au point que le petit, Milo, s’est pissé dessus de peur et que l’autre l’a soulevé, son frère, de peur que la chose qui électrocutait son cousin ne lui passe aussi.

Ah, et il s’appelle Miguel.

Miguel qui respire, mal, et saigne de la bouche.

« Crise épileptique. »
« T’es sûr ? »
« Mon neveu, Brian, il a eu ça l’an-dernier. »
« Tu sais que y’en a qui disent que c’est à cause des vaccins ? »

C’est ça Josh, rajoutes-en une couche, t’es bien aimable. Donne lui ça à mordre, à la mère paniquée. Culpabilise la peut-être un peu, d’avoir pris sur la sécurité sociale de son travail – si elle en a un – ou sur ses économies pour lui filer de quoi se protéger. Essaye de lui dire, tant qu’à faire, qu’elle aurait pu mieux l’aider. Remarquer ses absences, ses spasmes, ses hallucinations peut-être ou ses migraines, qu’elle aurait du en faire une liste et l’apporter chez son généraliste. Puis en parfaite américaine, elle aurait conduit son fils à l’hôpital dans sa nouvelle Bentley. Aurait attendu dans la salle d’attente le résultat de l’ECG puis la main sur le cœur, s’affolant face au diagnostic, serait tout simplement repartie avec son fils, son traitement, et un suivi régulier tout ça payé par notre bon pays du moment que vous aviez un salaire et que sur ce salaire, vous puissiez donner les taxes suffisantes pour être considéré comme un humain à part entière, un membre éminent de ce système capitaliste qui broyait les autres comme des grains à moudre.

Mais Antonio n’allait pas lui dire ça. Il n’allait pas lui parler de la pauvreté et des sacrifices. Des bourses d’études qu’on s’escrimait à gagner. Du fait que sa mère avait encadré son diplôme au-dessus de la cheminée et que ce cadre demeurerait seulement le seul. Qu’il était plus qu’une fierté mais un espoir. Qu’il avait prié pour ne pas leur coûter pendant ses études même s’ils se saignaient aux quatre veines et qu’aujourd’hui, une fois ce métier arraché et non pas donné, il pouvait enfin les rembourser, pour que sa mère puisse faire réparer sa voiture et cesse de répondre au racket des gamins de la ville pour avoir une brique de lait, trop vieille maintenant pour faire 10 bornes à pieds dans un magasin décent où le vigile ne la suivrait pas comme une voleuse de 63 ans.

Il n’allait pas lui parler des épellations assommantes de son nom de famille. Des regards, des préjugés, de l’humour oppressif, de sa couleur de peau et de tout ce que ça évoquait, des crachats reçus, de cette impression de ne pas être un bon américain.

A la place il prit un stéthoscope, mit Miguel en position fœtale en surveillant son pouls. Nettoya sa bouche, s’assura qu’il ne s’était pas coupé trop profondément à la langue au point d’en avaler un morceau, expliqua à sa mère qu’il devait aller à l’hôpital et répondit à son « Mais qu’est ce qu’il a ?! » Un simple « Je n’en suis pas sûr. »

Parce qu’il n’avait pas pu être médecin, que la vie, c’était ainsi parfois. Mais qu’il valait mieux conduire une ambulance en sachant un minimum de soins que des stock-cars dans des fiestas organisées par des dealers et des paumés.

Que les sacrifices, c’était leur quotidien.
Et que ce n’était que le début des emmerdes pour les Brasco.




Puisqu’elle travaillait, elle put payer mais le regard qu’ils posèrent sur elle, en lui décrivant posément tout le processeur thérapeutique de son fils, son fils unique, sa moitié de cœur, son petit souffle d’air pur, sa frite, son churos, son amour de rejeton, son bébé, fut suffisant pour lui mettre la puce à l’oreille. Déclencher chez elle un reste de méfiance parce que ici, chez les blancs, on n’était jamais à l’abri. La suite vint lui prouver qu’elle avait raison.

Ils appelèrent les services sociaux. Qui s’en allèrent faire leur tournée à Elmeet Street. Quand ils conclurent, ces savants endimanchés qui n’avaient sans doute pas eu besoin d’avoir deux boulots pour payer des couches à leurs gosses, qu’elle ne disposait ni des ressources ni de l’espace nécessaire pour assurer à Miguel les bons soins nécessaires à son rétablissement, elle leur envoya une poêle à la figure.

Quatre jours de prison plus tard, le verdict était fait.

Et son petit, son museau, son petit bambin, celui qu’elle avait vu pointer son nez au pire et au plus sublime moment de sa vie, celui qu’elle avait tenu contre son sein pendant plus d’un an en se félicitant d’avoir foutu à la porte l’autre moitié responsable de ce miracle aux boucles noirs, celui qu’elle avait vu marcher et se casser sa première dent le même jour d’ailleurs, celui qui lui rapportait des bonnes notes et un espoir qu’il ne finirait pas vendeur de frites ou de choses tombées des camions de ses cousins, celui qui était toujours poli, souriant, aimable, affable, calme, qui regardait les filles avec un brin d’appréhension, qui était chatouilleux sous l’oreille, qui pouvait chanter l’hymne américain en rotant, celui qui repassait ses caleçons lui-même, celui qui n’avait jamais fait un seul caprice, qui détestait le goût de la banane, qui lui préparait toujours son petit déjeuner le dimanche et qui faisait toujours ses prières, celui-ci même qu’elle n’avait jamais pu trop aimer, parce que son cœur pour lui était une drôle de montgolfière, lui fut brutalement arraché.

On le plaça dans une maison et on lui dit « C’est mieux ainsi. »

Elle leur envoya son sac à main dans la figure et fut interpellée pour trouble à l’ordre public.

Cela ne les empêcha pas de lui enlever. Cela ne l’empêcha pas d’essayer de le retrouver.

Mais comme elle devait bosser, comme elle devait l’aimer, et comme il lui avait promis son retour, alors elle se contenta de l’appeler tous les vendredi soirs.

Tous les vendredi soirs, sans exception. Même le soir de noël. Menaçant quiconque oserait l’empêcher d’entendre sa voix. Constatant ses années passées par de simples photos et des visites éphémères parce que chez eux, chez les émigrés à la carte verte, chez cette génération désoeuvrée qui se faisait mal regarder, mal traiter, mal parler, les congés ça n’existait pas.

Il devint beau. Il devint grand. Il était toujours malade.

Mais il reviendrait. Il reviendrait et alors cela serait comme avant, avec les rires et les discussions et les grands repas de famille et les chatouillis derrière l’oreille et les baisers sous la couette et les jours pluvieux passés à sauter dans les flaques et les mots longilignes d’espagnol et d’amour

Maman sera toujours avec toi Miguel. Maman ne t’abandonnera jamais.
Jamais jamais jamais.




Seulement, les promesses, ça ne rend pas moins les heures insupportables. Et tout en raccrochant le combiné, tout en se disant qu’il aurait peut-être du fuguer, qu’il était maintenant trop tard à y penser, à un an seulement de la délivrance, Miguel tourna ses pas vers le refectoire. Il croisa Sables, qui n’était plus son "chef", le gratifia d’une frappe toute fraternelle sur son épaule osseuse, dans un silence pincé des contrariés. Sables releva les yeux pour lui sourire, mais même ce rayon de soleil ne parvint pas à le dérider.

Ce soir, rien n’aurait pu.

La grande cousine Arabeth avait finalement profité de ses études pour se barrer loin d’ici. Les jumeaux avaient attrapé le rhume – encore. Le cousin Fernando s’était cassé le bras en tombant de la toiture d’un connard de blanc qui l’avait viré le soir-même pour embaucher un gars du même quartier, Tony – et Tony avait promis de desceller une tuile, pour le principe. Pour l’honneur. Le grand-père Loro avait encore le cœur fragile et la grand-mère de l’oncle Charlie avait fini par décéder de son cancer, le mardi d’avant. On lui léguait une vieille épave mais Charlie était content. La caisse avait appartenu à son père.

Tous ces instants de vie lui apparurent comme des étoiles trop éloignées. Et confinant à son surnom, franchissant le seuil de la cantoche avec une mine terrassée, il évita Palmeraie, son ex avec ses cheveux toujours dressés sur la tête, ainsi que Frisson, un type qu’il avait pourtant prévu de galocher avec son consentement, histoire de se passer les idées dans des débauches moins toxiques que les clopes sur lesquelles il tirait allègrement. Il prie une pomme, une part de purée, offrit son clin d’œil à Tempête, fit un signe à Ours installé à la table des professeurs – un type vachement sympa. Puis s’installa près de la porte comme pour mieux fuir. Avant de compter ses médicaments.

3 le matin et 5 le soirs. Le bleu lui donnait une chiasse terrible mais bon, c’était le rituel. Plus tard il irait écouter un peu de rap. Il réaccorderait même sa guitare, si l’envie lui prenait. Ferait en sorte de sortir de son trou dans lequel l’adolescence tendait à l’enfermer.

La porte se poussa sur la silhouette d’Ephélide. D’instinct il se crispa. Et attentif à lui, fut le premier à le voir tomber.

La suite. Vous la connaissez.





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Mer 4 Oct - 19:42
17 ans ??? Amateur de Cindy Lauper ??? Qui chante Take on Me ??? J'ai pas signé pour ça ok ???? aaaah

Sérieusement c'est super rare de trouver de trouver des persos de couleur dont le background traite des problèmes raciaux de façon pertinente. Je suis en franche admiration ♥️♥️♥️
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Sables
Mer 4 Oct - 20:02
ssssht honey tout va bien se passer (et Cindy lauper est GÉNIALE respecte la !)

je te remercie très sincèrement pour ton compliment qui me va droit au coeur... je tente toujours de donner de la visibilité à la réalité et je suis heureuse si j'ai réussi ici *sourit*
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Richter
Mer 4 Oct - 21:29
TROP
DE
DOUCEUR
je suis pas d'accord qu'ephy lui fasse du mal ?????? je
non
interdit
pas le droit


il est vraiment trop doux, vraiment trop vulnérable à ce monde PITIÉ QUE LA MAISON LE TUE PAS COMPLÈTEMENT CE PAUVRE GOSSE

encore un perso génial,
REBIENVENUE !!
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Mer 4 Oct - 21:33
je suis la normalité sur un fond de cindy lauper hiiii
merci richter ♡
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Richter
Mer 4 Oct - 21:36
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Brèche
Jeu 5 Oct - 17:14
J'arrive après tout le monde mais j'ai tout lu, et je suis fan de la maman de Miguel. J'ai tellement envie de la voir débouler à la Maison en claquant la porte et en hurlant qu'on lui rende son fils (et taper des monstres de l'Envers à coups de poêle) Et Miguel je l'aime toujours autant sous cette nouvelle carcasse, il donne envie de lui faire des bisous. Welcome back petit.



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Feu/Brèche par Fantôche
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Jeu 5 Oct - 17:54
alors oui BONJOUR j'aime beaucoup trop Diablo, tu écris outrageusement bien et puis comme dit Lardon, c'est rare de voir le vaste et complexe sujet des oppressions systémiques traité avec finesse (eh oui ma bonne dame je fais des phrases longues avec des mots compliqués, c'est ça d'être un cygne). Aussi c'est la première fois que je lis le terme "profem" pour caractériser un perso, autant te dire que ça m'a ravie au plus haut point.
VOILA C TOU




Spoiler:
 

merci Quenotte pour cet avatar du swag
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Jeu 5 Oct - 19:02
brèche je t'avoue que j'attendais impatiemment ton retour et je suis enchantée que cela te plaise à ce point ! la maman de miguel est une sacrée bonne femme et je l'adore beaucoup ! et louie devrait regretter de les avoir lâché pff.

non : ooooooh j'ai senti la féministe dès que j'ai lu ta fiche et je ne me suis pas trompée ! je travaille toujours mes fiches pour donner une certaine visibilité à une catégorie de personnages qui sont toujours white-washé, validiste, caricaturalement genré. que ça soit dans la sexualité, dans le comportement, dans les oppressions qu'iels puissent vivre, je mets un point d'honneur à ne pas faire de réappropriation culturelle mais à mettre en évidence le vécu qu'on peut lire une fois nos privilèges remis en question. miguel est un petit profem pas encore totalement déconstruit mais en bonne voie de devenir un bon allié pour l'égalité homme-femme. c'est un bisexuel, un futur militant lgbt+ et un gamin formidable. j'ai hâte d'avoir un lien avec toi, toute cygne que tu es !
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Jeu 5 Oct - 19:12
Le voila donc le vendeur de bouffe macdo. x')

Content de le revoir ici. Ça mère me fait fortement pensais a miss Cordula donc je l'imagine bien dire a sont petit tu es MA NI FIQUE mon petit. *sort*

Amuse toi bien avec ce petit chez les Loirs. hand


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Jeu 5 Oct - 20:06
cordula en moins styliste oppressive meh

mais merci ma bougie d'amour !
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Libre pour rp? : 2/2
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Quenotte
Jeu 5 Oct - 20:16



Tu es validé


J'aimerais me glisser dans d'autres traits pour pouvoir de souhaiter cette bienvenue là, mais il faudra pour l'heure nous en contenter.
Petit tacos sur pattes, tu sais que je t'attendais par ici et que j'ai fort hâte de ce qui se profile en jeu. En attendant ma frite, mon churos, je te valide. Vas donc batifoler avant que je te fasse un croche-patte, avec une béquille.

Tu peux désormais créer ton carnet de liens et à poster une demande de rp. Tu peux également ajouter ta patte à  la chronologie du forum. Amuse toi bien par ici et encore une fois, bienvenue !








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