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Event 1 - La Fête des Loirs [Groupe 3]
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La Rouge
Dim 24 Sep - 21:33





Event 1 - La Fête des Loirs


La rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre, et il n'a guère fallut de temps avant que lui succède un énorme feu de joie.

C'est un débordement prévisible lorsqu'on entasse une bande de gosses dégénérés dans une petite boîte rouge perdue au fond des bois. Peut-être faut-il mettre cette explosion inévitable sur le compte des rumeurs, de l'inquiétude et de la rage qu'elles suscitent, en plus de mille autres soucis quotidiens, des petites atrocités qui parsèment l'existence de chacun ici-bas. Avant d'être un foyer, la Maison est un cirque où l'on exhibe ses tares- tous sont malades ou blessés, ou perdus. Tous sont des monstres en devenir. Ils tiennent du folklore, enfants sauvages échappés d'entre les pages d'un livre. Gamins tribaux accouchés de contes et des légendes. Plus farfadets que mioches en fin de compte.

Et que fait le petit peuple loin des œillades humaines ?

Il danse.

Ils trépignent, se bousculent. Ils grincent sur leurs roues, entrechoquent leurs prothèses. Quand vient leur Sabbat, ils remuent tous ensemble.
On doit l'agitation hiératique aux artistes de la Maison. Loirs affairés à confectionner des guirlandes étincelantes et lampions aux milles et une couleurs. Des rideaux cousus de mosaïques en verre sont tendus dans le Dortoir, des costumes artisanaux sont tirés des placards, des caches et des dessous de lit. Tous ont été mis à contribution, des créateurs d'amulettes aux sculpteurs en devenir, peintres muraux et autres barioleurs de paysages à suspendre aux cloisons.  Les amoureux de la geste ont prévu quelques animations théâtrales au cours de la soirée, les chanteurs s'échauffent la voix et boivent du jus de citron- on entend s'égosiller des oiseaux et des tambours de guerre, pulsant à l'unisson en s'élevant dans les airs.

La nuit dernière, dans les couloirs, des petites mains ont commencé à placardé partout des affiches proclamant :

"FÊTE ABRACADABRANTESQUE DANS LE DORTOIR DES LOIRS CE SOIR ! VENEZ VOUS JOINDRE A NOUS"


Les Cerfs se sont mêlés au bouillonnement ambiant. Ils ont lâché leurs carnets, ont rampé hors de leurs couvertures, puis ont sortit tout l'arsenal de la divination. Ils ont battu les cartes, observé les feuilles de thé, écouté les murmures frémissants dans les branches. Ils ont joint leurs mains à celles des Loirs, apportant leurs propres talents manuels. Aidé d'une petite tripotée d'assistants, Chaman s'est chargé de la confection des breuvages les plus savoureux et douteux que pourront boire les enfants de La Maison. On s'affaire à tracer des glyphes protecteurs, à faire brûler l'encens, à se munir de sel.

Attirés par le bruit et la perspective d'un banquet, les Rats s'en sont venus grouiller dans le tumulte. Dégoulinant de leurs plus belles couleurs, revêtus de leur t-shirt aux slogans les plus obscurs ou subversifs, ils ont débarqué à grand bruit des bouteilles sous les bras, déjà bourdonnant de musique, de bougies et d'armes bien cachées. Leurs plus prodigieux confectionneurs d'alcool sont aussi de la partie, et tous les petits voleurs ou contrebandiers de la Maison apportent leur contribution aux festivités. On fait gueuler les radios, on tape du pied et on ricane- les scènes rocambolesques se multiplient dés lors qu'ils interviennent.

Ce sont les Cygnes qui arrivent les derniers. Ils viennent avec des ustensiles, de petites mallettes, et des mises dangereusement propres. Ils se mettent aux fourneaux en compagnie de quelques élèves d'autres groupes, et ce que les Rats ne mettent pas sur la table de denrées chipées aux réserves de La Maison, ce sont les Cygnes qui le préparent dans de grands saladiers. Une enclave immaculée a tôt fait de se former dans la Cafetière.

Les Adultes eux, sont retranchés au sein de leur territoire pour la plupart. Seuls les plus intrépides ou les mieux acceptés par la société infantile sont tolérés par la foule babillante qui se contracte dans les Dortoirs. Certains apportent même leur aide, et pour leur peine, on leur promet une place dans la Fête qui se prépare.

Quand la nuit vient à tomber, tout est fin prêt et la Maison plus bruyante que jamais.





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Brèche
Dim 24 Sep - 22:25
Personne ne savait comment Brèche s'était mise dans cet état-là mais, après tout, on était plus habitués à voir Brèche enrubannée de bandage, de la tête aux pieds, que entièrement bien portante. Ce fut avec cette allure proche de la momie pharaonique que la Loir participa aux préparations de la fête. Ou, plutôt, après quelques essais infructueux de sa part ayant manquer de faire flamber le dortoir (à trop approcher les conceptions de Bougie qui, devant le début d'incendie, avait chantonné quelque musique), s'être coupé avec les bouts de verre qui servaient de rideaux colorés, on décida de la reléguer à la confection de ses amulettes. Non sans avoir veillé d'éloigner d'elle tout objet pouvant potentiellement nuire à autrui (à elle, on s'en fichait royalement). Les doigts sanglés dans les pansements, un œil dissimulé sous un bandage qui ceignait sa tête, Brèche s'était penchée sur son ouvrage. Jour après jour elle avait confectionné jusqu'à en avoir des cals aux doigts, l’œil rougi par la fatigue.

Pendants tout de bois, de plumes, de cotons et de tessons de briques rouges, il ceignait les cous de ceux qui voulaient bien les porter, jouxtait les tessons qu'on avait accrochés au plafond comme éléments décoratifs. Les plus raffinés, se rapprochant de l'attrape-rêve amérindien, avaient été accrochés aux murs comme des trophées parmi les tissus bariolés. Le dortoir prenait des allures de tente hippie avec le secours des Cerfs et de leurs encens. Trop curieuse pour ignorer leur présence la Loir s'était assise auprès d'un stand où les breuvages de Chaman glougloutaient dans leurs verres. Elle semblait presque grise dans toute cette explosion de teintes, la Brèche. Ses bandages blancs juraient, soulignaient la pâleur de son teint. Des Cerfs, amusés, lui avaient dessiné des peintures de guerre sur son visage, avaient ceint son cou d'une étole bariolée. À son cou ballottait les amulettes qui n'avaient pas servis de décoration, Brèche se faisant présentoir de ses créations.

Lorsque de nouveaux venus arrivaient, que d'autres passaient près d'elle, elle les saluait, petit sourire aimable, heureuse de bien faire. Au stand où elle avait pris place comme spectatrice, on finit par lui tendre une tasse ébréchée.

« Vas-y goûte ! » lui glissa le possesseur de la mixture.

Brèche renifla, ne sentit qu'odeur diffuse d'une herbe qu'elle connaissait fort bien mais dont elle ne se rappelait pas le nom. Avec un brusque élan de courage, elle sirota sa lampée, claqua de la langue, un peu perdue.

« Ortie ? » tenta-t-elle.
« Ah non l'ortie ça se fait en quiche comme on dit en France. C'est de l'herbe pour âne. 'Fin de l'herbe qui rend zinzin les ânes. Essaye encore. »

Au moins c'était comestible. Pas comme son voisin à côté qui était tombé sur un piégé, goût mousse à raser.

Résumé a écrit:
Brèche se tient comme spectatrice à un stand où l'on goûte des mixtures. Physiquement elle a les doigts couverts de bandage, un œil caché sous un autre qui lui entoure le crâne, des amulettes et une étole autour du cou.
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Charogne
Dim 24 Sep - 22:46
« Euh il faudrait quand même bien au moins UN adulte pour superviser la fête non ? » était ce que tout le corps professoral avait pensé sans oser l'exprimer à haute voix de peur d'être désigné d'office comme volontaire. Charogne aurait bien suggéré Ours puisqu'il s'entend si bien avec les élèves mais ce dernier ne semblait pas vraiment convaincu. Quant à Vautour elle l'aurait bien jeté directement dans la fosse aux lions - qu'il apprenne un peu comment ça marche ici, mais il avait fallu qu'un collègue prenne sa défense en rappelant qu'étant encore relativement étranger à la plupart des pensionnaires ainsi qu'aux moeurs de La Maison il ferait probablement un piètre surveillant. Finalement à l'approche soirée fatidique une âme brillante proposa de tirer à courte-pailles et quel ne fut l'effroi de Charogne quand elle se retrouva toute bête avec la plus petite des tiges. Et c'est ainsi que - non sans avoir lancé des regards assassins à tous ses collègues en jurant intérieurement de se venger - Charogne fut désignée comme seule adulte conviée à la fête.

La nuit tombée, elle sort de ses appartements comme une vipère sortirait de son nid, trainant des pieds jusqu'aux dortoirs. Il lui suffit de suivre le bruit assourdissant et les rires d'enfants. Tentant d'ignorer les regards réprobateurs de ceux qui préféreraient être exemptés de la présence d'une plus de dix-huit ans, elle se faufile sans un mot entre les lits défaits et les garnements surexcités, attrape nonchalamment un gobelet et finit par s'échouer sur une chaise libre où sans gêne elle allume une cigarette. Ayant trouvé son poste d'observation, elle croise les jambes et tente de dresser mentalement la liste des pensionnaires déjà présents en se promettant de ne faire que le minimum syndical, à savoir n'intervenir que si danger de mort il y a. Après tout elle est la seule adulte dans ce monde de mioches et ne compte pas être la première prof à finir lapidée/immolée/poignardée par une émeute de ses propres élèves. Enfin, elle sort de son manteau une bouteille de vin déjà ouverte et remplit allègrement son verre de fortune. Il n'y a pas de raisons qu'elle soit la seule sobre ici. Les meilleurs vins s'apprécient avec une clope et dans un récipient de plastique se console-t-elle en tentant de faire abstraction de la musique ambiante. Elle reconnait Brèche devant un stand plus que douteux mais décide de ne rien faire, n'ayant absolument aucune sympathie à l'égard de la demoiselle.
Résumé:
 



Animal, tu n'as pas le choix, tu auras mal ✝️ Animal.
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Lun 25 Sep - 13:53

Bougie avait, bien entendu, participé à la préparation de la fête. Après tout elle était une Loir et c’était donc normal que tous les Loirs aient participé à l'organisation du dortoir pour la fête. Bougie  avait décidé de s'occuper, avec d'autre Loirs, de tout ce qui concernait l'éclairage. Bien sur pour elle qui dit lumière dit bougie.

L'allemande avait passé tout son temps à sculpter le plus vite possible des bougies en forme de loirs de plusieurs couleurs mais principalement rouge comme la Maison. Et ce bien que Brèche avait manqué de tout faire brûler dans le dortoir. (ce qui avait plu à Bougie qui avait poussé la chansonnette pendant que tout le monde éteignait le début d'incendie)

Au final Bougie n’était pas peu fière du résultat. Chaque table avait une bougie en forme de loir pour éclairer le dortoir de nombreuses flammes qui plongeaient Bougie dans une extase sans précédent. Elle était comme dans un autre monde, un peu comme dans l'Envers mais sans y être.

Du coup Bougie, qui était sur son petit nuage, regardait tout ce qui se passait autour d'elle. Il y avait beaucoup d'enfants et de tous les groupes à croire que la petite fête battait déjà son plein. Il y avait même une adulte, la dame aux vielles robes, qui s’appelait comment déjà ?

Charogne non ? Il y avait plusieurs rumeurs sur cette femme. Bougie en avait déjà entendu car ça parlait de lapin et sa curiosité mal placée l'avait poussé à en apprendre plus. Mais Bougie ne détestait pas cette professeur. Elle n’était pas pire que les professeurs particuliers qu'elle avait eu dans l'En-Dehors qui lui apprenaient quasiment rien dans le seul but d'avoir plus d'argent en prétextant que Bougie apprenait lentement.

Dans son champ de vision il y avait aussi Brèche qui, comme bien trop souvent au goût de Bougie, était pleine de bandages partout. La jeune fille avait mal au cœur de voir son amie ainsi blessée. Même si elle ne sentait rien cela n'en restait pas pour autant moins dangereux pour sa santé. Brèche avait l'air de faire de la publicité pour ses créations, ce qui n’était pas venu à l'esprit de Bougie pour le coup...  Enfin elle avait l'air de bien s'amuser à goûter de drôles de choses qui ne tentaient vraiment pas Bougie.

Un peu plus loin elle pouvait voir le chef poilu, Raspoutine. Elle ne voyait que son dos et ne savait pas ce qu'il faisait mais il était là en tout cas, sûrement comme les autres Chefs mais Bougie ne les avait pas encore vu.

Bougie décida d'aller voir ce qui semblait être la seule adultes dans le dortoir, du moins pour le moment. Peut être que d'autres arriveraient plus tard ? Bougie avait fait une sculpture particulière pour la professeur et c’était peut être là l'occasion de lui offrir. Ce fut après avoir été chercher la création en question que Bougie s'approcha un peut plus de Charogne qui buvait tranquillement son verre.

— Bonsoir damoiselle Charogne. J’espère que cette fête saura vous divertir un tant soit peu. Dites moi j'ai, il y a quelques temps, conçu une petite création pour vous. J'ai entendu dire que vous aimiez... Lapin. Je ne sais pas trop, mais je vous ai sculpté une bougie noire en forme de lapin. J’espère que cela vous plaira damoiselle Charogne.

Bougie ne savait pas si cela plairait ou non à l'adulte alors qu'elle lui tendait la bougie, mais peut être que cela pourrait au moins lui servir pour allumer ses cigarettes. Si elle s'ennuyait elle risquait sûrement de peut être beaucoup fumer en restant ici seule.

Citation :
Bougie a créé des bougies pour la fête, en formes de loirs, qui ornent les tables. Elle va à la rencontre de Charogne et lui offre une bougie en forme de lapin noir ayant entendu que la prof aime Lapin.


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Raspoutine
Lun 25 Sep - 14:28
Il s'est impliqué comme de juste dans les préparatifs. Bien entendu, il a été parmi les premiers arrivés, accompagné en grandes pompes d'une armada de Cerfs tirés du lit trop tôt ; Chaman encore hanté par ses draps tachetés de trop nombreux trous de clopes, les cheveux pendants en tresses rousses des deux côtes de son crâne, Fantôme déjà apprêté de ses habits informes et paré à s'adonner à ses arts ménagers, Princesse la gueule tirée, les yeux torves et les lèvres amères, mais chargé d'aider Chaman à porter ses bouteilles d'épices, d'alcools et ses herbes à fumer. Dans leur sillage, un Rouge poisseux de peinture, obsessionnel gamin à la tignasse carmine, un langoureux Paillettes aux vêtements scintillants, et tout une cohorte d'enfants aux gueules invraisemblables et aux regards absents. Et un Grand Bouc pour leur ouvrir la marche, revêtu pour l'occasion de ses plus beaux habits : une chemise de velours bordeaux sur un haut de corps noir un peu trop échancré et cintré pour être tout à fait de bon ton, un pantalon côtelé d'un bleu nuit quelque peu douteux (rapiécé d'une pièce de tissu délicatement brodée d'une pastèque souriante au niveau de la fesse fauche), et ses éternelles bottes de cuir éculé dont les dimensions suffiraient à lui faire des pieds de géant sans même prendre en compte les proportions déjà prodigieuses de son anatomie. Il n'en fallait pas moins pour marquer l'évènement, et n'eut été la moiteur du climat, il aurait enfilé un de ces pulls à motifs sylvestres tricotés par Banshee. Mais mieux vaut rester raisonnable dans une certaine mesure : il ne vient pas seulement bringuer, et c'est bien la raison pour laquelle il s'est donné la peine d'arriver de bonne heure.
L'après-midi est passé au rythme des braillements d'encouragements, des chants tribaux et des allers-retours d'une pièce à une autre, plus bruyante à chaque fois. En bon éclectique frappé de frénésie, il a aidé aussi bien dans le fracas des cuisines qu'à préparer le Dortoir à accueillir la fête ; et l'on est que trop heureux de pouvoir compter sur Raspoutine quand il s'agit de porter de lourdes charges, de déplacer des lits, de dresser les buffets et de ramener des chaises. Le prix à payer se compte en décibels.
Entre deux transports ou gueulantes musicales, Raspoutine a pris le temps d'encourager quelques têtes connues parmi les Loirs -à commencer par sa sœur, retranchée dans l'enclave dissonante des musiciens en compagnie de Rossignol et de Diva ; le premier échauffant sa voix onctueuse face à une fenêtre ouverte, le deuxième répétant une chorégraphie exigeante en peignoir pelucheux, faisant sécher ses cheveux (teints en fushia pour l'occasion) d'une main vernie aux couleurs de l'aurore. On lui cède un clin d’œil, et un sourire tremblant. Orcynie quant à elle -je me résoudrais peut-être un jour à dire Stradivaria- jouait imperturbablement de son archet sans même faire mine d'ouvrir les yeux pour porter son regard trouble sur le désordre ambiant. Puisque les groupes se sont formés d'eux même sans nul besoin de supervision, il est allé jusqu'à se risquer à la compagnie de Brèche, envers la zone de sureté établie autour d'elle pour éviter toute catastrophe d'une trop grande ampleur. Tenant lui même du cataclysme, il n'a pas craint de la rejoindre, démontrant une certaine créativité, à défaut d'un réel talent, à confectionner des amulettes douteuses... non sans tenir une conversation pour le moins erratique à la jeune fille entre deux boutades trop étrangement amicales (Personne n'a fait mention d'un bal costumé mais le blanc te va si bien), pour ne que mieux abandonner son ouvrage et bondir à l'assaut d'autres stands en formations où faire fructifier un peu plus encore son effervescence faunesque.
On peut dire de Raspoutine qu'on l'a vu partout et nul part à la fois au cours de la journée. A force de dispersion, il peut se targuer d'avoir aidé un peu chacun, sans néanmoins aller au bout d'aucune activité, si ce n'est celle de déménageur et de porteur publique ; aussi bien d'handicapés que de divers objets.
Quand la soirée vient enfin, son effort vestimentaire a été sérieusement mis à mal : au velours de sa chemise et de son pantalon se sont agglutinées des nébuleuses de poussière. Seule la pastèque souriante cousue sur sa fesse gauche a tout gardé de son éclat impromptu ; petit bout de Banshee apposé là avec autant d'amour que de dérision. Mais Raspoutine n'a pas fait mine de s'en émouvoir, car il y a trop à voir et à entendre pour qu'il puisse s'en soucier.
Déjà on danse sous les guirlandes et les attrapes rêves qui festonnent le plafond, sous l’œil versicolore des fresques murales bariolées et des peintures accrochées sur les murs. Les voiles cousus de tessons ondulent au milieu des sculptures laissées ici et là. La musique se répand comme la fumée des bâtonnets d'encens et l'odeur des bougies qu'on a mis à brûler, s'entremêlant à l'air onctueux fécondé de lumière. Le Dortoir tient autant du musée que de la salle de balle, autant du cabaret que du bar sous-terrain. Et toutes ces senteurs élastiques qui parcourent la pièce, toutes ces voix mêlées qui s'entredévorent au sein de la musique, viennent s'échouer sur sa peau en vagues successives, presque soyeuses malgré tout ce qu'elles ont d'impérieux, de brutales. Une marée de pétales pour ce royaume vernale éclos entre les murs, printemps des voix et des idées. Rien qu'à ouvrir les yeux, les oreilles et les narines, il peut déjà s’enivrer de la chaude atmosphère pulsante, se sentir successivement électrisé ou réduit à n'être qu'un faune de chiffon.
Un temps il danse avec fougue, seul ou accompagné, piochant au sein de la foule des partenaires fugaces ; et il rit ou chantonne quand leurs corps se répondent, remue ou bien tournoie avec ces éphémères, enjoint des mains inconnues à se mêler un temps, des corps distants à se heurter, quand il les quitte soudain pour se glisser à d'autres horizons. Il aperçoit Quenotte danser avec son frère, et à les voir ainsi, il pourrait presque oublier combien ces deux là sont dangereux. Il pourrait presque éprouver envers eux comme un élan de tendresse. Mais il ne s'octroie guère le temps suffisant pour se laisser aller à cette sensiblerie malvenue- car il y a encore trop de choses desquelles s’émerveiller dans le Dortoir. En bon faune, il ressent l'évènement comme une bacchanale ; sachant pertinemment qu'aux flots d'alcool et de fumée se mêleront inévitablement, plus tard dans la soirée, quelques filets carmins. L'appel du sang est incontournable.
Celui du ventre aussi. Et c'est pour y répondre qu'il gagne les buffets, goûtant de tout -même du mauvais- avec un entrain carburant aux mixtures plus ou moins alcoolisées. La gueule enrubannée de Brèche lui tombe sur la rétine au cours de son escarmouche culinaire, et il constate que son travail des derniers jours lui profite également, puisqu'elle s'est parée de nombreuses amulettes toutes plus dissemblables les uns que les autres. Quitte à la recroiser, c'est d'une main sur l'épaule et d'un tonitruant ON AVAIT BIEN BESOIN DE CETTE FÊTE PAS VRAI ? qu'il l'interpelle brièvement, lui décochant un de ses sourires d'ogre avant de regagner la piste... Pour ne que mieux la traverser d'une danse chaotique.
Et s'écrouler en tournoyant sur le premier lit venu, haletant, l'haleine en feu, et les bras écartés.
Sur un lit occupé.
Sur un lit investis. Pas par n'importe qui.
Une gamine qu'il ne connait que vaguement de nom et de vu, petit être noiraud dont la bonne volonté doit au moins égaler l'inconscience pour l'avoir conduit auprès de Charogne, les mains serrées sur... une adorable bougie à la forme de lapin. Puis haute et crispée sur sa bouteille de vin, l'adulte elle même. Désormais cernée par eux d'eux. Une loir, un cerf et une veuve noire. Ce pourrait être le début d'une très mauvaise blague.
Il n'en perd pas sa contenance faunesque pour autant, mitraillant les deux autres d'un rictus affable (on peut supputer qu'il s'agit d'un sourire d'un hirsutisme fauve) sans toutefois pousser la politesse jusqu'à se redresser.

- Bien le bonsoir, salut t'il dans un français dénaturé par son accent marqué, abattant sur le noble idoine des grenouilles à bérets sa langue épaisse et moite. Il en baragouine quelques mots, et même des phrases entières ; apprentissage parcellaire hérité de son temps passé à Bâton-Rouge, quand il vivait sous le joug des pulsions de la meute ; bande urbaine de paumés aux gueules déstructurées. Il y avait là une drôle de fille au nom de forêt défigurée (Brocéliandre chéris, et n'oublie le r, c'est l'ajout salutaire), une toute pâle, une toute brune, aussi longue et osseuse que l'est Charogne elle même. Dotée du même trouble magnétisme, de la même froide et captivante sensualité. N'eut été son départ pour la Maison, sans doute se serait-il laisser glisser entre les longues mains sèches de Brocéliandre. Mais il lui fallait y rejoindre Orcynie. Il lui fallait y connaître Banshee.
Néanmoins, la troublante ressemblance l'a toujours enjoint à porter sur Charogne un regard de bête curieuse malgré l’austérité, la sécheresse de la dame, et s'il n'a guère épargné à l'enseignante toute son outrance et son cabotinage, il n'a jusqu'à maintenant jamais poussé le vice jusqu'à tenter de l'approcher en dehors des horaires assignées à ses cours (auquel il lui est arrivé de participer, et de manifester, ô surprise, un intérêt  réel, en bon Cerf qu'il est, adepte des archives de la petite ou de la grande humanité). Jusqu'à maintenant tout de moins, car il envahit désormais sans vergogne son existence marginale sans manifester la moindre once de gêne ou de surprise. Comme si tout avait été scrupuleusement calculé, ou qu'il n'y avait dans ce heurt sociale qu'un évènement banale.
Du vin, remarque t'il en s'étalant de côté dans une pose toute romaine en sa décontraction. C'est quand même triste de s’enivrer au vin quand il y a tant de breuvages surprenants à découvrir ce soir- et ceux de Chaman sont bien plus efficaces pour se murger la gueule, si tu me passes l'expression dame Charogne.
Et dans sa bouche le surnom vibre d'une manière toute particulière, comme si le mot lui même grouillait d'une vermine dense. D'une sensualité toute baudelairienne.
C'est pour Bougie qu'il se redresse finalement, consentant à s'asseoir sur le lit plutôt que de s'y vautrer. Puis se penche vers cette enfant dont il ne connaît à vrai dire presque rien. Mais puisque la soirée semble devoir se dérouler sous les auspices des rencontres hasardeuses, inédites et à n'en pas douter bien riches d'enseignements...
C'est joli comme tout ce que tu nous a fais là. Comment tu t'y prends pour leur donner une forme ?


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Princesse
Mar 26 Sep - 21:49

on aime danser avec la mort on est égoïstes
fantasmes et prises de drogues cerveaux émotifs

arriver en dernier pour sentir la musique pulser plus fort dans ses tempes fardées. garder le sourire, mourir en silence de ne plus pouvoir crier. ne pas oser chanter - ça serait ridicule. rouler, rouler sans pouvoir faire autre chose et rouler sur la piste qui balance, la piste de danse qui met en transe mais il y a toujours ceux qui n'ont pas eu beaucoup de chance ; l'envers, c'est la seule valse que sarah se permet.
rouler, pousser la silhouette toujours droite car on garde le galbe altier au milieu de l'ardeur et du rock sanglant des punk à chiens. parce qu'on a toujours besoin d'une princesse - pour faire ressortir à quel point on est vilains. la honte. elle est venue quand même, attirée par la lumière - le bruit - la mort ! qui sait ce qu'on balayera une fois les enfants couchés.

- brèche !

arriver par la petite porte de derrière. ne pas affronter - passer parmi les roturières. lèvres rouge-reine qui s'étirent méchamment. elle est sympathique. princesse, elle l'est toujours.

- tu bouges pas beaucoup non ? ça doit être difficile, avec toutes ses amulettes

et avec des roulettes ?
le regard qui coule sur le cou momifié et elle se retient de rire. ou de pleurer. les deux ça va souvent ensemble.

- si t'as rien d'autre à faire, tu veux pas me pousser ? c'est dur à la longue tu sais, puis, ça va abîmer ma manucure

la gentillesse méprisante dont les duchesses ont le secret


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BY MITZI
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La Rouge
Mer 27 Sep - 22:30





Event 1 - La Fête des Loirs


La soirée débutait pourtant bien.

Ils dansaient les enfants, ils chantaient et se heurtaient sur la piste, parfois à escient ou sans vraiment le vouloir. On discutait tout autour du buffet, l'alcool et la fumée coulaient à flot entre les mains fébriles et les lèvres poisseuses. On a vu deux silhouettes noiraudes s'enlacer pour un slow, des princesses envieuses chercher en toute dignité un secours roturier, des maladroits de tous les bords se déverser partout, victimes des trébuchements, des mixtures singulières, des isolés qui rôdent en lisière du chaos, se pensant bien au-dessus de cet magma de membres, oui monsieur, oui madame, de cette agitation juvénile pleine de heurts et d'odeurs. Les rejetés du grand bouillon charnel, que pourtant cette écume collante de mains tente d'attirer à elle.

Les boucs s'en prennent aux charognes indifférentes pour leur tirer quelques rictus amers, les enfants abandonnent leur doudou pour braver toute cette foule ou l'entraînent avec eux dans les remous de musique, les soldats juvéniles se préparent au combat, et aux angoisses des uns se mêle aussi l'émerveillement et le bonheur des autres, les collisions entraînent de bien curieuses rencontres...

La violence est déjà dans l'air, volatile, déjà dans quelques crânes ou sur quelques babines, mais la fête ne fait que commencer. Les grands moments de la soirée ne sont pas encore venu. On prend son temps pour que les évènements restent dans les mémoires. A se faire beau, à caqueter sur la piste, à défaillir de rire, de gêne. On festoie presque avec tendresse malgré le bruit qu'il fait, et aux plus électrisés se mêlent des languissants à la paupière pesante et aux mains indolentes, peaufinant leurs postures, jouant les observateurs. C'est aussi bien l'occasion de se montrer que de s'oublier. On travaille à son ivresse, on s'abandonne aux hésitations adolescentes, on est là pour se laisser aller à un flou artistique. Mais c'est là un des intérêts à ce grouillement féroce, précipiter des êtres qui jamais ne se croisent ni ne s'adressent de mots les uns contre les autres.

Alors oui, dans toute sa fraîcheur, toute sa vigueur, la soirée semblait bien prometteuse.

Jusqu'à ce que la lumière s'éteigne.

Guirlandes et ampoules flétries d'un coup, happées par les ténèbres. Chant des enceintes, grésillements des fusibles... renvoyés au néant. La feutrine du silence étouffe les bruits rassurants de la technologie. Un véritable flash d'obscurité, ne laissant sur la rétine que la phosphorescence des étoiles en plastiques.

Et aux oreilles, les cris incrédules, les hurlements de douleur- quand sans se se voir, on se bouscule et on se roule dessus. Quand on tombe au milieu d'un pas de danse, qu'on est pris d'un vertige, de ne soudain plus y voir, de tanguer sur ses pieds, de sentir alentour des membres moites, tout à coup bien trop nombreux et bien trop proches.

Les plus réactifs allument déjà briquets et allumettes, mais à savoir toute la Maison plongée dans les ténèbres, la peur se noue aux entrailles de plus d'un des enfants.
Car comme chacun le sait, au sein de la Rouge, on est jamais bien certain qu'aucun monstre ne se cache à la faveur des ombres...







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Brèche
Jeu 28 Sep - 10:49
Le caméo impromptu de Raspoutine arracha un sursaut de surprise à la Loir. Oh elle ne détestait pas le chef des Cerfs. C'était un brave garçon, très extraverti – elle lui soupçonnait un lointain lignage italien, de ceux qui vous confèrent le tic de parler avec tout votre corps. Mais il était trop mâleà ses yeux, trop adulte avec sa pilosité abondante et ça la gênait, inexplicablement. Parce qu'il lui rappelait lui, lui et son pelage, lui et son odeur de mâle. Elle avait accepté son aide dans la confection de ses amulettes, lui offrant des sourires tordus mais, une fois encore, elle fut presque soulagée qu'il aille papillonner ailleurs.

Le brouhaha des enceintes lancées à pleines décibels, les chants barbares déclamés sur des tons discordants, tout ce vacarme empêcha la Loir d'entendre le couinement des roues de Princesse. Il fallut que la Ratte se présenta à elle, sous la lumière crue de l’éclairage électrique et qu'elle salua pour que Brèche la remarqua. Du revers de la main Brèche essuya le sucre qui lui empoissait les lèvres.

« Hein ? Non, c'est pas lourd du tout. » déclama Brèche en rejetant l'étole en arrière, faisant cliqueter les pendants entre ses doigts. Si Princesse avait tenté un trait d'humour, la Loir ne le comprit pas. « Te pousser ? Tu n'es pas venue avec Porce... Oh. »

Brèche se mordit la lèvre se rappelant, avec éclat, que Porcelaine n'était plus, emportée par l'Envers. Mais même à demi prononcé, tous avaient compris qui Brèche avait manqué de mentionner, même Poux qui se tenait à ses côtés, vidant les gobelets coup sur coup.

« Fais gaffe, Brèche la Casse. C'est traître les princesses à roulettes. Ça t'envoie à l'Envers si tu la pousses pas assez. Hé Princesse, c'est comme ça que tu te débarrasses de ceux qui croient pas assez en toi, non ? C'est ta Bastille. »

La tension se faisait électrique, poudre à laquelle il ne manquait qu'une étincelle pour que tout explose. Brèche se leva, sentant le pire advenir. Bonne pâte qui voulait la paix des ménages elle se glissa derrière le fauteuil de Princesse, le poussa loin du Poux, des tasses colorées et de leurs vapeurs bariolées. Sourire tordu sur les lèvres pour faire bonne figure, elle babillait pour effacer ce qui venait d'advenir.

« Tu veux aller quelque part ? Je ne sais pas danser mais on peut improviser quelque chose. Ou... euh... Tu veux un gâteau ? Je crois qu'il y en a avec de la crème, des fruits... »

Et, soudain, la lumière disparut. Brèche cligna des yeux, lapin déboussolé de perdre ses repères. Ce fut une trouée noire, gigantesque, qui aspirait lumière électrique et sons, chacun retenant son souffle. Avant d'exploser en cris et imprécations, chacun comblant le silence par ses mots. Les bougies continuaient à jeter quelques lueurs fugaces, presque tamisées, étoiles presque éteintes. Brèche tendit la main vers l'une d'elles, l'autre demeurant sur le fauteuil. Si elle le lâchait, Princesse serait emportée dans la tornade des mouvements, peut-être même jetée à bas de son trône, masse gigotante et cible facile pour les piétinements effrénés d'un troupeau en délire.

Les doigts de Brèche se refermèrent sur la bougie-loir, la cire chaude lui chatouillant l'épiderme. Elle la tendit à Princesse.

« Prends-la. Ça nous éclairera un peu, et ça nous signalera aux gens. » Comme les gilets fluorescents qu'on se colle sur le dos quand on roule à vélo la nuit. « On devrait se rapprocher des murs pour pas être emportés par la foule. Tu peux me guider ? »

Princesse devenue phare.

Résumé a écrit:
Poux, PNJ enfant, posté au même stand que Brèche a tenté de chercher des noises à Princesse. Voulant éviter une esclandre, Brèche a éloigné Princesse et se propose de l'amener danser, manger des gâteaux. Vient alors la coupure d'électricité. Brèche prend une des bougies confectionnées par Bougie, la tend à Princesse pour que ça leur serve d'éclairage, qu'elles puissent voir et que les gens les voient en retour. Elle propose à Princesse de se rendre vers les murs pour pas être entrainées par la foule.

Princesse tu peux pnjiser Brèche comme chauffeuse car elle suivra les directives de Princesse pour la bouger !
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Charogne
Jeu 28 Sep - 16:42
Tandis que la fête bat son plein, Charogne, confortablement installée dans son coin guette les pensionnaires d'un oeil mauvais, vigile silencieux, présence macabre. Elle aperçoit Fange qui lui jette un regard noir puis Pieds Nus qui se tient immobile la bouche bée, perdu dans l'ambiance festive. Elle épie la foule, oiseau de proie cherchant sa cible, se demande où donc peut bien se trouver Acide, quand soudain elle remarque la présence d'une discrète petite souris qui l'approche avec un air beaucoup trop sympathique. Bougie s'appelle-t-elle, petite Loir abandonnée l'année dernière, rien à ajouter. La prof n'y a jamais trop prêté attention. Elle est ceci dit toute à faite prête à envoyer paître cette mignonnette qui lui fait l'affront de pénétrer dans sa forteresse de mauvaise humeur. Mais voilà que quand l'adolescente lui tend une petite bougie en forme de lapin Charogne se retrouve totalement désarmée.

▬ Oh merci. Lâche-t-elle sans pouvoir cacher sans surprise. Charogne tout le monde la déteste ou la craint tellement que personne ne lui fait vraiment de cadeaux. Ce n'est pas vraiment la maitresse à qui on offre des fleurs en fin d'année. C'est ado...

Elle ne finit pas sa phrase, sent les poils de sa nuque s'hérisser. Si elle avait été un chat, elle aurait sifflé tout en faisant le dos rond car elle reconnaît cette odeur entre mille. C'est Rapoustine qui débarque dans ses piteux et pourtant fabuleux atouts, sa fière tignasse toujours aussi débraillée et surtout débitant ses tirades abracadabrantes qu'il entame par une salutation en français. Ce gugusse là Charogne ne sait pas vraiment d'où il sort mais se console en se disant qu'au moins il n'y en a qu'un seul dans La Maison. Pas de chance, il eut fallu que parmi toutes les créatures ici présentes le chef des Cerfs n'ait jeté son dévolu sur elle. Elle roule les yeux de la façon la plus exagérée qu'elle puisse et râle sans retenir son agacement :

▬ Dis donc on a pas élevé les cochons ensemble Raspoutine. Toi qui baragouine le français tu sais qu'une dame se doit d'être vouvoyée. Et tu m'excuseras auprès de Chaman mais je tiens à mon foie. Elle voudrait rajouter une pique mais lui s'en fout déjà : il est passé à autre chose et commente le cadeau qu'elle tient entre ses mains. Par réflexe, Charogne se recule un peu comme si elle voulait dire « pas touche Biquette, c'est à moi ». Et aussi parce qu'il sent littéralement l'élevage de cochons.

Battement de cils et vlam voilà que d'un coup la lumière s'éteint et les rires des enfants se transforment en une clameur de panique. Il manquait plus que ça tiens. Elle espère au moins que ce n'est pas le Grand Pape qui a oublié de payer la facture d'électricité. On peut dire que l'offrande de Bougie tombe à pic. Elle l'aurait volontiers allumée pendant une séance de cartes mais tant pis. Sortant son briquet pour allumer lapin - rip petit mammifère, personne n'oubliera ton sacrifice, elle tend ce dernier à sa voisine non sans la mettre en garde :

▬ Fais tourner. Attention il s'appelle revient. C'est un bic noir sur lequel a été gravée une croix à la pointe d'un compas.

Entendant Fange brailler à l'autre bout de la pièce, Charogne se rappelle qu'elle est la seule adulte présente et que c'est pas un petit rat qui va lui voler sa place. Elle hausse la voix :

▬ Bin alors les mauviettes on a peur du noir ? Pas de panique, ça doit être les plombs qui ont sauté. Et tiens puisque ce dernier est à portée de main : Tiens Rapoustine t'es chef, tu prends les commandes. Je vais descendre à la cave voir le générateur. En attendant vous avez qu'à chanter, jouer à cache-cache ou invoquer la Rouge ou je sais pas ce que font les jeunes aux soirées pyjama. Tâchez de pas foutre pas le feu à la baraque, c'est le seul toit que vous avez. Et... Cherchant une victime parmi les petites têtes à demi-éclairées. Elle tombe sur la chaise roulante de Princesse, remonte jusqu'au minois de la rate puis finit par échouer sur Brèche. Quand on parle de victime. Parfait Brèche viens avec moi, tu m'éclaireras en bas.

Et sans égards pour Princesse, elle attrape Brèche par le bras et l'entraine à travers la foule qui s'écarte sur leur passage à la fois contente et inquiète d'être débarrassée de la présence de l'adulte. En un temps, trois mouvements, elles sont sorties du dortoir. Et merde dans la foulée elle a laissé son verre de vin dans ce foutoir. Et son briquet.

▬ On va passer par ma chambre récupérer une lampe torche d'abord. Suis-moi. Lance-t-elle à la gamine en s'engouffrant dans le couloir, lapin à la main, sans même un regard en arrière.

Résumé:
 



Animal, tu n'as pas le choix, tu auras mal ✝️ Animal.
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Jeu 28 Sep - 22:31



Bougie avait réussi à donner la bougie en forme de lapin à dame Charogne et en plus cela avait l'air d'avoir fait plaisir à la professeure. Mais c'était sans compter sur l'intervention envahissante du chef des Cerfs. Et si elle n’était qu'envahissante, mais elle était aussi nauséabonde qu'un tas de fumier prêt à être utilisé.

Et bien que le commentaire concernant la bougie lui fît plaisir, elle n'avait point envie de voir les pattes de bouc de Raspoutine dessus. S'il en voulait une il n'avait qu'à demander comme tous les enfants de la maison. Être Chef ne voulait pas dire prendre possession des affaires des autres. Sauf peut-être chez les Rats, mais avec un chef comme Fange ce genre de chose ne l’étonnerait point.

Mais au final peut-être que Charogne, dont la présence de Raspoutine avait l'air de vraiment lui déplaire, avait été entendue quand la lumière fut soudainement éteinte. Enfin plus de lumières artificielles, il restait les bougies un peu partout, et comment ne pas apprécier un tel moment où la seule lumière qui éclairait le lieu étaient les flammes. Un petit moment d'apaisement alors qu'autour d'elle résonnaient cris et angoisse qui glissaient sur elle comme la cire chaude coulait sur une bougie.

Bougie n'était donc pas affectée par cette panique ambiante. Si un vent avait soufflé et mouché toutes les flammes des bougies, cela aurait été bien différent. Mais pour le moment les flammes qui se reflétaient dans ses iris lui permettaient de ne pas céder à la panique. Ce ne fut d'ailleurs que quand Charogne tendit le briquet à Bougie que celle-ci redescendit un peu sur terre.

Bougie avait mit dans sa poche le briquet et préféra prendre une des bougies loirs se trouvant à portée de main. Mais sans avoir le temps de comprendre ce qui se passait la jeune Loir put voir la bougie qui éclairait Charogne s’éloigner avec ce qui semblait être Brèche. Bougie se sentait un peu bête et surtout mal à l'aise de se retrouver « seule » avec Raspoutine après ce qu'il venait de se passer.

Bougie se disait que, dans toute cette agitation bien que chaleureuse, elle ne pourrait pas rester ici et serait plus utile à Charogne. Elles ne seraient pas trop de deux pour aider la professeure à produire une source de lumière surtout que les bougies n'avaient aucun secret pour elle. C'est ainsi que Bougie se mit à avancer dans le sillon laissé pas l'adulte. Mais sur le chemin elle percuta une chaise roulante, celle de Princesse qu'elle n'avait point vu.

— Veuillez m'excuser je ne vous avais point vu. Mais je dois me hâter de rejoindre damoiselle Charogne.
 
Sur ces paroles et une petite révérence de politesse, Bougie se remit en route et au prix de quelques efforts d'une petite course elle réussit à rattraper le duo, essoufflée.

— Damoiselle Charogne, Miss Brèche. Puis-je vous accompagner ? Je pense qu'il ne vaut mieux pas faire des petits groupes. Nous ne savons point ce qui est la cause de tout cela.

Certes en cas d'attaque elle ne serait pas forcément très utile à moins qu'on la laisse tout brûler, ce dont elle doutait fortement. Mais peut-être qu'un groupe plus important pouvait intimider la potentielle chose qui avait causé cela.

Résumé a écrit:
Pendant que tout le monde panique, Bougie est fascinée par l'éclairage de ses bougies. Elle finit par courir après Charogne, heurte Princesse au passage et s'excuse. Rejoignant le duo Charogne et Brèche elle propose de rester en groupe, craignant la cause de ce black-out électrique.


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Raspoutine
Sam 30 Sep - 17:50
Ça y est, les voilà. Une roulade fracassante dans l'orbite, un petit quelque chose de volubile dans les mains, une outrance hostile en réponse à la sienne, tous les petits mouvements qui sont autant de paroles- la réaction épidermique du rejet qu'il se targue et se félicite de produire chez autrui. Et Charogne le déçoit si peu à ce sujet qu'il doit s'en mordre les joues. Autrement, il pousserait l'outrecuidance jusqu'à lui gueuler son rire à la figure. Mais ce n'est jamais bien utile dans ces cas-là, car ses yeux rient pour lui, que ses lèvres consentent ou non à rester scellées sous la moustache déjà luxuriante qui semble donner plus d'ampleur à sa bouche, au lieu de consentir à la faire disparaître. Ainsi sont faîtes les gueules de faune, de volutes en saillies elles persistent à s'épandre, bondissant sur les yeux à la moindre expression.
Si elle savait, la Charogne, d'où lui viennent ces nuances délavées de français abâtardi, ces éclats coupants d'un langage distingué... Avec ses grands airs et son austérité, à lui ressasser les convenances d'une autre époque, alors même qu'il a cueillie ce langage étranger qu'ils parlent tous les deux aux lèvres coupantes d'une fille qui lui ressemble trop ; la presque-femme au long corps de couteau- plus indécente qu'il ne le serait jamais, plus sèche qu'aucune Charogne. Autrement plus dangereuse et sauvage qu'un Grand Bouc au cabotinage instillé de candeur. Bacchante furieuse aspirant à déchirer le monde, quand il n'est rien qu'un satyre en devenir, quoique déjà bien investis du rôle. Il pourrait lui faire ravaler ses exigences en même temps que ses (quelques) couleurs pour la faire s’étouffer d'indignation en ne laissant filtrer qu'un aperçu de sa joie toute païenne, qu'un soupçon de sa bestialité poisseuse.
Mais il admire sa fierté inébranlable, son orgueil teinté de mépris, comme on observerait avec intérêt une performance sportive. Charogne est suffisamment convaincue de sa valeur et de son importance pour tous les dédaigner, pour ne leur accorder qu'une indifférence mâtinée de répugnance. Exigeant un respect qu'elle ne montre à personne, et quoique probablement lucide sur sa véritable place au sein de la Maison, se refuse à accorder ses manières à son rôle d'adulte marginale dénué de réel pouvoir. Cet acte de résistance lui inspire une forme de respect, quand bien même il sait pertinemment que son indulgence n'est pas étrangère au fait qu'il n'estime pas avoir quoique ce soit à craindre de cette femme. Cela n'y change rien : elle a de la prestance, Charogne. Elle ne se démonte pas. A toujours quelques mots bien senties à lui renvoyer, une attitude agacée ou écœurée à lui soumettre ; lui n'y voit guère qu'un jeu, ne se formalise pas de ces piques ni de tout ce dégoût pourtant bien réel. Car il trouve à Charogne quelque chose de bien trop Extérieur à la Rouge pour en être touché... Le même sentiment qui l'étreint quand surviennent les visites familiales, et que le Père s'essaie à lui faire ressentir tout le poids de sa désapprobation et de sa déception, bien en vain quand aucun de ses mots ne semble pouvoir l'atteindre. Sans doute lui faut-il imputer ce sentiment en grande partie à l'incongrue ressemblance de Charogne et de Brocéliandre, cheftaine cynique de la meute enragée qu'il fréquentait avant de parvenir aux murs de la Maison. Mais au fond, quelle importance ?
Il y a quelque chose d'infiniment agréable à constater qu'il est toujours une nuisance pour Charogne. Petite dose jubilatoire de détestation quotidienne. C'est presque rassurant d'être réprimande, d'avoir sa place dans le coin d'un rictus, d'être responsable de cette inévitable contraction des narines... Raspoutine trouve un certain confort à se complaire dans ce rôle de faune miasmatique, aussi bien quand on y apporte des réactions attendues -dégoût, méfiance, gêne ou incrédulité- qu'en cas d'impondérable. C'est un costume aisé à enfiler, une deuxième peau connue et appréciée, une identité qui le digère peu à peu. Une image faîtes sur mesure. Une image qu'il contrôle. Une image qui n'en dira jamais assez pour le rendre vulnérable. C'est un rôle qui lui assure une place de choix, suffisamment voyante pour être importante, mais assez à l’écart de toutes ces intimités amicales angoissantes et suintantes de promesses, de toute cette sympathie émaillée de confessions, qu'il ne se permet qu'avec si peu de personnes. Un rôle ingrat embrassé avec fouge. Un rôle qui lui confère un sentiment de puissance.
Rien n'est plus simple désormais que de se laisser happer : c'est ce qu'on attend de lui. C'est ce qu'il aspire à être. N'est-ce pas... ?
Je n'aspire qu'à vivre Dehors en compagnie de Banshee.
Mais les pensées sont si nombreuses à chaque instant dans son crâne d'hyperactif qu'aucune ne s'y impose. Toutes y filent prestement, le traversent en comètes. Doutes et questions se chassent, appréhensions s'enfuient, et chaque observation est prétexte à une nouvelle explosion d'idées. Ainsi n'aura t'il pas à s'appesantir sur quoique ce soit de douloureux avant que l'Envers ne vienne s'emparer à nouveau de ses souffrances, de sa colère, pour lui tordre le corps et l'envoyer hanter sa forêt automnale. Tant qu'il y aura de quoi fragmenter son attention pour mieux disperser les questionnements gênants, Raspoutine sait qu'il n'aura pas à faire face aux appréhensions grandissantes qu'il réserve à ses nuits solitaires. Tout étant prétexte à la contemplation, il ne s'en inquiète guère.
Il sent plus qu'il ne voit Charogne reculer à ses côtés, défilade d'une ombre dans le coin de son œil. La gamine qu'il surplombe dans ses habits froissés a un même imperceptible mouvement de recul ; une méfiance qui se lit plus dans ses yeux, et pas la moindre réponse à lui fournir quand il s'essaie pourtant à engager la conversation. Peut-être l'intimide t'il à la couvrir ainsi de son ombre imposante, peut-être craint elle de répondre à son sourire hirsute quand Charogne manifeste si clairement  sa répugnance à le savoir tout proche, occupé à polluer allégrement leur atmosphère de ses relents mêlés (sueur, sous-bois, odeur de bouc et d'humus frais), peut-être bien s'étrangle t'elle avec sa langue de plomb ou est-elle prise à la gorge par sa puanteur ; toujours est il que les mots ne viennent pas. Ils n'en ont pas l'audace, alors que s’abattent ténèbres et panique.
C'est d'abord aveuglant. C'est d'abord oppressant, d'une densité sans faille, une épaisseur sans mailles, quand ses yeux peinent à voir. L'ombre est si obsédante de présence et de soudaineté qu'il ne capte tout d'abord aucune des lumières échancrées en sa masse. A lui en flétrir le souffle à même les poumons quand il croit un instant perdre le contrôle de sa chair, que le sentiment de sentir l'Envers le remodeler en ces lieux trop bouillonnants de présences vient assaillir ses nerfs. Son premier réflexe et de se tâter le crâne pour y chercher des cornes.
Mais il n'y a là que la tignasse échevelée cascadant jusqu'aux confins de sa colonne vertébrale. Nul attribut faunesque émaillant sa carcasse.
Et partout des lueurs, malgré les hurlements et les silhouettes gesticulantes. Pas d'Envers qui s'infiltre, rien qu'une obscurité tombée trop promptement. Et la panique dans l'air, électrisant ses nerfs ; les synapses s'enflamment dans un mouvement conjoint. Raspoutine a toujours été réactif en situation de crise, stimulé par l'urgence plutôt que paralysé. Il sait pouvoir compter sur quelques autres créatures à sang froid pour remettre de l'ordre, à commencer par Fange.
Mais il ne s'attendait sûrement pas à voir Charogne prendre les devants comme elle le fait alors, volant à une Princesse son valet momifié. A moins qu'il ne s'agisse d'un moyen de se défiler pour échapper à leurs flots juvéniles ? Le faune ne se sent pas la légitimité d'en juger par lui même. Il observe l'enfant aux cheveux noirs emboîter le pas à Charogne en songeant qu'il s'agit là d'une bien mauvaise idée- cette gamine ne lui sera d'aucune utilité pour remettre le générateur électrique en fonction, plus encombrante que secourable dans toute sa fragilité. Mais ce sera toujours une personne de moins à gérer de son côté, et s'il vient à la noiraude l'envie de faire une petite excursion nocturne dans les couloirs pour frissonner un peu...
Car c'est de bonne grâce qu'il s’exécute à l’interpellation péremptoire de l'adulte. Sa décision était déjà prise : pour discipliner un instant une foule, rien ne vaut une grande gueule. Et nul autre que lui n'en a une aussi absurdement immense. Il compte en faire un usage tout autre que celui de Charogne de sa propre voix- moins railleur et plus réconfortant, malgré l'autorité. C'est presque une habitude désormais, de jongler entre les casquettes de faune et de chien de garde. Il est déjà celui qui brave les nuits les plus profondes pour les plus jeunes du groupe, nichoir humain d'enfants tremblants fondus à sa carcasse. La grande peluche animale contre laquelle on vient se blottir pour quêter un peu de réconfort ou une once de courage. Aussi hérissant soient ses excès en temps normal, il se fait rassurant dans toute sa pesanteur quand le monde va à la dérive.
Il se saisit d'abord du fauteuil de Princesse, abandonnée sans pitié aux longs remous de la foule, conduisant l’aristocrate à roulettes jusque dans le coin de Dortoir qu'il occupait en compagnie de Charogne et de la gamine noiraude. (Non sans gueuler amicalement dans son dos "CA VA ALLER PRINCESSE") Une fois de retour dans cette enclave, son bras s'étend jusqu'au point de rupture au-dessus de quelques têtes fébriles, chatouillé de cheveux, pour se saisir d'une bougie grelottant sur une commode et la ramener vers lui. Puis se levant sur le lit, il se transforme en phare.
Dressé de toute sa hauteur, lueur brandie au-dessus de la tête, il interpelle la salle de la seule manière qui donnera des résultats probants.
En gueulant comme jamais de sa voix d'opéra.

-WOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOW
Tremblement de terre dans la poitrine, propagé aux tympans. Il n'aurait pas crié plus fort avec un mégaphone. C'est un beuglement cataclysmique qui réduit au silence presque tout le Dortoir, ne le laissant peuplé que de quelques mots chuchotés au sein de la foule, et du bruissement foliaire de tous les corps qui se tournent vers l'origine de ce hurlement supersonique. Raspoutine est immanquable malgré l'obscurité, silhouette massive et échevelée dont le visage est plus semblable à un masque rituel, ainsi dessiné d'ombres.
Il pourrait être un de ces monstres déglutie de l'Envers, bouffeur d'entrailles s'extrayant de la sylve pour entraîner les imprudents dans son terrier d'ossements.
Mais il reste immobile, bien dressé sur le lit, et plutôt que de bondir au sein du champs de chair moite ondulant sous ses yeux -informes entrelacs bleutés de corps à peine visibles-, il prend la parole d'une voix de stentor portant suffisamment pour emplir tout le Dortoir.
ON SE CALME. CETTE SALLE EST LA MÊME AVEC OU SANS LUMIÈRE. L'obscurité n'est pas dangereuse, les mouvements de foule, SI. EST-CE QUE C'EST CLAIR ? PAS DE TAPAGE. Alors pour commencer, restez TOUS immobiles pour laisser vos yeux s'habituer à la luminosité ambiante- aussi faible qu'elle soit, vous y verrez mieux d'ici quelques minutes.
Minutes qu'il compte bien occuper en parlant, jusqu'à ce que tout le monde soit un peu plus calmé. Raspoutine n'a pas son pareille pour captiver l'attention d'autrui, sans compter qu'on aurait pu lui décerner le titre de dompteur de foule si on l'avait créer. Et il use sans vergogne de cette capacité, mettant dans sa voix toute la puissance et toute l'autorité dont il peut la gonfler ; y ajoutant un soupçon de chaleur presque onctueuse, pour faire passer le morceau.
<< Je tiens à vous rappeler qu'il y a parmi nous des roulants, des boiteux, et toutes sortes de carcasses fragiles- si l'un d'eux est proche de vous, veillez à NE PAS le bousculer. Les Cerfs comptant une majorité de ces êtres délicats parmi leurs rangs, j'espère vous faire comprendre à quel point je serai contrarié d'apprendre que du mal leur a été fait. Nous sommes capables de faire face à la nuit bon sang de Rouge, nous le faisons TOUT LE TEMPS. Et tant qu'on y est, afin de mieux se repérer dans ce cambouis, demandez leur nom à vos voisins- ce sont des gens qui vous entourent, pas de obstacles à renverser de l'épaule.
QUI PLUS EST. Notre seule source de lumière est composée DE BOUGIES. Est-il utile de vous rappeler que si nous renversons l'une d'elle, un risque d'incendie pourrait sérieusement nous compliquer la tâche ? Et par la tâche, j'entends SURVIVRE A CETTE NUIT, ce que nous n'aurons TOUS aucun problème à faire en gardant notre calme.
Tout ce dont nous avons actuellement besoin, c'est d’organisation. D'ici quelques minutes, nous pourrons commencer à évacuer le Dortoir SANS BOUSCULADES, mais pour le moment, il faut que nous sachions qui est où- ceux qui le souhaitent quitteront la salle par petits groupes, mais il faudra encadrer la sortie. FANGE, GUILLOTINE
, interpelle t'il deux têtes connues qu'il a déjà repéré depuis un certain temps dans une des zones éclairées du Dortoir, vous pourriez vous charger d'organiser un peu ce foutoir en commençant par répartir la lumière dans la pièce ? Je demande également aux Loirs sachant où trouver des bougies et lampes torches au sein du Dortoir de se faire connaître et de se laisser superviser par les deux Rats suscités ; nous baignerons bientôt dans une douce clarté si tout le monde reste calme ! Je vais me poster près des portes pour gérer le flux des départs, mais laissez nous d'abord le temps de rendre la salle un peu moins obscure. La lumière sera peut-être rétablie par Charogne dans les prochaines minutes ; autrement, nous aurons quand même tous passés un agréable moment, quoique trop court ! Inutile de transformer cette fête en émeute, d'autant plus qu'elle n'est pas terminée ; nous pourrons aussi bien la poursuivre à la lueur de bougies, une fois l'ordre rétablis. Nous avons des musiciens, des chanteurs, des danseurs, des-qui-aiment-le-spectacle ! Nul besoin d'enceintes ou de guirlandes électriques. Foutredieu, nous sommes bons. ET SURTOUT TOI CHAMAN, OUI JE TE VOIS. Quelques applaudissements pour Chaman !
Qui s'ensuivent à l'horreur du principale concerné, menaçant de se dissiper comme la fumée d'un de ses bâtonnets d'encens du fait de l'attention qu'on lui porte. Combustion rouquine spontanée.
<< Tout le monde aime tes préparations, Chaman (sauf Charogne). Tu me remercieras plus tard. (il va piquer une crise) Je demanderai juste à ceux qui sont proches des buffets de ne pas tout manger pour réguler leur stress. MERCI.
Et le discours achevé, plie les piliers de ses jambes pour s'assoir sur les rebords du lit. Fixe un instant la Rate, avant de s’exclamer :
Ben ça alors ! J'avais même pas fais attention que tu avais une bougie.
Refile par conséquent la sienne à quelqu'un d'autre, puis tourne un sourire gentiment moqueur vers Princesse.
Ça ne te fait quand même qu'un clignotant sur deux.


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Princesse
Sam 30 Sep - 22:03

un miroir brisé des poèmes qui brûlent mon corps qui hurle encore et encore


lèvres pincées, rouge mordu qui contient le flot venimeux de ses insultes. garder le sourire - balayer le pou et se laisser guider par la brèche refermée. ne rien dire. faire semblant de ne pas avoir entendue, pour une fois. ne pas chercher le conflit. avoir envie de dormir. d'oublier ; jeter les morceaux de porcelaine cassés.

sourire las, regard noirci qui balaye la scène et les danseurs devenus pantins.

princesse qui aurait du s'abandonner au bois dormant.

- je sais pas si tu veux tester de te faire écraser le pied par une roue et sa charge de 80 kilos mais sinon je te conseille pas la danse.

c'est drôle, pas vrai brèche ? comme elle a l'air faible. pour une fois ; repose sa joue sur son poing, souveraine fatiguée des soupirs alanguis. vouloir mourir - inverser les rôles sous les draps qui étoufferont leur musique de punk à chien. passer la tête à l'envers, sentir des genoux qui s'entrechoquent, accorder les guitares imaginaires, et pouvoir enfin danser. ça lui donne envie. c'est fatiguant tu sais, de faire comme si.

- j'ai pas faim, merci. on peut aller dans les dor-

meurs
la lumière meurtrie qui éclate dans les étoiles et le phosphore verdâtre - elle sursaute princesse, soulève d'un coup sa silhouette langoureuse qui était prête à s'endormir. les yeux blancs qui s'écarquillent dans la noirceur des effrois, cris perçants qu'elle couvre avec les siens. l'encre. couler, couler, crier ses derniers souffles. crisper ses ongles sur les accoudoirs déchirés ; fermer les yeux pour retrouver des gris plus chaleureux. c'est une enfant, vous savez - princesse a peur du noir.

et ce sont les peurs les plus fortes qui donnent les plus beaux cris.

alors la brèche s'ouvre.

- brèche, brèche, il faut qu'on sorte. MAINTENANT.

la flamme qui tremble contre ses doigts-frissons, tendres terreurs enfantines. elle garde les yeux rivés sur la flamme, y cherche le réconfort d'une maman. elle croit que - ses jambes tremblent ?

alors la brèche s'ouvre.

- brèche ?

et le sang coule quand la charogne s'empare de son phare, sa lumière de substitution, crie de plus bel de la voir s'éloigner derrière la flamme. qu'a-t-elle fait charogne ? n'a-t-elle pas rendu son dernier devoir ? n'a-t-elle pas appris les noms des conquérants par cœur pour savoir d'où elle vient ? elle pensait - elle pensait que tu l'aimais bien charogne.

alors on la bouscule on s'excuse avec la prestance des vraies altesses et - oh non ! la princesse se met à renifler.
mais heureusement, raspoutine (1869-1916) est là pour la sauver.

(alors tout va si vite)
ça valse autour d'elle, les bougies tournent et s'entrechoquent et c'est l'incendie dans sa tête. de sa main libre, elle entreprend de recueillir les quelques larmes qui naissent dans le creux de ses yeux, juste en-dessous de ses cils de précieuse. poindre, poindre, mais ne jamais couler - elle veut bien le croire quand il dit que ça va aller.

se laisser guider par les géants car ils sont bien les seuls qui connaissent le chemin. princesse fébrile, garde la tête haute des dirigeantes asphyxiées. l'écouter parler c'est comme respirer un peu plus, avoir deux bougies. raspoutine, il enflamme tout.
mais les plus beaux discours ont tous une fin et le roi s'échoue. mourir de ne pas pouvoir s'échouer avec lui sur le bord du lit ; s'avachir sur le trône, l'unique, sa dure moitié.

un seul clignotant ? ça blesse un peu quand on est pas d'humeur

- j'ai pas un neurone sur deux au moins, c'est déjà ça

la méchanceté habituelle, elle sourit aussi jusqu'à se demander si ses larmes sont devenues noires.

tourner la tête - ne jamais dire merci à haute voix

- je- je me suis fait mal à la main, tout-à-l'heure. quelqu'un m'a bousculé super fort. il me faut quelqu'un pour bouger

elle préfère dépendre de lui que d'imaginer qu'il puisse l'abandonner


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BY MITZI
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La Rouge
Sam 30 Sep - 22:59





Event 1 - La Fête des Loirs


La coupure a eu le temps de vous terrifier, le peu de temps qu’elle a pu durer car au bout de cinq minutes, peut-être sept, le générateur de secours se met en marche et illumine vos visages apeurés d’une étrange lumière jaunâtre. Les ampoules, ce soir, ne pourront pas faire mieux et le frisson qui vous accable vous laisse sans doute présager une étrange suite des évènements.

Comme vous avez raison.

Surgit du couloir où Charogne, dans toute sa splendeur d’adulte responsable, vient de s’engouffrer, deux silhouettes surgissent. Un, pré-adolescent, brun et chiffonné, l’autre plus jeune, blonde et larmoyante de morve mal essuyée. Elle chiale tant et si bien que le garçon qui l’accompagne, un Cerf du nom de Frangipane, ne sait que faire pour l’aider mais son regard bleu s’éclaire à la vue de la professeure qu’il connait bien :

« Madame ! » Puis un froncement de sourcils. « C’est vous qui étiez de garde à cette fête déplorable ? » Oui, Frangipane, en plus de sentir cette saveur d’amande amère et de porter, toujours sur sa tête, la couronne du jour de l’an de son arrivée, parle extrêmement bien. « Retournez à la salle, madame ! Il y a fort affaire ! Fleur… »
« Lui !!!! » S’écrie soudain la petite d’une voix hystérique, avant de recommencer à pleurer.

De la salle, vous avez pu entendre ce cri, simple mirage pour les plus éloignés. Et déjà Frangipane entre, sans plus attendre, cherchant Richter, avant de se rabattre sur Raspoutine à proximité.

« Il y a urgence ! » Il lève la main de la petite, tremblante. Et annonce. « Elle a vu quelque chose ! »
« Lui lui… » Balbutie Fleur sans pouvoir s’en empêcher. Elle sent un peu la pisse, la florale. Et pour cause, du haut de ses sept ans, et du moignon qui pend à la place de son bras droit, elle n’a pu que se soulager face à la chose informe qui s’est approchée. Ce lui mystérieux qui attire votre attention.

« L’a voulu mettre ses doigts dans sa bouche ! »
« Quoi ? »
« Comment ?! »
« C’est quoi ce putain de bordel ?! »
« Qu’est ce qu’elle raconte ?! »
« IL s’est approché, tout blanc. Il a voulu prendre ma… »

Elle cherche le mot, se tourne. Voit la blanche et noire, près de la porte et la pointe du doigts.

« Quoi ? Quenotte ? »
« Quenotte ! »

Alors quelqu’un comprend, dans l’assistance.

« Ça a voulu lui voler ses putains de dents ! »
« Qu’est ce que c’est ? »
« La Grande Rouge ?! »
« Un monstre ?! »
« Que fait-on ?! »

Des groupes les plus éloignés, la parole vous est reprise par les murmures des gamins qui font écho. Si vous ne voyez pas l’enfant, vous savez ce qui se passe. Et Fange, ainsi alerté, s’avance, les poings serrés.

« Quelque chose a essayé d’attaque la gamine ! »
« Putain de merde… » Jure une voix douce, presque rêveuse.
« On doit le retrouver. »

C’est peut-être la surprise qui vous cueille, ou l’incompréhension. Aussitôt le chef des Rats affirme.

« Vous, rentrez dans vos dortoirs, mais nous, nous allons à la chasse. On peut pas laisser un fondu arracher les dents des gosses. »
« C’est pas un d’entre nous… » Murmure Fleur, lui donnant raison. « C’était tout blanc… c’était comme une ampoule. »

Encore un produit de l’Envers, songe Fange, avant de se tourner vers sa sœur.

Pour l’instant, vous êtes presque entremêlés, avant que le chef désigne, tour à tour.

« Lieutenant et moi, nous prenons le couloir de gauche. Hibou ! » Où est passé le gosse qui était avec eux. « Hibou et la môme, vous allez rattraper vos conneries. Cheshire, t’es volontaire ! »

Puis son doigt se tourne vers le reste.

« Raspoutine, tu prends ceux qui te sont proches là, Princesse, Brèche, Bougie aussi, t’en es. Charogne. » Hors de question de l’appeler madame. « Suivez les avec la gosse. Frangipane ? »
« Je ne reçois d’ordres que de mon chef… »
« Alors va te faire foutre. Quenotte. » L’appel est presque tendre. « Prends le reste de la troupe autour de toi, Tâche, Hypnos, Pieds-Nus aussi ouais t’en es, avec Petit Chien. » Reniflement. « Vous allez tous donner un coup de main et je VEUX RIEN ENTENDRE PUTAIN PAS UN MOT DE PLUS. On doit retrouver cette merde. On va lui faire payer le prix. »

Il n’y a pas de fête sans baston après tout. Et déjà Fange fait signe à Lieutenant de le suivre, comme aux autres, embrayant son annonce par un premier pas salvateur.

Que les autres aillent se pieuter, que personne ne fasse chier. La chasse ainsi commence.







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Brèche
Dim 1 Oct - 13:50
Mais pourquoi elle ? Ce fut la question que Brèche se posa tandis que Charogne l'attrapait entre ses serres l'extirpant de Princesse. Elle entendit la Ratte l'appeler, cria son nom au sein du tohu-bohu comme si, ainsi, elles allaient pouvoir renouer, empêcher l'Adulte de l'emmener hors du dortoir. Pourquoi elle ? Elle n'avait rien d'une héroïne, c'était une gamine sans atouts, juste un sac de sable incapable de crier lorsqu'on la cognait. Elle n'eut pas un regard pour la marque laissée par la main de Charogne sur son poignet, bracelet de chair malmené, acquiesçant vaguement à la requête de l'enseignante. De toute elle se voyait mal contredire une aînée. Pas comme Bougie qui, déboulant, exprimant tout haut ses craintes.

« Les chefs vont s'en occuper, non ? » Brèche ne pouvait s'empêcher d'être hésitante. « C'est pour ça qu'ils sont chefs... Pour veiller sur les autres. »

Mais allez savoir. Brèche espérait que tout ceci n'était qu'un court-circuit, un souci technique comme on pouvait en rencontrer par dizaine dans l'En-Dehors. Néanmoins une part d'elle ne se faisait guère d'illusions. Si la cause était naturelle, ses répercussions, elles, pouvaient éveiller des entités qui, repues, n'attendaient que ce signal pour se montrer.

Brèche avait opéré quelques pas dans le sillage de Charogne lorsque la lueur revenue, d'un jaune pisseux, irradiant des ampoules. Une faible luminosité mais qui leur permettait déjà de voir plus loin que le bout de leur nez, ce qui n'était pas négligeable. Sous la lueur électrique miroita la couronne de papier de Frangipane. Revenant aux abords de la porte du dortoir, la Loir suivit les échanges les yeux écarquillés.

Pas même les plus anciens des pensionnaires ne semblait savoir de qui était question. Était-ce un Adulte peu scrupuleux, une Araignée qui rassemblait les dents pour en faire cadeau à Carie ? Ou pire ? Au vu des propos de Fleur, cela semblait être la seconde option. Le chef des Rats divisa les participants, forma des groupes et Brèche se tut, n'osant pas même dire un mot. Bon chien courbant l'échine devant la main du maître.

La Loir emboîta le pas de sa cohorte, les laissant s'engouffrer au sein des couloirs de la Maison. Son regard ne quittait pas Fleur, pauvre gamine qui avait l'air d'avoir vu pis que la Rouge. Son état lui rappelait le sien après ce rituel où elle avait perdu deux de ses camarades imprégnant sur l'envers de ses paupières des images qu'elle aurait préféré ne jamais voir.

Elle s'avança à ses côtés, posa sa main sur le moignon de Fleur en ignorant délibérément la gêne que cela pouvait occasionner, les remugles de pisse et de transpiration qui imprégnaient son corps.

« Fleur ? Je... Tu devrais nous dire ce que tu as vu... C'est dur, je sais... Mais ça pourrait nous aider à savoir ce que c'est. »

Sourire contrit qui se voulait apaisant.

« Est-ce que ça ressemblait ? Une fée-ampoule ? C'était peut-être la fée des dents ? »

Se rappelant l'état d'une de leurs compatriotes, Brèche demanda à la cantonade.

« Est-ce que quelqu'un pousse Princesse ? Ou je peux m'en occuper. »

Elle pourrait alors s'excuser de son départ, même s'il n'avait pas été souhaité, ni de son fait.

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Charogne
Dim 1 Oct - 21:16
Alors que Charogne s'enfonce dans l'obscurité du couloir, les braillements de Raspoutine en fond sonore, deux silhouettes malingres surgissent de nulle part. Elle reconnait le petit roi Frangipane qui aurait plus sa place chez les Cygnes avec sa gueule de fayot et ses manières de duchesse et la fragile Fleur qui a l'air d'avoir vu un fantôme. Retour dans le dortoir à la case de départ, Charogne reste à l'entrée, appuyée contre la porte et écoute, haussant le sourcil, le récit abracadabrant d'une rencontre du troisième type. Même pas le temps de commenter que le général de guerre Fange part au quart de tour, organise une battue et se permet même de désigner les groupes de volontaires. Bien sûr la prof en fait partie. Bien sûr.

▬ Bin oui, bin ouiiii. On va allez chercher la p'tite fée des dents selon les dires d'une môme de sept ans qui fait encore pipi au lit quand elle fait des cauchemars. Et puis dans le noir total parce que c'est sûrement ni un mauvais rêve ni une mauvaise blague, hein. Puis en admettons que ce soit pas un monstre imaginaire, si on tombe dessus on fait quoi ? Raspoutine tu l'assommes avec ton odeur (ou tes discours), Brèche tu lui lances tes grigris pour la faire trébucher, Bougie tu pousses Princesse pour qu'elle lui roule dessus et moi je la finis avec une remarque passive agressive.

Non parce que franchement c'est une idée à la con y'a pas à dire. Mais la parole de Charogne semble valoir bien peu face à celle du chef des Rats qui est déjà sorti avec toute sa cohorte de bons petits soldats. De toutes façons puisque la fête semble être interrompue autant jouer le jeu. Peut-être que pour les jeunes d'aujourd'hui partir à la chasse aux monstres dans le noir est un nouveau concept de soirée. Bobards ou créature de l'Envers, Charogne n'a plus de dents de lait et se fiche royalement de savoir qu'un potentiel voleur de chicots sévit dans La Maison. C'est pas comme si elle volait des membres ou des organes quoi. Les dents ça repousse. Une fois. Normalement. Bref elle s'en fout, elle se sent pas concernée mais s'exécute à contre-coeur craignant qu'une absence totale de réaction de sa part n'entraine une réaction de panique totale chez les pensionnaires.

▬ Vous avez entendu Sa Majesté Fange ? Puisque Môsieur veut qu'on parte en expédition on va partir en expédition direction la cave. Tant qu'à chercher l'équivalent du Big Foot à cheval sur une licorne autant chercher du côté du générateur. Et on s'active j'ai pas que ça à faire. Brèche tu laisses Fleur tranquille et t'avances. Tu vois bien qu'elle est pas capable d'aligner deux mots.  Elle attrape en passant ladite Fleur par l'épaule et sans une once de délicatesse s'accroupit à sa hauteur avant d'enfoncer ses ongles dans son visage. Ouvre la bouche. Ordonne-t-elle en tirant sur les joues de la gamine qui s'exécute toute tremblotante. Ah bin oui dis donc ma puce, t'as plein des belles quenottes sur le point de tomber. Tu m'étonnes que machin soit venu te chercher. On devrait lui faciliter le travail en arrachant tout ça tout de suite !

Charogne elle est comme ça. Quand elle est énervée faut qu'elle crache au visage des plus petits. Elle laisse Fleur se remettre à pleurer et reprend son chemin bougie à la main dans les couloirs, direction le sous-sol. Avec de la chance Fleur va chialer si fort que si créature il y a, elle reviendra à l'assaut illico. Maintenant qu'elle y pense, Charogne qui connait l'existence de l'Envers sans vraiment la comprendre, n'est pas si sûre de vouloir tomber nez-à-nez avec cette charmante bestiole. Elle n'en est cependant pas au point de regretter son geste. Au pire, ce ne sont pas les sacrifices qui lui manquent, pense-t-elle en lançant un regard autoritaire au groupe de jeunes gens sur ses talons.

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Animal, tu n'as pas le choix, tu auras mal ✝️ Animal.
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Lun 2 Oct - 16:25



Bougie avait enfin rejoint la professeur et la Loir, et bien que Brèche pensait que les chefs régleraient cela d'elles-même, Bougie en était moins sûre. Ils avaient l'air de tous s'amuser surtout Raspoutine qui avait fait une tentative de drague à Charogne de ce qu'elle avait vu. Enfin elle n’était pas là pour le juger, mais elle l'imaginait plus digne de respect en défendant les autres enfants. Mais peut-être que cela n’était valable que pour les enfants Cerfs allez savoir.

Avant même que Bougie ne put piper mot que deux enfants qu'elle ne connaissait que de vue et de nom se firent remarquer de façon plutôt fracassante pour les oreilles, mais cela fut accompagné d'un retour léger de la lumière au plafond. Et du coup, par la même occasion, d'un retour du trio en direction du centre du dortoir a écouter plus attentivement ce que les deux enfants avaient à dire.

Un monstre ? Il y avait donc bien une chose qui était à l'origine de toute cette agitation et de ce cri qui avait perturbé la fête au sein du dortoir des Loirs. Bougie avait donc peut-être vu juste et bien qu'elle pensait toujours qu'elle n'aurait peut-être pas pu aider autant qu'elle le voudrait, il n'aurait pas forcément été prudent d'y aller seulement juste à deux.

Brèche, fidèle à elle-même, alla réconforter Fleur tout en essayant de la faire parler sur ce qui l'aurait mis dans cet état. Mais c'était sans compter sur la professeure et seule figure adulte de la fête qui commençait à perdre son sang-froid et se mit à dire tout haut ce qu'elle pensait restant fidèle à elle-même.

Cependant Bougie aurait bien une chose à modifier dans le récit de l'adulte car quitte à sacrifier Princesse comme elle le disait, elle aurait sûrement mit le feu pour qu'elle devienne une merveilleuse flamme vivante pour apaiser et purifier les alentours, car rien n’était plus apaisant qu'une flamme.

Par contre est ce que cela l’étonnait qu'une créature du genre fût peut-être ici ? En y réfléchissant rapidement, pas du tout. Il y avait bien une femme blanche qui essayait de l'attraper avec une cohorte de lapins dans l'Envers et elle avait déjà vu des Envers bien bizarre depuis son arrivée. La question était : est ce possible que certaines créatures de l'Envers puissent faire comme eux mais dans le sens inverse ?

Charogne avait été examiner Fleur qui se remit à pleurer juste après. Bougie ne voyait qu'une chose pour l'apaiser. Bougie prit une de ses créations sur une table non loin d'elle et approcha de la petite Fleur.

— Tenez c'est une bougie. Elle est très apaisante vous verrez. Je l'ai faite moi-même. Si vous voulez vous pouvez pousser Princesse comme Brèche a demandé un volontaire, puis comme cela vous ne serez jamais seule. Nous avons une adulte et un chef de groupe. On a de la chance. On ne devrait rien avoir à craindre.

Enfin Bougie disait cela, mais vu ce qu'il s’était passé plus tôt comme contact avec Raspoutine la Loir aller sûrement être plus proche de l'adulte que du chef des Cerf qui avait peut-être trop bu vue sa façon de parler.

Bougie sortit une petite boîte sous un lit qu'elle ouvrit. C’était une petite boîte où elle rangeait certaines choses. Elle en sortit une petite molaire de lait.

— Je ne me suis point fait voler ma dent de lait. Cela pourrait peut-être nous aider si cette créature existe vraiment et qu'elle est attirée par les dents de lait.

Résumé
Bougie offre une de ses bougies à Fleur pour l'apaiser et lui propose de pousser Princesse comme ça elle ne sera jamais seule. Elle sort d'une boîte à secrets une molaire de lait qu'il lui appartient et qui pourrait servir d'appât pour la créature.


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Raspoutine
Mer 4 Oct - 12:17
La Princesse l'éblouie d'acide et de fragilité, et pendant un instant, rien qu'une seconde imposée pesamment à sa chair, une immense fatigue tombe sur lui, déferle en mer visqueuse. Fatigue de la vie qui les fracasse tous d'une angoisse à une autre, de toutes ces peurs qui les font danser stupidement au rythme des mensonges, des violences et des larmes. Fatigue d'être celui vers lequel migrent tant de fragilités adolescentes et de détestations farouches, feux croisés nuits et jours lui mitraillant les nerfs, quand il n'aspirait qu'à être un grand frère un peu chien pour les Cerfs. Fatigue de lui même, de sa carcasse trop lourde, de ces milliers de mots qui tourbillonnent toujours dans son crâne de grenier comme autant d'oiseaux borgnes- fatigue de l'absence sans réponses qui creuse un peu plus ses tranchées dans son cœur à chaque journée qui passe, et de tous les obus emplis de murmures qui n'ont de cesse d'y frapper.  Fatigue d'avoir à être un phare duquel on se détourne quand on ne se plaint pas d'être aveuglé par lui, fatigue de guider tant de mals-êtres à son étreinte et d'en faire fuir tant d'autres, incapable qu'il est d'agir comme il le faut. Fatigue de ne pas être assez bon pour tous les sauver, les porter, fatigue de s'échiner à le faire alors même qu'au fond de lui il aimerait pouvoir les laisser à leurs errances pour ses propres rêveries, ses propres espérances assassinées dans l’œuf. Fatigue de jouer le jeu de la Rouge, de s'y laisser broyer avec fatalisme, car il serait bien en mal de faire quoique ce soit d'autre, car il est sa place et qu'il doit la tenir jusqu'à la dernière heure, avant d'être éjecté ou dissous dans l'Envers. Fatigue d'être piégé. Fatigue d'avoir choisi cette voie là, de ne pouvoir s'en prendre qu'à ses propres choix, tous mauvais à l'aune de la situation. Fatigue et un désir de fuite.
Les abandonner là avec leurs comédies absurdes, s'éclipser pour les renvoyer à la tranquillité. Tous les planter à la faveur des ombres, aller dans la forêt, traverser ses ténèbres, disparaître à l'extérieur au sein des villes squameuses. Vivre au gré des routes, des famines, en poursuivant son carnaval faunesque pour un publique réduit d'éphémères à saigner de leur bonne volonté- et partir encore. Quitter une à une toutes les villes, toutes les âmes papillonnantes s'accrochant à ses flammes. Connaître chaque lieu pour ne que mieux le quitter, avant d'avoir pu faire l'erreur de s'y enraciner. S'accoler à des vies boiteuses le temps de s'en amouracher, puis partir avec cet amour brinquebalant dans le cœur ; et le laisser partir en lambeaux dans les vents. Comme il aimerait pouvoir échapper à celui qui pourrit maintenant dans sa poitrine.
Mais ce n'est rien qu'une seconde de faiblesse, un instant d'implosion dans ses yeux, rien qu'une chape de fatigue qui glisse déjà de ses épaules quand ses lèvres ébauchent mécaniquement un sourire purpurin. Un rictus amicale qui se remplis de chaleur quand revient la lumière sur ses traits granitiques, quand sa main vient migrer à l'épaule de Princesse.

- La prochaine personne qui gravitera autour de ton fauteuil devra me compter dans l'équation- espérons donc pour elle qu'elle change très vite d'orbite à l'approche de ton trône. Nous allons passer la soirée tous les deux, mademoiselle, achève t'il en français. Enfin tous les deux avec le reste des pensionnaires, ce qui fait quand même un sacré paquet de monde.
Avec toute la bonne volonté du monde, et un sourire de con. Un sourire bienveillant, puisqu'il n'a jamais aspiré qu'à faire bien, envers ses maladresses aussi hautes que des monts. Puisqu'il n'est bon qu'à s'éparpiller aux quatre vents des autres en toute conscience de cause, puisqu'il ne supporte pas de sentir chez quelqu'un la mélancolie qui le travaille au corps au sein des nuits profondes, qu'il espère bien voir faner toutes ces sournoiseries qu'ils collectionnent l'espace d'une seule soirée. Puisqu'il est bien du genre à faire danser les princesses sur leur trône, et pour peu qu'elles ne puissent pas le quitter à faire trembler ce dernier, à les hisser sur ses épaules pour leur faire partager ses bonds comme ses oscillations. Puisqu'il vaut mieux s'occuper des autres que de penser à soi même, que de sonder même furtivement ses propres craintes voraces- elles lui boufferaient les doigts s'il s'essayait à les tâter. Qu'il lui semble plus aisé de panser d'autres âmes que d'avoir à supporter la sienne, qu'il n'en peut plus de rester seul en compagnie des mots qui envahissent son crâne ; puisqu'il n'a jamais été capable de vaincre ses tourments autrement qu'en s'engageant pour d'autres causes perdues que la sienne, qu'il a toujours vu une salvation dans la faiblesse des autres. Puisqu'il s'est toujours sentis obligé de ramasser les chiens abandonnés, à se reconnaître en eux- puisque malgré tous ses désirs de fuite, il n'a jamais cessé de prendre ses responsabilités, ne sachant où sinon dans la contrainte trouver un point d'ancrage et un but à sa vie. Puisqu'il n'a jamais pu encore abandonner personne, sauf à être entraîné par le flot de ses pensées. Et que sa seule bonne excuse pour échapper à la Maison, ses illusions, ses vampires éclopés, a préféré disparaître sans lui laisser rien de plus que des paroles cryptiques.
Alors il sera là pour Princesse. Quand bien même un soupçon de mélancolie s'attarde encore en lui.
Quand la lumière se rallume, jaune pisse sur la rétine, dégoulinade d'ampoule qui leur repeint le visage aux nuances d'une maladie du foi, cela fait à peine trente secondes qu'il a cessé de gueuler. Raspoutine songe que ce n'est pas plus mal, qu'il a occupé les ténèbres de sa voix jusqu'aux derniers moments de leur gloire éphémère- et qu'il n'y aura des gens que pour se plaindre de l'avoir entendu brailler, en plus de la rancœur à venir de Chaman. Mais il s'y confrontera bien assez tôt. Ça n'a plus tant d'importance, car demain sera à d'autres cris, d'autres excès, qui feront vite oublier ceux de cette soirée ci...
Ou peut-être pas tous.
Il pousse l'altesse en argenterie roulante vers les tables garnies en jouant de ses épaules massives, quand la gamine débarque. Un petit chiffon de chair, une poupée toute froissée aux cheveux de paille jaune, humide de pleurs et de mucus suinté. Il lui faut bien un instant pour se remémorer son surnom, quand celui de son faon couronné ne lui demande pas le moindre effort de mémoire. Mais en plus d'avoir été coupée au sécateur dans sa chair juvénile, la petite Fleur est bien fanée -un excès d'arrosage- quand Frangipane ne semble quant à lui que désemparée par la situation. Nullement altéré dans sa contenance de prince du jour de l'an, ni dans sa diction parfaite, toute faîte pour le théâtre. Le Grand Bouc en éprouve presque une certaine fierté. Il aime bien Frangipane, c'est un gamin serein qui ne l'inquiète jamais, un de ceux qu'il n'a pas peur de voir lui filer entre les doigts comme a su le faire Banshee. Ils s'échangent souvent les mots les plus improbables, inutiles et savoureux qu'ils apprennent ou gardent précieusement en l'attente de pouvoir les caser quelque part. Raspoutine lui doit calancher, brenne et érubescent. Il sait que tous ces mots peuvent être employés pour le décrire lui même.
Les mots qui s'échangent là sont plus simples, quoiqu'épicés de panique. C'est Charogne coupée dans son élan qui est interpellée la première -à son plus grand et visible bonheur-, avant que Frangipane n’aperçoive le Grand Bouc. Alors il fend la foule en traînant la manchote, et bien que Raspoutine s'attende presque à les voir suivis d'un sillon liquide tant Fleur dégorge de fluides, ils ne laissent derrière eux qu'une aigre odeur d'urine. Dont les effluves ne tardent pas à venir chatouiller ses propres narines. Rien qui ne surprenne son odorat : à vivre entouré d'enfants perturbés et malades à tous les sens du terme, certaines senteurs font désormais presque partie de son quotidien. D'autant plus quand il est celui qu'on vient éveiller au beau milieu de la nuit pour chasser les cauchemars  (ceux qui ne fuient pas d'avoir à faire au faune sont convoqués par lui quand les cornes lui poussent). Princesse doit être moins à son aise en cette compagnie pour le moins impérieuse... A moins qu'elle n'ait déjà été asphyxiée par les fragrances de son cerf-valais.
Au langage des odeurs succède celui des sons. Tout aussi pressant puisqu'il y a du volume dans la bouche du faon, quand il s'essaie à expliquer l'évènement trouble qui l'a fait débarquer ; soulève la main de Fleur pour l'enjoindre à parler. Mais il n'y a guère que des balbutiements dans ce visage de glaise, des paroles malformées barbotant dans sa bouche. Et la présence énigmatique et ressassée d'un "lui", d'un "il" qui pourrait aussi bien être le monstre du placard qu'un autre pensionnaire. Alors Frangipane trouve les mots par lui même, et l’innommable vérité s'en tinte à leurs oreilles, se révèle par fragments sous les questions pressantes.
Tout d'abord, ce ne sont que des doigts tricotant dans la bouche, mais c'est déjà trop d'imaginer cette intrusion, et à songer à pourquoi. Puis les doigts deviennent blanc, larves souples glissant au cocon de la chaleur buccale... Et puis se concrétise un dessin inexplicable, une réponse au pourquoi, mais elle n'a guère de sens.
Un voleur de quenottes... ? Voilà qui lui rappelle bien quelque chose sur l'instant- petite sourie radine volant depuis des mois leurs dents de lait aux enfants. Avant même que Banshee n'ait disparu, il sévissait déjà, passant forer aux oreillers leurs gisements d'émail, tendres perles d'enfance enfouis sous les coussins. Rapts discrets d'innocences en ivoire. Mais Raspoutine ne partage pas ses pensées à haute voix. Ce n'était que le premier énoncé du mystère ; la main et son dessin. Les évènements s'agencent encore, sous ses yeux, tandis que ses mains pianotent sur le dossier du fauteuil de Princesse. Trône des névroses où se côtoient l'hyperactivité et les corps fracassés.
Fange entre en scène, et c'est comme une lourde pelleté de terre sur une nuée de papillons affolés- un coup de pelle salvateur qui enterre la panique. Quand il ne balance pas de tiroirs, le chef de Rats sait y faire pour gérer les situations de crise. Tout du moins celles qu'il ne provoque pas en laissant traîner ses phalanges dans un ailleurs charnel qui ne demandait qu'à être inhabité de bleus, de lésions ou de morsures... Il faut s'appeler Acide pour quémander les caresses meurtrissantes d'un félin mal luné.
Fange prend donc le contrôle de la situation, clôturant la soirée déjà bien mis à mal en exilant la plupart des pensionnaires au sein de leur Dortoir, n'énumérant qu'une dizaine de noms répartis en trois groupes d'exploration nocturne. Raspoutine le soupçonne de réagir si promptement dans l'espoir de faire couler un peu de sang avant d'aller dormir dans ses songes écarlates. Une fête sans échauffourée ne saurait plaire aux Rats ; il peine à croire que leur chef se soucie en rien des menaces pesant sur les jeunes pensionnaires, d'autant plus quand l'émissaire de la catastrophe appartient aux Cygnes, parias de la Maison martyrisés sans trêve. Mais pour cette fois, il laisse faire, quand bien même l'idée de partir à la chasse aux croques-mitaines furtifs accompagné d'une paraplégique, d'une maladroite congénitale, d'une gamine qui de toute évidence ne l'apprécie guère et d'une femme aussi agréable qu'un nuage de poivre soufflé en plein visage le laisse un peu perplexe. Puis désabusé. Et enfin amusé. L'idée n'est pas brillante -pour ne pas dire stupide-, mais pourquoi pas après tout ? Au moins la soirée n'est-elle pas encore finis pour eux, quoique toute danse soit proscrite quand on chasse les fantômes. Ils partageront ainsi quelques autres souvenirs mémorables avant de regagner leur lit, quand bien même seule Princesse semble ici éprouver quelque plaisir à sa compagnie. Et si l'Envers s'emploie à chatouiller leurs sens, à vomir ses cauchemars... Alors il n'en sera que plus Faune, et ainsi prêt au pire.
Quant aux véritables raisons qui lui font porter un regard indulgent sur cette vadrouille nocturne inconsidérée... Mieux vaut les taire jusqu'au dedans de lui même. Ne pas songer trop fort qu'à se mettre en danger, qu'à plonger dans l'Envers, il amènera peut-être Banshee à se montrer. Qu'il espère l'attirer en se laissant saigner ou courir à sa perte. Pulsion d'amour et pulsion de mort ont toujours été liées, après tout... S'offrir à la seconde pour raviver le premier n'est sans doute pas aussi absurde qu'il y paraît d'abord ; Raspoutine pourrait sans doute s'en convaincre s'il se permettait d'y songer. Mais ces pensées sont à proscrire. Il est parfois préférable de ne savoir qu'en sourdine ce qui nous fait agir...
Les groupes une fois formés, Raspoutine ne se précipite pas pour autant dans les couloirs. Ne prête pas non plus une oreille attentive aux paroles de Charogne, trop pensif pour se prendre au jeu en lui renvoyant quelques piques bien senties. Il choisit plutôt de l'abandonner à ses grognements et crachats habituels (c'est mignon quand ça feule) pour aller retrouver Chaman, toujours en compagnie de Princesse, bien forcée de subir ses déplacements, puisqu'il s'est fait son majordome ce soir. Le rouquin a les bras plein de bouteilles et s'apprête à quitter les lieux dans son rideau de cheveux ; son regard rancunier et blessé parvient presque à le culpabiliser, mais Raspoutine lui demande de reconduire les Cerfs présents avant de consentir à quêter son pardon. A peine a t'il prononcé les mots "Chaman, je compte sur toi" que Fantôme apparaît dans un coin de sa vision, un gamin attaché à chacune de ses jambes. Narines à gauche, Marceau à droite. Le premier sniffe tout ce qui lui passe sous le nez, des vapeurs de colle aux fumées d'eau de javel, le deuxième est muet et aussi pâle qu'une craie. Les deux gamins saluent Princesse dans un vague bredouillage, accrochés aux échasses qui maintiennent leur ainé à ses hauteurs immaculées de Grue. Personne ne savait que Fantôme était là avant qu'il ne laisse entendre sa voix murmurante, mais le jeune homme a déjà commencé à réunir les siens. Sans doute furetait il dans la pièce depuis le début de la fête, pour remettre en place des tableaux dérangés, éponger le contenu des verres renversés, balayer quelques miettes et venir silencieusement en aide à tous les gens présents sans se faire remarquer... Fantôme est capable de remettre les cheveux de quelqu'un en place avec tant de délicatesse que l'on en remarque rien. Fantôme peut lisser les plis de vos vêtements et en couper les fils retors sans qu'on s'en aperçoive. Il peut accomplir toutes ses tâches en mouvement en balayant du pied les saletés sur le sol.
Si Raspoutine avait craint que Chaman ne suffise pas à réunir les Cerfs (ce qui n'est guère le cas), savoir que Fantôme le secondera pour organiser le retour au Dortoir suffit amplement à la rassurer quant à la sécurité des membres de son groupe.
Mes faons, mes adorables bébés malhabiles, comme aurait dit Banshee. Placés loin du danger... pour la plupart.
Ce n'est qu'une fois rassuré à ce sujet qu'il peut songer à leur petite ballade. Son dernier détour le conduit à Frangipane, qu'il remercie chaleureusement d'avoir pris Fleur en charge. La sécheresse de Fange a laissé le pauvre garçon quelque peu déconfis ; le devoir du Grand Bouc est donc de le réconforter. Ce qu'il s'emploie à faire en choisissant les mots qui sauront rendre à Frangipane un soupçon d’orgueil, une rature de sourire, clôturant son intervention par quelques tapes chaleureuses sur l'épaule. Car ainsi font les grands frères pour montrer leur fierté, leur affection pudique. Ou tout du moins l'image est elle suffisamment entrée dans l'imaginaire collectif pour que le message passe.
Ses tâches de Chef accomplies, Raspoutine s'en retourne au petit groupe formé par la volonté de Fange ; et qu'à redécouvrir, il regrette quelque peu de ne pas avoir contrarié. Quelle équipe éprouvante, rien qu'à la regarder... Quitte à se fournir en maladresse, il aurait préféré que Tâche compte parmi les siens. Au moins ce dernier n'exsude t'il pas le malaise dés lors qu'il s'essaie à exister près de lui. Difficile d'en dire autant de Brèche, malgré toute la bonne volonté qu'il met à ne pas lui tenir rigueur de sa gueulante du grenier. Et la Rouge sait qu'il a dû se retenir ce jour là de lui éclater le crâne.
Ce sont des choses qui arrivent au sein de la Maison.
A son retour, la Loir enrubannée tente d'arracher quelques éclaircissements (comme c'est ironique) à la Cygne larmoyante que Fange leur a laissé, sous le mauvais prétexte qu'une adulte prend part à leur petite équipée.

- Est-ce que ça ressemblait ? Une fée-ampoule ? C'était peut-être la fée des dents ?
Mais c'est bien en vain qu'elle interroge l'enfant.

- C-c'était tout blanc, ça faisait de la lumière... c'était trop grand pour être une fée, c'était comme un adulte, mais, mais c'était pas... c'était pas... comme n...
Un nouveau torrent de larmes. Car les mots ne peuvent pas exprimer ce que Fleur n'a pas été en mesure de comprendre. La Cygne est bien trop jeune et encore trop choquée pour pouvoir communiquer ses impressions, expliquer ce qu'elle a vu, ou pour émettre la moindre hypothèse à ce sujet.
Ce qui n'est pas le cas de Raspoutine. Mais Charogne lui ravit la parole avant même qu'il n'ait pu la saisir à son tour. Nouveau chapelet de mots acides lui passant entre les deux oreilles sans plus s'y attarder. Il serait pourtant le seul à pouvoir lui tenir tête, à trouver les ressources oratoires suffisantes pour opposer à la veuve noire une répartie cinglante. Mais pas un mot ne franchit ses lèvres- elles restent inhabituellement closes. Que le Grand Bouc soit d'humeur contemplative et silencieuse est presque toujours inquiétant pour autrui, tant il semble plus adulte lors de ces moments là. Mais cela arrive parfois malgré tout ses excès. Il n'est pas rare de voir succéder à sa frénésie quasi-perpétuelle quelques heures ou journées plus sereines, consacrées à l'étude des archives, à des lectures intenses ou quelque autre occupation singulièrement silencieuse au vu de son habitude à occuper l'espace. Ces instants de vide et de vague mélancolie le frappent toujours sans prévenir, en toute brutalité.
Que le moment soit plutôt mal choisi n'y change rien. Il y a chez Raspoutine un rythme de pensée, de vie, qui n'est jamais synchrone avec quoique ce soit d'autre.
Ce n'est donc qu'une fois Charogne à nouveau silencieuse qu'il en vient à exposer sa conclusion parcellaire au sujet de l'évènement.

- Je pense que ce voleur de dents, quelle que soit sa nature, n'en est pas à sa première action. Cela fait déjà plusieurs mois qu'on entend dire que des dents de lait disparaissent partout dans la Maison... Les rumeurs à ce sujet étaient donc fondées. Mais visiblement, notre ruffian ne se contente plus d'aller fouiller sous les oreillers des plus jeunes pensionnaires ; il va désormais extraire l'émail à même leurs gencives. La patience a visiblement finis par lui faire défaut... Quant à savoir pourquoi quelqu'un ou quelque chose en veut aux quenottes des plus jeunes pensionnaires, nous n'aurons une réponse qu'en attrapant le coupable. Ou bien en nous montrant très imaginatifs.
Imagination qu'il trouverait bien regrettable de ne pas utiliser pour faire preuve d'au moins un soupçon de répartis ; Charogne risque de s'ennuyer s'il ne fait pas l'effort de répondre à sa mauvaise humeur .
<< Pour ce qui est d'arracher quelques dents, je suis plutôt d'avis de laisser faire la nature. Inutile de courser les horloges, on devient bien assez vite un adulte impuissant entre ces murs. N'est-ce pas Charogne ?
C'est qu'elle semble bien certaine de diriger leur groupe. En vertu de sa grande gueule et de son âge ? Mais elle n'est ni la plus familière de l'Envers, ni la plus influente. Et plus important, elle ne se soucie pas le moins du monde de leur sécurité. Autant de raisons qui le poussent à remettre en question cette autorité malvenue.
Tu peux reléguer ta mauvaise volonté à l'arrière, dame Charogne. Tu n'es pas la mieux placée pour nous conduire ce soir. Je promets de te faire signe si nous avons besoin de faire pleurer un enfant.
Et nul besoin de long discours cette fois-ci. Sans doute ne sera t'elle que trop  heureuse de mettre sa barbaque faunesque en danger plutôt que sa propre carne chiche- après tout, mieux vaut compter sur l'appât le plus gros pour attirer les requins. Sans doute ne s'acharneront ils que sur la source la plus abondante de viande saignante.
J'ai juré à Princesse de veiller sur elle ce soir, mais étant donné que je vais prendre les devants, elle préférera peut-être tes mains aux miennes pour la conduire, Brèche. Le choix est donc tien, achève t'il à l'attention de la principale concernée en se penchant au-dessus de sa tête. Ce qui est certain, c'est que je m'occupe dans tous les cas d'une autre petite dame.
Et se tournant vers Fleurs, il la cueille à deux mains pour la poser sur ses épaules, dans le flot de ses cheveux- qui finiront sans doute plein de cire avant la fin de la soirée, à en juger par la bougie qu'elle serre entre ses doigts.
Hop là, notre brigand ne pourra pas t'atteindre tant que tu seras là haut. Et s'il lui vient l'idée d'aller à nouveau tâtonner dans ta bouche... Il faudra d'abord qu'il passe devant la mienne. Et alors tchac. Je lui trancherai les doigts.
<< Allons-y. Pour le générateur, puisqu'il faut bien commencer quelque part- et je m'en voudrais terriblement de contrarier un peu plus encore l'adulte responsable qui nous accompagne.

Ainsi rejoignent t'ils les Couloirs irrigués de graffitis.


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La Rouge
Mer 4 Oct - 21:13





Event 1 - La Fête des Loirs




Que vous êtes mignons, avec vos chamailleries un peu pincées, vos tensions qui se toisent, votre virilité qui se croise avec la carte professorale, la défiance accompagnée de ces chers êtres qui vous font confiance. La petite Bougie avec ses créations, la jeune Brèche avec ses hésitations, et ne voilà-t-il donc pas Princesse à roulettes sur son drôle de fauteuil qui essaye encore de faire croire qu’elle maîtrise la situation. Où est donc le b-b-b-bégayant Richter ce soir, petite rousseur, petite douceur ? Où est-il ce poltron, sans doute pas à tes côtés, ni à te pousser – oh si et si nous te poussions dans l’escalier ? Rebondirais-tu ?

Ferais-tu comme cette pulsation qui vous prend tous, mais si, voyons, vous connaissez cette sensation. C’est celle des fortes migraines. C’est celle des lumières vives. C’est celle des jours sans lunette. C’est le battement derrière vos yeux, qui résonne presque mais cette fois-ci, c’est à l’ensemble de votre corps qu’on vient filer la nausée. C’est au niveau de votre nombril que vous vous sentez soudain trainé. Ce n’est rien, c’est même bref. Pas le temps de crier. Et devant vos petites frimousses – barbue, revêche, inquiète, maligne, audacieuse – se dresse dans le couloir tamisé un drôle de lapin.

Il est blanc. Il est assit sur ses pattes arrière comme dans une prairie – et justement, ça se met à fleurir entre ses pattes. Mais vous ne vous extasiez pas. Non.

Vous savez ce que ça signifie, un lapin blanc, par ici. Mes douces Alice, mes pauvres filles, même toi ma chèvre, vous voudriez courir ou vous reculez. Vous voudriez peut-être même vos protéger. Mais Barbecue agite ses oreilles, agite sa frimousse, puisque sa drôle de maitresse, dans le dos de Charogne, ainsi recalée, fait soudain

« Bouh »

De sa saline proximité.

Alors vous la découvrez, toute nue dans les couloirs. Et son rire perçant, hihihi, vous fracasse dans le noir. Vous êtes comme la mouche qui n’a pas vu la toile. Vous êtes comme le bestiau, a la patte déjà accrochée. Vous êtes celui qui contemple le trou noir du fusil. Et le viseur qui vous désigne comme déjà disparu. Elle a des dents si blanche, la Blanche. Elle est si délavée, honnêtement, il n’y a rien à mater. Mais elle se gausse, et trépigne. Et des murs surgissent le reste de sa bande de lagomorphes.

Qu’est ce qui l’a attiré ? Les pleurs de Fleur qui s’est crispée au point de rajouter un peu d’urine à la soupe qui lui sert de culotte ? Ou alors ce que Charogne tient de ses mains en forme de serre. Ce qui fait briller le seul éclat de couleur sur la javélisée.

La Blanche se penche, et sous sa crinière effacée, chuchote.

« Oh, le, jo-li, pinpin. Hihihi. Donne le moi. Donne le moi et je ne te croquerai pas. » C’est qu’il lui rappelle un drôle de lapin enflammé qu’elle s’amuse à courser mais n’a jamais pu attraper.

Et si La Blanche ne remarque pas encore bougie, c’est Barbecue qui s’en vient près de la petite fille, presque méfiant. Il est intelligent, ce lapin là. Il devine les choses, peut-être mieux que sa maîtresse. Alors gare aux gestes brusques.

« Je ne vous croquerai pas, ou pas trop. Je veux juste un cadeau. Un petit lapin toute de cire presque fondue. Pour mon cœur à nu. Hihihi. »

Puis elle crie :

« VOUS AIMEZ LES DEVINETTES ? »

Moi j’en ai une pour vous. Est-ce bien cette blanche là qui s’est attaquée aux quenottes d’une petite loir ? On peut le croire.









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Brèche
Jeu 5 Oct - 0:38
L'équilibre du groupe ne tenait qu'à un faible fil dont Brèche craignait la proche rupture. L'enseignante était excédée au plus haut point, cela se sentait et autant son cynisme sur leur potentiel d'attaque avait le mérite de faire sourire (Brèche en avait eu les lippes frémissantes, se retenant d'un éclat de voix) autant ses remarques à l'encontre de Fleur manquaient clairement de pédagogie. Et rappelaient, un tant soit peu, certaines attitudes peu qualifiables des Araignées. Néanmoins la Loir n'avait pu s'empêcher de se rapprocher de l'adulte, peu désireuse de s'attirer ses foudres et se disant qu'un tel caractère pouvait, qui sait, faire battre en retraite quelques créatures de l'Envers plus habituées à terrifier des âmes déjà fragilisées comme Fleur et Brèche. Une telle résistance d'adulte les calmerait peut-être. Il fallait espérer.

Lorsque Bougie exposa sa molaire, toute pimpante sous la lueur jaunâtre, Brèche ouvrit de grands yeux.

« C'est pas dangereux si ça l'attire trop ? Enfin... ça peut peut-être nous servir de monnaie d'échange avec elle... J'espère. »

Et espérer aussi que la créature n'allait pas tenter de dévorer les râteliers de toute l'assemblée. Brèche se rassura en se disant que, la concernant, les jeunes dents avaient disparus depuis longtemps. Et au vu de l'âge des autres pensionnaires du groupe, ce serait probablement Fleur qui écoperait. Une infortunée Fleur qui lui balbutia quelques mots hachés. Comme l'avait si bien dit Charogne, inutile de la questionner. Ce qui n'empêchait pas Brèche de croire en l'existence d'une potentielle fée de l'Envers. Toutes les fées n'étaient guère petites, n'en déplaise à Clochette. Qui sait vu que ça ressemblait à une ampoule, c'était peut-être la fée électricité. Ce qui pourrait expliquer ce court-jus soudain.

Néanmoins la Loir ne put exposer sa vague théorie immédiatement, Raspoutine faisant retentir sa voix. Et ses piques décernées à Charogne lui rappelaient cet échange acide qui s'était déroulé sous le couvert du grenier, la faisant reculer de quelques pas supplémentaires auprès de l'enseignante, baissant la tête lorsque Raspoutine lui confia Princesse.

« Bougie tu m'aides ? » demanda-t-elle à sa vis-à-vis. « Il n'y aura pas trop de deux bougies pour éclairer la voie. » Un regard sur celle détenue par Charogne. « Trois même. »

Ses mains agrippant le fauteuil, la Loir le poussait au rythme d'une marche posée veillant à demeurer quelques pas derrière Raspoutine, trop craintive que le danger ne leur bondisse à la figure, veillant déjà à assurer une voie de secours, une retraite dans la fuite.

Ce fut sans compter sur la Blanche qui surgit dans leur dos arrachant un cri de surprise à Brèche qui, la main sur le cœur, inhalait à grandes goulées. Danger hurlait tout son corps, son esprit qui s'effilochait. Cette femme n'était pas une pensionnaire de la Maison, ou plutôt n'en était plus une. Le cœur battant dans ses tempes Brèche se laissait emporter par la terreur. La Blanche et son lapin tiraient derrière eux l'Envers même. Brèche en percevait comme une vague vibration, mais n'avait pas vu, aveuglée par la peur, que des oreilles duveteuses de biche avaient crevés sa coiffe et tournicotaient, apeurés.

« Une... une devinette ? » qu'elle balbutia, toute perdue.

Elle n'allait pas leur lancer l'énigme du sphinx ce serait trop aisé. Et surtout...

« On gagne quoi si on réussit ? Et... on perd quoi si on rate ? »

La Blanche n'allait pas les laisser repartir sans mot dire. Prenant son courage à deux mains, la Loir tenta une percée.

« Si on gagne... tu pourras nous dire qui vole les dents ? »

Et se tournant vers le groupe, elle chuchota espérant que la Blanche ne l'entendrait pas mais oubliant que le lapin, lui, pouvait tout percevoir.

« On doit choisir ce qu'on lui offre si on perd avant qu'elle le fasse. Sinon Bougie, elle risque de te garder avec elle pour que tu lui fasse des bougies lapin, ou peut-être prendre Charogne et la déguiser en lapine, ou je ne sais quoi... »

Ou tou•tes les transformer en lapins – c'était envisageable ça aussi.

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Charogne
Jeu 5 Oct - 14:27
Et c'est ainsi que toute cette belle marmaille se met à déambuler dans les couloirs, Charogne ne cherchant pas l'escarmouche à Raspoutine l'a laissé prendre la tête du convoi non sans lui tirer une révérence qui en disait long sur ses pensées.

▬ Puisque l'expert a parlé que l'expert passe en premier. Avait-elle grincé avant de se placer derrière lui, bougie en main, cortège grotesque.

Mais voilà qu'au bout de quelques minutes, Charogne se fige, la gorge nouée, les mains crispées, le souffle figé. Pulsations dans sa tête, son estomac, son cou, ses bras, ses jambes. Sensation de plongée en apnée toute entière dans l'appareil digestif de La Rouge. Et pour cause. Battement de cils. Tiens donc un lapin. Un lapin c'est mignon. Ça porte chance. Mais pas celui-là.

▬ Bouh. Charogne sursaute, se retourne sans un mot la bouche pâteuse et le teint grisâtre. Elle sait très bien à qui elle a à faire. Cette catin d'ivoire aux dents affutées comme des rasoirs, il n'y a de la place pour qu'une seule dans l'Envers. C'est que Moustache elle l'a surnommée Lapin pour se moquer de cette cruche de Sylvia bien trop naïve et douce pour le monde du Sépulcre. La blague a maintenant mauvais goût quand elle se retrouve encerclée de ces petites bêtes. Serait-ce ce qu'on appelle le karma ? Nooooon. Nooooon. Blanche est sûrement très bien là où elle est. En attendant ladite ex-infirmière s'est penchée sur Charogne, très intéressée par ce qu'elle tient entre ses mains dont les doigts allongés se sont littéralement transformés en griffes noires. Merci Envers.
Mais des deux harpies, l'une blanche, l'une noire c'est la première qui domine avec ses hurlements suraigus qui percent les tympans. Charogne de l'Envers n'a plus de voix et doucement ses lèvres se scellent sous l'étreinte de son serre-taille devenu corset. C'est à contre-coeur et avec un air contrarié qu'elle tend la bougie en offrande à la demoiselle javel puis jette un regard par-dessus son épaule à Raspoutine l'air de dire « Et maintenant ? ». Et nonobstant l'emprise prise de La Maison qui a mis ses doigts dans sa bouche, elle fait un ultime effort pour répondre à celle qu'elle exècre même après le trépas : 

▬ Non. Souffle-t-elle. Charogne n'aime pas les devinettes.

Si elle avait encore le libre usage de sa voix, elle aurait dit à la Blanche que même maintenant elle la fait chier, que la bougie lapin elle peut se la mettre là où elle pense, se serait moquée de Brèche qui suggère qu'ils vont tous finir en lapins - en terrine de lapins oui, et aurait suggéré Princesse comme mise mais voilà, les paroles acerbes qui d'ordinaire arment si bien la Charogne ont disparu dans l'Envers.
Heureusement que le roi des Cerfs l'accompagne et qu'il a pris la direction du groupe. Ou pas.

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Jeu 5 Oct - 21:45

Bougie avait du mal à comprendre certaines réactions. Certains ignoraient la proposition de Bougie, tout comme son geste de sortir une dent de lait qui pourrait attirer le responsable de toute cette vaste farce. Raspoutine devait sûrement vouloir montrer qu'il était chef... Mais ce que Bougie ne pouvait pas accepter c’était de rabaisser de la sorte Charogne qui, même si elle n’était pas la professeure la plus aimante, restait la seule à être ici avec eux les enfants et aussi une des premières à réagir pour voir d’où venait la panne. Bougie avait juste envie de gifler le chef des Cerfs.

— Si vous me permettez ou non cela ne changera rien. Je vous trouve plutôt on ne peut plus pompeux et méprisable, ô grand chef Raspoutine. S'il est vrai que les enfants agissent comme bon leur semble, dire de telles choses n'est plus que misérable et haïssable et vous discrédite en tant que chef réputé pour prendre soin des autres.

Bougie serra fortement sa bougie entre ses mains.

— Les adultes ont leur importance en cette maison sinon qui nous soignerait ? Des enfants aux capacités moindres, ce qui nous vaudrait des infections et un potentiel mort ? Qui nous instruirait sans les adultes ? Des enfants au savoir limité ? Qui a organisé tout cela pour nous tous, qui a érigé cette Maison ? Le Grand Pape, un Adulte. Réfléchissez-y avant de dénigrer ceux qui nous aident.

Bougie se tourna en direction de Charogne et resta auprès d'elle, n’écoutant même pas une potentielle réponse du chef qui, de toute façon, n’était plus chef des Loirs. Elle n'avait pas l'obligation de l’écouter. Elle écouterait les directives de dame Charogne et si elle approuvait les dires du Cerf c’était une autre histoire.

Suite à cela tout le groupe se dirigea finalement en direction de l'endroit qui avait été proposé initialement par Charogne. Mais au fur et à mesure qu'ils avançaient, Bougie avait la tête qui tournait, la vue qui se troublait et avait cette impression que tout était plus grand autour d'elle. Les murs, les gens tout ce qui l'entourait, mais aussi l'impression que ses oreilles avaient grandi dû au fait qu'elles se frottaient à ses cheveux.

La non-réalité prit le dessus sur elle. Elle tomba comme la jeune fille dans le terrier du lapin mais,  dans le cas présent, la jeune fille brune devint le lapin qu'elle poursuivait. Mais surtout maintenant elle ne pouvait plus tenir sa bougie. Elle ne pouvait que la voir fondre plus vite.

Ce fut à ce moment même qu'elle put apercevoir son pire cauchemar apparaître près de dame Charogne : la Blanche. Elle avait, à plusieurs reprises, poursuivi Bougie, et elle ne savait pas pourquoi en dehors qu'elle adorait sa forme lapine. Mais que lui ferait-elle si elle la trouvait ? C’était là que la peur de Bougie trouvait sa source.

Bougie pouvait encore parler mais de voir ainsi le lapin de sa redoutable prédatrice l’approcher de la sorte eut pour simple réaction de lui faire grincer des dents dû à son bruxisme. Le seul moyen qu'elle trouva pour que cela ne s'entende pas trop ce fut de prendre sa dent de lait entre ses quatre grandes dents et d'essayer de fuir entre les jambes d'une fille du groupe. Elle finit par se cacher au sein d'un des petits brasiers qui était apparu au sein du couloir, reflet de son Envers.

Résumé. Bougie se colle à Charogne. Elle flippe en voyant la Blanche et se transforme en sa forme de l'Envers, un lapin de flammes. Elle grince des dents, terrifiée. Abandonnant sa bougie mais prenant sa dent de lait entre ses quenottes, elle file entre les jambes d'une fille du groupe (à vous de voir qui) et se cache au sein d'un des brasiers qui a fleuri dans le couloir et qui provient de son Envers.


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Raspoutine
Jeu 5 Oct - 23:31
C'est sous les auspices de funestes paroles que débute leur périple. Servilité infantile oblitérant toute bonne foi, et à laquelle Raspoutine n'a pas même ébauché de répondre, sachant trop bien reconnaître les causes perdues (mais ne s'amourachant finalement pas de chacune d'entre elle), et ne cherchant guère à se faire apprécier. Bougie n'est pas un de ses faons. Bougie est une enfant malavisée au langage courtois, usant de ses douceurs pour façonner des discours obséquieux, et dont la raison n'entend que ce qui l'arrange. C'est bien mal connaître le chef des Cerfs ou vouloir le calomnier que de le taxer de dédain envers les Adultes, quand il ne fait qu'apporter un juste retour à l'impolitesse et à la malveillance d'une seule d'entre eux. Mais qu'importe après tout : Bougie n'est un fardeau à traîner que l'espace d'une soirée. Et il n'escompte pas s'en délester sous prétexte que l'enfant ne le tient pas en sympathie ; étant l'individu le plus âgé de leur petite troupe après Charogne, Chef d'un groupe en sus, et ancien Loir au cœur trop plein d'espace, il est de son devoir de garantir la sécurité de la gamine noiraude, sans égard pour ses états d'âme ou l’agacement grandissant qu'elle lui inspire. Il n'abandonnera personne à un voleur de dents trop entreprenant ou à une autre manifestation affamée de l'Envers- pas même Charogne, toute dégoulinante d'acidité qu'elle soit. Banshee ne l'aurait pas toléré. Et malgré son absence, le Grand Cerf tricote toujours ses évangiles dans un recoin de son crâne, l'empêchant de céder aux inévitables élans de mesquineries traversant son esprit. Piégé à jamais par un sourire, une voix douce et entre des mains fraîches. De longues mains taillées dans un morceau de banquise. Les faunes craignent le gel : il les dorlote si bien dans ses napperons floconneux qu'ils s'y endorment à la manière des plantes. Mais il s'est laissé prendre à l'hiver le plus doux et le plus insidieux... Caché au sein des rougeurs automnales, usure et rouille de la nature qui dort.
Il y a toujours un piège qui se cache sous les feuilles, des mâchoires qui surgissent quand on ne s'y attend pas. Peut-être en déclenchent-ils un sans le savoir ? La forêt n'est pas sûre au beau milieu de la nuit. Ils en font les frais une fois de plus- parmi tant d'autres chutes qu'ils ont déjà subis.
L'Envers les happe.
Mais c'est nouveau dans toute sa familiarité. Ce n'est plus le basculement des premières fois, ni le bond maîtrisé des suivantes. Tout aussi impérieux, c'est pourtant différent, quoique la sensation soit parente de celles déjà connues. C'est une traction d'entrailles, un étau dans le crâne, un funambule du nerf optique s'accrochant à deux mains pour éviter de tomber. Et c'est une pulsation dans les murs, un battement de cœur qui se propage jusqu'aux tréfonds de la chair. Qui se loge tout au fond du tympan et y palpite encore pendant quelques instants. Qui retourne la peau comme un gant et fait frémir les veines. C'est une croisade du malaise au plus loin dans le corps, une cohorte de mains plongeant dans les viscères, chahutant avec délicatesse tout le contenu de son ventre. Palpations d'araignées. Et tout autour, c'est une vie spectrale, une inaudible pulsation cardiaque. Dans sa gorge une vibration qui ne lui appartient pas, se muant peu à peu en grognement bestiale. Au diapason de la sensation qui joue dans ses viscères, il monte en crescendo.
Et puis tout cesse. Abruptement dans sa chair il n'y a plus que son cœur, que ses artères qui battent, que sa propre musique, toute baroque dans l'excès. Mais il n'a guère le temps de s'en réjouir, d'en être soulagé.
Sous ses yeux un lapin. Petite boule de tendresse tortillant du museau. Petit émissaire du danger, petit objet de malaise, autour duquel se propage une prairie suintante de verdure, aquarelle herbeuse colonisée de fleurs. Qui bave, humide de rosée, et s'épand jusqu'à eux. Gerbes grasses d'un plantureux printemps explosant sous leurs pieds  Mais les murs sont toujours là ; pour mieux propager l'écho de cette voix haute et aigüe. Trop inoubliable pour ne pas faire vivre un frisson sur sa nuque.

- Bouh.
Et toute autour c'est une marée de lapins qui se déverse. Une horde soyeuse, frémissement d'échines souples, de viande chaude, un vivant torrent de corps moelleux qui vient les entourer. Écume lagomorphique, supmescence cotonneuse. Tout va alors très vite- le rire fracassé dans la gorge blafarde qui lui donne l'impression d'un concert joué avec du verre pilé, les nids de brasiers qui s'allument à la périphérie de son regard comme autant d'éclosions incendiaires, et les transformations diverses de l'espace et des corps. Une biche et un oiseau- devant lui une Princesse qui tient sur ses deux jambes, débarrassée de son trône (c'est peu dire qu'il ne s'en doutait pas, c'est peu dire s'il n'est pas surpris, mais il ne dira rien, car il sait comme les mirages de l'Envers sont horribles). Dans son dos un long filet d'urine, mais plus guère de poids sur ses épaules noueuses. En tâtonnant, il n'y trouve que les membres mous d'une poupée de chiffon qu'il garde entre ses mains- ce qu'il reste de Fleur quand l'Envers s’insinue.
Lui même sent le changement qui s'est emparé de lui. L'engorgement de son corps, la hauteur de son regard. Beaucoup de centimètres, une affluence de masse. De lourdes cornes brunes dont les pointes effilés encadrent son visage, la barbe entremêlée cascadant désormais en une rivière de boue-cles sur son ample poitrine ; le nez qui s'est fait mufle, écrasé violemment par la bestialité, et ses oreilles tombantes, duveteuses, caprines. Les musculeux mais tortueux détours que font ses jambes de chèvre- la toute nouvelle réceptivité de sa peau, comme trop pleine de nerfs. Et tout ce qu'il ne peut pas sentir, mais qu'il connaît très bien ; la pupille horizontale qui se couche dans  la fange de son œil, sa nudité festonnée d'une fourrure bestiale. L'humanité déstructurée de son corps, l'impudence animale de son anatomie. Poisseuse obscénité ne piégeant nulle intimité dans un recoin discret : il n'y a là qu'une exhibition bizarrement repoussante. Aucune place pour la pudeur sur une carcasse de faune. C'est d'une sensualité nauséeuse qui fait autant appel à la fascination morbide qu'au frémissement charnel. Un faune, c'est une fenêtre ouverte sur les entrailles du monde, c'est un afflux de chair et de lumière vernale, une éclosion de parfums dans le flacon du corps. Celui-ci dégouline d'un automne trop riche en pourriture, suinte les printemps moisis et les lumières malades. Ça danse en lui ces saisons et ces sons, ce grouillement éthérée de fertilité qui naît dans la déréliction, dans l'excès pourrissant des trop pleins d'éclosions. Vibre d'une vie poisseuse, tambour de cœur, syrinx aux veines. Musique d'odeurs, tissage de fibres carnées, souples et chaudes comme des filets de miel de brun. C'est presque beau si on ferme les yeux pour entendre et sentir les bouquets doux-amers (terreux, fertile, boisé), si on omet à quel point ça tient du carnaval. Si ce n'était pas si étrangement conçu une carcasse de faune, si celui-ci en particulier n'était pas tout fait de glaise, le plus bizarrement du monde entre l'homme et la chèvre, il pourrait bien avoir quelque chose de sublime. Être un peu magnifique à sa façon crasseuse. Avec un peu plus d'harmonie chevillée au corps, plus de douceur dans ses contours, un peu moins de poussière pour habiller sa peau, de fange brune dans ses cheveux. S'il n'était pas si affreusement mélangé, ignoblement formé- mal foutu dans son animalité échevelée, son alchimie capricante mal dosée.
C'est autant l'apparence d'un Grand Bouc que celle d'un homme adulte. Un indéfinissable fracassement des deux, courbes mêlés en un brouillon grandiose. C'est une espèce bâtarde et fétide éructée d'anciens mythes. Une créature à la volupté hirsute, à la beauté boueuse, entourée d'un malaise trop palpable qui ne doit qu'en partie à la somptueuse nudité qu'elle présente. Il y a bien autre chose, mais on ne saurait dire quoi. Et il y a plus urgent qu'à raisonner là-dessus.
Car dans tout ce qu'il a de violemment bestial, Raspoutine ne peut que frémir face à la petite femme qui leur fait face ici. La toute blanche, toute pépiante, toute saline. Celle aux mains meurtrières, aux cajoleries infâmes. Toute faîte d'écume et de fils barbelés, l'éolienne affamée. Cette impudique sculpture de craie, effritant son humanité sur une faim terrifiante. Quand les mains serrent et que les crocs se plantent, quand elle déchire et festoie dans les entrailles fumantes... Qui ne l'a pas croisé ? Lui l'a vu dans sa forêt d'automne, avant même que son Envers faunesque ne devienne aussi tonitruant de bestialité. Avant même d'être un bouc parmi les nobles Cerfs. Il n'a jamais été assez moelleux pour elle, jamais assez sucré. Trop plein de tendons, bien trop sculpté, abrupt, hirsute, et surtout trop puant. Mais quand bien même il n'a jamais eu semble t'il à craindre de finir mangé. Il y a chez la Blanche quelque chose qui transcende toute logique, un malaise qui va bien au-delà de la sensation de peur. Si Raspoutine est écœurant de matérialité, physiquement insoutenable dans tout ce qu'il a de faunesque, il est encore le même, ne dégage pas de violence ou de danger, n'en a que l'apparence, mirage effrayant d'une sauvagerie qui ne l'habite pas ce soir- à laquelle il ne laisse cours que dans sa solitude. Mais la Blanche, elle, toute maigre, toute monochrome et toute enjouée qu'elle soit... A l'aura insidieuse des menaces, le magnétisme troublant des cauchemars. Lui n'est rien d'autre qu'un Grand Bouc. Une bête à corne troublée par ses désirs naissants, et gueulant sa douleur quand personne n'est là pour tendre l'oreille à ses plaintes gutturales. Rien d'autre qu'un animal en souffrance tiraillé par un luxure qu'il n'exhibe en journée que pour mieux tenter de la comprendre, s'acculer face à elle via le regard des autrse, afin de ne pas la fuir, pour ne pas s'affoler de cette nouvelle présence festoyant dans son crâne, frétillant dans sa chair. L'apprivoisant à sa manière, théâtralement, se refusant à en avoir peur. Il n'y a guère que dans l'Envers que ces pulsions lui échappent. Quand se glisse à la chair ou au monde alentour tous les secrets et toutes les évidences. L'Envers est un royaume de glaise.
Et la Blanche en est un des silex enfouis. Rasoir dans les oreilles, quand ce n'est pas dans le cou.
Mais elle ne tranche ni ne boulotte ce soir- pas encore tout du moins. Plutôt que d'arracher des plumes à Charogne ou de donner la chasse à la biche qui se forme sous leurs yeux, c'est pour un petit être de cire qu'elle se pâme. Exigeant l'offrande dégoulinante, glissant dans sa demande une pointe de menace. C'est qu'on ne contrarie pas une croqueuse d'enfants commandant aux lapins... Quand bien même elle promet de ne grignoter qu'à peine leur chair acidulée. Pas de quoi se rassurer : la Blanche n'est pas un modèle de stabilité émotionnelle. Tous les pensionnaires savent pertinemment qu'on ne lui accorde sa confiance que pour mieux le regretter, si on le peut encore à la fin de l'entrevue ; pour s'en mordre les doigts (quand elle ne s'en est pas déjà chargé).
Charogne a la présence d'esprit d'obtempérer face à la demande de son ancienne collègue. Et quoique l'effort lui en coûte de manière tout à fait visible, force est de constater que pour une fois, par quelque miracle, elle n'épice pas son geste contrarié d'une remarque acide. Il ne se prive pas de dévisager sa forme d'Envers, curieux jusqu'à l'impolitesse d'en savoir plus sur le sujet- lui n'a rien à cacher dont on ne l'accuse pas déjà. Chez Charogne c'est gris, sur le noir des habits, le noir des cheveux, le noir des... griffe. Serres de corbeau pour gueule de déterrée, cadavre et charognard en communion burlesque. Assez ignoble en fait. Atours et tronche de morte, quand lui exsude la vie. Jusque dans leurs Envers, ils sont opposés. Le sien s'infiltre à leurs pieds en un ruisseau qui creuse au sein de la prairie, en frissonnements de joncs s'extrayant voluptueusement du sol ; un peu plus boueux, un peu plus tendre que la terre qui l'a précédé. Avec ces feux qui brûlent autour d'eux, petits morceaux de brasier dispersés comme autant de fleurs géantes, les lieux commencent véritablement à devenir une tourbière. Fange, fumerolles... Et eux les monstres. Lui même étant des plus marécageux.
Au rapt de la Blanche succèdent presque simultanément deux évènements. Tout d'abord, une comète file au coin de sa vision, et il ne prend conscience qu'avec une seconde de retard qu'il s'agit bien de Bougie. Qui par quelque tour malveillant du destin s'est métamorphosée en un lapin ardent. A lui en faire grincer des dents ; au lieu quoi il grogne de contrariété, vrille la terre du sabot. S'il pensait au départ n'être qu'agacée par la gamine noiraude, il est maintenant tout à fait certain d'éprouver à son égard une animosité aussi mesquine qu'injustifiée, invoquée par la peur. Comment diable va t'il pouvoir retenir la Blanche, désormais ? Cette enfant semble avoir été envoyée dans sa vie pour lui compliquer singulièrement la tâche. (Bordel de merde et elle BRÛLE.)  Il ne pourra donc pas la saisir au passage s'ils doivent s'échapper en courant. Mais il ne peut définitivement pas abandonner qui que ce soit derrière lui. Pas en tant que Chef des Cerfs. Alors comment faire pour gérer cette situation on ne peut plus délicate ?
Alors même que Bougie va se nicher dans un des terriers de flammes qui parsèment le couloir, sans doute produits de son Envers, la Blanche s'exclame et achève leurs tympans. En lui offrant ainsi de quoi mieux rebondir.
Quand Brèche interloquée se met à questionner en trémulant de sa carcasse de biche -non sans presque éveiller à sa viande de faune le soupçon d'un indécent désir- (C'est toujours plus foutrement impérieux dans l'Envers) et que Charogne croasse une dernière bravade, lui s'avance lourdement et compose à son visage un de ces sourire d'ogre dont il a le secret. Avant toute chose il confie Fleur aux mains de Princesse. Et fait la révérence à la dame aux lapins. Prend sa voix la plus profonde et suave pour parler, une voix d'intimité qui captive l'attention, la dorlote et la charme, qui n'est qu'une longue caresse, une gentillesse de chat, toute féline, toute douce, interminablement soyeuse. Une voix d'escroc. Mais si pleine de miel chaud qu'on y cède volontiers.
Car il faut à tout prix détourner l'attention de la Blanche du lapin enflammé qui tremblotte alentours ; l'enfouir de mots, la faire danser au son de sa voix. Produire un discours suffisamment dense et suffisamment fluide pour occulter tout le reste. Faire couler la parole au lieu de l'articuler, et orienter son flot par des gestes à foison. Danser au diapason, lentement, au fil de son discours, une danse hypnotique. Bercer la Blanche au velours de sa langue, l'y conduire en charmant son attention volage. L'y cajoler comme une colombe  en son nids de feutrine et de papier à solfège. Faire vivre la musique avec douceur, corrompre la conscience au sein des harmonies. Et Raspoutine le sait, elle adore les beaux mots, la saline, elle aime quand ils sont neufs, elle aime les faire rouler, les éclater en bouche. Les goûter béatement jusqu'à les vider de leur magie primordiale, leur voler tous leurs sucs. Comme elle sait si bien faire des bambins inconscients.
Peu importe ce qu'il raconte pourvu qu'il y mette de la conviction et de l'intensité, qu'il peuple les arabesques dansantes de sa voix avec des mouvements de mains. Peu importe puisque la Blanche ne comprendra pas la moitié de ce qu'il raconte, et que ça n'a au fond pas la moindre importance. Il n'est question que d'en faire un spectacle. Alors en faisant de l'espace dans ses poumons pour que s'y forment tous les spectres de mots, en préparant son visage à fluctuer d'une parole à une autre, il dénoue tout son corps, se prépare à la conception d'une logorrhée somptueuse. Sa mâchoire en craque presque. Et il aspire tant d'air qu'on pourrait le sentir se raréfier soudain.
Puis déverse son miel.

- Bien le bonsoir Sil ; dame Sil ; dame blanche ; grande reine immaculée des lapins de ce monde. Cela fait si longtemps que nous ne sommes pas vu ! Te souviens-tu de Rasti ? Moi je me souviens de toi. Nous te connaissais tous, tu es une sommités au sein de la Maison, une grande dame, une vraie figure, un modèle pour les jeunes. J'ose : l'idole des enfants qui n'aspirent qu'à un avenir paisible, aux petites boules de douceur qui ne rêvent que de prés, des clairières, et de roulés-boulés en compagnie de lapins. Il y a des futurs qui se construisent comme ça, tout bucoliques, et on te doit ma grande, ces rêveries innocencetes. Ils sont plus d'un à rêver de tes lapins, à vouloir marcher sur tes traces pour explorer le monde enchanteur des Alices collectionneuses. Tu inspires la jeunesse ma chère Sil. Et ce soir ! C'est foudroyant  de beauté (j'en palpite jusqu'au cornes), tu es vraiment radieuse, un véritable flocon de neige- oserais-je le dire, tu m'as l'air toute de crème, aussi onctueuse qu'un nuage dérivant dans l'azur ; mais c'est l'azur lui même qui dérive sur ton visage de lait. Juste là, nuancé du vert des aurores boréales- comme un accordéon de lumière qui se tord sous tes paupières. C'est cependant un rapt. Tu devras rendre un jour au ciel les morceaux par lesquels on t'as donné ces yeux. C'est un patrimoine universel, le ciel, tu sais ? Il appartient aux bédouins, aux marins, aux brigands de grand chemin. On a du ciel pour tout le monde, même quand on vit dans la poussière, même quand on crève la bouche ouverte, même quand il pleut, on a du ciel pour tous. Sauf en ville, où il n'existe qu'à temps partiel, et pour tous ces gens là qui vivent dans les métros ou les rues souterraines, comme on fait l'hiver dans mon beau Canada (tu aimerais follement les forêts de Canada). Le ciel, ce n'est jamais surfait. Le ciel ne passe pas de mode. C'est chic depuis l'Antiquité et peut-être même avant. Je dirais : haute couture, le ciel ça vous propage une lumière incroyable, ça vous habille n'importe quel jour (et même la nuit c'est tout de vinyle percé, de cuir clouté d'étoiles), c'est incroyablement commode pour vous mettre en valeur quand il pleut des rayons, ça vous donne une couleur incroyable aux lagons. Le ciel, ça vous rentre par les yeux pour vous remplir le cœur, ça prend son espace jusqu'au sein des poumons- ça s'entremêle aux nerfs, c'est un peu intrusif quand ça se respire le ciel, ça vous file le vertige et parfois même une nausée heureuse. (Une fumée bleue, c'est un peu ça, mais c'est aussi liquide, le ciel c'est de l'eau, et de la lumière, ça se distille, on s'en parfume. ) Quand on lève les yeux et qu'il pénètre par le trou de la pupille -tu le savais que la pupille est un trou ?, un abîme, un vide dans l'effeuillage délicat de l'iris, cet anneau frémissant, un vrai travail d'orfèvre-, qu'il dégouline sournoisement dans l'orbite, le ciel n'a plus qu'à se propager ainsi à travers tous le corps, par le réseau des nerfs, des veines, des capillaires sanguins, par un milliers de sentiers infimes qui se tracent dans la chair. Le ciel en nous qui coule, en un fleuve intangible, il nous parcoure et nous sustente, nous gorge de lumière. Le ciel nous ensemence d'étoiles nouvelles, fait de nous ses jardins suspendus par le souffle. Nous possédons tous une nature cachée de constellation mouvante, dessin d'étoiles secret, mais la tienne éblouit dés le premier regard. Ce n'est pas la javel, c'est l'éclat révélé des astres qui t'habitent. Tu n'es qu'un feu astrale ! L'Artémis aux lapins.
Et il y a bien du printemps dans ta voix quand ses vrilles mélodiques éclosent à nos oreilles. ( Et le printemps est emplis de lapins- ta voix est donc pleine de lapins ma chère Sil, pleine de duvets, de douceur, de floconneuse tendresse. ) Chaque éclat de rire est une musique, une chœur vibrant de violons, une timbale dans la nuit, comme une petite victoire sur le silence du monde et sa dysharmonie. As-tu mangé des petits musiciens, Blanche, des petits troubadours qui parcouraient l'Envers ? Y aurait-il un orchestre dans ton beau corps de sel, de pierre ponce et de fer blanc ? Certains pour jouer de la harpe sur tes côtes, d'autres de la cornemuse dans les amples froissures de tes poumons, d'autres qui pincent et frottent les cordes à violon de tes nerfs, un planqué dans ta gorge qui module les sons comme de grandes bulles fluctuantes passant dans un cerceau. Y a t'il un joueur d'alto qui vit au bout de ta langue ? Une guérilla de xylophonistes errants à travers les branches de ton squelette ? Un batteur de génie abattant ses baguettes sur tes dents et tes joues ? Tu peux nous le dire, Sil. Tu as bouffé toute une troupe de chanteurs, trifouilleurs d'instruments aux doigts de fée, des musiciens de l'infime qui se chargent de donner une bande son à ton corps.  Tu peux bien le nier, moi je l'entends- et on ne peut pas mentir à des oreilles de chèvre.
<< Mais puisqu'on est entre bestioles de ferme, j'en profite pour prendre des nouvelles de tous tes ravissants pinpins. Comment se portent tes protégés ? Ogive va bien ? Et Barbecue ? Ont-ils toujours le bond gracieux, l'échine souple, l'oreille alerte et soyeuse ? Font-ils de l'exercice et sont-ils bien nourris, à quel point leur regard est-il vif en ces temps ? Sont-ils toujours aussi moelleux, prends-tu le temps de poser délicatement un doigt sur leur petit  museau afin de leur prendre la température ? Si ce n'est pas déjà fait tu devrais t'y atteler et chercher des malades- il y a toujours un malade quelque part, et ça se cache si bien sous toute cette fourrure. Imagine un peu qu'il arrive quelque chose à une de tes chouquettes. Ce serait une perte incroyable pour le patrimoine de la Maison ma chère Sil, un trésor de l'Envers disparu à jamais. Ce ne se peut ! As-tu seulement songé les faire ausculter par un vétérinaire ? Sont-ils bien vaccinés, tes pinpins, ma belle Blanche ? Ne voudrais-tu pas leur prendre le pouls ? Leur faire tirer la langue ? Les faire tousser ? Fais tousser tes lapins, palpe leur corps si tendre. Nous ne devrions pas te déranger dans un moment si grave, il est capital que tu les inspecte un à un pour empêcher la contagion. Ne pense pas être à l’abri d'une catastrophe, ne crois pas naïvement qu'elle épargnera d'adorables pinpins. Tu devrais les compter, observer en détail tous les recoins de leur corps- ont-ils la peste, ou la rage, une maladie fétide qui leur pourrit les chairs ? Une vermine qui se cache entre leurs os de rongeur, leurs os de nougatine, le délicat mikado de leurs os, si fins et si fragiles ? Ont-ils été mordus, blessés, infectés par quelque alien sournois ? Ne sous-estimons pas les horreurs d'outre-espace, les Cthulhus et autres parasites qui vous vidangent le bide. On ne sait jamais à quoi s'en tenir, mais tu peux me croire, il y a toujours quelque chose à craindre, toujours (pardonne moi l'expression, je la tiens de quelqu'un d'autre) une couille dans le potage pour vous gâcher la soupe. Et la vie est une soupe où surnagent d'étranges morceaux de barbaque. Une soupe aux algues, aux pattes de rats aux sucs de pruneau (histoire de vous faire chier tout au long de l'existence). Le monde est sans pitié. C'est toujours quand on ne l'attend pas que la contagion survient- demande à ceux qui n'ont pas péris pendant La Nuit des Morts-Vivants, et tu verras ce qu'ils ont à dire de ces épidémies qui traversent les flots d'humanité.
<< Maiiis si tu insistes ma chère Sil, si tu nous invites avec tant de bonne volonté, de spontanéité, si c'est dit si clairement (fort joliment hurlé), avec tant de promptitude, et si nul crainte ne t'habite à l'idée de voir une des ces petites boules d'amour exploser dans une gerbe d'entrailles, si tu es bien CERTAINE qu'il n'y a aucun danger à les laisser de la sorte gambader sans la moindre auscultation préalable, sans aucun tâtonnement médicale pour s'assurer de leur salubrité, si malgré tous les dangers qui rôdent au sein de l'Envers, toutes les vermines qui ne rêvent que de ces corps crémeux et enrobés de velours (tes pinpins sont de vrais bonbons, de vrais petites douceurs aux emballages soyeux), si en dépit de mes amicales mises en garde tu préfères nous soumettre une énigme... Alors d'accord, d'accord, nous pouvons jouer ! Mes amis juste là sont quelques peu groggy -tu les pardonnes, nous sommes sortis d'une fête, ils ne tiennent pas tous l'alcool aussi bien qu'un grand faune, et certains ont l’ivresse singulièrement mutique-, alors aux devinettes nous risquons de subir une certaine déconvenue. Nous pardonnes-tu, Sil ? Nous laisseras-tu une marge d'erreur ? Un tour d’essai ? Nous permets-tu quelques faux pas ? Je t'en prie, c'est charmant. C'est joli un faux pas, c'est quand le corps s'échappe pour danser la gigue à laquelle il songe tout le reste du temps, quand les membres se libèrent du joug de la conscience pour s'adonner à leur propre spectacle. Ne serions nous pas tous beaux emportés par un pas de travers ? Ce serait magnifique. On pardonne au sublime. C'est bien pour ça qu'on ne peut pas t'en vouloir. T'es toute sculptée dans le sel, c'est de l'histoire de l'Art des orteils jusqu'au nez- merveilleusement païen, délicieusement mythologique. Non vraiment, mirifique.
Mais puisqu'il y a un jeu, discutons un peu de ses modalités. Toute victoire mérite une récompense. Si nos esprits nous font défaut, alors nous aurons bien des trésors pour toi... mais toi aussi, Blanche Sil, tu dois nous gratifier. Laisse nous simplement mettre en commun nos ressources, afin que nous sachions comment faire amende honorable en cas de défaite.

Et enfin il fait taire la musique à ses lèvres, le fracas orchestral de sa voix d'orphéon, la symphonie barbare des élucubrations. Rien qu'un instant pour se tourner vers leur conciliabule, et écouter la Brèche (la Biche, la briche la bêche). Approuver de la tête ses paroles, ou du moins les sensées. Faisons écran au monde de son large dos ruisselant de cheveux, de sueur (et de la pisse d'oiseau, l'urine des Cygnes est aussi jaune qu'un vilain petit canard- de bain de marre) et de son ombre dense, il crée comme l'illusion d'un espace feutré au sein duquel parler. Ou pour ceux qui le peuvent : Charogne est coite est Princesse balbutie une syllabe étiolée, déshéritée de sa voix et l'horreur dans les yeux. Si prête à se laisser faillir sur ses jambes de coton, à se laisser croquer (comme une pomme toute rousse) que d'une main il la cueille, la Princesse de la rose (puisqu'elle nous tient une Fleur, c'est un peu romantique), pour la replanter dans l'humus de son ombre, l'enfouir au sein de l'odeur qu'il exsude, dans sa zone d'influence, la garder prêt de ses mains, pour qu'elle ne se laisse pas glisser entre les dents de la Blanche. Garde une paume-chalumeau sur son épaule, puisque face au danger il faut serrer les rangs, faire front commun face à l'adversité. Avec une harpie qui ne peut plus crailler, une Ariel qui sur ses jambes n'a plus guère aucune voix, et la petite dernière qui s'est nichée à un brasier aimant. Avec la seule Brèche pour l'aider à se sortir de cette situation. Alors il est bien loin l'évènement du grenier. Puisque ce soir ils forment une petite tribu ; il ne sait pas vraiment. Dans son Envers les pensées sont toujours plus sauvages, plus étranges, plus influencées par la bestialité. Il a la sensation d'être une chèvre savante.
Ça fera très bien l'affaire pour se sortir de là.
Tu marques un point, Brèche, nous devons imposer des conditions pour nous lancer dans le jeu. Savoir quoi demander, mais aussi quoi offrir... Et il faut à tout prix éviter qu'elle ne remarque Bougie. La Blanche n'a rien d'une Circé et elle ne nous transformera pas plus en lapins qu'en cochons, mais elle pourrait bien nous trouver autrement à son goût. Faisons le point sur ce que nous savons d'elle : elle aime les lapins, les mots et les enfants. Nous pouvons prétendre trouver les premiers, lui offrir les seconds. Faites également vos poches, il y aura peut-être dedans quelque chose susceptible de l'intéresser. Parions aussi sur d'autres bougies en forme de lapins, il doit bien y en avoir dans le dortoirs des Loirs ; et n'hésitons pas à promettre la lune. Mais surtout... Ne comptons pas trop sur sa parole. La Blanche n'en a aucune. Ce qu'elle promet n'a pas la moindre valeur, elle est bien trop instable. Il faut nous préparer à fuir à tout moment. Essayez de réfléchir à la manière dont nous pourrons emporter Bougie avec nous malgré sa forme incendiaire. Pour ce qui est de tenir les négociations... Je m'en charge. Je sais quoi lui proposer- si vous avez des choses à ajouter, n'hésitez pas à le faire, vos voix sont les bienvenues. Nous avons tout intérêt à sembler plein de ressources. Oh, et faîtes bien attention à Barbecue, ce lapin a dû être agent de la Gestapo dans une vie antérieure.
Et ainsi retourne t'il sur le champs de bataille, de la mitraille en bouche, non sans laisser à Princesse une tape amicale sur l'épaule- son encouragement bas-de-gamme, mais il n'a pas le temps d'en faire plus pour l'instant. Il doit recommencer à moudre la parole, en bon moulin qu'il est. S'adressant à la Blanche, il semble de nouveau s'épandre dans l'espace.
Je sais que tu aimes les mots, commence t'il en mettant de la liqueur dans sa voix. Et toi tu le sais, j'en connais tout un tas. Je t'en apprendrai plein si tu le souhaites, j'écrirais des poèmes pour te les réciter. Tes lapins ne porteront que les noms les plus rares et les plus mélodieux. Nous devrions tous en avoir à pourvoir, des beaux mots, des nouveaux, des tous frais, des moelleux, des qui éclatent en bouche... Des savoureux à prononcer, épicés ou coulants, des mots-bonbons pour toi. Je peux t'en donner un aperçu chuintant.
<< Chalala chamarré chevelé splendidement, Vésuve a chouriné la chapka d'un chafouin. Tu voudrais les avoir, tu voudrais bien savoir ce qu'ils signifient tous ? J'ai les réponses, Sil, toutes les réponses... Et tellement plus encore. Tu te souviens de Banshee, n'est-ce pas ?

Moi oui je m'en souviens, moi oui je m'y retiens, j'ai mal rien qu'à devoir articuler son nom, j'ai mal rien qu'à penser que je suis dans l'Envers et que lui n'est pas là n'est pas là n'est pas là
... Banshee avait les plus fabuleux chaussons de la Maison. D'énormes chaussons pelucheux d'un blanc immaculé. Les petons bien au chaud, et les orteils couronnés par des gueules de lapins. Oui Sil, Banshee avait des chaussons à Pinpins. Et il les a laissé.
Pourquoi diable n'a t'il pas emporté mon cadeau ? Pourquoi diable ne m'a t'il pas même emporté avec lui ?
Ils pourraient être à toi.
Non jamais n'y compte pas.
Et tellement plus encore. Il y a quelque part dans ma forêt d'automne, ma forêt Rouge d'Envers, mes bois cuivré du songe, une clairière étrange... Où toutes les fleurs qui se gorgent de clair de lune émettent une lumière ondoyante alentour, petits éclats de miroir et d'étoiles parsemant l'herbe tendre. Comme autant de bijoux cristallins, autant de joyaux fait de sucre filé. Les animaux qui viennent y chercher leur pitance, qui y broutent et y paissent, acquièrent un même éclat. Et parmi la faune de ma clairière d'Envers, il y a ces créatures, délicates et farouches... Des lapins nébuleux. Phosphorescents, magiques. Ne voudrais-tu pas d'eux, Sil... ? Ces pauvres bêtes chassées par les renards, ces vulnérables peluches suintant de clair de lune... Elle peuvent être tiennent, devenir tes Pinpins, Blanche.
Il souffle avec langueur.
Et tellement plus encore...
<< Mais parlons de nos lots. Nous ne demandons pas grand chose : rien qu'à pouvoir te poser chacun une question. Nous voulons des réponses, Blanche Sil, à commencer par celle que t'as demandé Brèche : sais-tu qui vole les dents de lait des enfants ? Et une fois toutes nos questions posées, nous poursuivrons notre chemin, car nous avons à faire, Sil, et toi aussi, tu as beaucoup à faire... N'oublie pas que la maladie peut se cacher n'importe où dans ton troupeau de Pinpins. N'oublie pas que nous aurons pour toi toute une kyrielle de mots- tu aimes, kyrielle ? Il est à toi aussi, nous te l'offrons, amicalement. Et il y en aura d'autres, bien d'autres. Bien des cadeaux pour toi.

Sourit avec chaleur.
Pourvu que tu ne croques personne.




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Princesse
Ven 6 Oct - 22:58

des lapins dans des chats


son dos craque, quand la lumière revient, se dresse de soulagement. à l'affut du drame. au fond de la salle princesse trône ; tout va si vite, vous savez, lorsqu'on est constamment assis. on observe tout, les reflets, les couleurs, les voix qui piquent ses paupières. l'odeur de pisse fleurie et de frangipane trop cuite, ça sent le roussi - le dentifrice, quand elle se mord les dents. se dit qu'elle en a de la chance.

vous ne savez pas messieurs, à quel point ça la terrifie. vous imaginez une princesse édentée ? une couronne sans joyeux, un fauteuil sans roues ? non, il faut savoir donner l'exemple - garder la face, le rouge avant le bleu (hein fleur) en souriant aux fils de pan. en avoir du beau dans le cœur, un peu de france et des airs de charles trenet. ça fait bobo, de penser à papa.

alors on se doit d'avancer, les mains sur les genoux. se faire guider par son valet-faune à l'odeur familière (elle ne dira jamais qu'elle la rassure), l'effluve jaune des matins chauds que raspoutine émane même dans la nuit. saluer les fantômes et les mômes-cerfs, servir la cause des bonne souveraines (bonsoir, bonsoir, courage pour ce soir). sourire vague à l'âme alors qu'ils s'éloignent déjà vers le groupe tout désigné. un regard à brèche, marron d'encre. la brèche s'est refermée. la laisse s'agripper sans un mot, repense à la honte dans le noir. mais c'est fini maintenant ma reine. tu peux te rengorger de rouge.

ouvrir l'escadron des merveilles.


ils sont les alices tantôt fauniques, tantôt brûlées par les deux bouts. tantôt oh - debouts ! c'est le miracle sucré de la maisonnée, de réussir à la faire tenir sur ses deux pieds. voyez chères faonnes comme ses pieds claquent et vous éclaboussent de giclées de miracle, comme elle se retient de pleurer. non ça, ne voyez pas - chaque princesse a ses secrets. le sien c'est d'être heureuse, le temps de faire trois pas vers l'avant.

avant que tout ne devienne blanc.

elle tressaute sur ses pieds, proie facile à la peur - vous l'aurez compris. les orbites dilatées dans la pénombre pisseuse, elle détaille pudiquement la blancheur crade de la lapine. princesse la soupçonne de s'être fait aiguiser les dents, et pousser des oreilles. à force c'est comme ça que finissent toutes les alices.

oui, brèche a raison. et encore une fois, oh, si vous saviez comme ça la glace.

elle ne répond rien, la mutine d'habitude si acerbe, décolle en vain ses lèvres mais il n'en sort que la gerbe transparente des mots informulés. jette un regard aux humains déformés, aux lapins brûlés. ça sent le barbecue.

- je...

elle ne vaut pas mieux que charogne, moins sans doute. princesse ne fait pas peur. elle est debout, mais ironiquement - elle fait bien plus grande assise. alors elle sert contre elle la petite confiée, la pisseuse aux dégueulis pâles, priant pour ne pas finir comme elle.

ô la blanche ! noircis-la, la putain sans trône. enserre-la entre tes cinquante-deux dents et traîne-la dans ton envers pelucheux, tu verras, elle pourra même battre des jambes pour t'échapper. en vain tu sais, princesse a peur des araignées.

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BY MITZI
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La Rouge
Sam 7 Oct - 21:09





Event 1 - La Fête des Loirs




Si cela se fige, si cela se silencie, la bête à cornes qui lui apparait soudain – oh joli et presque roux Raspoutine – a tout pour lui rougir les joues joliettes. Comme elle se pâme, la Blanche, sans plus crier. Comme elle se tord sur ses jambes frêles et entortille ses doigts dans sa chevelure. Les compliments, elle les a toujours aimé et les prends comme des morceaux de viande soigneusement sélectionnés. Elle les suçote, elle les léchouille, elle glousse comme une gamine qu’on drague et elle n’est que ça soudain, nichon, vagin, cuisses fuselées, petit visage tordu d’une expression d’allégresse pure.

Puis vient l’acide. Ca la pique, ça la ronge. Ca lui met le doute. Ca lui garde au creux du sein des noms pour ses futurs lapins – Cthullu, comme ça sonne bien – mais cela crépite aussi, comme un feu de colère, de l’inquiétude qu’il lui plante dans le bras comme une écharde, une seringue. Et les seringues, elle connait d’avant. Et cela fait mal et cela bricole des angoisses dans son ventre, transforme ses entrailles en serpent. Vont-ils bien ? Bien sûr qu’ils vont bien, ils vont tous PARFAITEMENT bien.

« Comme tu es vilain trognon, Raspousouriant, Raspoubougon. Tu me chiffonnes comme un linge sale et tu ne me repasses que dans le bon sens. Tu es un drôle de nigaud, si tu comptes me faire fuir avec des peurs qui n’ont pas lieu d’être. Ils sont en bonne santé mes lapins. Barbecue, Ogive, Fourchette, Ancestral, Bicentenaire, Table-De-Chevet, Crinière, Capsule et tous les autres, oui, ils vont TOUS BIEN RASPOUTINE. »

Elle postillonne de la javel qui vient tâcher les poils et les blanchir aussitôt. Oh, qu’il ne s’inquiète pas, la délavée est éphémère. Mais assez pour fondre comme de la soude. De quoi inquiéter les plus aphones. Et Fleur, déjà poupée de chiffon, s’immobilise un peu plus.

« Si tu gagnes à ma devinette, je répondrais à ta question, à ton unique question. » Et son regard bat sous ses cils de Sil. Lentement. « Même si c’est stupide, si tu tissais un lien solide entre tes cornes, je suis sûr que tu capterais sans mal l’évidence… » Mais soit, s’il veut faire le nigaud, cela lui convient tout à fait.

Des beaux, des jolis mots pour décorer le pelage immaculé des lapins, quelle belle récompense en plus de cette bougie, noire, qui a fini elle aussi par blanchir entre ses doigts – tout ce que la Blanche touche, la clareté s’apperçoit.

Mais.

Oh.

Mes pauvres enfants.

Vous aviez oublié Barbecue.

Le petit lapin, de sa frimousse de gardien, le plus intellectuel, le plus aimant de toute la troupe, est resté derrière vous et que n’a-t-il pas remarqué, fuyant entre vos jambes, jusqu’à un drôle de brasier qui vient répondre sa fumée dans l’herbe verte parfumée.

Il couine. Il couine un mot. Et La Blanche cille.

Aussitôt, la sympathie, les compliments, même les maladies disparaissent car

IL  
EST
LA

« … Toi… »

Le lapin de feu qu’elle n’avait encore jamais réussi à attraper.

« TOI ! »

La fabuleuse récompense qu’elle peut enfin exiger.

Et son index le désigne dans un rire, dans une hystérie, qui gagne tous les lagomorphes bondissant à ses côtés.

« VOUS LE CACHIEZ OH LES VILAINS IL ÉTAIT LA LE JOLI PINPIN. DE FEU ET DE FUMÉE, IL VOULAIT DONC ME FUIR. MAIS MAINTENANT JE LE VOIS, ET SIL PEUT RIRE. HIHIHI. »

Malheur !

« Je ne vous poserai qu’une seule devinette. Trompez moi ou fuyez et chacun de mes lapins apprendra que la carne peut aussi se ronger. »

Elle sautille sur place.

« Voici la question, écoutez bien je ne répéterais pas. Pas de réponse trop brusque, réfléchissez tous, il faut avoir la foi ! »

Et tous les lapins, autour de maman, se taisent brusquement.

« Regardez, comme il se tient là, il a pourtant des ailes, mais ne s’envole pas. »









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Libre pour rp? : Complète mais je prends les idées/projets.
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Brèche
Dim 8 Oct - 12:25
Ses sabots fourrageaient l'herbe tendre tandis que ses doigts se nouaient, s'entrelaçaient – tout son corps perclus de nervosité. Leurs Envers s'entrechoquaient, billes que l'on lançait à l'aveuglette en écoutant le tintement produit par les chocs. De la Brèche originelle ne restait qu'un vague visage que déformaient déjà les prunelles immenses et noires d'une biche aux abois. Elle sentit un pelage ardent frôler ses pattes, l'odeur de roussi flotter dans les airs. Tournant la tête elle vit une silhouette de lapine enflammée se ruer dans un brasier. Bougie. Pour ne pas la dénoncer la Loir tourna la tête, s'obligea à demeurer focalisée sur la Blanche. Elle ne devait pas savoir qu'elle était là, sinon ça en était fini de la pyromane.

Et son intuition lui soufflait que la bougie concédée par Charogne (c'était curieux de la voir dans ces atours de plumes) ne suffirait pas à calmer la demoiselle, loin de là. Elle avait l'air d'avoir les dents aussi longues que ses enfants.

Brèche sentit l'approche de Raspoutine auprès d'elle avant même de l'apercevoir. Et croisant sa figure, la Loir ne put que lui offrir son profil, incapable de soutenir son regard. Cette figure plus animale que humaine, cette effervescence de fragrance de sous-bois mêlée à celle du mâle lui remémoraient bien trop de mauvais souvenirs. Réveillait en elle le grattement inlassable, déroutant par son absence de douleur mais laissant la saveur d'un geste malsain et interdit.

Gentille fille.

Brèche dut se camper sur ses sabots pour ne pas céder à la panique, à cette voix chuchotant au creux de son esprit des mots qu'elle tentait, en vain, d'enterrer dans les confins d'un oubli salvateur. Sa tête hochait mollement aux mots du faune, trop abattue pour concéder quelques mots. Elle vit Princesse se lever, tenir contre elle une poupée de chiffon dont la figure n'était pas sans rappeler Fleur – pauvre gamine à la merci de l'Envers.

La voix de la Blanche, ongles sur l'ardoise, fit s'entrechoquer ses dents. Elle l'avait vu, et réclamait la possession de Bougie. C'était là le prix si personne ne savait répondre à son énigme. Énigme qui n'accepterait qu'une réponse clamée d'une seule voix, ce qui impliquait concertation.

Brèche dut mener un trésor d'efforts pour tourner dos à la Blanche, se rapprocher du reste du groupe, tenter de leur faire comprendre, par quelques gestes du bras, de tout se rapprocher. Elle se pencha même vers un des brasiers, sans vraiment savoir si Bougie se trouvait dans celui-là.

« Tu peux sortir. Elle ne te touchera pas. On va trouver la solution. »

Pour sauver la peau d'une des leurs.

Brèche formula la première idée qui lui vient, sans vraiment y croire, mais c'était une première étincelle, le prémisse d'un débat.

« J'ai pensé à vous madame Charogne vu votre apparence ici... Mais je suppose que vous pouvez quand même voler... Puis la Blanche aurait dit elle et non il, donc c'est quelque chose du genre masculin, je suppose. »

Ce n'était pas le vent – lui s'envole sans avoir besoin d'ailes.

« Qu'est-ce qui a des ailes mais qui ne peut pas voler ? Le mot hirondelle ? Il a deux l mais ne vole pas, c'est un mot. »

Brèche plissa la bouche, peu certaine de son idée.

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