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Event 1 - La Fête des Loirs [Groupe 2]
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La Rouge
Dim 24 Sep - 21:32





Event 1 - La Fête des Loirs


La rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre, et il n'a guère fallut de temps avant que lui succède un énorme feu de joie.

C'est un débordement prévisible lorsqu'on entasse une bande de gosses dégénérés dans une petite boîte rouge perdue au fond des bois. Peut-être faut-il mettre cette explosion inévitable sur le compte des rumeurs, de l'inquiétude et de la rage qu'elles suscitent, en plus de mille autres soucis quotidiens, des petites atrocités qui parsèment l'existence de chacun ici-bas. Avant d'être un foyer, la Maison est un cirque où l'on exhibe ses tares- tous sont malades ou blessés, ou perdus. Tous sont des monstres en devenir. Ils tiennent du folklore, enfants sauvages échappés d'entre les pages d'un livre. Gamins tribaux accouchés de contes et des légendes. Plus farfadets que mioches en fin de compte.

Et que fait le petit peuple loin des œillades humaines ?

Il danse.

Ils trépignent, se bousculent. Ils grincent sur leurs roues, entrechoquent leurs prothèses. Quand vient leur Sabbat, ils remuent tous ensemble.
On doit l'agitation hiératique aux artistes de la Maison. Loirs affairés à confectionner des guirlandes étincelantes et lampions aux milles et une couleurs. Des rideaux cousus de mosaïques en verre sont tendus dans le Dortoir, des costumes artisanaux sont tirés des placards, des caches et des dessous de lit. Tous ont été mis à contribution, des créateurs d'amulettes aux sculpteurs en devenir, peintres muraux et autres barioleurs de paysages à suspendre aux cloisons.  Les amoureux de la geste ont prévu quelques animations théâtrales au cours de la soirée, les chanteurs s'échauffent la voix et boivent du jus de citron- on entend s'égosiller des oiseaux et des tambours de guerre, pulsant à l'unisson en s'élevant dans les airs.

La nuit dernière, dans les couloirs, des petites mains ont commencé à placardé partout des affiches proclamant :

"FÊTE ABRACADABRANTESQUE DANS LE DORTOIR DES LOIRS CE SOIR ! VENEZ VOUS JOINDRE A NOUS"


Les Cerfs se sont mêlés au bouillonnement ambiant. Ils ont lâché leurs carnets, ont rampé hors de leurs couvertures, puis ont sortit tout l'arsenal de la divination. Ils ont battu les cartes, observé les feuilles de thé, écouté les murmures frémissants dans les branches. Ils ont joint leurs mains à celles des Loirs, apportant leurs propres talents manuels. Aidé d'une petite tripotée d'assistants, Chaman s'est chargé de la confection des breuvages les plus savoureux et douteux que pourront boire les enfants de La Maison. On s'affaire à tracer des glyphes protecteurs, à faire brûler l'encens, à se munir de sel.

Attirés par le bruit et la perspective d'un banquet, les Rats s'en sont venus grouiller dans le tumulte. Dégoulinant de leurs plus belles couleurs, revêtus de leur t-shirt aux slogans les plus obscurs ou subversifs, ils ont débarqué à grand bruit des bouteilles sous les bras, déjà bourdonnant de musique, de bougies et d'armes bien cachées. Leurs plus prodigieux confectionneurs d'alcool sont aussi de la partie, et tous les petits voleurs ou contrebandiers de la Maison apportent leur contribution aux festivités. On fait gueuler les radios, on tape du pied et on ricane- les scènes rocambolesques se multiplient dés lors qu'ils interviennent.

Ce sont les Cygnes qui arrivent les derniers. Ils viennent avec des ustensiles, de petites mallettes, et des mises dangereusement propres. Ils se mettent aux fourneaux en compagnie de quelques élèves d'autres groupes, et ce que les Rats ne mettent pas sur la table de denrées chipées aux réserves de La Maison, ce sont les Cygnes qui le préparent dans de grands saladiers. Une enclave immaculée a tôt fait de se former dans la Cafetière.

Les Adultes eux, sont retranchés au sein de leur territoire pour la plupart. Seuls les plus intrépides ou les mieux acceptés par la société infantile sont tolérés par la foule babillante qui se contracte dans les Dortoirs. Certains apportent même leur aide, et pour leur peine, on leur promet une place dans la Fête qui se prépare.

Quand la nuit vient à tomber, tout est fin prêt et la Maison plus bruyante que jamais.





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Petit Chien
Dim 24 Sep - 23:54
Petit Chien s’étire, se veut grande, un peu plus grande qu'elle ne l'est habituellement. Principalement petite, puisque son nom commence par cet adjectif bien trouvé. Elle ne veut pas attirer l'œil, simplement rester à l’affut de ce beau monde qui fête et qui célèbre, elle ne sait quoi. Peut-être qu’on ne fête rien, mais ce serait jouer sur les mots et se raccrocher aux définitions plutôt qu’au sens. Petit Chien camoufle tant bien que mal sa nervosité, dodeline de la tête délicatement, se contentant simplement de faire semblant. D’être à sa place et d’être capable aussi de faire aussi bien qu’un chef cygne qui n’en serait pas. C’est-à-dire qu’elle est bien terne et soignée dans des collants blancs et une robe grise qu’elle voulait parfaitement sans intérêt. Mais dans ce galimatias de couleurs et de matière elle se sait si terne qu’elle se demande avec anxiété si elle a bien fait.

Elle a tenté, subtilement, de se traîner vers le lieutenant pour rester dans le groupe de ses petits éclopés. Ces gens qu’elle connait de nom et qu’elle se contente de suivre, l’impression réconfortante d'appartenir à quelque chose de plus privilégié. Des canards boiteux qui proviennent de tout groupe et qu’on ne remarque pas forcément lorsqu’ils sont seuls. Mais la foule était trop dense et elle s’est contentée courageusement de rester derrière Tâche. Le seul cygne des environs. Un de ces gosses qui s’est échoué dans ce groupe après avoir été chassé des autres. Alors elle est contente de dire qu’il est l’un des leur et qu’eux ne l’abandonneront pas.

Et elle reste à cette place. Dans son ombre. Sautillant distraitement dans ses chaussons, habituée à se chercher dans les silences et les tenues de notes qui ne s’épuisent jamais. Et s’il faut trouver une raison tacite à sa présence ce n’est certes pas l’envie de bien figurer pour les cygnes. Petit Chien suit gentiment la foule, l’air de rien et derrière ses airs inoffensifs elle scrute. Attentivement, chacun de leur geste, ceux de ces autres qui ont un jour été gentils ou simplement présent. Parce qu’elle a besoin de savoir ce qu’ils font. Besoin de pouvoir le réécrire plus tard dans des carnets ou simplement glisser entre deux conversations des détails marquant. Retenir aussi s’ils ne viennent pas lui parler. Ou ne lui rendent pas une seule fois un regard. Puisqu’elle déteste cela par-dessus tout et qu’elle ne sait pas vraiment ce qu’elle fera de toute cette déception. Sûrement du mal.

Qu’elle est attentionnée vraiment.

le résumé a écrit:
Petit Chien reste derrière Tâche sans que celui ne le sache forcément et se contente de creep stalke ses amis en dansant sur place.  
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Quenotte
Lun 25 Sep - 21:17



There's a thin white cold new moon

and the snow is coming down


Elle qui rêve d'étreintes languides et de prétendants affairés est ce soir exaucée. Il lui semble sur l’instant qu’il n’y a plus qu’eux, murés à leur éternelle chambre d’hôpital. Leur première Maison, mais la Rouge serait fort fâchée de deviner à son crâne l’intime comparaison. Il sourit et elle sent dans son cou ses lèvres plisser et se tordre de contentement, souffle chaud et âcre contre pâleur frémissante. Pas de rebonds et de riffs effrénés cependant. Leur étreinte à quelque chose de purement intime. Une sorte de mise en bouche pour les valses à venir. Elle n’aura pas eu à insister ce soir et c’est de bon cœur qu’il l’a accompagné, tout aussi intrigué qu’elle par les affiches colorées croiser au détour d’un couloir. Elles sont iridescentes, banderoles de joie éclatante qui rivaliseraient avec L’Envers tout puissant. Cela en est presque dommage, songe-t-elle, que La Nuit La Plus Longue n’ait pas encore dardé le bout de son museau affamé cette année.

Les doigts bruns frémissent d’un rien à ses hanches, enferrant à sa poigne les pans de son tissu délicat de robe. Puis c’est presque si d’un baiser claqué il l’abandonne, trouvant à la salle quelques autres amusements dignes de plaire à un adolescent dans la fleur – charognarde – de l’âge. Elle le perd de vue dans la cohue et demeure immobile. Le temps de se laisser bercer, de pulser avec les basses, sursauter avec les batteries improvisées de toiles tendues et de bois taillé. Les yeux clos elle titube, accroche du regard l’ombre rouge d’un vêtement et sourit. C’est une riche idée, un peu honteuse mais plaisante, que d’aller vers le soldat, saisir Guillotine par la manche pour un soir et voir dans ses regards des nuances inédites à celui de Fange. Seulement c’est un peu gauche qu’elle demeure, dodeline, jouet à ressort, incertaine quant à la marche à suivre. C’est qu’elle n’a jamais approché grand monde ni ressentit le besoin de le faire. Il y a dans cet amour de jeunesse – amour de vacances – un rien de gêne juvénile qui lui va bien au teint.

Toute à sa réflexion elle erre, cherchant à la hâte une bribe de dortoir plus calme que les autres. Une poche de silence dans ce monde fou et sans fin qui rendrait La Maison presque vivante. Petit organisme complexe mais bien battant au cœur d’un écrin de verdure.

Son dos percute le mur et elle en redessine les graffitis d’une main aveugle, se laissant bercer par le bruit. Il y a des ces tumultes appréciables, si grands et enragés qu’ils en calment les colères. D’un coup d’œil elle remarque la fille, l’étrange aux regards luisant qui chuinte en sourdine, tout à côté d’elle mais à laquelle il lui semble bien inutile d’adresser un mot. On n’y entendrait pas même au creux de l’oreille. Imperturbable pourtant – Oh elle connaît Petit Chien, personne ne lui échappe ici, tous sont scrupuleusement annotés aux pages de son carnet. – elle ne cesse de sourire, mordant sa langue, gardant de sa superbe. Et pas de Raspoutine, cette fois, pour lui gâcher le plaisir. Il n’y a que de Fange dont elle se languit un peu de l’absence.





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Tâche
Mar 26 Sep - 8:02

• La Fête des Loirs •
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Groupe 2
Quenotte ; Tâche ; Pieds nus ; Petit chien ; Hypnos
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C’est clinquant et chargé que Tâche débarque avec certains des siens. Il est la mule qui demande à en porter toujours plus et il se noie sous les sacs pleins à craquer, les ustensiles sonnants. Alors il se permet de souffler, quand il se décharge de tout son poids sur l’une des tables collées les unes aux autres dans un coin mais, toujours un grand sourire flanqué sur les lèvres. Il y a des étoiles, dans les lagons qui lui servent d’yeux. Elles sont belles, les décorations pimpantes de ces artistes rongeurs, les couleurs qui iraient jusqu’à faire oublier que le Rouge est roi dans la Maison. Cependant, il n’a pas le temps d’en profiter pleinement – pas tout de suite – puisqu’il s’affaire déjà à aider, à remplir les saladiers de ce qui finira au fond de leur estomac d’enfant. Tâche secoue, de couverts plastifiés, ces pâtes, aux maïs et bouts de surimi, noyés sous la mayonnaise. Pour peu qu’il se sente aventureux, le geste énergique, il en fait même sauter des bouts, parvient à tâcher ses vêtements jusqu’à son visage – la preuve à cette sauce blanche collée sur sa joue droite avant même qu’il ne commence à manger –. Il sait qu’il devrait faire plus attention, pour ne pas déranger, pour ne pas abimer son simulacre d’uniforme gris mais le garçon oublie. Le brun se perd dans l’effervescence générale, il rit à gorge déployée, bouscule sans le vouloir avec ses grands gestes. Quelque part, Tâche a des airs de forain, derrière cette table, à s’agiter, à attirer les affamés en faisant d’amples signes d’approcher. Il s’amuse, même, le stupide, à décorer petits pains et brioches de bonbons pour en faire des motifs particuliers. C’est rare, les fêtes approuvées par l’Eglise, c’est rare, qu’elles soient aussi bien préparées, c’est rare, de voir autant de monde au même endroit – outre la Cafetière –.

Alors, Tâche s’emporte. Il parle plus fort qu’à l’ordinaire, s’exclame plus vigoureusement encore pendant que son pied tape la mesure, quand il ne fait tout bonnement pas quelques pas de danse, tout seul, derrière son semblant de comptoir. Et, depuis son coin, la silhouette aux jolies boucles noires n’échappe pas à l’œil du cabot qui se précipite immédiatement à couper une brioche au chocolat et sur des smarties. Préparation spéciale pour une personne spéciale, qu’il se dit. Et, pour une fois, il n’a pas à craindre la présence d’un garde rapproché – bien que cela ne l’arrête pourtant jamais –. Puis, il fait signe de la main, le sourire qu’il veut grand lui prêtant presque des allures candides, stupide. Et c’est bombant le torse qu’il tend en direction de la seconde des cervidé cette part de gâteau décorée par les colorées douceurs qui dessinent la forme d’un papillon.
C’est pour toi Quenotte, un papillon aussi joli que toi.

« C’Que’ttepa’llonjoliqu’toi » qu’il baragouine plus vite que la lumière, comme si tous les mots avaient décidé de sortir en même temps, au même moment. Et, dès l’instant où le garçon réalise que : tout d’abord, non ce n’est absolument pas compréhensible, puis, qu’il doit sacrément passer pour un idiot pas poli ; il s’en bouffe les lèvres, piquant leurs couleurs aux tomates cerises qui se bousculent plus bas. Ainsi donc, la pauvre tâche secoue la tête et s’empare du tube de crème glacée pour le secouer :
« … Je peux rajouter de la chantilly si tu veux ! » et, étrangement, ça passe beaucoup mieux quand il est juste question de bouffe.

Cependant, dans ses gestes précipités, il bouscule une personne derrière lui et, de sursaut, l’index presse la gâchette. Pan ! L’arme sucrée. Ou plutôt ‘‘Splotch’’, alors qu’il se fait malencontreusement un bouc de crème fouettée. Et Tâche se retourne de moitié pour voir Petit Chien, qu’il n’avait jusqu’alors absolument pas remarqué la présence. « Ohw ! S’cuse! » Parce qu’il fallait qu’il cogne la seconde de son groupe et personne d’autre, forcément. Yeux écarquillés, secoué dans sa maladresse, le brun frotte vaguement de la paume son menton décoré en lançant un gros sourire désolé.

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Pieds-Nus
Mar 26 Sep - 10:39

L’effervescence et l’excitation pré-fête m’avait mis dans tous mes états. D’habitude, j’étais plutôt calme mais aujourd’hui, je m’affairais à gauche, à droite… Ne sachant presque plus où donner de la tête. Tous les petits et grands Loirs que nous étions avaient mis du sien, et je n’étais pas en reste. Et je n’étais pas peu fier de mon travail de peinture et de confectionneur de guirlandes colorées. L’agitation était telle que j’eus l’impression que de Loirs, nous étions devenus Abeilles. Cette pensée me fit sourire bêtement. Des petites abeilles jeunes et noires qui font « bzzzz  bzzzz ». Comme c’était amusant ! N’est-ce pas Opaline ?… Bien sûr qu’elle était d’accord. Je le savais. Même si elle le disait pas. Il y avait bien trop de monde pour ça.

Lorsque tout fut mis en place, j’allais me changer, fête oblige. J’avais mis de la peinture sur tous mes vêtements… Enfin, sur les draps qui avaient servit à me couvrir pour l’occasion. Je sortis pour une fois, une belle tenue… A comprendre par là, une tenue normale. Un jean, un tee-shirt coloré relativement propres si on ne s’arrête pas aux différentes gouttes et gouttelettes rouges, bleues, jaunes, etc... Qui décorent le pantalon. En ce jour si spécial, j’avais même fait l’effort de mettre des chaussures. J’avais bien appuyer sur l’arrière de la basket afin de l’écraser pour pouvoir y glisser mes pieds comme dans des chaussons. Le talisman de Brèche autour de mon cou, je me sentais fier et prêt à m’amuser. Oh ! Mais non ! Il fallait aussi que je m’occupe d’Opaline. La pauvre ! Je lui remis correctement le tissu qui enveloppait son corps et y accrochait le beau cadeau de la confectionneuse de talismans. Je souris d’un air satisfait avant de déposer un baiser sur sa tête nue. Puis la pris sous mon bras, en avant pour la fête !

Le dortoir était magnifique et scintillait de mille feux. Je restais là, bouche bée, admiratif devant notre chef d’oeuvre. Bientôt un large sourire niais étira mes lèvres alors que mes yeux se régalaient de toutes ces chatoyantes couleurs qui s’entremêlaient les unes aux autres. Mon regard balayait le dortoir, tout ce qui était à portée, happant chaque détail lumineux, festif et chamarré. Ma tête allait de gauche à droite, de droite à gauche, n’oubliant rien, scrutant la moindre décoration. Statique, immobile dans une foule grouillante et bruyante, je me gavais littéralement de ce joyeux maelstrom, complètement hypnotisé par celui-ci, un sourire béat aux lèvres. Une agréable musique parvenait avec difficulté à mes oreilles. Elle me semblait loin, si loin... J’étais dans un véritable conte de fée.


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La Rouge
Mer 27 Sep - 22:34





Event 1 - La Fête des Loirs


La soirée débutait pourtant bien.

Ils dansaient les enfants, ils chantaient et se heurtaient sur la piste, parfois à escient ou sans vraiment le vouloir. On discutait tout autour du buffet, l'alcool et la fumée coulaient à flot entre les mains fébriles et les lèvres poisseuses. On a vu deux silhouettes noiraudes s'enlacer pour un slow, des princesses envieuses chercher en toute dignité un secours roturier, des maladroits de tous les bords se déverser partout, victimes des trébuchements, des mixtures singulières, des isolés qui rôdent en lisière du chaos, se pensant bien au-dessus de cet magma de membres, oui monsieur, oui madame, de cette agitation juvénile pleine de heurts et d'odeurs. Les rejetés du grand bouillon charnel, que pourtant cette écume collante de mains tente d'attirer à elle.

Les boucs s'en prennent aux charognes indifférentes pour leur tirer quelques rictus amers, les enfants abandonnent leur doudou pour braver toute cette foule ou l'entraînent avec eux dans les remous de musique, les soldats juvéniles se préparent au combat, et aux angoisses des uns se mêle aussi l'émerveillement et le bonheur des autres, les collisions entraînent de bien curieuses rencontres...

La violence est déjà dans l'air, volatile, déjà dans quelques crânes ou sur quelques babines, mais la fête ne fait que commencer. Les grands moments de la soirée ne sont pas encore venu. On prend son temps pour que les évènements restent dans les mémoires. A se faire beau, à caqueter sur la piste, à défaillir de rire, de gêne. On festoie presque avec tendresse malgré le bruit qu'il fait, et aux plus électrisés se mêlent des languissants à la paupière pesante et aux mains indolentes, peaufinant leurs postures, jouant les observateurs. C'est aussi bien l'occasion de se montrer que de s'oublier. On travaille à son ivresse, on s'abandonne aux hésitations adolescentes, on est là pour se laisser aller à un flou artistique. Mais c'est là un des intérêts à ce grouillement féroce, précipiter des êtres qui jamais ne se croisent ni ne s'adressent de mots les uns contre les autres.

Alors oui, dans toute sa fraîcheur, toute sa vigueur, la soirée semblait bien prometteuse.

Jusqu'à ce que la lumière s'éteigne.

Guirlandes et ampoules flétries d'un coup, happées par les ténèbres. Chant des enceintes, grésillements des fusibles... renvoyés au néant. La feutrine du silence étouffe les bruits rassurants de la technologie. Un véritable flash d'obscurité, ne laissant sur la rétine que la phosphorescence des étoiles en plastiques.

Et aux oreilles, les cris incrédules, les hurlements de douleur- quand sans se se voir, on se bouscule et on se roule dessus. Quand on tombe au milieu d'un pas de danse, qu'on est pris d'un vertige, de ne soudain plus y voir, de tanguer sur ses pieds, de sentir alentour des membres moites, tout à coup bien trop nombreux et bien trop proches.

Les plus réactifs allument déjà briquets et allumettes, mais à savoir toute la Maison plongée dans les ténèbres, la peur se noue aux entrailles de plus d'un des enfants.
Car comme chacun le sait, au sein de la Rouge, on est jamais bien certain qu'aucun monstre ne se cache à la faveur des ombres...







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Petit Chien
Mer 27 Sep - 23:59
Elle esquisse un sourire, Petit Chien, quand Tâche se retourne, de la chantilly sur le visage et de la gentillesse dans des maladresses qu'elle ne pourrait lui reprocher. Alors elle réplique, essuyant son visage de sa manche de gilet : C'est pas si grave, ça arrive. Elle s’écarte un peu pour saluer timidement Pieds-nus, elle voudrait lui dire que la fête est très réussie, mais elle perd trop de temps, à chercher ses mots, le regard coulant sur une petite Quenotte qui l’intimide plus que de raison.

Soudain, la lumière s’éteint, Petit Chien se fige, la bouche entrouverte sur des mots qui ne sont pas sortis. De jolies intentions aussi. Elle tend les mains pour attraper, un pan, n’importe lequel, un peu apeurée. Mais instantanément elle retrouve le courage qui lui manquait. C’est pas le noir le plus effrayant. Et dans cette salle là elle sait qu’elle n’est pas seule.

Ça va aller. Confiante, elle tâtonne un peu devant elle. Ce n'est qu’une coupure de courant. Quelqu’un a un briquet ? Une bougie qu'on pourrait allumer ? Elle farfouille devant pour trouver quelque chose qui pourrait les aider.

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Quenotte
Ven 29 Sep - 10:52



There's a thin white cold new moon

and the snow is coming down


Un claquement d’ampoule et tout se fige, et elle cesse de danser, petite prêtresse des Lueurs morcelées, coupé en pleine aphasie. Cela aurait pourtant dû être une bonne soirée. Quelques heures pour déchaîner les cœurs et les passions.

Il était un prince bien vaillant venu lui porter offrande et, décontenancé de son inhabituelle innocence, elle avait souri, sans rien dire. Pas un mot, se faire désirer. Et à la fin, pour sa galanterie – et si Fange le veut bien – elle lui aurait offert une danse, à défaut de mander celui qu’elle cherche du coin de l’œil.

Elle avait un rire bien honnête, le voyant vaciller et s’oublier dans toute sa maladresse.

Elle n’a pas bien l’habitude, la phalène, des garçons qui la font rire. Ce n’est pas si désagréable, les picotements sucrés pétillants à ses commissures. C’est prise d’un élan de sympathie qu’elle s’efforce à fendre la foule de danseurs pour tendre une main secourable à l’éclopé du geste. Après ça, elle l’emmènera peut-être prendre un verre.

Dans ce soulèvement infantile, cette manifestation désordonnée, elle est étonnamment heureuse. C’est d’écouter leurs cœurs battre à l’unisson, comme un poumon de Maison.
Réalité défaussée et ils basculent, l’obscurité mystique reprenant ses droits. Caprice de Maison qui se veut ronflante quand ses souris sont en fête. Sans saisir la main du prince et oscille, recule de deux pas, heurtant un dos dont elle ignore le propriétaire. Dans le noir elles ondulent et gonflent, silhouettes massives hérissées de cris stridents, plus imposantes que sous les guirlandes et cieux parodiques. Cela lui revient alors en bouffées indistinctes, pulsant à sa poitrine, cœur cette fois solitaire, quand les contacts lui sont viciés, trop étroits pour sa panique, corps de presque-fille balloté çà et là.  Phalène déboussolée dans le noir puisque privée de son ampoule.

A l’autre bout du chaos, son nom résonne comme un appel vital auquel elle fait écho.

- Fange ! – Mais pas de table sur laquelle se hisser et la cohorte l’emporte, mouvement de foule terrible pour la heurter à son mur, épinglée là par la panique.

Elle rampe, procession de chenilles encrières face contre le mur, gagnant d’une main l’encadrement de la porte. Pour un peu d’air, juste se soustraire à la foule.






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Tâche
Ven 29 Sep - 11:25

• La Fête des Loirs •
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Pieds-Nus
Ven 29 Sep - 22:40

J’étais là, littéralement émerveillé et subjugué par tout ce qui faisait la fête. Les couleurs joyeuses, l’ambiance exceptionnellement festive, les esprits détendus, la musique bruyante, les visages rieurs... Rien en semblait pouvoir gâcher cet instant magique.

Soudain, quelque chose attira mon attention. Je clignais des paupières à plusieurs reprises et renouait avec la réalité à laquelle j’avais échappé l’espace d’un instant. Petit Chien était là et me saluait. Aussitôt, je lui offris un large sourire accompagné d’un signe de la main. Puis, je tournais ma tête à gauche, à droite. Mes yeux balayaient le dortoir, mais cette fois-ci à la recherche de quelqu’un en particulier. Chesh’. Comme je l’appelais. Je me demandais où est-ce qu’elle pouvait bien se cacher. Je voulais l’inviter à danser, avec moi et Opaline. Peut-être qu’elle était encore suspendu aux poutres, derrière une porte dérobée ?… C’était tout à fait son genre. Je levais le nez vers le plafond, sans résultat. Alors je me mis sur les pointes afin de gagner un peu plus de hauteur en vain également.

En observant la foule, mon regard s’accrocha à une silhouette filiforme, sombre, qui se distinguait de la masse grouillante, bruyante et colorée. Charogne. Oh elle était là aussi ! Mon sourire s’élargit davantage sans que je ne m’en rende compte, trahissant toute l’affection que j’avais pour elle. Et l’admiration aussi. Elle était la seule qui savait réparer Opaline. Et rien que pour ça je l’adorais !  Bien sûr, il y avait aussi les crayons et son aide précieuse qui était un vrai secours à mon quotidien. Tiens ! Je lui demanderai une dan…

Hum ?… Tout devint noir. Des cris remplacèrent les rires et la musique. Je mis un certain temps avant de comprendre ce qui se passait. Comme c’était dommage ! C’était si bien parti ! Je décidais de rester sur place, dans bouger, mais on me bouscula. Je passais mes deux bras autour d’Opaline, afin qu’il ne lui arrive rien. Je me laissais ballotter sans poser de résistance, par la vague de la foule. Avec un peu de chance, je pourrais me caler contre un mur et patienter tranquillement que la lumière revienne. Si certains étaient effrayés, voir paniqués, pour ma part, je restais calme. L’obscurité ambiante ne me faisait pas peur. J’y trouvais même une certaine excitation. Ca me rappelait les jeux auxquels on se livrait avec Moustache, dans l’Envers. Je m’attendais presque à voir débarquer le loup, mais je savais que c’était impossible. Pas de ce côté-ci.

Tout d’un coup, mes mains m’agrippèrent et me firent sortir de mes pensées. J’en fus très surpris. Personne n’agissait de la sorte avec moi. D’ailleurs, il semblerait que ce geste ne me fut pas destiné. M'avait-il confondu avec elle à cause de ma masse capillaire?... Après quelques instants de silence, le temps que l’information remonte jusqu’à mon cerveau, je répondis :


- J’suis pas Quenotte ! J’suis Pieds-nus… Et toi ?...

Je tendis une main vers ce que j’imaginais être son visage. Mais j’ai mal évalué la distance et ma main entra en contact, de manière un peu brutale avec la face de mon pauvre interlocuteur, que je tâtais.

- T’es qui ?

Sa voix ne m’était pas du tout étrangère, mais là, tout de suite, avec la confusion environnante, dans l’obscurité totale, je n’aurais su dire à qui j’avais affaire.

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Ven 29 Sep - 23:14
La fête des Loirs


La fête battait son plein, mais depuis le début, il était dans son coin.
A vrai dire, il se sentait seule, mais Abandon lui tenait plus ou moins compagnie comme à son habitude.
La musique était là. Il aurait aimé pouvoir chanter à pleine voix,crier avec les autres. Dire qu'il est là. Mais Solitude est son amie. Comme Tristesse. Et même si Joie pointait le bout de son nez de plus en plus ce soir, son sourire devenait terne, si seul.

Hypnos regarde autour de lui. Tout le monde s'amuse. Tout le monde discute. Tout le monde fait la fête et se connaît. Mis à part Pieds-Nu, il ne connait pas grand monde. Et personne ne doit le connaître. Oui, le jeune garçon discret mais bizarre. Mais discret, car se mêler aux autres n'est pas son genre. Que la parole n'est pas son fort. Il soupire, serrant une peluche de crane contre lui. Il aime cette peluche, elle lui rappelle les os qu'il cache dans sa boite secrète. Un jour il la montrerait à Hibou. Il sait que ça lui plaira. Mais pas maintenant. Hibou faisait probablement la fête et lui, il était seul.

Pour couronner le tout, les lumières s'éteignir d'un coup, comme par une magie malsaine. Ayant peur du noir depuis qu'il avait été enfermé dans un placard, Hypnos avance à pas rapides, espérant attraper quelqu'un qui le réconforterait un peu. Il trébuche, sanglote, tombe contre deux personnes, il arrive à peine à distinguer les formes. Ses cheveux blancs semblent flotter dans la pièce. Un brouhaha s'élève, se demandant bien ce qui se passe. Les deux formes près de toi semblent discuter, sans se connaître. Il attrape les manches, il tapote l'épaule, sanglote silencieusement. Apparemment, Pieds-Nu est une des deux personnes. Et il y a un garçon. D'un geste énergique, il secoue son bras, presque en panique. Si cela continuait Angoisse allait prendre le dessus, et rester un long moment...

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La Rouge
Sam 30 Sep - 22:59





Event 1 - La Fête des Loirs


La coupure a eu le temps de vous terrifier, le peu de temps qu’elle a pu durer car au bout de cinq minutes, peut-être sept, le générateur de secours se met en marche et illumine vos visages apeurés d’une étrange lumière jaunâtre. Les ampoules, ce soir, ne pourront pas faire mieux et le frisson qui vous accable vous laisse sans doute présager une étrange suite des évènements.

Comme vous avez raison.

Surgit du couloir où Charogne, dans toute sa splendeur d’adulte responsable, vient de s’engouffrer, deux silhouettes surgissent. Un, pré-adolescent, brun et chiffonné, l’autre plus jeune, blonde et larmoyante de morve mal essuyée. Elle chiale tant et si bien que le garçon qui l’accompagne, un Cerf du nom de Frangipane, ne sait que faire pour l’aider mais son regard bleu s’éclaire à la vue de la professeure qu’il connait bien :

« Madame ! » Puis un froncement de sourcils. « C’est vous qui étiez de garde à cette fête déplorable ? » Oui, Frangipane, en plus de sentir cette saveur d’amande amère et de porter, toujours sur sa tête, la couronne du jour de l’an de son arrivée, parle extrêmement bien. « Retournez à la salle, madame ! Il y a fort affaire ! Fleur… »
« Lui !!!! » S’écrie soudain la petite d’une voix hystérique, avant de recommencer à pleurer.

De la salle, vous avez pu entendre ce cri, simple mirage pour les plus éloignés. Et déjà Frangipane entre, sans plus attendre, cherchant Richter, avant de se rabattre sur Raspoutine à proximité.

« Il y a urgence ! » Il lève la main de la petite, tremblante. Et annonce. « Elle a vu quelque chose ! »
« Lui lui… » Balbutie Fleur sans pouvoir s’en empêcher. Elle sent un peu la pisse, la florale. Et pour cause, du haut de ses sept ans, et du moignon qui pend à la place de son bras droit, elle n’a pu que se soulager face à la chose informe qui s’est approchée. Ce lui mystérieux qui attire votre attention.

« L’a voulu mettre ses doigts dans sa bouche ! »
« Quoi ? »
« Comment ?! »
« C’est quoi ce putain de bordel ?! »
« Qu’est ce qu’elle raconte ?! »
« IL s’est approché, tout blanc. Il a voulu prendre ma… »

Elle cherche le mot, se tourne. Voit la blanche et noire, près de la porte et la pointe du doigts.

« Quoi ? Quenotte ? »
« Quenotte ! »

Alors quelqu’un comprend, dans l’assistance.

« Ça a voulu lui voler ses putains de dents ! »
« Qu’est ce que c’est ? »
« La Grande Rouge ?! »
« Un monstre ?! »
« Que fait-on ?! »

Des groupes les plus éloignés, la parole vous est reprise par les murmures des gamins qui font écho. Si vous ne voyez pas l’enfant, vous savez ce qui se passe. Et Fange, ainsi alerté, s’avance, les poings serrés.

« Quelque chose a essayé d’attaque la gamine ! »
« Putain de merde… » Jure une voix douce, presque rêveuse.
« On doit le retrouver. »

C’est peut-être la surprise qui vous cueille, ou l’incompréhension. Aussitôt le chef des Rats affirme.

« Vous, rentrez dans vos dortoirs, mais nous, nous allons à la chasse. On peut pas laisser un fondu arracher les dents des gosses. »
« C’est pas un d’entre nous… » Murmure Fleur, lui donnant raison. « C’était tout blanc… c’était comme une ampoule. »

Encore un produit de l’Envers, songe Fange, avant de se tourner vers sa sœur.

Pour l’instant, vous êtes presque entremêlés, avant que le chef désigne, tour à tour.

« Lieutenant et moi, nous prenons le couloir de gauche. Hibou ! » Où est passé le gosse qui était avec eux. « Hibou et la môme, vous allez rattraper vos conneries. Cheshire, t’es volontaire ! »

Puis son doigt se tourne vers le reste.

« Raspoutine, tu prends ceux qui te sont proches là, Princesse, Brèche, Bougie aussi, t’en es. Charogne. » Hors de question de l’appeler madame. « Suivez les avec la gosse. Frangipane ? »
« Je ne reçois d’ordres que de mon chef… »
« Alors va te faire foutre. Quenotte. » L’appel est presque tendre. « Prends le reste de la troupe autour de toi, Tâche, Hypnos, Pieds-Nus aussi ouais t’en es, avec Petit Chien. » Reniflement. « Vous allez tous donner un coup de main et je VEUX RIEN ENTENDRE PUTAIN PAS UN MOT DE PLUS. On doit retrouver cette merde. On va lui faire payer le prix. »

Il n’y a pas de fête sans baston après tout. Et déjà Fange fait signe à Lieutenant de le suivre, comme aux autres, embrayant son annonce par un premier pas salvateur.

Que les autres aillent se pieuter, que personne ne fasse chier. La chasse ainsi commence.







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Petit Chien
Dim 1 Oct - 0:05
Les fracas, les cris, la stupeur, la panique. Petit Chien les entend et même si elle a tenté de les prévenir, elle contemple son échec. Ou plutôt elle l'écoute, un soupir résigné dans le creux de la bouche. Des déceptions plein la tête. Mais quand on est un petit chien on aboie pas suffisamment fort. Alors Petit Chien écoute, les mains rétractées dans son gilet. Elle récite silencieusement des syllabes, des mots, des déclinaisons. Des choses rassurantes.

Immobile elle attend que l'obscurité passe. Elle passe toujours, c'est comme tout. Et si personne n’a de quoi éclairer et bien, tant pis.

Et puis la lumière se fait et, ignorant totalement le capharnaüm près de l’entrée, Petit Chien regarde autour d'elle pour relever les malheureux les plus proches. Essayant de s’assurer que personne ne s'est fait piétiné ou bousculer. Et puis, elle est accroupie quand elle entend un sanglot qui déchire le cœur. Pur produit de terreur.

Elle se rend alors compte qu'il n'est plus temps de s’occuper de la coupure de courant et de ses conséquences. Elle se relève, se rapproche un peu de l'effervescence. Elle peine à imaginer, à recoller les morceaux d’horreur de la rouge. Petit Chien fronce les sourcils, essaie de trouver du courage. D’autres interprètent déjà, on parle de bouche, de dents qu’on aurait essayé de dérober. On ? Une chose. Ce n’est pas l’un des nôtres. Elle frissonne.

Ensuite il prend les commandes, ce chef rat qui aboie plus qu’il ne parle. Petit Chien cherche le lieutenant. Le Petit. Ils se chargent de fouiller une portion de couloir. Elle est contente qu'il ne puisse pas voir la lâcheté s'incarner dans ses yeux.

Petit Chien comprend : Ils veulent le traquer. Peut-être lui faire regretter. Et si la Rouge se mettait en colère ?

Petit Chien secoue la tête. D’avance, ressentant ce mauvais pressentiment. Celui qui n’annonce rien de bien. Rien de bon.

Elle entend son nom, celui de Tâche, de Pieds-Nus, de Hypnos – qu’elle ne situe pas et de Quenotte. Quenotte chef de groupe. S’imaginent-ils vraiment s’opposer aux caprices de la maison ? Petit Chien prend une minute de réflexion et puis s’avance vers Tâche pour le prendre à partie. On ne devrait pas s’en mêler. Elle chuchote, délicatement, il y a aussi un peu de peur dans son timbre. Il n’est pas notre chef. On devrait rester, raccompagner Fleur, lui trouver de quoi se changer. Rassurer les plus petits Cygnes. Cela ressemble à de la fuite et pourtant, se dit Petit Chien, il faut bien qu’il y en ait qui restent. On ne peut pas laisser tous ces petits ici. Et même ces plus grands.  

Ils ne s’attendent même pas à ce qu’on les suive pour battre une créature dont on ne sait rien. Nous sommes des cygnes. Ils nous en porteront rigueur. Quoi qu'on fasse. Elle ne sait plus exactement qui elle essaie de convaincre. Ce Frangipane n’a fait que parler à sa place… Et si on arrive à la calmer elle nous donnera peut-être plus d’informations. C’est utile les informations. Elle ne parlera pas à Charogne. Petit Chien s’imagine à mille lieues d’ici. Voudrait ne pas avoir à montrer son manque de courage. Alors elle s’exprime, avant de ne pouvoir le faire car elle sait, Petit Chien, elle sait qu’elle finira par suivre, qu’elle n’est pas de celles qui décident. Pas comme les Fange, les Lieutenant, les Richter, les Raspoutine, les Brèche.

On ne devrait pas y aller. Mais c’est peut-être déraisonnable d’insister.

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Quenotte
Dim 1 Oct - 13:55



There's a thin white cold new moon

and the snow is coming down


Il y a de tels instants – quand la lumière succède à l’ombre et la découvre, essoufflée et fébrile près de la porte, un peu fuyarde – où le jeu se renverse et leurs rôles de même. C’est lui qui aboie et elle qui se fige, trop accoutumée à donner la première note de leur partition jumelle. Fange a toujours su prendre les devants des situations les plus particulières, mué dans son sens implacable de la logique par une capacité d’adaptation hors du commun. C’est ce qui lui a permis de s’adapter à La Maison, de survivre aux Rats, d’invoquer la Grande, la toute puissante et sans risquer la morsure, le coup de dent fatidique.

Incertaine, elle le dévisage à l’autre bout de la pièce, bateau de papier encore secoué par la marée humaine. Ça alors ne vient pas me dire que tu t’ennuies au point de sauter sur la première occasion ? Et moi je veux rentrer, rentrer de l’autre côté, loin d’ici, et dormir avec toi, et ne plus penser à cela. Mais il ne souffrirait aucun refus et si sa tête dodelinante, fait « non » avec lenteur, c’est bien contrainte tant par lui que par son rôle de seconde qu’elle soupire et conçoit. Au moins n’aura-t-elle pas à suivre la trace de Raspoutine, cela commence à devenir fatiguant. Pour ne pas dire parfaitement insupportable depuis les mésaventures du grenier. D’une friction de main elle dénoue son visage, gonflant une poitrine inexistante pour aviser l’assemblée. La Tâche, tout d’abord, prince de pacotille qui ne rechignera pas à la suivre, à y faire même trop de zèle – à contrôler, tous à contrôler – et les blondeurs, la blondeur tranquille des enfants qui n’ont d’autres choix que de suivre. Quelle idée. Fange a parfois une logique qui n’appartient décidément qu’à lui.

Mais déjà cela discute et dispute et c’est à elle de soupirer. Oh non, pas ce soir. Qu’on ne lui demande aucune pédagogie elle n’est décidément plus d’humeur à se faire professeur. Charogne fera ça bien mieux, et d’ailleurs.

- Ceux qui ne se sentent pas concernés ou ceux qui ont les fois n’ont qu’à rester avec Charogne. C’est une présence sûrement bien plus rassurante. Moi je fais comme Fange a dit. – Puis elle plisse les yeux, grimace presque cruelle vers la demoiselle Cygne. – Hypnos et Pieds-Nus ont moins peur que toi, tu te rends compte… ? C’est parce que Richter fait son gentil petit roupillon que tu fais la fine bouche… ?

C’est parfaitement pour ce genre de raisons qu’on exècre les jumeaux à voix basse dans toute la maison. Qu’on sous-entend dans les greniers qu’elle n’est qu’une crevarde sans cœur. Qu’ils profitent, elle leur donne raison ce soir, et déjà se hasarde dans le couloir.

Et là-dedans cela pulse, d’un battement régulier, à la fois familier et méconnu. Un grésillement, comme un essaim lointain et épuisé qui ne tardera pas à s’amplifier. Comme l’intime et transcendante conviction qu’ont les enfants dans leur chambre le soir. Qu’un monstre gratte sous leur lit. Et l’hésitation implacable qu’ils ont à regarder. Cependant ici, rien ne leur est totalement inconnu et ce qui se cache doit être dévoilé. Pour le bien commun. L’Envers a ses secrets mais eux l’arpente à leur guise. Du moins pour les plus impliqués d’entre eux.







C O D E ©️ W H A T S E R N A M E .




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Tâche
Mar 3 Oct - 7:25

• La Fête des Loirs •
...
Groupe 2
Quenotte ; Tâche ; Pieds nus ; Petit chien ; Hypnos
▁▁▁▁▁▁▁▁▁▁▁▁
Tâche, c’est un soleil. Une lumière qui irradie de bonheur. Et c’est probablement en la personne d’un phare éblouissant qu’il chope une ……un môme ? Et que lui-même se fait attraper par un second. Pieds-Nus donc, eh. Les longs cheveux qu’il entrevoit dans les éclats de bougies l’auront trompé. Il se disait bien que Quenotte n’avait jamais eu les cheveux aussi clairs. Puis, quand il vient à vouloir répondre à son tour, c’est un PfTâche ! qui se fait entendre, la main de l’autre flanquée en plein dans son visage. Par réflexe, il secoue la tête pour se dégager. Et quand l’autre Loir s’agrippe à sa manche, il comprend assez rapidement que ce second ne peut pas parler.

« Eh …eh… ça va aller. » qu’il essaye de prononcer, le plus doux qu’il peut, pour rassurer. Dans tous les cas, ils chopent les deux petites têtes sous ses bras. Ceux-là, au moins, ne tomberont pas dans un mouvement de foule. Mais, la lumière se rallume, Tâche plisse ses petits yeux de taupe éblouie et ne remarque même pas la lueur jaunâtre des lumières. Pas tout de suite. Il est plutôt absorbé par le spectacle de la petite Fleur et de Frangipane. Perplexe. Complexe. Trop de mots qui s’échappent. Bien trop vite. Les gens s’exclament. Un Monstre ? C’est déjà trop d’informations pour Tâche dont le cerveau a cessé de fonctionner. Il a besoin de temps, le cygne, pour comprendre les choses et les assimiler. Quand il se sent pressé, c’est encore pire.

Alors quand Charogne gronde, que Fange prend les devants, que Petit Chien essaye de faire preuve de sagesse – brave petit père – et que Quenotte balance l’acide depuis ses jolies lèvres … Tâche en est encore à se demander Est-ce que Frangipane pourra encore manger de la frangipane s’il n’a plus de dents ? . Puis, enfin, le reste fait son bout de chemin. C’est l’œil hagard qu’il observe Petit Chien, puis Quenotte. Et, tenant fermement Hypnos et Pieds-Nus sous ses aisselles, il gonfle le torse : « T’sais Petit Chien, même si c’est une histoire de monstre toute bizarre » Il se penche en essayant de boucher les oreilles des deux loirs, sauf que d’une main, il n’en bouche qu’une chacun « …qui n’existe probablement pas en plus … » et il se redresse pour continuer, libérant les oreilles des garçons « y a quand même une petite qui s’est fait chouraver une dent. Et celui qui a fait ça, ça serait bien qu’on le trouve pour l’amener aux adultes. Et puis, j’serai là Petit Chien, et je suis fort ! Donc je vous protégerai ! »
Il médiatise, sûrement sans s’en rendre compte. Il ne sait même pas ce que ça veut dire médiatiser
Tâche regarde autour, essayant de comprendre la logique des directions à prendre « Par où on va nous ? » et il lève soudainement le pif vers le plafond :

« Hé. Les lumières, elles sont pas un peu marrantes comme ça ? »



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Pieds-Nus
Mar 3 Oct - 11:21

Alors que je demandais qui j’avais en face de moi, voilà que des petites mains s’accrochèrent à moi, tirant sur mon tee-shirt. Aussitôt, je laissais mon travail d’exploration faciale pour poser ma main sur la tête de l’enfant. C’était Hypnos, n’est-ce pas ? Je n’en étais pas certain mais quoiqu’il en soit, je ne pouvais pas le laisser ainsi. Je devais faire quelque chose pour le rassurer. Je voulus le prendre dans mes bras au moment où on se saisit à nouveau de moi. Je me laissais faire par l’inconnu à la voix familière, grimaçant légèrement. Voilà dix, peut-être quinze jours que j’avais joué avec Moustache dans l’Envers et j’en avais gardé quelques traces dans le dos. Et par son mouvement, le mystérieux inconnu, avait involontairement appuyé sur mes blessures. Légère douleur qui s’envola aussitôt la lumière revenue. Fini les gestes maladroits et la terrifiante obscurité. Mes yeux se posèrent tout d’abord sur Hypnos. Ah je savais bien que c’était lui. Puis, je relevais la tête avers celui qui me tenait. Tâche ! Mais oui ! Evidemment ! Je souris bêtement devant cette évidence que je n’avais su voir.

Mais mon sourire disparu aussitôt avec l’arrivée en trombe de Fleur et Frangipane. J’écoutais avec les yeux foncés, le récit de la blondinette tentant de comprendre la situation. Le voleur de dents. Ce n’était pas la petite souris. Ca faisait quelques temps déjà que quelqu’un volait les dents de lait des pensionnaires de La Maison. Comme tout le monde, j’en avais entendu parler mais je ne m’étais pas spécialement attardé dessus. Des dents de lait, je n’en avais plus, depuis un moment déjà. Elles étaient tombées puis envolées. Certainement égarées car elles ne représentaient rien pour moi. Mais là, un voleur à tête d’ampoule, qui s’en prenait à des petits pour leur chaparder directement dans la bouche… Ah non alors ! Quelqu’un de l’extérieur n’avait pas venir ici pour foutre le bordel dans notre paradis. Et je n’étais pas le seul à penser ainsi apparemment. Voilà que Fange prenait les choses en main et constituait les équipes pour retrouver la tête d’ampoule. A ma grande surprise, je fus désigner pour faire partie des recherches. C’était très bien ainsi. De toute façon, j’aurai suivi Cheshire ou Charogne, rien que pour passer un peu de temps avec elles, tout en faisant la chasse au monstre. Et pour une fois, je n’était pas le chassé mais le chasseur. C’était amusant… Enfin, ça aurait pu. Parce que la tête d’ampoule devait bien comprendre qu’il n’était pas chez lui en ces lieux. Personne n’avait le droit de toucher à La Maison, ni de venir troubler ce havre de paix. Notre havre de paix.

Aussi je m’apprêtais à obéir et à suivre Quenotte, bien que Fange ne soit pas mon chef. Ca me semblait la meilleure chose à faire pour défendre notre paradis. J'étais bien décidé et un air déterminé étirait mes traits. Cependant, Petit Chien émit quelques réticences et Tâche ne me lâchait toujours pas. En plus, il essayait de me couvrir les oreilles pour que je n’entende pas. Roh ! C’était pas gentil ça ! Je me dégageais de lui en retirant son bras d’un geste doux mais ferme. Sans animosité, aucune. Tâche était plutôt quelqu’un de sympa.

Je posais les yeux vers Hypnos, qui semblait toujours apeuré. En tout cas, c’est l’impression qu’il me fit. J’avais envie de le protéger, d’autant qu’il était le seul autre Loir du groupe. Je me sentais l’âme d’un grand-frère. Je lui offris un sourire rassurant plein de tendresse et lui tendis la main.


- Hypnos, tu peux rester avec moi si tu veux. Je veillerai sur toi.

Puis, je me tournais vers les Cygnes, avec un doux sourire, en ajoutant :

- Comme ça, P’tit Chien, tu peux rester avec Tâche… T’auras moins peur….  On veillera tous les deux sur vous...

Tout le monde était libre d’accepter ou pas. Hypnos pouvait prendre ma main et nous avancerions ensemble à la suite de Quenotte, dans une ambiance qui m’était familière. Bien trop, me laissant envisager le pire.

Sinon, j’avancerai seul à la suite de Quenotte, dans le couloir, ne voulant pas entrer dans un débat inutile.

Dans tous les cas, j'en profitais au passage pour chopper Crevette et lui confier Opaline. Chose exceptionnellement rare, pour être souligner. Je ne voulais pas que la tête d’ampoule lui arrache ses dents. Et puis si mon intuition était la bonne, Opaline sera plus une gêne qu'un secours. Il valait mieux qu'elle reste en sécurité auprès de quelqu'un de confiance.



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Lorian gribouille en #99cc66.


Forme dans l'Envers:
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Opaline, doudou favori:
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Mar 3 Oct - 14:24
La fête des Loirs


Il avait beau être muet, le petit Hypnos n'en était pas pour autant sourd.
Lorsque les lumières s'étaient rallumées, bien moins accueillantes, et qu'une drôle de rumeur avait commencé à tourner dans les bouches hagardes des enfants, il était là, écoutant, les sens aux aguets, son petit corps tremblant un peu dans les bras de Tâche qui le réconfortait de la noirceur précédente.

Un voleur de dents ? Instinctivement, les mains s'étaient placées d'elles-mêmes devant cette bouche sans mot, incapable malgré tout de protéger cette drôle de sensation qui prenait la gorge du Loir. Peur était là. Elle n'avait pas bougée depuis les lumières éteintes. A vrai dire, il semblait à l'albinos qu'elle paraissait encore plus présente qu'il y a quelques minutes. Pourquoi ? Pourquoi reste-elle ? Pourquoi semble-t-elle de happer dans un avenir si sombre ? Voleur de dents. Cette phrase tournoie dans sa tête, affolé, il ne semble pas comprendre ce qui se déroule autour de lui. A vrai dire, il a plus peur de ce qui pourrait arriver, si Peur restait là, appelant sans réellement le faire, sa pire ennemie. Sa maladie. Il priait de toutes ses forces, si intensément qu'il commençait à gratter la peau de son poignet gauche de ses ongles, tentant l'automutilation pour se punir d'avance, comme si tout était joué.

Son nom était prononcé. Il devait suivre. Il devait chercher le monstre. Monstre, il n'aimait vraiment pas ce mot. Il ne voulait pas l'entendre. Pourquoi tout le monde ne continuait pas à jouer comme avant ? Il voulait regarder encore les autres danser, crier, s'amuser. Mais il était là, calé sous une aisselle comme un moineau incapable de voler, à se demander ce qui allait lui arriver. Mais on lui tendit de l'espoir, de l'assurance. Une main tendue vers lui, accompagnée d'une douce voix protectrice. C'est Pieds-Nus. Il est gentil. Il le semble en tout cas. Il t'envoie une jolie vague qui lui réchauffe le coeur, et Hypnos cesse de trembler. Il a toujours cru que Pieds-Nus était une fille, du moins pendant longtemps. Il attrape la main, il l'attrape avec passion, comme s'il sautait d'une corniche à une autre, sans regarder le précipice dessous lui. Sans rien dire, comme à son habitude, il regarde les autres, et d'un air courageux, il acquiesce comme un "Allons-y je suis prêt" silencieux. Mais il ne cessait pas de caresser son poignet, annonciateur d'une crise peut-être lointaine, peut-être pas.


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La Rouge
Mer 4 Oct - 21:12





Event 1 - La Fête des Loirs




Rouge sang, rouge chair, rouge cœur. Écarlate asphyxiant d'une carcasse dépecée. La Maison est une ruche aux couleurs de la viande, une bâtisse écorchée grouillante de vie décadente. C'est une déesse boiteuse, pourrissante, infectée, vénérée fiévreusement par sa vermine hurlante. Une créature consciente aux artères de couloirs, aux sinueuses veines de plâtre, et dont le bois respire, s'en retourne à la vie quand la nuit dégouline. L'encre des soirs humidifie les fibres desséchées de la baraque branlante, dessine des paysages en volutes éphémères, vrilles vivantes qui ondoient tout au travers des murs. Parquet et poutres redeviennent forêt. Les tuiles en bruissent comme un feuillage ardent.
Et le sous-bois se peuple.

Parfois de paisibles créatures nocturnes, parfois d'enfants furieux bourgeonnant de crocs, de griffes, d'armes écloses en eux ; parfois de monstres qui sommeillent au terrier déjà grouillant de l'inconscient collectif, ou rejoignent les murs quand le soleil est maître. Et souvent, on ne saurait dire exactement à quoi l'on a affaire, quelle est la nature des êtres qui parcourent l'Envers- car il n'est question que de cet esprit chaotique habitant la maison, cette mémoire vivante qui s'empare des couloirs. Faut-il y voir des rêves et des cauchemars, des souvenirs persistants, certains des Disparus, des Décédés, ou des gamins enflammés par l'incandescence de leur tumulte interne ? Ou bien encore autre chose, quand il ne s'agit pas de tout cela à la fois...

C'est la question qui se pose quand la lumière arrive. Quand la phosphorescence glisse au sein des couloirs. Ils restent pourtant les mêmes, tatoués de phrases entremêlés, suintants de mots et de dessins qui se tordent à leurs murs- nul arbre qui jaillit, nul paysage en formation prêt à les aspirer. Le monde est inchangé au regard des enfants.

Mais il y a ça. Quelque chose de mouvant, quelque chose de radieux. Mais quelque chose d'opaque... Une lumière brumeuse, une étoile en suspens dans ses gazes nébulaires. Silhouette innommable tout au bout d'un couloir, jaillissant tout à coup d'un embranchement obscure. Une créature composée avec du verre d'ampoule et habillée de brouillard. Suspendue gracieusement en un long saut de ballerine.
Et quand son pied gracile se pose sur le parquet, la Maison réagit.

Une pulsation fantôme, jusqu'au fond des tympans. Jusqu'à la chair qui se noue d'une étrange sensation. Un frémissement étrange, une caresse infime aux viscères... Un battement de cœur spectrale. Mais assourdissant. Une absence de visions. Mais un sentiment trouble.

L'Envers est là. L'Envers est là comme il ne l'a jamais été auparavant, habité tangiblement par un tempo cardiaque. L'Envers et là sans que les couloirs aient changé d'apparence ; l'Envers est là pour tous, effacés ou tombants. Et La Maison vit autour d'eux, tendrement palpitante. Derrière les murs et au plafond, la Maison pulse en sourdine, dans ses muqueuses de plâtre. Le sang courre sous leurs pieds, des nerfs se tendent au sein des murs. Quelque chose se contracte à l'abri des regards, ne parlant qu'à la chair, invisible à leurs yeux, dans le spectre d'un son.
Et autre chose est là, tout au bout du couloir.

Qui se tourne vers eux, brouillé par la lumière, flouté par le brouillard, monochrome de blancheur cerné par les couleurs des graffitis muraux. Les observe un instant, semblant pencher la tête.

Puis lentement se retourne. Et s'éloigne d'un bond, puis d'un autre, dans une course tranquille, irréellement légère.

Ne laissant derrière lui que le cliquetis des dents tombant sur son passage.






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Petit Chien
Jeu 5 Oct - 16:44
Bien sûr qu'elle fera comme Fange lui dit, qu’elle se dit, les yeux grands ouverts et la bouche pincée. Irritée, effrayée, préoccupée. Ce qu’elle dit est comme un secret. Une affaire qui ne concerne pas vraiment les autres, juste les cygnes. Le cygne. Elle n’aime pas, Petit Chien qu’elle dénigre la maman cygne, celui qui fait de cet endroit quelque chose de supportable, une maison. Une vraie de vraie. Avec une famille et des moments de liesses. Alors que personne n’a jamais voulu des gris. Des trop lisses. Les boiteux dont personne n’a voulu, même pas les autres boiteux. Sauf les cygnes. Les cygnes qui ne demandent rien et qu’on rudoie constamment.

Et ça ne regarde personne d’autre, qu’elle se dit, Petit Chien, surtout pas les inquiétudes quelke dépose en secret à une petite Tâche trop soucieux de bien paraître. Et personne ne devrait interférer. Surtout pas les cerfs. Les cerfs qu’il n’aime pas, Richter et Petit Chien qui n’a d'opinion sur rien s’imagine comprendre, un instant, un seul. Et puis cela s'évapore avec amertume. Des frères et des sœurs elle n'en comprendra jamais la promiscuité. Elle, enfant unique, enfant solitaire, enfant délétère. Alors elle dit, comme piquée :

Ils feraient mieux d’avoir peur. D’avoir même très peur, car la peur nous empêche de faire des choses stupides. Ce n’est pas de la menace, de la colère, tout au plus un avertissement. Et elle s’imagine déjà contrainte, seulement convaincue par la peur, celle de rester seule. Combien même elle pense toujours que c’est bête. Tellement bête de s’élancer dans les couloirs pour provoquer une créature qui pourrait voler toutes ses vilaines quenottes. Oh oui. Très bête. Parce qu’elle s’imagine qu’il n’y a pas dans ce groupe d’enfants très forts. Juste des trésors.

Et ce n’est pas Tâche qui la rassure, même s’il se fait grand, confiant, même s’il s’agit d’un enfant et non d’un monstre que se passera-t-il ? Ne peut-elle pas s'empêcher de penser. Ils ne se mettront pas à le frapper, à le traîner. Il n’y pas assez de rats ici. Pas assez. Elle ne dit rien pourtant, quand Tâche se met à changer de sujet, comme si l’affaire était entendue. Pas plus quand Hypnos s'avance pour prendre position lui aussi, pourtant si fragile, laissant sa peluche ici, et déclarer qu’il protégera son compère.

Et elle trouve ça beau, Petit Chien, cette confiance, le courage qu’ils possèdent tous. Et pourtant, pourtant, elle ne peut s’empêcher de se demander : Qui se portera garant quand ils se retrouveront dans les couloirs. Qui prendra qu’elle responsabilité quand ils seront blessés ? Ce n’est sans doute pas le chef Rat et sa jeune sœur. Oh non non non. Ils diront qu’ils n’y peuvent rien. Qu’ils ont choisi seuls. Oh non non non.

Elle ne dit rien, se contente de penser qu’elle mettra dans ses souliers des punaises et des morceaux de verre s’ils sont blessés. Si elle se retrouve seule. Elle jure, elle jure. Des punaises sous son oreiller. Et peut-être qu’elle en profitera pour apporter des fleurs en papier à Sables. Qu’elle la fixera de son regard perçant. Oh. Cette sale, sale, sale Quenotte…


Puis l'Envers pulse, secoue la Maison et comme une couverture invisible elle s’abat. Sur les murs, le plancher, les saisie tous, pour les faire tomber, tomber… Mais il n’y pas de changement de décor. Juste des frémissements, partout, nulle part, sous ses pieds. Et dans l’Envers Petit Chien déteste, déteste, déteste être entourée. Abhorre l'absence de tranquillité. Mais cet Envers là est étrange. C’est comme s’il avait fusionné maladroitement avec le vrai. Le réel. Comme si la Maison se préparait. Là, mais absenit, comme une ombre qui plane. Dangereusement.
Il se passe quelque chose d’étrange. Petit Chien s’avance. Ne sachant nullement où aller, personne n’a défini de direction, mais elle le sait maintenant. Le danger est partout. L'angoisse imminente. Ne nous séparons pas. Consent-elle finalement. Comment pourrait-il en être autrement ?

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Quenotte
Jeu 5 Oct - 19:15



There's a thin white cold new moon

and the snow is coming down


Les voilà intrépides, qui s’enfoncent et se faufilent, fourmis exploratrices de ruches. Sous l’ordre lancé à la volée, ils sont à suivre plus qu’elle ne l’espérait. Elle n’est pas née pour diriger, ou du moins pas une reine de plein fouet. Elle a pour cela un cavalier pour la protéger, elle et ses plans, ses fils de brio entremêlés. Alors de là à se voir cheffe de groupe… Cela sera bien inédit dans l’histoire de La Maison si elle n’a pas avant liquidé Raspoutine pour prendre sa place. Riche idée tient donc, mais elle est plus douée à conseiller qu’à exiger.

Autour de Petit Chien ils font une cohorte fidèle, empotés se donnant courage. Mais elle sait et elle sent, comme un regard cuisant sur sa nuque, sans pourtant se retourner pour l’affronter. C’est qu’elle s’en fout, la Fée, des réputations comme des actes de malveillance. Non pas parce qu’elle pourrait l’abattre d’une demande bien emmiellée, mais parce qu’elle en a aussi, des tours d’horreur, entre ses pattes graciles. Et ni les punaises, ni le verre pilé ne pourrait alors l’empêcher de se venger. J’ai connu tellement pire, pauvre fille. Seulement, elle sent mais ne dit rien, tout affairée à la poursuite d’une Fée consœur, sous les remarques décidément malvenues d’un Tâche s’essayant sans-doute à dédramatiser.

Et s’ils sont blessés ?

Il y en a chaque jour, entre les briques, des bras cassés, des nez de travers. On ne les fera pas plus éclopés et indésirables qu’ils ne le sont déjà. Et s’ils se fracassent et s’entaillent, ils sont ensembles plus forts que tout L’En-Dehors. Il y a en revanche dans les murs une chose intangible qui n’est pas Eux, qui n’est pas Elle. Qui en veut à leurs bouches, leurs dents, leur intégrité d’enfants Rois. Un acte à punir, autrement dit, songe-t-elle quand l’endroit semble se distorde.
Et ne plus leur appartenir.

Soudain, c’est La Maison sans plus tellement l’être. Et cela bat, jusque dans les cœurs des enfants, en écho à ce qui – engoncé d’une mélasse de ralenti étouffant – vient imprégner les murs et les plafonds. Étrangle la lumière, coupe court aux respirations. C’est un Envers pernicieux et labyrinthe. Au loin percent ce qu’elle croit être les aboiements d’un chien – Fange ? – mais c’est déjà trop loin, trop obscure, pour ce qui les engloutis. Là où le soleil ne semble plus jamais vouloir se lever, sous-bois méconnus, sans merveilles ni pendus.

Et comme d’un bond de biche, cela leur apparaît.

Blanc sur lumière, aveuglante voleuse-ampoule qui jamais ne s’empresse, déambulant dans toute sa tranquillité. Et les couloirs de se tordre, et La Maison de geindre à ce passage. C’est si beau, si luisant, c’est comme un paradis en bout de tunnel, lueur de mort pour sourire d’ange. Et s’ils ne peuvent y entrevoir de visage, de forme réelle si elle n’est pas éthérée – ni humaine ni totalement spectre – le reflet gagne jusqu’aux pupilles délavés d’une Quenotte mi Envers, mi pied à terre. Et son cœur de rater un battement, bouffé d’Inconnu et de familiarité tout à la fois.

Un coup d’œil à l’assemblée – La voilà, votre Fée des Dents – et elle s’esquive d’un bond, d’un début de course, tambourinant pieds nus désormais sur le plancher feuillu. Dans son sillage, un soulèvement vermine, phalènes presque crevées qui, maladroites, tente de ne pas se fracasser aux têtes. Et éclater de leur poudre au nez d’une Tâche trop cocasse, d’enfants infaillibles aux caresses mortifères, d’un chien à la langue punaisée.

Pour le bien commun, achever l’étranger.

- Choppez-le !!

Pour tout cri de guerre.






C O D E ©️ W H A T S E R N A M E .




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Tâche
Ven 6 Oct - 7:56

• La Fête des Loirs •
...
Groupe 2
Quenotte ; Tâche ; Pieds nus ; Petit chien ; Hypnos
▁▁▁▁▁▁▁▁▁▁▁▁
Tâche s’avance, juste derrière Quenotte, aux côtés de Petit Chien. Il aimerait même se mettre plus en avant, pousser la belle aux boucles de nuit d’un bras et lui dire qu’il s’en charge, ça le rendrait cool. Mais il n’ose pas, l’adolescent, il veille juste, aux aguets. Il a même l’œil qui tique, à force de se concentrer. Et, pendant qu’ils s’engouffrent dans la gorge suintante de la Maison, il pose une main contre un mur qui lui semble plus luisant que d’habitude. De la peinture fraîche, peut-être ? Pourtant l’amérindien ne voit rien, entre ses doigts et sur l’épiderme de ceux-ci. Il penche la tête, perplexe, un pas après l’autre. Bah. Ça ne devait être que son imagination. Celle qu’il connait trop fertile.

Le monde bat, tout autour d’eux. Une sensation que le garçon assimile être son propre battement de cœur. Comme parfois, quand celui-ci est trop fort, il le sent même frapper contre son crâne, au creux de ses tempes. Ou même dans ses oreilles. Mais Tâche ne comprend pas. Il ne se sent pas particulièrement effrayé. Il est là. Il n’est pas seul. Il ne peut rien arriver de bizarre. Les choses étranges n’existent que dans sa tête.

Et machinalement, il commence à se gratter le crâne.

Il a bien pris ses médicaments aujourd’hui. Tout va bien. C’est l’ambiance de la soirée, les évènements, l’agitation qui lui donnent l’impression que tout est louche. Cette foutue folie qui empeste la Maison, il a beau la repousser, elle s’accroche à ses vêtements, s’insère sous la peau. Forcément, Tâche est obligé de ressentir des trucs, quand les autres le poussent. Hallucination collective, le genre de trucs qu’il a lu dans l’un des rares bouquins qu’il a feuilleté, sans saisir la moitié des pages. Il a besoin de ça, pour se rattacher au réel. De ça et du contact, toucher qu’il trouve en enroulant silencieusement ses doigts autour du poignet de Petit Chien.

Il ne lui tient pas la main non, ça serait beaucoup trop gênant.
Tâche n’a pas peur.
Tâche est fort.

Il a dit qu’il les protégerait.

Alors, quand la lueur apparait au bout du tunnel – du couloir – ses yeux s’écarquillent. Le garçon ne se questionne pas au sujet de cette luminosité irréelle, de la manière dont la forme famélique flotte plus qu’elle ne se déplace sur deux pattes. Il ne la voit que fuir et les dents. Les dents. Le Voleur de Dents. Tâche n’entend même pas le cri de guerre de Quenotte, c’est un bourdonnement sourd à ses oreilles, quand il enclenche ses muscles. Un pas. Un autre. Il se met à courir, entrainant avec lui la pauvre Petit Chien qu’il capture de sa poigne.
« Il est là ! Il est là ! » Il tousse et crache dans sa course, crache une phalène qui s’était glissée sur ses lèvres, éjectée contre son visage. Le vol de papillons de nuit ne le surprend même pas, ses comme si ses prunelles azur se fendaient en deux, comme s’il entendait un clapotis d’eau sous ses pas, marchant dans des flaques. Tâche tourne alors la tête vers les retardataires, sans s’arrêter : « Vite !! Vite !! »

Avant qu’il ne nous échappe.

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Pieds-Nus
Ven 6 Oct - 15:45

Hypnos accepte de me prendre la main. Je lui souris et avance en la serrant fort, comme pour le rassurer, lui donner du courage. Nous avançons ainsi la suite de Quenotte, dans le couloir. Je sentais le coeur de La Rouge pulser fort. Très fort. Bien trop fort, pour ce côté de La Maison. C’était étrange. J’avais comme l’impression que l’Envers tendait à sortir du miroir. Je me sentais à la fois intrigué, impatient et inquiet. Un maelstrom de sentiments prenait possession de mon petit être. Je ne savais que penser exactement. Devais-je avoir peur de la tête d’ampoule ? Assurément non ! Car il ne fallait pas se laisser aller à ce genre d’émotions pour le mettre hors, à coups de pied dans le postérieur. Avoir peur de l’Envers qui s’étendait de manière anormale ? Je l’ignorais. L’Envers ne m’a jamais fait peur. Ce n’était pas évident d’y jouer, mais c’était quand même mon terrain de jeu favori. J’étais même un peu excité par le fait de le sentir tout autour de nous. J’avais grande hâte d’y plonger à pieds joints dedans... Alors quoi ? Et si tête d’ampoule était une création de La Rouge ? Ah là ! La Rouge ! Je l’aimais autant qu’elle m’intimidait. Elle m’effrayait même parfois…. Me voilà perdu en plein dilemme. Ce qui me permettait de garder une attitude calme et assez sereine par rapport à d’autres. Je continuais d’avancer, pas après pas, sans flancher, sans trembler, avec une certaine détermination. Je restais malgré tout sur mes gardes, réflexe de l’Envers. Si on ne fait pas attention, on finis dévorer.

C’est alors, que je fus interrompu dans le cours de mes pensées par… Cette chose blanche, lumineuse, gracieuse… Elle se déplaçait en sautillant d’un pas léger, telle une fée qui allait de fleur en fleur. Et pourtant, cette chose n’avait rien d’une fée. elle n'était pas la fée des dents.


- Tête d’ampoule. Murmurais-je à moi-même, alors que je la fixais avec de grands yeux ronds.

Je me sentais comme hypnotisé, totalement incapable de décrocher mon regard d’elle-même, ni même d’agir.

C'est la voix de Quenotte qui me tira de mon état statique de fascination. Et sans réfléchir davantage, je me mis à courir, jetant dès les premiers pas, les chaussures qui m'entravaient. Ah! Je me sentais beaucoup mieux, plus à l'aise, ainsi, pies nus. Ne lâchant pas Hypnos, je l’entraînais avec moi, lui serrant fort la main, comme si j’avais peur qu’il reste en arrière. Non, il ne fallait pas. Quelque chose de mal arriverait. J’en avais l’intime conviction.

Je courais sans m'ârrêter, droit devant, respirant et soufflant comme je pouvais. Et malgré les apparences, je n’étais pas à la traîne. Loin de là. En fait, toutes les courses poursuites que je faisais dans l’Envers sembler m’avoir été bénéfiques. A jouer à chat… Au loup, avec Moustache, depuis si longtemps. A aider Brèche à s’enfuir et à la protéger de son monstre dévoreur de biche… Et j’en passe ! Tout cela avait contribué à ma bonne endurance actuelle.

Cependant, je n’étais pas seul. Il y avait Hypnos. J’avais promis de veiller sur lui. Alors, je ne pouvais pas lui lâcher la main pour avancer plus vite, au maximum de mes capacités. Je préférais courir plus doucement, quitte à rester derrière les trois autres en les talonnant, pour ne pas perdre le petit Loir blanc. Mais sans pour autant être à la ramasse.

J’avais suffisamment d’endurance et de souffle pour le tirer en avant, sans nous faire distancer. Je fis un signe de tête positif à Tâche lorsqu'il nous encouragea, me rapprochant davantage de lui, à courir dans ses pas, sans trop de difficultés. D’ailleurs, je me sentais comme de l’autre côté. Léger, aérien. Cette sensation si particulière de flotter sur le sol. C’était à peine si je sentais les feuilles sous mes pieds.

Hum ? Des feuilles ? Des insectes volants ? Dans La Maison ? Non, c’était l’Envers ça ! Mais pas complètement. Curieux mélange entre les deux mondes. Mélange dont nous ferions partie, si ce n’était déjà le cas, car sans même m’en rendre compte, mon corps commençait à irradier légèrement, telle la luciole brillante que je pouvais être. Quant à mes pieds, on avait la vague impression qu'ils disparaissaient, comme s'ils s'effaçaient.


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Lorian gribouille en #99cc66.


Forme dans l'Envers:
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Opaline, doudou favori:
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Sam 7 Oct - 10:48
La fête des Loirs


Il marchait, suivant la cadence, sa main toujours harponnée à celle de Pieds-Nus, qui semblait bien loin du présent actuel. Hypnos suivait. Hypnos glissait sur le paquet froid, sans bruit, tel un fantôme, et se sentait étrange. Ce même frisson qui précédait une chute dans l'Envers. Mais rien ne venait. Rien ne se passait. Ou plutôt si, il se passait quelque chose, mais ce n'était pas habituel. Il se sentait entre réel et rêve, tanguant entre deux mondes qui se mélangeait. Mais il n'avait pas l'air d'être le seul à subir cela. Autour de lui, tout s'agitait un peu plus. Même des phalènes semblaient flotter dans le couloir, qui pourtant n'était pas ouvert à dehors. Un brin d'herbe frotta son pied, et il bondit. Le parquet n'avait pas bougé.

Mêlé entre excitation de voir l'Envers et d'y tomber comme à chaque fois, et la peur de ce qui se passe dans les méandres de La Rouge. Ce n'était pas habituel. Pas comme ça. Et apparemment, quelque chose était là, à les observer, d'un battement faible. Hypnos regardait de tous les côtés. Particulièrement derrière. Il détestait se faire surprendre par derrière lui. Et c'est pour cette raison que ce n'est que lorsque Pieds-Nus murmura un "Tête d'ampoule" que le muet fit alors attention à ce qu'il se passait devant lui, plutôt que derrière. Quelque chose, ou quelqu'un, semblait voltiger et sautiller, comme une biche. Il les distançait mais les attendait à la fois. C'est étrange, sa tête semble briller, elle semble terrifiante au garçon et à la fois si belle. Il avait avancé d'un pas sans s'en rendre compte, attiré par cette lumière si belle, si confortable. Peur et Joie tenait compagnie, et cet étrange duo rendait l'expression du muet très difficile à analyser.

Mais l'appel de Quenotte sembla sortir tout le groupe d'une transe, et par un même élan, tout le monde s'élança pour attraper cet imposteur de fée des dents. La fée n'était pas comme ça, Hypnos en était persuadé. Sa main toujours dans celle de Pieds-Nus, il suivait la cadence, avec un peu de mal dû à sa petite taille. Mais il tenait bon. Son protecteur semblait se caler sur son rythme. Le sol défilait sous ses pieds, et il apercevait de temps en temps une flaque d'eau, un rocher, des feuilles mortes. Regardant ses pieds plus que là où il allait, il remarqua bien vite l'étrange comportement des jambes de Pieds-Nus. Tirant sur sa main d'un air affolé, de l'autre il pointait l'étrange moignon translucide. Mais Pieds-Nus courait toujours, ça ne lui faisait pas mal ? L'avait-il senti au moins ? Hypnos se faisait plus insistant, tirant sur sa main, tapant ses pieds sur le paquet, pour attirer son attention. Et au fond de lui, l'idée de perdre son protecteur et qu'il lui arrive quelque chose, cela devenait terrifiant pour lui. Sa respiration se saccade, et comme prit de folie, son esprit se brouille.
Mal. Dents. Attraper. En finir. Nuisance.

Ses pieds accélérèrent d'eux mêmes. Il dépassa le groupe, semblant transporté. Il courait, les yeux vagues mais haineux, il souhaitait éclater l'ampoule contre un mur, sentir le verre brisé sous ses pieds. Il voulait que la Nuisance cesse, laissant les enfants tranquilles. Laissant l'Envers tranquille. Si Ampoule lui prenait l'Envers, que lui resterait-il ?

D'un air absent, il courait, haine intense, rage immense.


+ tagplein de gens
+ notesEvent
BY MITZI



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La Rouge
Sam 7 Oct - 21:10





Event 1 - La Fête des Loirs




"Il se passe quelque chose d'étrange" aboie le chiot revanchard, des idées épineuses lui tournant dans la tête. Et il n'a pas idée, le petit chien mesquin, à quel point ces mots là sont trop faibles dans toute leur évidence. Car il y a là comme un Envers parallèle. Comme une nouvelle couche de folie sur les laques successives couvrant déjà la Rouge. Un autre calque apposé sur leurs songes et leurs peurs. Papier buvard sur un monde d'aquarelle. C'est comme... un Envers qui ne serait pas celui de La Maison. Un Envers appartenant à quelqu'un d'autre. Et tous ces battements de cœur, tous ces bruits organiques mêlés aux audibles caprices de la maçonnerie fluctuante, sont comme autant de murmures de mise en garde, de grognements outrés. Un signal d'alarme.

Moins encore qu'à l’accoutumée, rien n'est normal ce soir. Et l'être opalescent n'y est pas étranger. Produit de ces changements, ou leur instigateur ? Simple automate ou bien marionnettiste ? Il faudrait bien l'éviscérer pour avoir des réponses. C'est ce que souhaite Hypnos, s'éclater les phalanges sur le monstre gracile, s'emparer violemment des membres délicats. Faut-il vraiment en arriver à cette brutalité ? Car l'Envers réagit à ceux qui le parcourent. Et c'est pour mieux vous punir, mon enfant, qu'il vous envoie la pluie.

Une ondée d'étincelles électrisant la peau, déluge vivant crépitant sur les nerfs. Duvets et cheveux se dressent le long de leur peau. Piqûres, décharges. Des coups de jus par milliers comme autant de baisers. Les fées leur pleuvent dessus à coup de baguettes magiques. Les embrasse dans la nuque et gambadent sur leur crâne.
Comme si des centaines d'ampoules éclataient juste au-dessus de leur tête. L'univers qui disjoncte.

Et la forêt qui ondule sur les murs en ombres chinoises, la canopée bruissante qui se forme et s'enflamme, chût en feuilles voltigeants filigranées de feu, les phalènes poudreuses qui leur éclatent au nez, sont comme autant de signes qu'une lutte acharnée s'opère tout autour d'eux. Quand le couloir s'étire ça ne fait plus aucune doute. Les portes se fondent aux cloisons dans un claquement sonore, tous les dessins s’animent, tous les mots se mettent à emprunter une voix, dans une cacophonie déchirante assassine- des murmures et des cris qui s'arrachent du plâtre, fusent dans l'air, et explosent. Ce n'est plus qu'un tunnel, une long gosier tatoué surpeuplé de vermine. Les graffitis s'animent, des messages endiablés qui serpentent au sein de ce chaos aux phrases entremêlés qui se dévorent l'une l'autre. Des silhouettes bondissantes caracolent aux côtés des enfants. Des formes et des mots essaient de s'extraire de leur matrice de plâtres.

Le couloir flexueux s'allonge devant leur yeux. Le sol se mue en mélange de bourbier, de prairie, de bitume et de sable ; tout semble soudain entrer en confrontation, les matières se succèdent, les couleurs s'entrecroisent. Et au loin elle bondit, la Lueur, précédant l'anarchie. Enveloppée de brouillard, elle tournoie dans les airs, prend son temps pour danser dans ses voiles lumineux. Elle danse au bout du monde, pousse même le vice jusqu'à s'immobiliser pour les saluer longuement. Trois fois s'incline, le bras haut levé en un arc parfait. Jette au publique qui s'approche malgré tous les obstacles, des petites graines d’émail. Elle les pioche gracieusement quelque part dans sa brume, des pleines poignées de dents qui leur retombent dessus. Pluie d'ivoire mêlée aux étincelles.

Et puis alors qu'ils ne sont plus qu'à vingt mètres d'elle, pour l'étreinte ou les coups, la créature s'esquive. D'un pas de côté, elle se projette à gauche, bondissant légèrement tout droit vers un des murs. Passe ainsi à travers une porte grande ouverte.
De l'autre côté, un tout autre univers.

Une grande pièce cosy aux épais rideaux rouges. Tables en bois laqué, moquette épaisse au sol, quantité de coussins sur d’immenses canapés. C'est exquis et pastel, aucun bruit n'y pénètre- derrière le groupe les couloirs sont emplis de ténèbres qui déferlent sans bruit sur le carnaval ayant suivis leur course. Quelques êtres nouveaux-nés rampent à travers le sol, accouchés par les murs, humides d'encre, de peinture, tout saupoudrés de plâtre. Mais les ombres les happent.

Dans le dos du dernier à entrer dans la pièce, la porte claque, puis se verrouille. Mécanisme chantant.

Il n'y a plus devant eux qu'un vaste salon de thé. Nulle présence de la ballerine à laquelle ils ont donné la chasse. Des odeurs entêtantes, une chaleur un peu moite, et partout le confort, dans une lumière cuivrée. Des tasse de thé fumantes reposent ici et là.

La Lueur est entrée. Elle est forcément là. Peut-être bien ici, à l’abri du comptoir... Où séjourne fermée, encastrée dans un mur, la seule autre porte existant dans la pièce.



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Petit Chien
Lun 9 Oct - 13:11
Lorsqu’ils la virent, les enfants se ruèrent vers elle, la bouche grimaçante de menace et de peur, agonisant à l’intérieur de terreur. Elle pourrait tous les abattre, tendre ses mais – a-t-elle des mains ? Pour arracher des dents, grouiller dans leur bouche comme mille coléoptères et tout saisir. Mais ils ne pensent pas, leur petits pas martèlent le sol tandis que la maison-forêt crache des papillons, de ceux qu’on n’aime pas et qu’il ne faut pas nommer ainsi. Ils s’éclatent sur des lèvres barbares, modélisant des voix angéliques pour en faire des soldats.

Mais la maison est étrange, bien plus qu’ils ne l’auraient. Qu’elle ne l’aurait cru, Petit Chien, qu’on traîne, qu’on traîne, mal aisée de se retrouver au centre d’autant de corps, de gens, d’enfants et cette main dans sa paume. Elle ferme les yeux, Petit Chien, de manque, de courage, de voix, silencieuse et tremblante, moins qu’un chihuahua, qu’une souris. Blonde, comme les têtes des enfants. Maison discorde, branlante de cette chape insidieuse qui n’appartient à personne. Ce n’est pas leur envers. Ce n’est pas leur envers.

Les murs crient des avertissements, des douleurs aussi, les murs, crient, s’agitent, frémissent, s’étirent en gribouillis sales, en esquisses enfantines souillées de ce qui n’est pas leur. Qui n’est plus seulement. Une maison, leur maison, recouverte salement de son envers, comme une peau morte qu’on aurait oublié d’enlever, une cloque sur un pied usé. Petit Chien serre la main de Tâche, fixe les cheveux de Quenotte qu’elle s’arrête de menacer – un instant, un instant seulement, peut-être. Elle tourne la tête. Entrouvre la bouche, les cheveux fous, la peau qui picote de douleur, ou alors c’est moins. Elle ne sait pas Petit Chien. Tous ses sens sont saturés, des fées, des murs, de la pluie qui n’en est pas, des insectes fantomatiques, l’odeur d’un désastre assuré, d’une fin prématurée ou d’un début vicié.

Ils courent les enfants et donc Petit Chien court, puisqu’il ne lui reste que ce repère, le mouvement infini de ses muscles, de ses articulations, poser un pas devant l’autre et encore un autre. Encore et encore, jusqu’à l’atteindre presque, cette chose qui se défend, qui grouille et qui saute…

Ou alors. Sont-ils tombés ? Une pièce, comme une prison, jolie, si jolie, des coussins, velours ou taffetas, des sensations troublées, trompées, sans doute. Mais c’est mieux, c’est mieux se dit-elle que les ténèbres, les rejetons d’horreur sur un sol morphéique. Orphéeique. Et dans le plis de son cou, des dents, comme autant de diamants blancs. De lait, sans doute. Se pourrait-il que la fée des dents s’est perdue hors des fantaisies des enfants ? Petit Chien relâche une main, tandis qu’ils reprennent leur souffle éperdu. Du thé, de la lumière. De la chaleur. Petit Chien se baisse récupère les dents qu’elle a jeté par terre. Celle qu’elle a jeté sur eux.

Tout va bien ? Tout va bien ? Redemande-t-elle ? Son regard se perd autour d’eux. Elle regrette Petit Chien, que Richter ne soit pas là, car elle ne sait pas, elle ignore ce qu’il faut faire, Second de pacotille. Elle ramasse les dents.

Peut-être… Peut-être qu’elle est là. Elle doit être là. Derrière un comptoir, sous une pile de coussin ? Derrière des rideaux. Elle ne sait pas, elle n’a pas vu. Elle n’a pas vu. Elle ferme la paupière. Peut-être aussi qu’elle va sortir si on lui donne ces dents. Minuscules quenottes d’enfants, dans le creux de sa main, sont-elles réelles ? Peut-être aussi. Peut-être que c’est la fée des dents. La vraie. Qu’elle ne fera pas de mal. Ou alors un très grand mal. Elle ne sait pas, Petit Chien. Elle récupère la main de Quenotte – quel nom, quel nom, n’est-il pas approprié ? Pour lui donner les dents qu’elle a récolté. Un peu. Toi, toi, toi, est-ce que tu sais ce qu’il faut faire, ce qu’il faudrait ? Petit Chien est une suiveuse, après-tout, qui a abandonné toute responsabilité dans la haine et le regret. L’heure n’est plus à songer d’épines, de roses, de punaises. Si elle veut des dents. On pourrait lui donner. Lui rendre. Les histoires des enfants s’éternisent un temps. Elle en donne à tout le monde, comme si c’était un charme, quelque chose qui pourrait les protéger, ou au contraire tous les tuer. Elle ne sais pas. N’a jamais vraiment su. Si elle s’approche, pour la distraire, nous sauver ? S’enquit-elle. Et peut-être qu’ils en ont d’autres. De l’émail, de celle qui lui plaisent. Faites attention, si vous en avez d’autres dans les plis des vêtements on ne sait jamais.

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