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Au coin d'un Dédale [ft Guillotine]


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Mer 20 Sep - 15:34
  • GUILLOTINNE
  • SENTENCE
Au coin d'un Dédale
L'air était moite. Les doigts de Sentence glissaient sur les briques fraîches. Encore une intersection. Un soupir lui échappa. Ce n'était pas la première fois qu'elle se rendait dans le sous-sol, mais elle avait l'impression qu'à chaque visite les murs changeaient de place. Sentence replaça une mèche de cheveux dans sa tresse et frissonna. Sa chemise blanche était un peu trop fine et son châle n'était pas réapparu après qu'elle l'eut mis à laver. Elle aimait bien son châle, il était doux, il était tricoté main et surtout il était chaud.Il s'était peut être coincé dans une machine à laver du Cellier

« Faut il encore le trouver »
pensa t-elle à haute voix.

Le son se heurta aux pierres et sembla fuir à travers les couloirs dans un étrange écho. Il y avait tout un tas de rumeurs sur la partie inférieure de la Maison. Comme quoi des enfants ne seraient jamais remontés, qu'on pouvait entendre leurs voix dans les murs. Mais les sens de Sentence ne percevaient qu'un lointain brouhaha des étages supérieures. Les murs, eux, faisaient des bruits... de mur.

On lui avait dis que c'était idiot de descendre dans les sous sols juste pour un châle, que c'était dangereux, froid et sombre. Ce à quoi elle avait répondu que tout était déjà sombre pour elle et qu'elle s’accommoderait bien du reste. Elle n'était pas une tête brûlée mais elle n'était pas effrayée par la Maison. Jusqu'ici, rien de notable ne lui était arrivée, alors pourquoi cela changerait ?
Sentence avançait lentement, les sens en éveil, elle tentait de capter le bruit des machines. Mais rien. Elles devaient être éteinte. Patiente elle continuait dans ce dédale vide. Elle eut alors l'impression que quelque chose lui frôla la cheville et lâcha un léger cri de surprise. Des souris. C'était le plus logique et le plus probable. Afin de pallier à sa cécité Sentence utilisait ses méninges. Dans un sous sol, cela ne pouvait être que des souris. Un rat dans le pire des cas.

La Cerf souleva le cadran de sa montre pour toucher les aiguilles, cela faisait une demi heure qu'elle tournait. Elle aurait pu demander à quelqu'un de l'accompagner pour plus de rapidité, mais elle ne supportait pas cela. Elle était aveugle, pas impotente, elle pouvait bien retrouver un fichu châle toute seule. Non, elle n'était pas perdue, c'était impossible. D'habitude les murs la menaient toujours là ou elle voulait aller. La jeune femme soupira et s'assit le long du mur quelques instants pour retrouver son calme. Sa tête contre les briques elle commença à chuchoter.

« Je n'ai pas très envie de tourner en rond toute la nuit, j'ai froid et j'aimerais juste trouver le chemin du cellier. Je sais que je ne viens pas souvent ici, alors s'il te plaît guide moi. » La pierre demeurait silencieuse. Les courants d'air étaient absents et hormis l'odeur de moisie, rien ne parvenait à ses narines. « Très bien, tu sembles vouloir que je me débrouille seule aujourd'hui. Alors je me débrouillerais seule. »

Mais tu aurais pu choisir un autre jour et un autre lieu manqua t-elle d'ajouter. Ca allait être une longue nuit mais elle finirait bien par trouver son chemin. D'une manière ou d'une autre.  

Spoiler:
 

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mirror shows not
personnage : Géorgien emplit de TOCs et phobies. Jambe cassée, accro a la nicotine, violent. Ancien soldat de pacotille, il avait le crane rasé, mais ne rase désormais plus que les cotés de ses cheveux. Excellent en Histoire. Supposément intelligent. Avait une milice d’éclopés maintenant dispersée.
Ne touchez pas son cou.

Messages : 126
Mer 20 Sep - 18:33
La nuit c’est le moment des emmerdes. Tout ceux qui se lèvent, tout ceux qui se promènent dans la Maison deviennent des animaux. C’est pour ça que tout les Cygnes sans exceptions, mon Petit Chien compris, se parquent chez eux, immobiles après le couvre feu. Les Cygnes égarés font des animaux fragiles. Moi aussi j’obéis aux Lois, à ma façon. La nuit je sors une partie de la meute de canidés galeux, ceux qui veulent, et si on va pas jouer aux cartes ou consommer des boissons de Cerf, on a souvent des comptes a rendre. C’est le cas ce soir. Un Loir nous a floué, on avait négocié pour l’exfiltrer du Sépulcre en échange de quoi il devait y avoir 4 cartouches de cigarettes pour nous. Et on avait bien reçu les cartouches. Vides. C’est pour ça que j’avais envoyé les volontaires le chercher et que je m’y étais mis aussi. Histoire de montrer qu’un deal est un deal et que plaisanter la dessus c’est vraiment une chose que je fais payer.

J’avais décidé de m’attribuer l’endroit le moins rassurant de la Maison, après le Sépulcre sans doute, le sous sol. C’est ce sous sol qui je parcoure avec une lampe torche un peu pourrie mais vaillante, chemise a carreaux et treillis  pour mes vêtements. Je sais que je met les pieds dans un territoire que l’Envers conquiert facilement. Ici il fait tomber les tombants et sauter les sauteurs. Sauf qu’il n’a pas - ou n’a plus- de prise sur moi. C’était ici que j’étais tombé la première fois. J’avais bu une de ces fichues liqueurs de cerf et je cherchais quelque chose ici. Sur le coup j’avais cru a un rêve, ou a une hallucination, mais avec le temps, les discussion et la Nuit des Contes, j’avais compris ou je m’étais retrouvé.

C’est un souvenir fort, exaltant et désagréable a la fois. Comme si, en étant ici, la Maison attendrait le moment propice pour m’avaler. Ces murs je les sens presque palpiter, vivants, abritant un millier d’yeux et la Forêt. J’ai souvent entendu parler de cette Forêt, mais elle se refuse a se montrer a moi et s’y refuserais sans doute toujours. Je ne suis pas vraiment vexé ou déçu. Mon monde est suffisant ici. Et si replonger signifie retourner dans le Jour du Carnage, autant ne jamais replonger. Je suis en alerte. Une écoute de mon environnement que mon père avait essayé de m’apprendre et que j’avais essayé d’utiliser pour fuir ses crises. Deux tarés vivant cote a cote, faut bien avoir des techniques pour que les deux survivent.

Cette écoute me permet d’entendre des bruits de pas dans un couloir adjacent. Lents, mesurés, ça appartient ni a un boiteux, ni a un roulant. Donc pas a Van Gogh et sa jambe rigide, mon débiteur. Forcement, personne d’intéressant. Mais comme tout le monde, je suis curieux moi, je veux savoir qui traine ici a cette heure et pourquoi. Ca se trouve on me cherche pour me dire qu’on a mis la main sur lui. Les pas s’arrêtent. Tant mieux, ça ira plus vite de rejoindre la personne en question. J’entend des chuchotement indistinct, brouillés au travers de la cloison.

Le faisceau de la lampe torche se promène jusqu’a ce que je trouve l’intersection des deux couloirs. La, je voix une forme longue, assise, dont je me rapproche, tachant de pas faire un boucan de tout les diables en débarquant. Une fille. Avec ses cheveux longs, ses ongles vicieux, son corps de félin diabolique. Il y’a trois catégories d’êtres féminins. Les vielles, déjà trop passées pour pouvoir faire autre chose que déverser leur fiel par leur bouche. Les mamans, j’en avais déja croisé, trop rarement, mais probablement de la même gamme que Nina Simone, avec une voix agréable et potentiellement les êtres les plus merveilleux de la terre et les filles, emplies de vices, elles crachent, mordent et griffent, elles minaudent, elles huent, elles arrachent, elles exigent. Les filles sont effrayantes, démons, elles s’immiscent dans les pensées, font réagir le corps d’une façon étrange, personne n’a conscience de leur capacité a nuire. A part moi, moi qui fais les frais de la terreur que me procure ce savoir.

Je sais pas pourquoi je m’approche. Je devrais juste filer, passer mon chemin. Sauf qu’être seul trop longtemps ça pèse et que j’ai pas encore fais le tour.

Eh t’as pas vu que t’étais au milieu du couloir ? Ah ouais c’est vrai tu peux pas voir toi.

Le sale rat que je suis entreprit de sortir cette tirade avec le plus de sarcasme possible. Mécanique de défense automatique face aux situations compliquées. Parce que moi je la connais, elle, c’est la Sentence. L’Aveugle. Une sorte d’idéaliste de la justice. Une justice inutile dans un monde de bêtes. Donc inutile ici.

Car comme je pensais, la Maison, la nuit, fait de nous des animaux.


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