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Arsenic et vieilles dentelles
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Tempête
Mer 13 Sep - 22:56
La Cafetière s'était emplie des voix des pensionnaires qui se faisaient emplir leur assiette et de la fragrance provenant des cuisines. Il y eut les réprobations habituelles sur la part déléguée à chacun(e) avant de filer profil bas devant la menace de privation de dessert. Puis vinrent les rumeurs, les cancans du jour. La présence d'un individu au sein des couloirs menant à la Cafetière agitaient les pensionnaires permettant, à tout à chacun, de mener sa propre théorie en attendant la vérité.

« Mais puisque je te dis... »
« Si ça se trouve elle fait que se promener. »
« Dans les couloirs ? Y a la Cour pour ça. »
« J'en sais rien moi. C'est une Adulte. »

Un toussotement fit lever le nez à l'ensemble des gamins qui, faisant glisser leurs plateaux, se retrouvèrent devant Tempête qui patientait, spatule à la main.

« Vous voulez votre omelette ou vous préférez continuer à cancaner ? »
« Canca-quoi ? » demanda un des gosses, levant un sourcil.
« 'Scusez. » répondit sa camarade, sentant que le plat risquait de leur être délivré mais amputé d'une bonne portion. « On s'étonnait juste qu'une membre de l’Église soit là. »

Sous le regard soudainement aiguisé de la pensionnaire, Tempête ajouta une poignée de gruyère finement râpé sur l'omelette encore chaude. Le fromage fondait sous la chaleur, se transformait en un amalgame savoureux. Comprenant le message la fillette continua son verbiage, tendant des mains avides, prête à saisir l'assiette dès qu'elle serait à portée.

« C'est M'dame Charogne. » expliqua-t-elle. « La prof d'histoire-géo. On s' demande si elle va venir ici. »

Avec un hochement de tête, Tempête finit par tendre son écuelle à la gamine qui la remercia d'un grand sourire édenté tandis que son comparse bougonnait, grand oublié, mais s'empressant de prendre le pas avant d'être dûment puni. Et comme un sombre présage la dénommée Charogne fit son entrée dans ses atours d'un autre siècle, absinthe et vieilles dentelles. Tempête lui sourit, obligeante, releva la charlotte de papier qui recouvrait ses cheveux lors de son office.

« Bonjour ! » claironna-t-elle d'une voix claire, enhardie par la curiosité d'avoir un public différent de ses journées habituelles. « Vous venez donc à la Cafetière ? Moi qui croyais, comme tous les enfants, que vous vous nourrissiez de chauve-souris et d'araignées au sein des sous-sols de la Maison. »

Tempête glissa une œillade appuyée voulant détendre cette femme toute coincée dans sa robe victorienne – le corset c'était bien joli mais ça devait bien vous comprimer les seins.

« Ou c'est ma présence qui vous a tiré de votre geôle ? »



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Charogne
Mer 20 Sep - 0:03
Midi arrive et avec son lot de complications. Comme chaque jour, le même dilemme se pose : Manger ou ne pas manger ? Cafetière ou chambre privée ? Créature décharnée à l'appétit fugace, tout le monde sait, Charogne est une piètre mangeuse. Elle saute les repas, se repaît de sadisme, de poésie et de tasses thé entre deux bouffées de cigarette. Et la nicotine ne doit pas aider son cas. Pourtant ces derniers temps elle trouve un peu de réconfort dans La Cafetière où elle se pose, comme un chat sur la gouttière, et observe. Que regarde-t-elle ? Les pensionnaires avec leurs jeux tordus et leurs traités dérisoires. Aussitôt conclus, aussitôt rompus. Mini sauvages, fauves affamés. Où serait-ce le personnel, bande de petites mains invisibles et travailleuses à qui revient l'épuisante tâche de nourrir tout ces petits estomacs. Elle en admirerait presque leur travail.
Qu'on y déjeune ou pas, il y a quelque chose de réconfortant dans la Cafetière. Peut-être est-ce du à ce sentiment de mélancolie qui la prend aux narines quand elle reconnait l'odeur des patates trop cuites, pates trop grasses ou pizzas à moitié brûlées sous le brouhaha ambiant des rires et des cris infantiles. Elle en revient à sa propre adolescence. Les murs du lycée trop blancs, les dames de cantine desquelles on se moquait gentiment, les batailles incessantes pour telle ou telle table et qui sera désigné pour aller chercher la carafe d'eau. On a jamais osé faire chercher la carafe à Charogne du temps où on l'appelait Reine Adelaide.

▬ Bonjour ! Trop d'entrain, trop d'enthousiasme dans ce bonjour soudain qui la tire de ses pensées. Qui ose accoster ainsi Dame Charogne et sa mauvaise humeur ambiante ? Elle biensûr. Après tout, Charogne est sur son territoire.

▬ J'y suis bien contrainte depuis que vous cuisez les morveux pas sages à ma place. Et je crains bien d'avoir épuisé la faune et la flore des sous-sols. Elle sourit à son tour.  

D'ordinaire Charogne ne se prêterait même pas au jeu. D'ordinaire elle serait même fortement agacée de devoir tenir la conversation à une autre adulte. Mais celle qu'on a si bien surnommé Tempête ne fait pas partie des autres. Elle a cette force de caractère, cette fougue dans son regard et juste ce qu'il faut de cynisme pour mater les enfants. Un jour Charogne a cru voir un reflet de violence, un éclat de barbarie, une goutte de férocité dans cette jeune femme trop brute pour faire partie des tendres éducateurs qui veulent si bien faire mais trop attentive pour être réellement désintéressée par la vie des pensionnaires. Ça y est elle croit savoir. Voilà pourquoi il y a quelque chose de chaleureux ici. Tempête veille, s'éveille quand il le faut, laisse couler ceux qui savent se conduire, fait couler les autres.
Quinze ans plus tôt, Charogne en aurait malade de jalousie. Aujourd'hui elle est fascinée par ce mystérieux personnage tranquille. En apparence.

Elle tend machinalement son assiette. Ce midi elle mange c'est décidé. Au moins un peu.

▬ Un steak de garçon de 8 ans saignant s'il vous plaît. Et pas trop salé je vous prie. Reprend-elle en fusillant du regard un groupe de gamins plus obnubilés par sa présence que par le contenu de leurs assiettes.



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Tempête
Mer 20 Sep - 21:39
La verve de Charogne l'amusait. Elle savait donc faire preuve d'humour cette professeure extirpée du siècle dernier. C'était un humour tout en cynisme et venin mais rien qui ne dérangea Tempête. Il lui en fallait bien plus, ou toucher des sujets bien particuliers, pour outrepasser sa tolérance. L'employée prit l'assiette tendue par l'enseignante et y déposa un steak qui marinait dans son jus. Tempête avait cette tendance à la cuire saignante la viande rouge peut-être bien, inconsciemment, pour coller à l'image d'ogresse qu'elle tâchait de se donner auprès des pensionnaires.

« Je vous ai filé une aile de Cygne. » crut-elle bon de préciser en retournant l'assiette à sa propriétaire. « N'en dites pas un mot à Richter, sinon il va venir me brandir son crucifix sous le nez et vouloir ré-instaurer les crémations de sorcières. »

Un des enfants demeuré auprès des desserts se permit de pouffer, le rire soufflant par son nez. Richter était souvent moqué par ses pairs aussi bien à cause de ses handicaps que de son extrémisme religieux qui lui conférait des airs de prêtre. Tempête ne releva pas le rire, continuant à servir les pensionnaires tout en ne lâchant pas Charogne. Elle n'allait sûrement pas se contenter de deux répliques lancées par-dessus un steak.

« Si vous voulez nous pourrons nous partager les enfants. Je récupère ceux qui sortent du Sépulcre les pieds devant. Oh, j'y pense... » La bouche de Tempête avait formé un O étonné. « Vous avez déjà des contacts avec le Sépulcre. Est-ce vrai que vous et Moustache... avez cuissé ? »

Les pensionnaires avaient beau baisser le nez sur leurs assiettes ou feindre d'être pris de grands doutes dans le choix de leurs entrées et desserts, leurs mines ne trompaient pas. Meute aux abois leurs oreilles étaient toutes tournées en direction des deux Adultes. Allaient-ils savoir la vérité sur cette rumeur qui hantait les couloirs avec la même tangibilité que la Rouge ?



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Charogne
Jeu 21 Sep - 23:23
C'est bleu ou c'est saignant ça ? Ah si c'est du Cygne ça va alors, se dit-elle en reprenant l'assiette et en lâchant un petit ricanement quant à Richter.

▬ Amen ma soeur.

Toutes les blagues sont drôles quand elles tournent autour de Richter. Ce pauvre garçon n'est pas le prophète de La Maison pour rien, il est le parfait martyr de tout ce petit monde avec ses grands airs de jésuite et son regard de chien battu.
Charogne se recule pour laisser un groupe d'enfants affamés passer mais elle non plus ne compte pas mettre fin à la conversation. C'est rare de trouver quelqu'un avec de la répartie ici. Elle est curieuse d'en savoir plus sur cette drôle de jeune femme qui sent les épices et marche tête nue sous la pluie. Puis vient le sujet du Sépulcre et avec lui l'inexorable mention de Moustache. Lapin elle l'appelle. À peine Tempête a-t-elle fermé la bouche qu'elle sent tout les regards rivés sur elle. C'est que Lapin et elle ont leur petit succès. Et avec ça leur lot de secrets. De tous les adultes ici, Tempête est bien la seule à avoir le culot d'être aussi franche. La plupart des dames de la Cafetière ont la réputation de commères, mais Charogne ne pensait pas que la redoutable Tempête puisse prêter attention à de telles messes basses. Cependant elle s'en amuse.

▬  C'est vrai que je me nourris d'araignées mais si vous tenez à tout savoir je trouve que Lapin a plutôt le goût du canidé. Pourquoi cette question, c'est le personnage qui vous intéresse ? Je ne pensais pourtant pas que le macho viril soit votre type d'homme. Elle se rapproche de Tempête avec un air taquin. Ou bien serait-ce ma petite personne qui aurait piqué votre intérêt ?

Il en faut plus qu'un steak de Cygne pour faire parler la Charogne, n'en déplaise à tous les curieux. En revanche :

▬ Dommage pour vous, je ne parle jamais de mes aventures sobre.

Il paraît qu'il y a quelques bouteilles de bon vin planquées quelque part dans les cuisines de la Cafetière. Charogne n'est jamais allée vérifier bien sûr, mais elle n'est pas dame à refuser une bonne discussion autour d'un verre.



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Tempête
Lun 25 Sep - 21:42
La mise de Charogne, sa gestuelle qui semblait être saccadée et souple à la fois, vivacité vipérine, plaisaient à Tempête – ça et son mordant. L'employée de la Cafetière ne pouvait qu'accueillir, avec grand sourire étincelant, la boutade de l'enseignante au sujet de ses potentiels penchants la concernant. En soit elle ne dirait pas non à partager une nuit auprès de Charogne histoire de voir si, sous ses atours victoriens, se dissimulait un cadavre rongé par la vermine ou une chair blanche et ferme protégée du soleil et de ses affres. Tempête n'était pas fine bouche au risque de faire sonner les oreilles des plus chastes et, surtout, plus hétéro-formatés d'entre les habitants de la Maison. Mais Moustache... Au mention de son petit nom (Lapin sincèrement ? Un lapin-garou alors) Tempête secoua la tête.

« J'ai déjà trop donné dans le domaine du chevelu barbu. Même si je ne doute pas qu'il y a de quoi manger à deux sur sa carcasse. »

Bloody Jack lui avait laissé bien trop de séquelles. Tempête l'avait déjà entraperçu le Moustache et son faciès avait suffi à la faire reculer. Il lui ressemblait bien trop physiquement. Et de ce qu'elle en avait entendu n'avait fait que confirmer sa volonté de demeurer, autant que possible, à l'écart du Sépulcre et de son Araignée-mygale. Elle avait déjà bien trop perdu à cause d'un homme semblable. Elle ne répéterait pas l’erreur deux fois.

Néanmoins elle était bien trop curieuse de connaître les dessous de cette supposée relation et, par extension, cela lui permettrait peut-être d'en apprendre plus au sujet de l'infirmier. De mieux jauger la bête, de connaître quelques faiblesses potentielles à exploiter si jamais sa route, ou celle d'une pauvre fille, croisait le chemin du grand méchant loup.

« Oh j' comprends. » mâchonna Tempête, avalant des bouts de mots en retrouvant un brin de sa verve d'antan, quand elle marchait pieds nus près de la rivière bordant les terres de la Tribu.
« V'nez donc après l' dernier service. Pendant que les gosses feront leur salon de thé, je vous mènerais dans les cuisines. Vous vous doutez bien qu'on tient pas qu'aux nerfs et qu'avec la pitance qu'on sert ? Un 'tit coup qui réchauffe derrière l' gosier, ça fait son effet. »

Clin d’œil appuyé pour souligner le verbe s'il n'était déjà pas assez fort explicite, Tempête désigna, d'un geste du menton, la porte réservée au personnel autorisé. Celle-là même que les enfants, quand les dames de la Cafetière avaient le dos tourné, cherchaient à fracturer pour aller piquer, eux-même, dans les réserves de quoi se sustenter.

« J' vous attendrais à la porte. »



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Charogne
Dim 1 Oct - 23:47
Elle a tout pigé. Pas bête la guêpe. Charogne a bon instinct, elle sait choisir ses compagnons de boisson. Elle s'en félicite.

▬ Alors on se voit toute à l'heure. Conclut-elle en lui rendant son clin d'oeil. Voir la Charogne jeter un regard complice à un autre être vivant c'est quelque chose.

Le temps d'engloutir trois bouchées de son steak (elle fait un effort) dans son coin, de rendre son plateau, d'aller fumer une clope dans la cour en attendant que le temps passe, de remettre un coup de rouge à lèvres et surtout de repasser par ses quartiers pour sortir un petit quelque chose de sa boite aux trésors, dès la fin du service Charogne est déjà revenue à la charge, très contente d'avoir trouvé comment occuper une partie de son après-midi. Elle a toujours su trouver un peu de bonheur dans le fond d'une bouteille. C'est sans bruit car toujours pieds nus qu'elle se faufile derrière le comptoir, emmitouflée dans sa grande robe longue noire à volants qu'elle boutonne jusqu'au cou, bien ceinturée à la taille comme elle l'aime par un corset à rayures gris. Telle une môme, elle se sent toute émoustillée et curieuse à l'idée de pénétrer sur le territoire secret et interdit du personnel de la Cafetière. Quels secrets va-t-elle percer à jour ? À moins que ce ne soient les siens qui finissent renversés sur le carrelage de la cuisine. Jeux d'enfants, règles d'adultes.
Toc toc toc. Trois petits coups à la porte. Elle regarde d'un air songeur les quelques trainards qui occupent encore paresseusement les lieux tandis qu'une partie du personnel finit de débarrasser le repas du midi quand la porte s'ouvre. Charogne brandit alors une bouteille de vin français, l'air triomphant :

▬ Comme je suis une merveilleuse invitée j'ai ramené ma part d'alcool. J'espère qu'entre deux potins sur l'Eglise et le Sépulcre vous me révélerez le secret de votre recette du ragoût d'enfants ! Il vous reste des verres propres ?



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Tempête
Dim 8 Oct - 15:15
Répondant à l’œillade de Charogne par un sourire complice, Tempête se recentra sur sa tâche quotidienne – remplir les estomacs d'une tribu qui serait bien capable, la faim aidant, de lui arracher le pain des mains. Ce rituel lui rappelait ces heures passées derrière la caisse d'un fast-food aussi crasseux que désuet à servir des burgers réfrigérés et des frites reconstituées, aliments dont la saveur se résumait au gras ajouté. Comme en cet époque il y avait toujours un pensionnaire pour se plaindre des choix gustatifs, venir réclamer quelque modification à grands cris. Et toujours Tempête de révoquer aux végétariens et autres réclames d'aller frapper à la porte du Grand Pape ou de proposer quelque marché juteux. Auquel cas, peut-être, aurait-elle la clémence de se pencher sur le sujet et de faire un petit effort. Qui sait.

À la fin du service la Cafetière n'était plus qu'un champ de bataille, un buffet qu'on avait ravagé à coups de mâchoires quand les pensionnaires ne se jetaient pas la nourriture à la figure ou ne se cognaient pas, poings contre joue. (Tempête se souvenait encore de la rixe Ephélide et El Diablo, une parmi tant d'autres) Glissant à Louche, matriarche de la Cafetière qu'elle avait rendez-vous dans la remise, elle put échapper à la corvée de nettoyage du jour – avec promesse de s'y atteler le lendemain. Il fallait se serrer les coudes entre gérantes du garde-manger de la Maison. Si la Rouge voulait des croyants, ceux-ci priaient mieux l'estomac empli.

Lorsque Charogne frappa, Tempête lui ouvrit, toujours engoncée dans sa tenue de travail mais le cheveu libéré, cascadant sur ses épaules. Son sourire étincela à la vue de la bouteille brandie, ses doigts se portant devant sa bouche pour masquer à demi le rire.

« Perdez pas l' nord. On a d' la vaisselle récemment lavée. Faut juste que j' la sèche. V'nez. »

D'un mouvement de la tête Tempête fit signe à l'institutrice de s'avancer, ferma derrière elle – un gamin serait bien capable de se glisser par l’entrebâillement avec la vivacité d'un chat. Tirant une chaise pour que son invitée puisse s'y asseoir, l'adulte attrapa un torchon pour essuyer deux verres parmi la vaisselle qui reposait sur le bord du lavabo. Les cuisines reposaient dans un silence moite, la chaleur des immenses fours et cuves remplies de nourriture se dissipant dans l'atmosphère offrant au lieu une ambiance de jungle moite.

Le torchon pendu à sa ceinture, Tempête déposa les deux verres sur la table à proximité de Charogne. C'était dans ce coin des cuisines, coude à coude avec une fenêtre donnant sur la cour, que les dames de cantine se reposaient, grillant leurs cigarettes et dévorant leur repas sur le pouce avant la mise en branle du service tandis que les plats mijotaient.

« On a de la bière si ça vous tente. Ou du rouge si vous aimez pas les mélanges. Du Bordeaux. Louche nous en fait venir d'un de ses contacts. Pas mauvais. »

Tendant le bras Tempête ouvrit un placard suspendu au-dessus de leurs têtes, dévoilant une des sacro-saintes cachettes gardées par les employées avec la fureur d'un dragon. Les bouteilles d'alcool miroitaient en exposant leurs liquides entêtants. Tempête en prit deux, leur faisant rejoindre celle de Charogne. Elle entreprit d'ouvrir celle que Charogne désirait, remplissant d'elle-même les verres avant de s'attabler.

« Donc, nous disions... Lapin... Pas trop dur à dresser le bougre ? Je vous vois pas soumise. Ce doit être tumultueux comme relation. »

Est-ce que les draps du Sépulcre portaient la trace de leurs ébats ? Par la Rouge, de quoi alimenter les cauchemars des pensionnaires.



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Charogne
Jeu 12 Oct - 16:27
Hochant la tête, Charogne s'engouffre à travers la porte et à peine a-t-elle le temps d'admirer l'épaisse chevelure noire et bouclée de Tempête que l'ambiance chaude et moite de l'arrière-cuisine lui saute à la gorge. Clac, aussitôt rentrée, aussitôt enfermée, c'est que les dames de la Cafetière ne veulent sûrement pas prendre le risquer de laisser un autre intrus pénétrer dans l'antre aussi sacrée que défendue que sont les réserves. Il n'est plus question de faire machine arrière désormais. Elle sent l'humidité lui lécher le visage et se dit que c'est comme si en l'espace de deux secondes elle était tombée dans une jungle de vaisselle, de torchons et de fours. L'endroit semble tout à fait ordinaire et pourtant Charogne ne peut s'empêcher d'être un peu fascinée. Elle s'étonne du fait qu'il y a bel et bien des hommes et des femmes qui s'enferment toute la journée dans cette cuisine moite et suffocante à trimer pour des pensionnaires qui ne leur diront jamais merci ainsi qu'un salaire probablement misérable. Il faudra qu'elle pense à être un minimum plus aimable avec le petit personnel la prochaine fois. Après tout il n'y a pas de sous métier. Elle s'assoit sur la chaise qu'on lui propose sans se faire prier, croise les jambes et se met déjà à l'aise dans ce coin de La Maison qui lui est toutefois étranger.

▬ Commençons par ma bouteille. Je m'en voudrais de priver Louche d'un excellent Bordeaux. Bordeaux ses vignes, sa cathédrale, ses terrasses, son musée des beaux-arts et son port de la Lune. Ah que la France lui manque.  

À la vue de toutes les bouteilles d'alcool soigneusement entreposées dans les placards, Charogne esquisse un sourire. Voilà qui doit bien aider les employés de la Cafetière à supporter leurs journées. Elle est loin de pouvoir les blâmer et regarde Tempête déverser le liquide rouge dans un verre tout juste essuyé. Et c'est en faisant nonchalamment tournoyer le vin dans son récipient qu'elle répond :

▬ Vous savez au bout de dix ans on finit bien par trouver un terrain d'entente. C'est que si je devais batailler avec mes élèves et tout le Sépulcre en même temps je n'aurais pas fait aussi long feu ici. Elle trempe ses lèvres dans la boisson, avale une gorgée et laisse une trace de rouge sur le verre. Soumise non, rusée oui. C'est quand l'autre croit qu'on a le dos courbé qu'on a plus de chance de le planter. Elle s'arrête pour lâcher un petit ricanement et reprend :Le problème c'est que Lapin est plus intelligent qu'il n'y parait et moi je suis fatiguée de me chamailler avec et je crois que lui aussi. Mais si vous avez une idée de génie pour lui rendre la vie plus compliquée je suis toute ouïe.

Car oui même si le dédain fait vieillir, Charogne ne manque jamais une occasion d'emmerder son monde, de titiller là où ça fait mal. Lapin, Ours et peut-être bientôt Vautour pourront en témoigner. C'est du malheur des autres qu'elle se sustente même si elle a appris à ronger son frein quand il s'agit de Lapin car pour chaque mauvais tour, il a toujours trouvé une façon de lui rendre et peut-être que secrètement Charogne cherche encore comment lui asséner le coup final.



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Tempête
Dim 15 Oct - 11:14
Prenant ses aises dans sa propre chaise, dos rejeté contre le dossier, jambes entrecroisées, Tempête écouta Charogne touchant à peine à son verre. Non pas qu'elle dédaigna l'alcool, mais sa boisson l'intéressait bien moins que les mots qui sortaient de la bouche de l'enseignante. C'était donc cela la nature de la relation qu'elle entretenait avec l'infirmier ? Tempête ne pouvait s'empêcher d'imaginer quelques cordes et autres jouets pour pimenter les jeux pour adultes. En soit tout cela n'était que le jeu, éternel et continuel, de l'amour-vache.

Enfin elle aurait eu du mal à imaginer ces deux adultes cueillir des marguerites ou prendre un bain avec bougies et mousse parfumée. Non, ça aurait été trop incongru.

« Tout individu a ses faiblesses. Il doit bien en avoir une, non ? Hormis lui couper sa chevelure de Rat. Vous pensez que c'est devenue une tradition dans leur groupe de se laisser les cheveux aussi longs ? Fange semble suivre la mode instaurée par Mister Chevelure en tout cas. »

Pis, il semblait même en suivre les traces. Si le chef des Rats ne quittait pas la Maison, il s'immiscerait si bien dedans qu'il en ferait partie prenante à l'image du mortier et des briques. Mais trève de digression. Il n'était nullement sujet de cet enfant. Quoique.

« Il a ses protégés l'Araignée, comme nous tous ici. S'en prendre à l'un d'eux pourrait le pousser dans ses retranchements, vous pensez ? Je ne connais pas assez l'animal. Mais les Rats, il les a dans le sang. Certains le nomment encore comme à l'époque où il était enfant et ses largesses envers cette caste font planer plus d'une rumeur de couloir. Mais Fange est un morceau plein de nerfs. Il ne faudra pas l'attaquer frontalement. Trop dangereux. »

Tempête n'avait aucun grief personnel envers l'infirmier. Néanmoins son inconscient puisait en ce visage les reflets d'un autre homme qui, lui, lui avait laissé des stigmates et l'avait envoyé, sans le savoir, dans les tréfonds de cette Maison. Mener un quelconque grief à l'encontre de cette Araignée dénuée de compassion pouvait, en somme, lui plaire – et lui permettre de voir si ces deux hommes se ressemblaient plus que physiquement.

« Si vous avez besoin d'un coup de main, je suis preneuse. »



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Charogne
Dim 22 Oct - 17:11
Elle finit son verre et lève un sourcil intrigué en réponse aux propos de la Dame de la Cafetière. Une alliance de femelles contre Lapin ? Intéressant. Ici dans La Maison, Charogne n'a pas d'amies au féminin et encore moins de compagnes d'armes. c'est que sa nature solitaire ne l'aide pas et de plus elle se méfie autant des hommes que des femmes. D'expérience les premiers ont toujours une idée derrière la tête tandis que les deuxièmes visent sans cesse la compétition. C'est que pendant longtemps la prof a nagé dans ces eaux misogynes où l'on monte les demoiselles les unes contre les autres pour mieux les maîtriser. Des combats de chattes aux ongles vernis de rose, des lancers de paroles vénéneuses entre deux coups de rouge à lèvres et des on-dit et des messes basses dans les toilettes pour filles elle ne connait ça que trop bien. Et pourtant ça lui manque un peu, elle Reine de la basse-cour, ex-tyran terrible et terrifiant de son petit monde. Elle aimerait croire que la proposition de Tempête est sincère mais n'est pas prête pour autant à baisser sa garde. C'est peut-être Lapin même qui lui joue un mauvais tour quoiqu'elle aimerait bien savoir comment il aurait bien pu pactiser avec celle que tout oppose.

Quant aux faiblesses de Lapin, il en a certes, mais uniquement des petites. Les grandes, Charogne n'y touche pas car ses doigts ne sont pas assez longs. S'en prendre à ses protégés ? Curieusement, pour Charogne c'est hors de question. D'une parce que ça ne l'atteindrait pas tant que ça et de deux parce qu'entre raclures de l'Église ils ont tendance à favoriser les mêmes avortons. Elle sait qu'il aime les Rats comme elle, peut-être même plus et qu'il a même un peu d'affection envers Pieds Nus. Le seul qu'elle casserait bien en deux ce serait Fange mais lui est hors de portée. De plus s'il vient à disparaitre, on ne sait jamais qui prendrait sa place. On sait toujours ce qu'on perd mais jamais ce qu'on retrouve derrière. Charogne ne risquerait pas l'équilibre déjà précaire de La Maison simplement pour déplaire à Moustache. Il y a d'autres méthodes.

▬ Lapin n'aime que lui-même. Ce n'est plus un Rat mais une Araignée comme vous le dîtes bien. Ses protégés ne sont ceux qu'il porte en son coeur mais ceux qui lui rapportent les meilleures bouteilles et des paquets de cigarette. Son statut d'infirmier le rend indispensable à La Maison c'est là qu'il faut frapper si vous voulez lui faire mal. Reste à savoir de quelle façon.

L'air pensif, elle laisse son doigt parcourir le rebords du verre. Comment faire tomber Lapin ? Il faudrait quelque chose de grave, de très grave. Remettre en question ses compétences médicales, l'hygiène douteuse de son bureau ? Ici tout le monde s'en fiche, tant que ses patients ressortent en un seul morceau. Reste alors à crier au grand méchant loup, à faire courir la rumeur comme quoi il s'en prend aux jeunes filles et aux jeunes garçons, que ses examens sont un peu trop poussés, un peu trop dénudés, ses mains beaucoup trop baladeuses et ses paroles graveleuses. Oh que c'est vicieux. Mais c'est une carte à double-tranchant car le jour où quelque chose de grave arrivera vraiment, il y aura le risque que ce ne soit pas pris au sérieux. Et puis, même Charogne n'aime pas ça. Elle est mauvaise mais pas à ce point. S'il y a quelque chose qu'elle déteste encore plus que les Cygnes ce sont bien les prédateurs d'enfants. Non, ce qu'il leur faut c'est quelque chose de plus subtil encore, mieux orchestré. Mais quoi donc ? Il lui faut un peu de temps pour mieux se pencher sur la question. Avec une alliée, les idées deviennent plus nombreuses, plus complexes. Surtout que Tempête a accès au garde-manger de La Maison ce qui peut s'avérer fort utile. Glisser quelque substance douteuse dans ses bouteilles ? Voler son tourne-disque et le cacher aux cuisines ? Le priver de dessert ? Ou alors...

▬ On peut également essayer de l'atteindre dans l'Envers mais c'est un territoire que Lapin connaît beaucoup mieux que moi. Ceci dit puisqu'il s'y croit en sécurité, il y sera peut-être moins méfiant. Mais dîtes-moi... Elle se ressert, sans gêne et regarde Tempête droit dans les yeux :Votre proposition de coup de main c'est du sérieux ? Jusqu'où êtes-vous capable d'aller pour atteindre vos objectifs et qu'est-ce qui me garantit qu'une fois Lapin mis hors d'état de nuire je ne serais pas votre prochaine cible ?

Car si l'idée d'avoir Tempête a ses côtés a beau fort être fort plaisante, elle n'en demeure pas pour le moins suspecte.



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Tempête
Dim 29 Oct - 19:39
Charogne semblait bien le connaître cette Araignée qu'elle surnommait Lapin comme pour mieux lui limer les dents, le transformer en petit animal de compagnie, en peluche innocente. Mais il fallait rappeler que l'enseignante était membre de la Maison depuis bien plus longtemps que la cantinière. Elle avait eu tout le temps de dresser le portrait des pensionnaires, grands et petits, de se couler au sein des us et coutumes. Lorsqu'il fut fait mention de l'Envers, Tempête ne put s'empêcher de se figer dans son siège, carrant les épaules.

« Si vous décidez de jouer dans l'Envers, désolé mais ce sera sans moi... » souffla-t-elle avec un sourire crispé, le regard vacillant. Elle s'autorisa à finir son verre avant de reprendre, le verbe plus doux qu'auparavant, ton de petite fille avouant qu'elle n'avait pas lâché les petites roues sur son vélo. « Ils appellent être Effacé, je crois... Je n'ai jamais croisé l'Envers. Pas de ma propre initiative. Alors à moins que vous puissiez m'emporter avec vous... »

Mais à quel prix ? Oh Tempête brûlait de curiosité de savoir ce qui se cachait de l'autre côté du miroir, de connaître cette phase de la Maison sur laquelle tant de contes s'étaient érigés à défaut de véritables mémoires. La bouche des enfants en étaient emplies de ces histoires où l'impossible devenait réel, où les enfants ne grandissaient jamais (normal ils n'étaient plus vivants), où une infirmière folâtrait avec des lapins.

« Je risque de ne pas être des plus actives dans un tel endroit. » concéda Tempête en remplissant son verre, l'avalant d'une traite comme on se jetait une bière au comptoir d'un bar pour se donner du courage avant d'aborder le joli petit lot déniché dans un coin de la salle. « Si l'on doit combattre... Lapin, comme vous dites, dans l'Envers, il faudra faire des tests. Voir si je tiens le coup. Parce que si ça me file un mal des transports carabinés et que ma seule action se résume à vomir sur mes chaussures, mieux vaut laisser tomber. »

Et ça lui arracherait bien la gorge, tiens, que ça finisse ainsi, que tout ce qu'elle retira de l'Envers ne soit que nuisance. Elle aurait alors la rage collée au corps et l'envie puissante de briser quelque chose juste pour ne pas être la seule à souffrir de cette mise à l'écart.

Ses ongles tapotaient le bois de la table exprimant toute sa nervosité latente. Elle se retint d'en ronger un pour canaliser sa frustration, tâchant de se concentrer sur Charogne.

« Vous savez la routine ça emmerde à la longue. Si je peux rire un peu, ça ne me fera pas de mal. » Tempête plissa les yeux. « Je ne fais pas de mal aux filles et aux femmes. Les hommes nous font déjà assez de misères ici et dehors. Si en plus on passe notre temps à se tirer entre les pattes. Dites-vous que je fais cela par solidarité féminine. Croyez-moi j'ai d'autres cibles à commencer par un certain Éphélide. »

Roux dont les reins défaillants ne semblaient pas exclure de sa vie d'éclopé la possibilité d'accumuler les demoiselles d'un soir à tour de bras, interchangeables et multiples filles qu'il semblait vouloir collectionner. Oubliant que Tempête, l'observant de loin, attendait le bon moment pour l'épingler cet oiseau.



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Charogne
Sam 4 Nov - 17:53

Quoi ? Tempête qu'est jamais allée dans l'Envers ? Ah de son propre chef. Charogne non plus mais elle n'est pas au moins effacée. Pourtant ça doit bien faire plusieurs années qu'elle vit au sein de la Maison la dame de la Cafetière. L'anglaise s'étonne mais accompagne son interlocutrice quand elle finit d'un coup son verre et engloutit d'un trait sa part du liquide rouge. Deux adultes qui causent de l'Envers c'est un peu surréaliste non ? Elle n'a jamais eu cette conversation avec un autre collègue. Il faut dire que de façon générale elle discute peu avec ses compères, ne les trouvant que rarement à son goût.

▬ J'ai bien peur que le seul adulte qui soit vraiment confortable de l'autre côté soit Lapin. Moi c'est pareil je n'y vais que lorsque je n'ai pas le choix et encore. Ricane-t-elle. Il y a bien Minuit et pourquoi pas Oz qui vient de revenir mais elle les imagine mal initier Tempête aux joies de l'Envers. En tout cas ce n'est pas elle qui fera office de professeur là-bas car elle enseigne déjà - ou du moins essaye, aux pensionnaires l'histoire-géographie et rien que ça ce n'est pas du tout repos.

Et Charogne arrive enfin au fin fond de la chose : Tempête lui avoue qu'elle s'emmerde. Peut-on vraiment la blâmer ? Charogne remplit à nouveau leurs deux verres et sourit quand elle entend parler de solidarité féminine et d'Éphélide. Qu'est-ce que c'est que la solidarité féminine ? Ça se mange ? Et Éphélide, Éphélide, joli albatros si maladroit et inadapté sur terre ferme avec ses béquilles et sa rousseur et pourtant si gracile quand il fait tomber d'amour les demoiselles d'un simple regard appuyé.

▬ C'est vrai qu'il nous est revenu tout droit de l'asile celui-là... Mais dans la mesure où toutes les filles qui se jettent dans ses bras sont consentantes, je ne vois pas où est le mal. Si elles sont assez bêtes pour se faire briser le coeur par le premier joli minois venu elles méritent presque leur sort. C'est comme ça qu'on apprend. C'est comme ça qu'elles ont toutes appris. La vie est ainsi. Elle-même si elle avait eu vingt ans de moins, ma foi...

Elle met ses coudes sur la table et se penche vers l'autre trentenaire - qu'elle trouve de plus en plus attirante soit dit en passant, l'alcool aidant, ses yeux dans les siens. Verts et bruns.

▬ Très bien. Apprenez-moi la solidarité féminine. Mais si vous voulez ma confiance vous devrez la mériter. Et elle tape sur la table comme pour appuyer ses propos : Jouons ! Je vous donne trois faits sur moi, deux vrais, un faux. Cherchez l'intrus. Si elle veut qu'elles soient soeurs d'armes il faudra d'abord l'affronter à sa manière. Charogne est taquine quand l'alcool lui monte à la tête, malicieux macchabée. L'ivresse lui donne toujours envie de danser sous les arbres morts.

Charogne se recule, remet son dos contre le rebord de la chaise, bien droite et commence sans attendre d'approbation. Elle sait déjà très bien ce qu'elle va déballer :

▬ Numéro un. Elle lève un doigt parfaitement vernis d'un rouge aussi foncé que la couleur de son vin. J'ai été petit rat d'opéra. Numéro deux : J'ai couché avec mon professeur d'histoire au lycée. Numéro trois : Je suis la veuve d'un bourgeois très fortuné. Sourire. Alors ? Et qui dit qu'elle n'a pas dit trois vérités ou pire trois mensonges ?



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Tempête
Sam 11 Nov - 19:43
Moustache, adulte le plus à l'aise au sein de l'Envers ? Tempête voulait bien y croire. Ours était une pâte tendre de ce qu'elle savait à son sujet, à se demander ce qu'il faisait là ce concentré de glucose qui aurait rendu jaloux un ourson en gélatine. Vautour suintait la normalité par chacun de ses pores, ne se targuant pas même d'une réputation de savant fou. Quant à Minuit et Os, ils avaient tous deux leurs petites obsessions mais leur donnant davantage l'air de doux rêveurs que de créatures de l'Envers. En vérité, si elles voulaient investir l'Envers, l'aide des enfants serait requise. Et peu sûr que les pensionnaires souhaitent prêter main forte à des adultes.

« Est-ce si horrible que cela cet... Envers ? » demanda Tempête, un sourcil relevé. « Vous n'avez pas l'air femme à vous émouvoir d'un rien. C'est donc bien pis que le Sépulcre ? »

Si c'était le cas, Tempête n'osait guère imaginer ce qui pouvait bien se terrer dans le reflet de cette Maison sanglante. Néanmoins sa curiosité continuait à l'élancer, désireuse de combler nombre de questions demeurées sans réponses malgré toutes ces années passées auprès des pensionnaires.

Lorsque mention fut faite d'Éphélide, Tempête acquiesça. Bien évidemment si les demoiselles étaient pleinement consentantes, elle ne pourrait rien y redire. Toutefois le doute la taraudait. L'attitude du roux envers la gente féminine lui paraissait bien trop suspecte. Hermétique à son charme, la cantinière ne comprenait pas qu'on puisse tomber dans ses bras alors que tant d'autres y avaient élus domiciles avant. L'aspect « compagne interchangeable » lui déplaisait, probablement parce qu'elle lui rappelait une expérience passée...

Le jeu de Charogne la surprit l'obligeant à repousser, au loin, le profil de l'albatros. Elle n'avait jamais été véritablement douée aux devinettes – manque de patience évident face aux rires de ses comparses. Tempête leva ses index comme pour réclamer toute l'attention.

« J'ai droit à tout le temps que je veux, hein ? Bon, pas jusqu'à demain, promis. Bon voyons... »

Tempête but son verre en petites lampées comme pour mieux savourer chaque gorgée. En soi elle n'avait aucun indice à sa disposition. Et elle se doutait que le jeu interdisait toute question pouvant permettre d'aiguiller sur la véracité d'une des propositions. Finalement, la cantinière reposa son verre tandis qu'elle annonçait la réponse.

« La dernière est fausse. C'est vous la bourgeoise fortunée ou, du moins, vous en avez l'image et la tenue. Vous aimez l'histoire à cause de cette histoire avec votre professeur ? Et, tiens, j'aimerais bien vous voir danser. J'y connais trop rien mais ça demande de la souplesse et de la grâce tout ça. Je suis sûre que vous savez encore faire des entrechats et vous tenir sur la pointe du pied. »

Posant son menton entre ses mains en coupe, Tempête ajouta sur le ton de la confidence.

« Je parie que vous jouiez le cygne noir dans la pièce, là, avec les deux filles qui se transforment en cygnes. »



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Charogne
Ven 17 Nov - 22:58
Qu'elle prenne son temps la Tempête, Charogne ne compte pas s'envoler. Elle se contente de la dévisager, profite du fait qu'elle soit en train de réfléchir pour examiner en toute impunité chaque partie de son anatomie. Du coin de ses pommettes au nombre de ses grains de beauté, la professeur note tout mentalement. Et ça lui fait comme petit pincement au coeur quand elle évoque par hasard l'un de ses ballets favoris. Comme si le fameux volatile noir lui-même était venu lui chatouiller l'intérieur. Oiseau de malheur.

▬ Oooh ? Trop facile ? Lâche la Charogne, presque déçue d'avoir été aussi facilement percée à jour car son interlocutrice a bon sur presque toute la ligne. Elle lève les yeux au plafond et continue d'un air rêveur car aaaaaaah Tchaikovsky... Peut-être le seul amour de sa vie. Et pour une fois, pour une tendre fois, sa voix se fait un peu enfantine, un peu plus aïgue avec une pointe de candeur : Le lac des cygnes... J'aurais tant aimé le danser jusqu'à la fin. Oui.

Dans un autre temps, une autre vie. Une où ses deux chevilles n'auront jamais été brisées et jamais mal recollées. Une où Charogne s'appellerait Odette car elle n'aurait rien du cygne noir, la mignonnette gracile dans de son tutu, ses collants et avec son chignon à moitié défait en boucles sauvages sur son visage innocent. Et elle s'envolerait, blanche et virginale quand sonnera le dernier acte où Siegfried la prendra dans ses bras pour la mille et unième fois, sous les applaudissements des parisiens et les lueurs fracassantes des projecteurs de l'Opéra Garnier. Une autre fois peut-être. En attendant c'est à La Maison qu'elle appartient, à son Envers grotesque et son manteau de plumes couleur ébène, à ses coutumes, à ses enfants et mêmes - ironie du sort, à ses propres cygnes. Qu'ils sont moroses, penauds ces bestiaux-là, façonnés à l'image de Richter et de sa grandeur d'âme faussement vertueuse. Quelle horreur. Elle en frissonne.

▬ 17/20 Madame Tempête. Je vous ai cependant retiré deux points car vous avez fait une petite erreur : je n'aime pas l'histoire, sinon je ne l'enseignerai pas voyons. Et quant au dernier c'est parce que rien n'est jamais parfait. À votre tour maintenant. Charogne est ce genre de professeur qu'on déteste, elle appartient à la pire race des enseignants : éternellement, insatiablement insatisfaite. Elle trouve toujours la petite bête, même s'il lui faut vous retourner la cervelle pour la débusquer. À moins que vous ne préfériez me laisser une seconde chance où je prendrais soin de vous donner quelque chose de bien plus corsé à vous mettre sous la dent.

Elle attrape le verre de Tempête, déverse le fond de la bouteille de vin et fait glisser le récipient vers sa propriétaire en ajoutant :

▬ Et maintenant que vous en savez plus sur moi, tutoyons-nous.

Hors RP:
 



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Tempête
Jeu 30 Nov - 21:04
« Non, sérieux, j'ai réussi ? » qu'elle demande la Tempête, franchement surprise, elle qui a dit la première chose qui lui passait par la tête. Sa première devinette réussie de toute sa vie – ça se fêtait. La femme accepta tout de go le verre servi, même si Charogne ne lui avait guère laissé le temps, ou même l'occasion, d'exprimer un refus.

Et voilà que c'était son tour de jouer le sphinx. Les prunelles de Tempête devaient exprimer la surprise pure. Elle n'avait aucune idée. Son esprit n'était que page blanche. La cantinière se raccrocha à son verre qu'elle but d'une traite avec la vigueur du condamné se jetant sa dernière rasade dans le gosier avant de monter au peloton d'exécution.

« Okey Odette, on tente le challenge. Mais j' préviens je suis pas aussi douée qu' toi. »

L'acceptation du tutoiement avait été attrapé au vol, saisi à bras-le-corps et allongé sur le divan. En soit ça arrangeait bien Tempête d'abandonner toutes ces politesses trop surannées. Le tutoiement ça permettait de mieux parler à cœur ouvert sans l'hypocrisie de la société qui demandait à ce qu'on ne blessa pas trop l'autre en face – même quand il vous mettait un poing dans la figure.

Tempête posa deux doigts sur sa tempe, sa réflexion tournant à plein régime.

« Bon. J'ai travaillé comme serveuse dans un fast-food. Avec la jupe et les rollers comme dans les sixties. J'ai couché avec des femmes et des hommes. Et je sais jouer de la mandoline. »

Rien qu'à l'écoute, Tempête sut que ce ne serait guère difficile de savoir le vrai du faux.

« Et il m'arrive quoi si tu gagnes ? »

Quelque chose lui disait que ça pouvait tourner au jeu d'alcool, cette histoire.

« Je veux quand même garder ma culotte à la fin, si ça t' dérange pas. »

Un minimum de dignité même dans la déchéance de la défaite alcoolisée.



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Charogne
Sam 9 Déc - 21:14
Mandoline. C'est un mot qui la fait rire, oui, rire. Un petit certes mais un vrai rire, chaud et sincère. La prof rigole. Pour de vrai. Elle ne ricane pas, ne grimace pas, ne grogne pas mais rit. Incroyable mais vrai, Charogne sait rigoler. Elle a même les joues qui rosissent depuis son, allez quoi, quatrième verre ?

▬ Tempête en tablier et en rollers servant le café à droite, à gauche ! Je veux voir ça ! Tempête sur des roulettes c'est aussi improbable qu'une jeune Charogne en tutu blanc, des paillettes collées sur ses joues et un sourire franc sur sa bouche. Et pourtant, elle se la représente très bien la dame de service avec son uniforme coloré et son air rebelle, à balancer des frites et des commentaires cinglants à ses clients. Quant aux hommes et aux femmes, on est en 1992, TOUT LE MONDE fait ça. Même nos pensionnaires ! Même Charogne. Après tout, la révolution sexuelle des années 70s c'est presque elle qui l'a menée.

Du coup, pas besoin de réfléchir, la réponse à l'énigme est déjà toute trouvée.

▬ La mandoline ! S'exclame-t-elle aussitôt avant de croiser les bras et de rétorquer. Ta culotte ? Pourquoi tu as peur que je te la vole ? Et pourquoi faire exactement ? Il y a plus intéressant comme trophée et Charogne n'est pas de ceux qui aiment collectionner les objets mais les personnes. Du moins, quand elle était étudiante. Si tu tenais vraiment à tes sous-vêtements tu aurais du me donner quelque chose de plus difficile. Elle tapote la table et prend un air vaguement pensif, plutôt taquin, carrément mutin : Hummmm si je gagne je veeeux... Oh que veut-elle la Charogne ? Adelaide voulait le monde, les étoiles, les femmes et les hommes, piétiner la foule avec ses talons sur les pistes de danse des discothèques et qu'on scande son nom sur les bancs des universités.

▬ Une danse ! Qu'elle décide en tapant dans ses mains comme si elle était redevenue une enfant. Et si je perds, on ira jouer un mauvais tour à Lapin là maintenant tout de suite ! Je crois que je sais où il planque ses vinyls. 

Voilà qu'elle s'ambiance comme si elle avait de nouveau dix-sept ans la Charogne, à nouveau toute jeune avec son visage creusé, ses vêtements sombres et son regard vert qui pétille comme hanté par la fougue de feu Adelaïde dont le joug adolescent fut aussi court qu'intense, dont le nom court encore sur les lèvres de ce désormais vieux professeur parisien.



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Tempête
Dim 17 Déc - 11:49
Avec un talent d'actrice digne d'une série B, Tempête posa une main sur son cœur, ouvrit sa bouche en un « Oh » de surprise, arquant la nuque en arrière. Touchée en plein cœur, abattue par la finesse de jugement de son adversaire qui venait de la mettre au tapis. Jeu, set et match.

« J'avoue ma défaite. Tu m'as eue. Et c'est quand tu veux pour le costume de serveuse. Me manque que les rollers, mais on peut les piquer à un gosse. »

Il y en avait toujours un pour en ressortir une paire usée jusqu'à la trame pour rouler dans les couloirs au nez et à la barbe des surveillants. Graines de délinquance juvénile. Qu'ils en profitent va, ce n'était pas Tempête qui allait les en empêcher. Qu'ils en profitent avant de grandir, après il serait trop tard. Même si, être adule comportait son lot d’événements festifs et d'occasions en or comme cette beuverie somme toute improbable. Charogne aimait l'alcool et ce dernier le lui rendait bien, la transformant en une femme plus volubile que jamais et prompte aux jeux de pensionnaires. C'était à se demander, ce que cela donnerait, si l'on glissait quelques champignons hallucinogènes dans le repas de la Harpie. Peut-être qu'elle se mettrait à chanter.

Mais à défaut de chant pour aujourd'hui, Tempête allait devoir danser. Et ce mot, ce simple mot, raviva en elle des souvenirs qu'elle avait enfouis en même temps que ce jour où elle avait piétiné celui qui lui avait tout pris – le cœur, le corps, les tripes. Quand elle se croyait heureuse et allait danser dans les boites qui s'ouvraient sur son sillage se gorgeant de cacophonie et de danse maladroite sur la piste, découvrant un monde que la réserve lui avait dissimulé jusqu'ici.

« Moi j' propose encor' mieux. On va lui piquer ses vyniles et j' t' fais une dans'. Sans musique je me déhanche pas. J' te fais même la total'. Sur la table. »

Comme en cette époque où, cloisonnée entre quatre murs, Tempête puisait dans ses maigres ressources pour redonner de la vie dans le regard des autres filles. Leur rappeler qu'elles n'étaient pas que des poupées, qu'elles pouvaient sentir, éprouver quelque chose. Tempête tint bouche close sur ces réminiscences. Son passé était dans l'En-Dehors avec Nirvelli demeurée là-bas, abandonnant son esprit sur le bord des routes américaines.

Bloody Jack était mort mais son fantôme demeurait accroché à elle, ancre lestant le navire pour l'empêcher de naviguer vers l'horizon.

Tempête se leva pour saisir Charogne par le poignet l'obligeant à se lever et à la suivre dans cette idée folle qui lui avait traversé l'esprit. L'adulte oubliait sa condition pour redevenir une adolescente en quête de sensations fortes et de nouvelles expériences.

« Allez hardie compagne allons voler au Sépulcre les biens de ton lapin. Promis j' danse pas sur la tabl' d' billard. Puis on ira faire peur aux gosses qui profitent des lits pour se lécher la poir'. »

Tempête se voyait déjà ouvrir les rideaux dans un grand geste en hurlant un « Bouh » digne d'une gamine menant sa première chasse aux bonbons.

Spoiler:
 



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