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Ce qui transforme une fille en femme, c'est le sang • NC-16
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Tempête
Mer 13 Sep - 22:54
Jamais, jusqu'à présent, les pensionnaires ne s'étaient plaints de leur dentition préférant souffrir, en silence, leurs rages de dents plutôt que de subir un retrait forcé de sucreries de leur alimentation. Mais, depuis peu, les rumeurs de vols de dents de lait enflaient plus rapidement qu'un coquard. L'innommable fée des dents qui se permettait de tels larcins ne laissait pas même une récompense en échange, arrachant des pleurs aux plus jeunes, ceux qui croyaient encore en son existence. Les plus âgés véhiculaient déjà la rumeur de nouveaux rituels pour contenter la Rouge – la phalange du pouce ne lui suffirait donc plus comme tribut ? On patientait, guettait, prêt à arracher une incisive aux plus faibles si la rumeur se révélait tangible. Tempête avait pu observer, à demi amusée, le manège des cadets chez les pensionnaires qui, dès qu'une dent tombait, la ramassaient et la cachaient dans les replis de leurs vêtements, comme s'ils détenaient là un trésor.

Dans le lot il y avait Roussette – nom attribué à cause de ses cheveux et de sa cécité lui conférant l'image d'une chauve-souris. On la décelait à dix mètres avec sa canne blanche et ses lunettes de soleil. Du haut de ses dix ans elle écoutait tout, oreilles grandes ouvertes, recueillant les informations qu'elle rapportait au nid des Cygnes. Peu à l'aise avec ses pairs elle mangeait à la Cafetière en fin de service lorsque les bancs se clairsemaient, profitant de la présence de Tempête comme de celle d'une grande sœur, se sentant apaisée en sa présence, écoutée.

Entre deux bouchées de chili con carne, Roussette laissa exploser ses craintes comme on vide un sac trop lourd à porter. L'écuelle vidée Tempête l'amena auprès de l'endroit la plus à même de l'aider : le Sépulcre. Le lieu ne prêtait guère au sourire. Néanmoins Tempête ne pouvait pas abandonner Roussette à ses tracas. Elle aurait bien voulu l'aider mais elle ne pouvait pas négliger le regard d'un personnel compétent – qui sait ce que son obstination pourrait coûter à une jeune fille ? La canne blanche ponctuant leur avancée de tâtonnements et coups brefs sur le plancher, elles finirent par se trouver devant la porte du Sépulcre.

Fermant le poing, Tempête frappa avant de pousser la porte.

Point de Carie à l'horizon ce qui arracha une grimace à Tempête. Elle espérait tomber sur l'infirmière qui, aussi détraquée soit-elle dans son amour possessif, n'était pas dénuée de douceur. Tout le contraire de son collègue masculin dont le crachotement de vinyle parvenait jusqu'à elles, preuve qu'il se trouvait bel et bien là.

Roussette se tendit, terrifiée. La réputation de Moustache n'était plus à faire, elle était à l'image et à la hauteur de la section qu'il occupait au sein de la Maison. Tempête ne l'aimait pas – c'était instinctif. Son visage, ses manières, il lui rappelait trop son ex, ne pouvait détacher son visage de celui de Bloody Jack. Et inconsciemment elle lui associait les mêmes tares.

Elle ne pouvait décemment pas laisser Roussette seule entre les mains velues de cet énergumène.

Lorsqu'elle poussa la porte de l'office, Tempête l'aperçut – véritable bête fauve avec sa chevelure grasse et indisciplinée, faciès de pirate couturé de marques (cicatrices du temps qu'il était Rat ?) surnageant de toute cette masse. Sa main se posa entre les omoplates de Roussette en une vaine tentative de réconfort.

« 'Jour. » En la présence de cet homme, elle mâchait ses mots comme à l'époque de la rue, de la survie en jungle urbaine. « Je t'ai amené une patiente. Elle a ses règles. » Cash pistache. Tempête n'était pas de celles à s'entourer de multitudes de métaphores pour désigner le cycle de l'ovulation. « Sauf que même moi je n'ai ni serviettes hygiéniques, ni tampons, alors si tu pouvais dépanner. Et vérifier que la petite va bien. Je sais que parfois peut y avoir des complications... »

Tempête se permit d'avancer de quelques pas dans la pièce laissant Roussette se raccrocher à sa canne.

« Par contre je reste le temps de son auscultation. Comprends-la. Ce genre d’événements on en cause entre filles. Ouvrir les cuisses devant un gars, un adulte en plus, y a de quoi te filer les chocottes. Surtout une face de Rat comme toi. » Même adulte, il en avait encore la moustache malsaine. « J'aurais bien demandé à Carie mais elle est absente. »

À son grand désarroi.



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Moustache
Jeu 21 Sep - 21:03


Journée de paperasse ou plutôt de dossiers à lire qui s'empilaient à force d’être repoussés au lendemain et aucun gamin à se mettre sous la dent. Ce fut dans cet état d'esprit que Moustache commença à lire les dossiers des gamins dont ils devaient normalement s'occuper cette année, avec une bouteille de Stroh sur le bureau et un verre à moitié plein à portée de main.

Une bonne heure et demie plus tard quelques dossiers de lu, Moustache en avait déjà plein la chevelure. Pourquoi il y avait tant de dossiers chez lui ? Car il avait délaissé cette tache. Certes, mais bon ne pouvait-il pas, en échange de soins corrects, engager un gamin pour qu'il lui fasse la lecture pendant que Moustache restait à côté du tourne disque à apprécier la musique ?

Moustache prit un autre dossier sans grande conviction et commença à le lire quand quelqu'un vint toquer à la porte. Moustache prit son verre en main et fit mine d’être concentré dans son dossier quand, à son grand étonnement, il vit Tempête entrer, certes par seule, mais avec une gamine.

Mais de mémoire c’était la première fois qu'elle venait directement le voir ici pour une raison ou une autre. Moustache répondit d'un « lut » à l'adulte face à lui posant le dossier sur la table pour lui prêter une oreille attentive tout en buvant son verre. Quand certains mots auxquels il ne s'attendait pas parvinrent à son cerveau il manqua, par la même occasion, de recracher son alcool.

Mais cette femme ne perdait pas le nord et continua, prenant ses aises comme si de rien n’était. Certes elle tenait la Cafetière et se la mettre en dos revenait à bouffer de la merde. Elle n'allait pas faire croire à Moustache qu'elle y foutait vraiment des morceaux de gosses dans la bouffe et puis honnêtement si c’était vrai bah cela faisait une peu plus de viande à bouffer. Voilà un petit bout de femme de caractère et qui plaisait bien à Moustache.

— Tu lui as au moins expliqué la procédure, question de la mettre en confiance comme vous dites.

Moustache n'avait rien contre le fait que Tempête reste. S'il avait quelque chose à faire qu'elle soit là ou non ne changerait pas grand-chose. Qu'elle ouvre les cuisses devant un gars ou non elle ne verrait rien. Bon ce n’était pas une excuse certes, mais au moins on ne demandait pas à Moustache de prendre une voix de femme pour faire le taff. Il les aurait envoyé chier sans ménagement.

—  Car les ouvrir devant un gamin c'est mieux ? Enfin tu peux l’installer sur la chaise là-bas j'arrive. T'as qu'à la rassurer sur la marche à suivre. Tu dois bien l'avoir fait toi aussi. Par contre les tampons ce n'est pas mon fort et je déconseille pour une gosse de son âge. Ce sera serviette pour vous deux, je n'ai que ça.

Puis demander à Carrie, était-ce si judicieux vu sa réputation auprès des filles ? Sûrement pas. Ce n’était pas pour rien que Moustache appréciait sa consœur. Quant à la face de rat pour Moustache c’était comme un compliment surtout vu son passé dans la maison. Moustache ferait bien remarquer que ce genre de commentaire n'aiderait en rien la gamine, mais ce n'était pas son problème. Si la gamine stressait pour ça, ça sera à Tempête de se démerder pour la rassurer.

—  Bon vous êtes prêtes ? On va commencer l’examen.

Moustache mit en marche la tourne disque sur un nouvel air et rejoingnit la jeune fille et la femme en mettant des gants et prenant une petite bassine sous le bras.


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Tempête
Lun 25 Sep - 22:32
La canne blanche balayait l'espace, cherchait à faire sienne ce lieu qui lui était étranger. Roussette ne bougeait pas d'un orteil attendant le retour de la Tempête, son nez flairant les odeurs qui se présentaient à elles comme autant d'indices sur ce qui l'entourait. Le Sépulcre avait des fragrances d’hôpital qu'elle associait aux médicaments, aux mains glacées de praticiens touchant et jaugeant son corps dans l'obscurité la plus pure. Au sein de cet amas qui lui piquait le nez, Roussette percevait des relents bien plus mâles – probablement Moustache. Les épices qui entouraient Tempête l'enveloppèrent tandis que la femme la menait plus loin, la guidait de la voix et de ses mains.

Sous son pied le tissu recouvrant le lit craquela, prêt à se déchirer.

Le regard de Tempête, lui, allait de l'Araignée à sa petite patiente. Ce n'était probablement pas un mal que Roussette ne puisse point voir le faciès de celui qui allait s'occuper d'elle. Elle aurait hurlé de peur sinon. Néanmoins les gestes demeuraient, signaux pouvant distiller de la peur dans ce corps qui s'ouvrait à peine à l'âge adulte et à ses déboires.

Tempête souffla le nom de la jeune fille jusqu'à ce que celle-ci tourna ses verres fumés à sa rencontre.

« Ce ne sera pas douloureux. » Il n'avait pas intérêt – Tempête y veillerait. « Il va falloir retirer ta culotte. Pour que l'Araignée... » Mais qui avait eu l'idée de surnommer les officiants du Sépulcre, ainsi ? Pas étonnant que le lieu ait telle réputation. « … puisse observer que tout se passe bien. Selon il te faudra prendre une pilule pour réguler tes règles et, ainsi, elles viendront toujours à la même date. »

Et bénie soit l'évolution en matière de contraception et d'hygiène intime. Tempête se souvenait encore de l'instrument de torture utilisée par elle et ses sœurs – morceaux de cotons suspendus à une ceinture que l'on nouait autour de la taille. Parfois remplacés par des linges que l'on devait rincer abondamment pour les nettoyer.

« Et je t'expliquerais comment on utilise les serviettes. Ce n'est pas compliqué. »

Il fallait simplement espérer que les autres filles ne profiteraient pas de sa cécité pour lui jouer des tours et que les garçons ne les transformeraient pas en jouets qu'ils colleraient aux montants de la porte. Moustache revint auprès d'elles. Rousette avait fini par se rasseoir, sa canne posée près de son lit, le pommeau à portée de main. Les cuisses fermement fermées, les genoux repliés, elle ôta sa culotte en quelques gestes rapides comme on se débarrasse d'un soutien-gorge en fin de journée. Tempête reçut le vêtement tendu, le repliant sur ses cuisses hors de la vue de l'infirmier.

Ce qui était ridicule, elle le savait, ce n'était probablement pas la première culotte qu'il voyait.

« Sans vouloir t' filer des ordres sur ton terrain, glissa-t-elle à l'intention de l'Araignée mais si tu pouvais expliquer en même temps. Roussette voit rien, ça la rassurerait d' savoir c' que tu regardes, fais. Je peux m' charger des commentaires si tu préfères. »

Que tout ça soit fait au plus vite. Demeurer auprès de cet homme faisait remonter à la surface de sa mémoire des épaves qu'elle pensait avoir fait couler vingt mille lieues sous l'oubli.



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Moustache
Jeu 28 Sep - 11:24

Moustache avait pris des gants chirurgicaux. Pas qu'avoir le sang le plus pur du corps humain sur ses mains le générait, loin de là. Mais bon, des fois, il fallait bien faire les choses comme il faut, quoi que c’était sûrement dû à la présence de l'adulte qu'il agissait ainsi, ou pas, il n'avait pas spécialement envie d'y réfléchir. Mais en les mettant on lui mettrait pas sur le dos une rumeur qu'il n'aimerait pas. Car oui on pouvait en dire des choses sur Moustache, mais une chose qu'on ne pourrait jamais dire sans qu'il veuille vous faire souffrir les milles feu de l’enfer, c’était qu'il touche les enfants. Jamais par le passé, jamais par le présent et jamais dans le futur.

Il vint auprès de la femme et de la gamine aveugle qui venait de retirer son sous vêtement rapidement et timidement dans sa façon de se tenir. Moustache aperçut Tempête cacher la culotte de la gamine. Moustache la regarda droit dans les yeux avant d'aller se poser aux côtés de la gamine.

—  On verra. Pour le moment je vais lui demander de s’asseoir sur le coté, genoux l'un contre l'autre et mains sur les genoux. Je vais faire un autre examen avant.

Tempête voulait que la gamine soit en confiance. Moustache avait prit cela comme un défi qu'elle lui avait lancé. Il allait montrer que, s'il le voulait, il pouvait encore surprendre que les gens étaient loin de bien de le connaître. Avec des mouvements hésitants la gamine s’exécuta, s’étant assise les jambes pendantes dans le vide entre le sol et le lit.

Moustache prit les lunettes de la gamine et les donna à l'autre adulte de la salle.

—  Tu peux tenir ça. Petit examen pour voir si rien n'a changé, et après on prendra la tension.

La gamine avait l'air perdue. Ne plus avoir ses lunettes sur le nez avait l'air de la dépouiller d'un repaire. Moustache continua, demandant à la jeune fille de rester calme. Après quelques gestes du doigt devant les yeux de la jeune fille et avoir fait passer une mini-lampe devant son visage, Moustache se rapprocha et regarda les pupilles de la gamine pour ensuite regarder Tempête.

—  Aucun changement. Tu peux lui rendre ses lunettes et lui demander de s’installer de nouveau.

Moustache se doutait bien qu'une aveugle ne retrouverait pas la vue en un claquement de doigts, mais déjà qu'on voyait un peu de tout ici. Mais avec cela la gamine pourrait être mise en confiance par ces quelques gestes. Et si ce n’était pas le cas, il n'en ferait pas plus pour la détendre.

Moustache s’était relevée pour prendre les fameux gants qu'il enfila sur chacune de ses mains. Quand il se retourna la gamine avait de nouveau ses lunettes et avait l'air de moins être stressée. Moustache repensa aux paroles de Tempête, lui dire ce qu'il voyait. Une vulve, un clitoris et un anus... Non il ne valait mieux pas qu'il accéda à cette requête.

—  Bon tiens toi prête. Je vais devoir mettre ce qu'on appelle un spéculum dans ta vulve. C'est un peu froid mais ça ne devrait pas te faire de mal normalement. Au pire tu peux tenir la main de Tempête.

Moustache prit, bien sûr, une taille correspondant à l'entre-cuisse de la gamine et commença à faire entrer doucement l'objet métallique en elle, laissant le soin à l'adulte de commenter si le besoin s'en faisait sentir. Moustache regarda, tirant un peu la tête pour mieux voir. Mais bon pour le moment il fallait continuer mais aucune infection à signaler. Sans vraiment prévenir l'ex-rat retira le spéculum et le mit dans la bassine qu'il avait préparé en amont.

—  Bon on passe à la suite. Je vais devoir palper avec un doigt. Si tu as mal tu le dis ou tu fais signe à Tempête ou tu fais quelque chose quoi. Mais bon tu devrais pas avoir mal de ce que j'ai vu.

Moustache continua l'examen avec son index et de son autre main appuya sur l'abdomen pour vérifier certaines choses qui ne pouvaient se vérifier qu'au toucher et surtout pour s'assurer que l’utérus n'avait aucun problème. Et ce parti là il la régla bien vite car elle ne lui plaisait pas du tout.

—  Aucune infection et tout m'a l'air d’être en place. Je te donnerais une pilule comme elle te l'a dit. Ça régulera tes règles et, surtout, ça évite de tomber enceinte. Maintenant tu vas te peser nue. Pendant ce temps là je dois parler à Tempête. Tu peux tirer le rideau si tu veux quand tu passes.

Moustache prit place sur son bureau retirant ses gants en les faisant tomber de façon nonchalante dans la poubelle, et s'alluma une cigarette.

— Tu en veux une ?

Moustache n'attendit pas vraiment de réponse. Mais vu le caractère de la femme et de ce qu'il allait annoncer, elle aurait peut-être besoin d'un moyen de décompresser.

—  Bon j'ai une réputation de connard et je m'en branle pas mal. Mais il y a une chose que je supporte pas : c'est ce qui touche la sexualité chez les gamins en matière d'abus. Je te dis ça car pas envie de perdre du temps à ce que tu crois que je te dis des conneries. Mais ta gamine là elle n'est plus vierge. Plus d'hymen et les parois vaginales ont des séquelles d'un passage d'organe masculin. Enfin je te fais pas de dessin je pense.

Moustache soupira et prit une grande taff de nicotine attendant de voir la réaction de la femme.


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Tempête
Ven 29 Sep - 18:51
Roussette se fit poupée de son, poupée malléable entre les mains de ces deux Adultes, se repérant aux odeurs, à ces mains qui effleuraient son corps. L'inspection de ses yeux, prunelles vides fermées à jamais à la lumière, fenêtres aux volets clos, la surprit – et la rassura, rituel habituel de ses visites au Sépulcre comme si un quelconque miracle pouvait, un jour, percer l'opercule. Lorsqu'elle se rallongea, elle comprit que l'autre examen, l'incongru, l'imprévu, allait advenir. Le mot « vulve » lui arracha des rougeurs cuisantes sur son visage, son sang refluant à la surface. Quelle ironie tout de même. Cet homme allait voir une partie de son corps qu'elle ne pouvait que deviner, qu'elle savait se trouver là mais dont elle n'avait qu'une vague idée de son apparence. C'en était même presque blessant. Roussette se tendit, se demandant ce que signifiait ce mot – spéculum, terme barbare, inconnu, froid, clinique. Sa main pressa celle de Tempête, réclamant son explication à grandes inspirations erratiques.

« C'est petit. » commença Tempête d'une voix posée. « Froid comme l'a dit Moustache. C'est pour mieux voir à l'intérieur que tout va bien. Ça écarte juste un peu tes lèvres d'en bas. »

Les lèvres d'en bas, celles qu'on embrasse pas sans autorisation, comme celles d'en haut. La phrase lui venait de Tempête, femme qui parlait sans ambages, ni pudibonderie du corps des filles. Parce qu'il ne fallait pas en avoir honte de ce corps, avec ses défauts de conception et les coups que lui donnait la vie. Roussette inspira, eut un petit cri de surprise tandis que l'infirmier observait, touchait, la touchait là où elle-même n'avait jamais glissé un doigt. C'était déroutant, gênant et lorsque tout fut fini, que Roussette sentit Tempête l'aider à se rhabiller, l'aveugle reprit son souffle. Se demandant si ce serait pareil tous les mois.

Suivant les directives de l'infirmier, et s'aidant de Tempête, la fillette descendit du lit médical, se saisit de sa canne et, main dans celle de Tempête, fut guidée jusque derrière le rideau. Sa canne tapota la balance, les murs, jaugeant la distance avant d'acquiescer à l'attention de l'Adulte qui tira le rideau derrière elle avant de rejoindre l'infirmier. Tempête était sur le qui-vive se demandant bien pourquoi avoir éloigné la petite. Lorsqu'un adulte faisait cela, c'était pour annoncer quelque chose – une mauvaise nouvelle qui concernait l'enfant.

« Je fume pas. » lâcha-t-elle face à la demande de Moustache, voulant savoir au plus vite ce qu'il lui cachait.

Elle dut se raccrocher au lit médical pour ne pas foncer sur Roussette, tirer le rideau, lui arracher des confessions par la force des mots. Ce n'était pas la meilleure méthode, loin de là. Mais ce que lui avouait l'infirmier créait en elle des scènes ignobles, les pires hypothèses.

« Est-ce que par séquelles tu entends qu'elle a pu avoir un rapport forcé ? »

Le mot elle le répugnait à le prononcer à portée des oreilles de Roussette. Il se passait bien des choses ignobles dans les entrailles de la Maison, des rituels sordides, des jeux cruels d'enfants, mais ça, non ça, elle ne pouvait pas fermer les yeux dessus. Elle emporterait le coupable dans les marais ou, mieux, au sein même des entrailles de la Maison là où un puits profond se gorgeait d'eau à intervalles réguliers. Les garçons y perdaient pied quand on les immergeait assez longtemps.

« Elle doit le savoir. » Ce n'était pas une question. « Et on doit savoir ce qui s'est passé. Si... Si elle était consentante... Si elle l'a voulu, vraiment, on peut simplement lui expliquer les moyens de protection. Prendre à parti celui avec qui elle a couché pour qu'il ait droit à sa prise de conscience lui aussi. Mais si... Si elle n'a pas été consentante... »

Tempête craignait cette seconde option. Mais avec son handicap Roussette était une proie aisée – incapable de voir, on pouvait lui faire jouer à « devine ce que tu touches ? » et le jeu pouvait déraper, méchamment déraper. Tempête en avait les narines frémissantes, le palpitant au bord des lèvres.

« On doit savoir qui lui a fait ça, lui expliquer ce qu'elle a subi et... punir celui qui lui a causé ça. »

Elle était douée pour punir les mauvais garçons, Tempête.



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Moustache
Dim 8 Oct - 16:34

La réaction de la femme n’étonna pas Moustache. C’était plus ou moins ce à quoi il s'attendait. C’était même déjà pas si mal qu'elle ne remette pas la parole de l'homme qu'il était en doute.

— Un rapport forcé ? J'en sais foutrement rien. Un gamin peut être mieux foutu aussi. Est-ce que j'ai la tête d'un mec qui force les nanas ? … Ne réponds pas à cette question !

La mettre au courant certes. Il n'y avait qu'une chose qui intéressait Moustache. Est ce que la gamine avait dit oui et sous aucune contrainte ou est-ce qu'elle avait été forcé profitant de sa cécité ? Si le deuxième cas était le bon, Moustache amènerait de force le ou les responsables et lui/leur feraient comprendre la douleur de ce genre de chose. Non pas avec un acte sexuel, cela le répugnait d'imaginer un adulte et un enfant. Mais plutôt en prétextant un examen rectal, bien sûr loin des bases respectueuses pour le patient. Il comprendrait ce que c'est que de se faire voler une partie de son intimité et ne pourrait plus s’asseoir pendant un bon moment. Parole de Tignasse.

— S'il y a consentement, j'peux m'occuper du gamin, enfin du mieux que je peux hein. Je pense que la gamine te préfère à moi.

Comme sûrement beaucoup de gosses dans cette Maison.

— Bon faut faire venir la gosse. Je la fais venir et j'te laisse lui exposer les faits.

Moustache devrait lui-même exposer les faits, c'était son boulot. Mais vu le sujet la Tempête allait sûrement vouloir s'en charger, et il était curieux de voir comment elle allait s'en dépêtrer. Moustache passa le rideau et prit la main de la jeune fille.

— Tempête a quelque chose à voir avec toi. Faut que tu viennes de l'autre côté.



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Tempête
Dim 15 Oct - 11:10
Roussette cria lorsque la main de l'infirmier l'empoigna. Elle trembla, craignant une colère malvenue, piaillant de sa voix aiguë des chiffres.

« Cinquante, cinquante... Je crois ! Je sais pas ! »

Roussette renifla, refluant sa morve et sa panique en un même mouvement. Elle n'avait aucune idée, la pauvrette aux yeux crevés, des chiffres qui s'étaient affichés sur la balance sur laquelle, tout ce temps, elle était demeurée. L'Araignée eut un regard sur la balance, nota le poids, rassura mollement la gamine en la tirant dans la salle après l'avoir laissée se rhabiller. Roussette se cramponna à Tempête en sentant l'adulte tout près d'elle, creusant ses ongles dans la chair offerte. L'adulte eut un froncement de sourcils à l'intention de l'infirmier avant de mener l'enfant auprès d'une chaise.

« Tout va bien Roussette, j'ai juste quelques questions. »

Elle attendit que la gamine hocha la tête pour continuer, choisissant judicieusement ses mots.

« Tu es assez grande pour savoir ce que signifie coucher avec quelqu'un et comment on fait les bébés. Mais moi ce que je voudrais savoir c'est... Est-ce que tu as déjà couché avec quelqu'un ? »

La Cygne cligna des cils, voilant par à-coups son regard creux. Elle baissa la tête comme pour mieux se recueillir, ses doigts bougeant en un rythme erratique sur sa canne blanche comme pour mieux fourrager en sein de sa mémoire. Tempête posa une main douce sur le genou de la petite.

« Tu peux tout dire. On ne te punira pas. »

Mais lui oui, songea-t-elle craignant ce qu'elle avait déjà cru comprendre. Les mains de Roussette saisirent la canne, l'empoignèrent, blanchissant les jointures.

« Je suis désolée... »

Ce n'était qu'un souffle, un aveu sortant d'une gorge serrée, d'une voix prête à se rompre. Roussette serrait les genoux, convulsivement, jambes qui se croisaient pour mieux empêcher toute approche.

« Je ne savais pas... On jouait et... Je suis tombée, je croyais que c'était dans le jeu... Je croyais que c'était un jeu... »

C'était toujours un jeu pour eux, pour ces individus qui acculaient leurs proies, prédateurs se pourléchant les babines, affûtant leurs canines. Les mains de Tempête se fermaient, devenaient poings prêts à s'abattre sur le coupable.

« Tu sais qui t'a fait ça ? »

Roussette hocha la tête, yeux embués de larmes, dents cisaillant l'intérieur de ses joues pour étouffer les cris qui l'emplissaient.

« Ce qu'il t'a fait, il n'avait pas à le faire. Pas sans ton accord. Il doit être puni. »

Un tressaillement secoua la Cygne. Elle savait, comme tant d'autres, ce que de tels mots signifiaient dans la bouche de Tempête. Elle balança, hésitante à l'idée de faire subir tel traitement à un pensionnaire. Mais lui revinrent la douleur, ces sensations qui l'avaient laissé tremblante sur les feuilles mortes tapissant les bois, sur ces mains qui l'avaient relevé, épousseté – sur ces lèvres qui avaient embrassé ses paupières, cette voix qui lui avait intimé le silence. Et tous ces mots, cette souffrance, qu'elle avait tue au creux de son oreiller afin de ne ps subir pire.

Mais si Tempête s'en occupait, elle serait tranquille.

À jamais.

« Rognure. »

Sept lettres qui sonnèrent comme une mise à mort. Tempête déposa un baiser sur la joue de la Cygne, un remerciement pour sa docilité, avant de se relever, de s'approcher de l'infirmier qui s'était tenu à l'écart durant leur échange.

« Un Rat j' crois. Pas très aimé. Il cherche des crosses à pas mal de gens. T'auras les crocs de t'attaquer à un membre d' ton clan ? »

Moustache avait beau être adulte, son statut d'ancien chef des Rats lui collait à la peau, forgeait même son identité. Tempête était curieuse de voir si l'homme allait changer son fusil d'épaule ou demeurer fidèle à ce qu'il lui avait soufflé, quelques minutes plus tôt, au sein même de cette salle.



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Moustache
Dim 29 Oct - 22:15

Oui bon blablabla, il y avait besoin d'autant de détours pour savoir si on lui avait touché le petit lapin ? En parlant de lapin, Moustache se demandait comment réagirait Charogne face à une telle situation. Enfin la sentence était tombée : la gamine avait été violée.

Putain il y avait vraiment encore des gamins qui pensaient que c’était cool ce genre de chose ? Même Moustache était répugné par ce genre d'acte, surtout que déjà de base c’était con, mais avec une aveugle... Qu'ils se trouvent une nana et se fassent du SM, même hard ça sera toujours mieux que cette merde-là.

Enfin Rognure n’était pas un inconnu pour Moustache. Le gamin était déjà passé dans les pattes de l’Araignée chevelue. Une petite frappe qui se croyait meilleur que tout le monde, qui pensait  prendre la place du chef à la place du chef. Un rêveur qui l'ouvrait plus qu'il n’agirait jamais.

Enfin là il avait agi pour le coup cette pourriture des égouts. Bien sûr Tempête montait déjà sur ses gros sabots voulant faire honneur à sa réputation de femme qui punissait les garçons, bien que des fois les femmes n’étaient pas mieux. Mais bon apparemment elle ne devait pas vraiment faire peur, une leçon pouvait peut-être s'imposer.

— Bon écoute l'esprit vengeur, je sais que tu hurles vengeance et tout le blabla. Quant à ta réputation, j'ai la même je te signale. Par contre si tu crois que du temps où j’étais chef des Rats je n'ai jamais puni un seul Rat tu te fous le doigt dans l’œil ma petite. Quoique non tu as raison. Cela ressemblait plus à une torture qu'à une simple punition. Bref ta méthode n'a pas l'air de vraiment faire peur à tout le monde apparemment. Je te propose un truc. Laisse-moi m'occuper de lui. Tu peux regarder si ça te dit je m'en fous et je n'ai jamais rien eu à cacher.

Moustache attendit la réponse de la femme pendant qu'il réfléchissait où pouvait être le gamin à cette heure-ci. Sûrement aux abords de la forêt, de ce que savait Moustache il aimait bien traîner là bas.

— Par contre si on veut le choper vite faut se bouger le cul. S'il agit comme à son habitude je sais où le choper vite fait et surtout seul.


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Tempête
Sam 11 Nov - 19:41
L'Araignée, jusque dans son phrasé, lui rappelait bien trop Jack avec sa manière brute de décoffrage d'aligner les mots. Il avait la délicatesse du marteau-pilon vous brisant les tympans. Sa voix était à l'égale de ses poings : empreinte d'une froide sauvagerie. Tempest avait élu domicile assez longtemps à la Maison pour avoir vent des rumeurs entourant le Sépulcre et ses occupants. Autant dire que Moustache possédait un joli florilèges d'histoires sur son compte et aucune ne possédait de happy end.

Tempest plissa la bouche, accusant ses paroles sans mot dire, essuyant la saucée que l'Araignée lui adressait. Il mènerait une boucherie en règle à n'en pas douter. Non pas que la violence refroidisse la femme, loin de là. Elle serait même fort placée de la critiquer vu qu'elle en menait elle-même l'usage lors de ses vendettas personnelles, de ces affaires qu'elle prenait à cœur et à corps.

« Je viens. » Sincèrement il pensait la faire plier avec ses menaces sous-jacentes ? « Mais ne l'estropie pas trop. On agit hors de ta juridiction là en allant le chercher hors du Sépulcre. Je veux pas de mouise parce que Monsieur a mis trop de cœur à l'ouvrage. »

Rejoignant Roussette, Tempest lui prodigua quelques mots de réconfort tout en lui caressant doucement le crâne comme si, par ce geste, elle la berçait à défaut de la prendre dans ses bras. La Cygne finit par descendre de sa chaise, glissant sa main dans celle de l'adulte à qui elle confiait la suite des événements.

« Je ramène la p'tite à son dortoir. On s' rejoint dans l' couloir. » glissa la femme à l'Araignée tandis que le duo franchissait le seuil du Sépulcre, laissant derrière elles l'odeur de térébenthine, de médicaments et de souffrance.

*

Officiellement la forêt avait beau être déconseillée, les pensionnaires s'y rendaient au nez et à la barbe des adultes, décidant d'ériger leurs propres règles quoi qu'en pensaient les autorités compétentes. Rognure se complaisait en ces bois boueux. Loin du regard des autres, il pouvait s'adonner à ses vices sans craindre le retour de bâton qui le laisserait gisant sur le parquet. Vêtu de son imperméable rendu si boueux qui le camouflait presque, Rognure manipulait, à croupetons dans la fange, corde et bois, esquissant de curieuses figures qu'il suspendait ensuite aux branches des arbres.

Levant la tête sous la pluie battante, il observa avec émerveillement sa dernière suspension que le vent agitait mollement. Il ne put voir le pied qui se posa dans le creux de son dos, lui arrachant un hurlement tandis que son corps basculait en avant. La boue s'infiltra dans ses narines et sa bouche qui s'était entrouverte pour aspirer une goulée d'air. Le pied poussait, brisait ses os et ses muscles qui hurlaient leur douleur. Ses doigts patinaient dans la bouillabaisse tentant de se raccrocher à quelque chose pour se relever.

Deux pieds traversèrent son champ de vision, suivis de deux genoux tandis que la silhouette se penchait à sa rencontre. Visage bronzé, chevelure luisante d'eau – faciès d'une femme dont il croisait le profil en se rendant à la Cafetière.

« Bonjour, sweetie. »

Le mot doux se muait en insulte cynique. Les doigts de Tempête saisirent le menton de Rognure pour l'obliger à la regarder, yeux dans les yeux.

« Roussette, ça te dit quelque chose ? »
« Quoi ? »

La main remonta sur le sommet du crâne du garçon, poussant pour l'obliger à lécher la boue. Rognure s'arc-bouta, grinçant des dents.

« Ouais c'est bon je vois ! C'est une Cygne, non ? Qu'est-ce qu'y a avec elle ? »

Tempest relâcha la pression, fixant son regard derrière le Rat – en direction de l'individu qui le tenait à terre depuis tout à l'heure.

« Je te laisse lui expliquer Moustache. »



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Avatars par CCCrush et Charogne
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