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Quand on joue avec le loup, on fini croqué [pv Moustache]
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Pieds-Nus
Sam 9 Sep - 14:34

J’ouvris les yeux, non sans mal. La lumière du jour était aveuglante. Je fronçais les sourcils, en poussant une sorte de grognement. Je posais ma main sur les visage, me frottais les yeux. Mes paupières papillonnèrent quelques instants, avant de s’habituer à la luminosité environnante. Je regardais l’arbre en face de moi, avec étonnement. Puis, je me redressais, avec beaucoup de difficulté et en poussant un long gémissement de douleur. Mon dos me faisait terriblement souffrir. Ca me picotait, ça me chauffait et ça me lançait… C’était désagréable et douloureux. A ce moment, mes souvenirs me revinrent en mémoire. Je me rappelle de m’être rendu dans l’Envers, pour y retrouver Moustache. On avait rendez-vous pour jouer à notre jeu préféré. A chat ! Ou plutôt au loup… J’avais tenté, une fois de plus, de lui échapper. Et une fois de plus, ce fut un échec. Décidément ! Il était bien plus fort que moi. En même temps, c’était normal. Lui était un grand enfant. Et moi, juste un enfant. Je ne faisais pas le poids contre lui. Ni en force brut, ni en esquive. Et ce, bien que je me donnais du mal à chaque fois, pour lui échapper. Je comptais sur ma petite taille, pour pouvoir me faufiler dans les méandres de l’Envers. En vain. Grâce à quelques coups de griffes, il détruisait tout. Et me rattrapait sans trop de difficulté. Cependant, je me ne décourageais pas. Et je retentais tout le temps ma chance. Et puis, surtout, j’adorais jouer avec lui. Même s’il était toujours un peu brut. Je ne ressortais jamais de l’Envers « entier ». J’avais systématiquement des blessures allant de l’ecchymose aux coupures plus ou moins profondes. La plupart du temps, je ne gardais pas de séquelles. Pour l’instant, je n’avais que quelques cicatrices plutôt fraîches dans le dos. Vu la douleur que je ressentais en ce moment même, il y avait fort à parier que celles-ci se soient rouvertes. Aussi, je devais vite me rendre au Sépulcre pour y être soigné.

Je me relevais donc, en grimaçant une nouvelle fois. Je m’essuyais les yeux et les quelques larmes qui pointaient le bout de nez, d’un revers de la main. Je ne pris pas la peine d’épousseter mes vêtements de la terre et des traces d’herbes qui s’y trouvaient. À peine le visage. Et je me mis en route pour La Maison. Je connaissais le chemin par coeur, depuis le temps que j’y habitais.

Je me trouvais un peu plus loin dans la forêt. De là, je voyais le toit rouge de notre demeure à tous, à travers les arbres. J’avançais doucement, le visage fatigué mais pas abattu. Car je m’étais bien amusé avec Moustache.La course-poursuite avait été un vrai plaisir et j’avais même l’impression que pour une fois, elle avait duré un peu plus que d’habitude. Cependant je n’en étais pas certain. Bien sûr, la fin avait été moins amusante. Je n’appréciais pas trop de ne faire attraper de manière si violente. Mais je n’allais pas m’en plaindre. Les choses étaient ainsi. Je connaissais mon ami et ses penchants pour la douleur d’autrui. Je ne pouvais décemment pas lui en vouloir car je savais à quoi je m’exposais en jouant avec lui. Bien que cette fois-ci fut bien l’une des douloureuses. Mais je retenais mes larmes. Encore un peu. Un tout petit peu. Pour les lui offrir.

J’entrais dans La Maison, silencieusement. Je marchais dans les couloirs d’un pas sûr et lent. Je croisais quelques camarades. Je me dirigeais en tout premier, vers les dortoirs, pour récupérer mon précieux Opaline. Une fois cela fait, je le serrais tout fort pour me réconforter, et me remis en route. Direction cette fois, le Sépulcre. Je tournais à gauche, puis à droite, croisant encore des camarades. Jusqu’à ce que je tourne encore à droite. Et là, le couloir était désert. Rares étaient ceux qui osaient s’aventurer jusqu’ici. Je ne comprenais pas pourquoi d’ailleurs. Il ne fallait pas avoir peur du Sépulcre. Il était là pour notre bien. Et Moustache était quelqu’un de gentil. J’avais beau le répéter aux autres, ils ne me semblaient pas vouloir me croire…

Plus j’avançais et plus l’odeur d’alcool et autres produits médicaux envahirent mes narines. Une senteur que je connaissais fort bien, par coeur, et qui était synonyme d’apaisement et de sérénité pour moi. Aussitôt un petit sourire étira mes lèvres. J’y étais presque. Encore un petit effort.

J’atteignis enfin la porte du Sépulcre et entrais dans la pièce. Mon visage exprimait à la fois le bonheur et la douleur. Un mélange étrange de larmes naissantes aux coins des yeux et de sourire soulagé.


- Moustache... Fis-je en pénétrant dans la pièce aseptisée. J’ai mal... Ajoutais-je d’une petite voix en serrant Opaline fort contre moi, le visage triste.

Il n’allait pas en falloir beaucoup plus pour que je me mette à pleurer. Chose qui n’arrivait que très rarement.




Lorian gribouille en #99cc66.

Forme dans l'Envers:
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Opaline, doudou favori:
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Moustache
Hier à 21:05


Moustache était revenu dans le monde de la Maison entre les quatre murs du local où il passait beaucoup de son temps sous prétexte de soigner les gamins de la Maison. Des fois il se demandait si le grand Pape n’était pas un gros con, mais genre pire que Moustache, pour le laisser à ce poste. Il faut dire que la réputation du Sépulcre était ce qu'elle était et que Moustache n’était pas le seul à l'avoir forgé. Ou alors c’était qu'il jugeait qu'il en fallait des comme lui, anciens gosses de la Maison, pour tenir tête aux gamins de cette génération.

Dans le fond il s'en foutait complètement du moment qu'il pouvait rester à la Maison. D'ailleurs aujourd'hui avait été le jour de la « chasse ». Un petit passe temps que Moustache avait réussi à instaurer avec un Loir du nom de Pieds-Nus, un gamin un peu trop bavard et qui posait beaucoup de questions. Mais qui, contrairement à beaucoup, n'avait pas peur de venir toquer à la porte de Moustache bien qu'il le traita comme tous les autres gosses qui passaient cette porte. Moustache y voyait son avantage. Sa réputation ne le dérangeait pas mais, du coup, les gamins étaient de plus en plus méfiants. Pieds-nus permettaient de semer le doute, du moins chez les Loirs, en disant que l'homme n’était pas aussi méchant que les rumeurs le disaient.

De plus Moustache, étant loin d’être stupide, avait clairement l'avantage dans cette affaire étant certain de ne jamais perdre et donc de ne pas avoir à répondre aux questions du Loir. Mais ce qu'il n'avait pas prévu, et qui était pour lui un de ses plus grands plaisirs, c’était la persévérance de Pieds-Nus qui revenait encore et encore. D'ailleurs il ne devrait pas tarder à arriver comme à chaque fois que le jeu s’arrêtait car Moustache l'avait attrapé dans l'Envers. Comme, très souvent, blessé par le jeu le Loir passait chercher sa stupide peluche avant de venir pour se faire soigner, car oui Moustache pouvait ainsi s'amuser ici et dans l'Envers aux dépends de l'enfant.

Mais Moustache était quelque peu énervé. Pieds-nus avait réussi à fuir plus longtemps que d'habitude. Les règles qu'il avait lui-même établies se retournaient légèrement contre lui. Le gamin ayant réussi à fuir plus longtemps qu'à son habitude, Moustache était censé le récompenser et cela le faisait bien chier il devait le reconnaître. D'ailleurs en parlant du loup voilà Pieds-Nus qui gémissait.

Comment paraître moins lui-même sans que cela se voie ? Putain de règles. Moustache tira une taffe sur sa cigarette avant de l’écraser dans le cendrier avant de dire à Pieds d'aller s'allonger au même endroit que d'habitude, alors que lui mettait en marche le tourne disque avec Serenade de  Franz Schubert.

Et à peine les premières notes se mirent à venir aux oreilles de Moustache que la fausse récompense était toute trouvée. Il n'allait pas le priver de sa connerie de peluche le temps des soins. Voilà une bonne chose de faite. Il pouvait rejoindre le gamin maintenant et faire comme à son habitude.

— Ton haut est couvert de sang dans le dos. Enlève-moi ça ou pas de soins. Et pas de chichi tu sais comment ça marche.

Moustache fit quelques pas sur le côté et prit une fiole de désinfectant à 90% prêt à être versé ainsi sur le dos de l'enfant. Un autre pensée vint à l'esprit de l'homme : depuis quand il respectait les règles ? Juste quand ça l'arrangeait, mais là il s'agissait des siennes de ses propres règles...


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