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Gentil traquenard — Guillotine
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Charogne
Mer 6 Sep - 1:27

▬ ...après avoir ratifié le traité de Versailles le 10 janvier tint sa première assemblée à Genève le 15 novembre 1920 présidée par Paul Hymans. Hy-mans. Non, avec un H et un Y tête de noeud. Y voilà. Grogne Charogne en tapotant d'un air mécontent le cahier d'un Cygne assis au premier rang, pointant du bout de l'ongle le nom mal orthographié. H-Y-M-A-N-S. T'es pas un rapide toi. Bref c'est un belge.

Elle relève la tête, silence de mort, et voit que tous les regards sont rivés sur l'horloge accrochée au dessus du tableau. Plus que quelques minutes avant la fin. Ça lui déplaît. Elle, elle fait son boulot jusqu'à la sonnerie. Pas bien, mais elle le fait. Elle hausse la voix et se saisit d'une craie :

▬ D'ailleurs notez-le tous, ce sera à la prochaine interro. Mais bien entendu comme tous les professeurs qu'on déteste elle oubliera de mettre une question dessus. Ou plutôt en mettra une sur quelque chose qu'elle n'a pas eu le temps d'aborder en cours en prétextant que c'était dans le manuel.
Tchac, tchac, tchac, krrrrrssssshshhhh. Bruit de la craie blanche sur le tableau noir. Elle a une jolie écriture, soignée et pleines de boucles harmonieuses mais elle aime taper fort sur l'ardoise surtout quand elle fait le point de ses i et ses apostrophes. Biensûr, elle fait toujours grincer la craie quand elle souligne ses mots. Et elle en souligne beaucoup. C'est la mélodie à Charogne, succession de petits claquements agaçants entrecoupés de longues notes crissantes. Elle dit que c'est pour garder son public éveillé mais en vérité chaque petit geste qui pourrait la rendre insupportable est bon à prendre. De plus, elle sait que beaucoup de pensionnaires sont particulièrement sensibles à ce genre de grincements.
Le traité de Versailles et ses conséquences économiques et sociales sur l'Allemagne dans les années 20.

▬ Comme d'habitude, une copie-double minimum et je vous rappelle qu'en guise de documentation, en plus de votre manuel et de l'excellent cours que je viens de vous prodiguer, il existe un endroit merveilleux appelé la bi-blio-thè-que.

Sonnerie. Grincement de chaises et éclats de voix, le brouahaha quotidien d'une sortie de classe. C'est l'heure du déjeuner. Elle voudrait ajouter quelque chose mais renonce, laisse le flot d'élèves s'écouler vers la sortie tandis qu'elle s'assoit d'un air las derrière son bureau les jambes croisées. Mais une silhouette attire son attention et juste avant qu'il ne franchisse le pas de la porte, la voix rauque de Charogne vient surpasser le tintamarre ambiant.

▬ Guillotine, viens ici. Un mot s'il te plaît. Et bien qu'elle ait ajouté un s'il te plaît pour la forme, le ton de sa voix ne laisse aucun doute sur le caractère obligatoire de sa demande. Le laissant s'approcher, elle sort de ses poches un paquet de clopes, s'en allume une avec nonchalance et tire une première latte avant de le dévisager. Elle s'attarde l'espace de deux secondes sur les bandages autour du cou du jeune homme avant de le regarder droit dans les yeux comme si elle voulait le planter avec ses grands iris verts.

▬ Bin alors on t'a pas entendu de l'heure. Dès que ça parle plus de guerre ça t'intéresse plus l'histoire.



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Guillotine
Jeu 7 Sep - 17:52
Sensation d’étouffement. Palpitations. Sueurs froides. Tremblements. Je les entendais parler sans comprendre, mais j’avais pas envie de comprendre, j’avais juste envie de fuir loin du monde. J’avais fui, j’avais poussé les gens dans le couloir pour pouvoir m’isoler, attendre que l’angoisse qui me tenait passe. La douleur et la peur me faisaient faire des pas maladroits. Jusqu’a ce que je me sois étalé, face contre terre au milieu du couloir…

- Lieutenant tu prends pas de notes ?

Chuchotements a droite. C’est Le Petit, qui, avec sa question essaye de me demander pourquoi je suis aussi immobile, pourquoi ma tête repose sur une de mes mains. J’ai envie de lui dire que je fais le bilan de ce matin, que je suis toujours engourdi après la crise et que j’ai besoin de récupérer un peu. A la place je répond juste :

- T’occupes.

J’ai pas envie d’être faible ou vu comme un faible. Et appeler a la compassion c’est de la faiblesse, clairement. Enfin, lui il sait, il m’a vu par terre tout à l’heure. J’essaye juste de faire comme si ça m’affecte pas ce qu’il a pu se passer. C’était rien du tout en fait. J’ai juste eu le droit a une accolade un peu musclée, et le mec qu’a fait ca il a pris ma nuque dans sa grosse main de brute pour me ramener contre lui. Manque de bol, parce que me prendre le coup ça appuie sur l’alarme d’urgence, mon corps se met en panique et j’ai le sentiment de plus contrôler. Ca arrive rarement que je fasse des crises en public. Des que ça arrivera aux oreilles des médocs, ils vont me trainer au Sépulcre pour me bourrer de pilules. C’est tout vu. Ils comprennent rien ces cons la, c’est pas comme ça qu’on finira par soigner mes tocs. Si ça se soigne.

Je réfléchis a tout ça jusqu’a ce que la prof nous fasse un concert de sa griffe de chatte noire mal léchée contre le tableau. Enfin peut être qu’elle avait fait ça avait, même tout le reste du cours mais j’avais pas fais gaffe. J’ai rien noté du tout. Mon cahier est ouvert a une nouvelle page, vide, et c’est la que je me demande ce que je suis venu foutre ici aujourd’hui et maintenant. Une note mentale me rappelle que c’est l’unique cours que je me suis promis de jamais sécher. Alors, pour ne pas repartir le cahier vide, je note simplement la seule phrase que je puisse m’approprier c’est à dire celle qui illustre le tableau. Les devoirs, je les demanderais aux autres quand je serais assez en forme pour réfléchir.

Toutes mes affaires échouent en vrac dans mon sac. Je me lève au premier retentissement du clairon sonnant la retraite. Dans ce chaos de piétinement, mes bottes ne marquent aucun bruit distinct sur le carrelage. Par contre ce qui fait du bruit c’est la voix de la vielle peau et son injonction accompagnée de mon ptit nom qui sonne presque comme une menace cruelle. Apres tout selon la légende, Guillotin a fait les frais de la Guillotine. Je choisis le sarcasme pour répondre accompagnant d’un sourire de circonstance mes paroles :

- Pardon madame mais j’avais cru comprendre que le traité de Versailles découle de la première guerre mondiale et qu’indirectement il a contribue a engendrer la seconde guerre mondiale. Je ne vois pas ou ca ne parle pas de guerre.

Eluder la question et donner une répartie bien placée, voila le genre de stratégie qui peut s’employer pour abréger l’interrogatoire. Ou le guider vers des terrains moins dérangeants. Je soutiens ses yeux verts qui ont ce coté un peu froid et reptiliens dans leur façon de chercher a hypnotiser. Moi j’ai les yeux marrons, c’est plus commun, mais ça change rien a la qualité. Si elle veut jouer a la bataille de regards, moi je joue sans problèmes.

Je me fais pas d’illusions, l’idée de me retenir en fin de cours ça va pas prendre quelques minutes. On est plus sur du genre « J’ai du temps a perdre donc je vais te pourrir la vie pour passer mes nerfs ». Donc je pose mon sac, quitte a trainer, autant se mettre a l’aise. Moi, j’ai pas grand chose contre elle, la vielle peau, juste que j’aime pas particulièrement me faire emmerder pour rien. Et comme elle est pas du genre a retenir les gens pour leur décrocher le prix de l’élève de l’année, je pense pas passer un moment agréable. Je me sors une cigarette aussi, après tout c’est elle qu’a commencé a faire de sa salle un fumoir et je me prépare a rester bien fidèle a moi même.


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Charogne
Dim 10 Sep - 20:03
Ce qu'elle aime bien chez Guillotine c'est son air hautain, un mélange de « j'en ai rien à foutre mais en même temps je veux bien te faire chier juste pour la forme ». C'est si mignon, on dirait presque elle en mec. Et en moins mauvais. Enfin, dans le fond Charogne ne sait pas, elle est pas tout le temps derrière son dos, si ça se trouve dans les dortoirs il est aussi infect que Fange. En tout cas, elle aime cette lueur de défi dans son regard. Contrairement à la plupart des autres rats, il y a quelque chose d'intelligent dans cette petite cervelle, un truc qui vous donnerait presque envie de lui ouvrir le crâne pour voir ce qu'il y a à l'intérieur. Pour parler franchement, elle se demande même ce qu'il peut bien foutre dans La Maison. Cependant, Charogne n'a pas que ça à faire et elle imagine que le rat non plus. Restant de marbre face au cynisme de l'adolescent, elle finit par baisser les yeux et ouvre le tiroir de son bureau pour en sortir un cendrier en verre qu'elle pose en évidence entre eux deux, pas du tout gênée par le fait qu'un élève de 16 ans s'allume une clope devant elle. Elle a l'habitude et se trouve d'ailleurs très mal placée pour donner des leçons sur les dangers du tabac.

▬ Certes. J'imagine donc que le prochain devoir sera une partie de plaisir pour toi. Répond-elle toujours le nez dans son tiroir où viennent s'échouer cartes de tarots, paquets de cigarettes vides et copies d'élèves disparus. Elle finit enfin par trouver ce qu'elle cherche et sort deux brochures qu'elle pose en face du jeune homme.
Présentation de l'Université de la Sainte Croix (Nouvelle Orléans) et Concours régional d'histoire. La première vante les mérites d'une université catholique privée, présentant ses principales filières et ses infrastructures entre deux photos retouchées d'étudiants tirés à quatre épingles aux sourires beaucoup trop blancs pour être naturels. Mais c'est la seconde qui intéresse Charogne et elle l'ouvre du bout des doigts pour tapoter la section Récompenses. Premier prix : Bourse scolaire et admission à l'Université ; Second prix : 1000 dollars ; Troisième prix : 300 dollars. La liste continue avec divers objets tels que des manuels scolaires, des bons de réductions ou des sweats à l'effigie de l'académie mais elle imagine que ça Guillotine n'en a que faire.

▬ J'ai transmis ta dernière dissertation à un collègue qui travaille là-bas. Apparemment ils recherchent de nouveaux... talents. Il m'a demandée de te donner ceci car il serait intéressé par ton profil. Évidemment c'est pas Yale ou Harvard mais ça reste plus que correct. Sous-entendu pour quelqu'un comme toi. Et surtout c'est tout frais payés.  



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Guillotine
Lun 11 Sep - 11:08
Parfait, elle me lâche la grappe avec mon absence mentale sur ce cours. Elle a même une petite réflexion sympathique. La je me demande si c’est pas Noel et que personne m’a prévenu. La Charogne qui a l’air un peu sympathique ! Alleluia ! Je laisse tomber quelques cendres dans son cendrier, le temps qu’elle remue son bordel. Je ne lui donne part tort, le sujet ne sera pas trop dur, j’ai des choses a dire et je lis les bouquins d’histoire pour le plaisir quand j’ai du temps a perdre.

Elle me jette sous le nez deux bouts de papier. Sur l’un, un bâtiment, des rangées de Cygnes en uniforme, des Cygnes en bonne santé, contents apparement, mais des Cygnes quand même. Je prend les deux pour les regarder en détail. C’est une blague. Ca doit être une blague. Je la regarde, mais elle a l’air sérieuse la vieille peau. Sérieuse comme si elle était en train de me faire une faveur. Alors c’est comme ca qu’elle récompense les élèves intéressés ? Elle les envoie a l’abattoir. J’essaye d’adopter son point de vue pour mieux lui expliquer que c’est même pas la peine d’y penser. Je foutrais quoi dans une académie de culs bénis en uniforme ? Je suis même pas sur de savoir en quoi je crois. Puis quand ils vont me voir débarquer avec mon crâne rasé, mon treillis et mes bottes ca va les faire fuir. De toute façon, il n’y a rien a attendre de l’En Dehors. C’est même indécent d’en parler. Seule la Maison doit avoir une place dans nos vies.

- J’ai pas la moindre envie d’aller faire quoi que ce soit la bas. Vous comprenez ptetre pas, parce que vous vous dites ‘’il a deux neurones qui fonctionnent ce serait dommage qu’il ait pas une jolie petite université’’. Alors comme vous devez ptetre vous foutre des dossiers d’admission j’vais vous rappeler que j’ai quelques problemes handicapants qui me promettent pas de rester longtemps la bas.Mais merci pour l’attention.

Je connais mon dossier psychologique par coeur moi. Pas que je fasse des heures sup au Sepulcre, mais j’ai pas mal discuté avec la psy dans le but de connaître bien les autres, ce qui m’avait amené a me comprendre moi même. Troubles obsessionnels compulsifs et tempérament impulsif. Délinquance. J’avais appris aussi que les TOCs peuvent souvent accompagner un bon QI et même si je n’ai pas eu l’occasion de faire des tests, je sais que je peux réfléchir vite. J’ai absolument pas l’intention de faire quoi que ce soit apres la Maison. Ou plutôt j’évite d’y penser. J’ai souvent pensé que je m’engagerais dans l’armée américaine. Je sais pas si ils autoriseront avec ma double nationalité par contre. Je ne me suis jamais sérieusement penché la dessus.

- J’ai pas vraiment envie de commencer a me demander ce que je vais faire après ici mais je pense que tout les petits cherubins de la photo ferait pas une jolie jolie famille d’acceuil pour moi

Toujours du sarcasme. Mais maintenant qu’il avait refusé le cadeau elle allait peut etre se refroidir. Peu importe, il se ferait virer même avec toute sa meilleure volonté. Aucun d’entre eux semblait savoir comment se servir d’un couteau, comment dormir le mieux possible a même le sol, comment manipuler les gens, rassembler des informations et contrôler le terrain. Des enfants a papa-maman blindés, en bonne santé autant dans leur tete que dans leur corps. Il pourraient pas le comprendre, lui, le décapité. Et lui il finirait par tout detruire autour de lui. Les organiser, recréer la guerre dans leur couloirs immaculés. Enfin c’est du moins ce qu’il imaginait.


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Charogne
Mar 12 Sep - 0:49

Il a beau se foutre royalement de sa proposition Charogne ne bronche pas. Elle n'attend rien de cette conversation car cela fait longtemps qu'elle ne place plus d'espoir en ses élèves. Elle n'a pas de temps à perdre. Elle n'aime pas s'investir. Surtout pour les autres. Surtout ici. Elle voit ça comme une faveur qu'elle retourne à une vieille connaissance de l'En Dehors ou comme un moyen de légitimer sa position d'éducatrice. Non pas que son manque de rigueur professionnel l'empêche de dormir la nuit mais même elle aime à penser qu'aujourd'hui elle a donné le choix, le pouvoir de dire non. Après ce qu'il en fait ce n'est pas son problème. Ah, peut-être que la jeune Charogne naïve et pleine de bonne volonté subsiste encore quelque part enfouie dans cette carcasse sèche de 37 ans. Rien que d'y penser elle se sent faible, limite un peu sale. Mais, car il y a toujours un mais, Charogne ne peut s'empêcher d'être quelque peu déçue de la réponse. Ce n'est pas le refus en lui-même qui la surprend mais le prétexte qui l'accompagne.

▬ Ils ont un excellent programme d'accompagnement pour les élèves à besoins particuliers et si tu ne veux pas quitter la Maison le temps du concours, ils sont prêts à envoyer quelqu'un te le faire passer ici.

C'est une école chrétienne après tout. Et privée. Dieu nous dit de prendre soin les uns et d'autres et d'être miséricordieux surtout envers les plus démunis. En théorie bien sûr, cependant Charogne en a vu des belles têtes blondes pas foutues de se sortir les doigts du cul mener la belle vie malgré une ribambelles de problèmes psychiatriques. Quelque part elle se considère même comme le parfait exemple de l'enfant de classe supérieure bourrée de tares psychologiques et qui pourtant fait très bien avec.

▬ Je ne te pensais pas si... limité. C'est vrai ça, qui aurait pensé que le redoutable Guillotine ait une aussi pauvre estime de lui-même ? Sans doute se croit-il pragmatique ou réaliste. Elle, elle le trouve très bien tel qu'il est même si ça lui arracherait la bouche de lui dire en face. Elle déteste tout ce qui est parfait, lisse, ennuyeux, préférant les choses un peu cassées, un peu rugueuses, un peu amères, qui résistent en bouche quand elle essaye d'y planter les dents.
Elle pousse un soupir, tire une latte et reprend : Bah. Après tout c'est sûrement toi qui te connais le mieux. M'enfin que tu n'aies pas envie de rejoindre tout ce joli monde c'est une chose, que tu te considères comme trop toqué pour le faire c'en est une autre. Bon tu sais que je n'aime pas me battre surtout quand c'est perdu d'avance donc si ta décision est prise on va pas s'attarder là-dessus. Ceci dit... C'est dommage aurait-elle craché si elle n'avait pas eu trop de fierté mal placée. Elle marque une demi-seconde de silence, ses pensées s'égarent l'espace d'un instant. Elle se remémore le Grand Massacre de 85 et tout ces petits et moyens corps à peine adultes qu'il avait fallu évacuer.  ...tu dois toi-même être bien nanti pour refuser de l'argent aussi facile. C'est vrai ça, il n'a qu'à gagner le second prix.

Tente-t-elle de le faire mordre à l'hameçon ou s'agit-il simplement d'une simple boutade ?Charogne n'est pas stupide, elle voit qu'en ce moment La Maison est mauvaise. Pas mauvaise comme à la veille des sacrifices lorsque la Grande Rouge vient réclamer son dû mais mauvaise comme si quelque chose de bien plus effrayant que la Rouge venait de s'éveiller. Ça se sentait dans les murs, dans les trous au plafond, les craquements des escaliers, à travers les fenêtres, sous les lattes du parquet, le grincement des portes comme si les fondations entière de La Maison exprimaient son mécontentement. Serait-elle triste si Guillotine venait à périr l'été prochain ? Oui. Non. Elle ne sait pas. Elle a du mal à se projeter dans l'avenir. Ce dont elle est certaine par contre c'est qu'elle détesterait avoir à remplir toute cette paperasse, répondre aux enquêteurs, annoncer la nouvelle aux parents pour ceux qui en avaient et probablement organiser les funérailles pour les autres. Elle en a la migraine rien que d'y penser. Pourtant elle s'imagine très bien l'image d'un Guillotine baignant dans son propre sang, gorge tranchée, teint blanc et dents et poings serrés. Pensée macabre. Curiosité morbide. Elle a en vu tellement en ce bas monde Charogne que ce genre de vision ne l'étonne même plus. Dès fois elle se sent tellement sèche qu'elle s'en dégoûterait...



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Guillotine
Mar 12 Sep - 13:15
Si on pouvait me jamais quitter la Maison. C’est vrai quoi je pourrais toujours finir dans le personnel, passer de l’autre coté de la barre fatidique de la majorité et en réchapper. Vu que la question de mon avenir est évoquée, je n’arrive pas a retenir mes pensées a ce sujet. Bref, piégé dans la galère. Je la laisse faire son blabla promotionnel et l’expression de toute sa déception. Oui, je suis limité, j’ai passé une matinée de merde et ca aide pas. Par contre elle a pas compris ce que je voulais dire, ou alors je me suis mal exprimé ? Oui forcement je me suis mal exprimé a tenter d’adopter le point de vue de quelqu’un a qui je ne me suis jamais vraiment intéressé. J’ai au moins envie de rectifier le tir la dessus. Accessoirement oui, parfois quand je me regarde dans le miroir, je me dégoûte, mais plus pour mon lot assez agaçant de peurs et d’angoisses irrationnelles que pour le reste.

- C’est surtout que je vais tellement m’ennuyer avec ces charmants petits culs bénis que je finirais par les faire se battre entre eux. Je pense pas trop que même avec ça ils fournissent longtemps une distraction amusante

C’est ce que j’avais fait une fois envoyé en centre d’accueil avant la Maison. J’avais semé les graines de la discorde, crée des camps entre les gamins et tout le monde avait fini par se battre selon mes plans de bataille. C’est comme jouer aux échecs contre soi même. C’est ce qui m’avais valu l’étiquette rouge de la délinquance. C’est simplement que j’ai toujours transporté mon univers avec moi et le seul univers qu’on m’est enseigné était celui de la guerre. Je te remercie mentalement papa d’avoir fait de moi un mec aussi bizarre. Heureusement que j’ai pu un peu vivre après toi parce que j’arrive a me sortir un peu de tout ce que t’as fait de moi.

Par contre jouer a batailler, comme avec les figurines de soldat mais grandeur nature, ça, c’est jouissif.

L’annonce de l’argent par contre me fait réagir. Je hausse les sourcils. Deja qu’est ce que je ferais de tout cet argent ? Pas envie de le donner a Papa, même si les comptes c’est pas son fort. Peut être lancer une enquête pour trouver ma mere ? A quoi bon, j’ai pas besoin de parents ici. Acheter des trucs pour la vie ici ? Ca fait beaucoup trop d’argent pour rien que ca. Me payer un voyage au pays de mes ancêtres pour voir un peu d’ou je viens ? Ca impliquerait de sortir. Je n’arrive pas a voir l’intérêt de tout ça, pour ne rien cacher. Mais bon peut être que ca peut être intéressant d’avoir ça de coté. Je suis pas très sur de quel prix je pourrais avoir précisément, parce que je peux clairement pas faire exprès de faire des erreurs. Une dissert c’est un peu du tout ou rien niveau points.

- L’argent ca peut toujours être utile ouais. Du coup ca se réfléchit. Mais n’empeche j’ai le droit de savoir pourquoi vous tenez tant a ce que je participe à ca ? C’est pas vot’ genre les cadeaux en général

De la franchise piquante accompagnée d’un nuage de cigarette. Charogne, c’est une personne qui doit me ressembler quelque part. Pas besoin de penser a elle comme a un prof normal alors. J’ai rien contre les mains tendues et les bons samaritains, mais le fait qu’on m’aide implique pas que je veuille de l’aide. Pourtant je lui ai dit que ca se réfléchissait, mais pour moi ça risque de rester niet. Je donne le change sur la courtoisie comme ca. Du coup toute cette discussion me permet de la regarder vraiment et d’essayer de la comprendre au dela de ses rides, ses pieds sales et sa fumée de clope. Sa vie doit pas être drole du tout.

- Ou alors c’est clairement pas un cadeau et vous le savez et dans ce cas la je me demande ce qu’j’pourrais bien vous avoir fait.[/color]


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Charogne
Mar 19 Sep - 23:04
Il veut pas, il veut pas hein. Mais tout de suite quand on mentionne l'argent ça fait tiquer.
Qu'est-ce qu'elle y gagne Charogne dans tout ça ? Rien. Non vraiment. Ces gamins sont insupportables. Jamais contents quand elle fait mal son job, jamais contents quand elle essaye de bien le faire. Mais en y réfléchissant c'est vrai qu'elle parait suspecte, la Charogne toujours sèche, avare de sourires et avide de méchanceté. Ah monde matérialiste. À nouveau elle laisse s'échapper un soupir. Ça y est cette conversation la fatigue. Elle écrase le mégot de sa cigarette déjà terminée dans le cendrier et le regarde d'un air blasé. Elle fume vite.

▬ Et moi qui croyais avoir l'excellente réputation d'une éducatrice exemplaire. Grince-t-elle.

Se redressant sur sa chaise, elle s'empresse de sortir une seconde clope qu'elle allume aussitôt avant de répondre sèchement.

▬ Tu prends ou tu prends pas je m'en fous, j'entretiens juste mon réseau en répondant à la requête d'un homologue. Toujours avoir une porte de sortie, quelques collègues, quelques vagues connaissances qu'elle pourrait presque appeler amis. Au cas où. Elle se doute que La Maison lui survivra mais craint en tant qu'adulte de ne jamais en faire totalement partie. Viendra peut-être un jour où elle éveillera la fureur de La Rouge. Rien que de proposer une voie de secours à un pensionnaire pourrait déjà être considéré comme un affront.
Sans prévenir, elle se lève et se dirige vers la fenêtre où elle marque un silence. On pourrait croire qu'elle réfléchit à ce qu'elle va dire mais elle se contente d'observer à travers les carreaux sales deux rats sont en train racketter un nouveau dans la cour de récrée. Un cygne probablement. Les choses ne changent jamais. Sinon elle ne se serait définitivement pas foulée.

▬ Franchement je suis d'accord avec toi c'est pas un cadeau que je te fais mais bon la vie c'est pas un cadeau non plus malgré ce que nous enseigne La Bible. T'as pas ta place dans cette université de bobos mais avec ton passif je pense que t'auras jamais vraiment ta place quelque part. Elle se retourne. Jusqu'à ce que tu te la fasses. Et sur ce beau discours digne d'un blockbuster américain, elle s'autorise un sourire sarcastique. Auto-dérision. Elle se sait très bien peu convaincante mais n'a pas vraiment la volonté de l'être. C'est à peine si elle se fait comprendre. Il se croit bien dans le cocon familial malsain de La Maison, mais très sincèrement elle le trouve trop nerveux, trop vif, trop tout simplement pour faire vraiment partie du paysage.

▬ C'est quoi ta quatrième année ici ? On peut dire qu'on se connait maintenant. J'ai rien contre toi sinon tu le saurais mais si tu continues à me faire parler comme une vieille peau on va plus s'entendre toi et moi, même si je ne suis plus toute jeune. Elle crache sa fumée. Et toi non plus.

Là le message est clair : ici le temps tue.



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Guillotine
Hier à 11:11
Quelque chose me fait dire qu’elle est est un peu sur les nerfs, qu’elle semble un peu trop pensive peut etre. Mais peut être aussi que je ne la connais pas vraiment tant que ça. Elle lance une remarque pleine d’auto dérision. Je ne vois pas comment ça peut être autre chose : Il y’a encore des profs ici que les élèves aiment bien et clairement on peut pas dire qu’elle soit comme eux. Elle je l’ai toujours imaginée comme fuir chez elle a la fin des cours, hate de partir en vacances ou en congé quand elle peut tellement elle donne l’impression de pas se fondre dans le décors.

- Désolé pour votre homologue, je suis sur qu’il rêvait de m’avoir comme élève, le pauvre

Je crois qu’il est difficile d’avoir un ton moins désolé que le mien. Bien entendu, peut être qu’elle s’en fout, après tout elle a l’air d’aimer presque personne, peut être qu’a cet homologue aussi elle a envie de faire un cadeau empoisonné. Après elle parle un peu de la Bible, elle doit avoir un truc avec la religion, qui est pour moins un concept distant, j’ai juste de vagues souvenirs d’avoir mis les pieds dans une église pour un mariage et encore, pas longtemps. Après elle me sort des choses comme si j’étais un mec incapable de voir plus loin que le bout de mon nez et me complaisant dans l’insouciance.

J’ai passé beaucoup plus de temps de ma vie que ce qu’elle doit penser a faire ma place. C’est mon monde que je traine autour de moi. Mais pour les gens comme elle la voie royale c est faire des études bien longues et chiantes pour terminer sa vie derrière un bureau, passer des journées a fixer l’horloge et remplir des papiers. Je l’ai vu dans les films. Je me contente juste d’hausser les sourcils a cette tirade. Elle a pas terminé de parler. J’écrase mon mégot, je la regarde contempler la fenêtre et la cour, d’ici je vois rien du spectacle qui peut bien l’intéresser.

La menace du temps maintenant. Le temps est un concept relatif ici, lieu ou les horloges se détraquent et les nuits s’allongent. Mais je sais que j’ai poussé, grandit, que ma voix a changé, que je frappe plus fort, que je cours plus vite, que je connais mieux les pièges et les secrets. Je sais que celui que je vois dans le miroir devient de plus en plus adulte, malgré les jeux, que celui ci a le regard dur et l’expression réfléchie, malgré l’humour et le sarcasme. Vois, Guillotine, tu vieillis, me dit cette saleté de reflet. C’est fou comment une simple plaque de métal peut renvoyer des images pareilles ou l’on se déteste forcément.

- Ma place je la ferais avec ou sans vous. J’vous ai pas attendu pour commencer a réfléchir. J’vous force pas a parler comme ça, mais bon j’prefere les vielles aux jeunes en geberal si ca peut vous rassurer. Par contre non je pense que je vous connais pas tant que ça. Je pensais que vous détestiez presque tout le monde a vrai dire mais au final vous êtes plus sympa que vous voulez bien le montrer

Pas que la sympathie de la Charogne soit des plus cool mais j’ai bien l’impression qu’elle se préoccupe de moi. Je prend également une deuxième cigarette.

- Dites, vous aimez la Maison ?


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