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Miauleuse - Meow meow Zetong ! [Terminée. Ayeah.]
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Ven 1 Sep - 5:38


ft. Personnage - Source

fiche médicale
Sous les Briques

Salut salut. Si je suis ici c'est grâce à Anari, qui se reconnaîtra. Je ne sais pas si sa fiche est déjà créée, mais je lui demanderai quel est son nom et ferais une édition. Enfin bref, je suis un littéraire, et je peux vous dire que, par la moustache de Staline, c'est bien écrit. Le forum est beau. Les références et inspirations dépotent. Ça donne envie de partout. Chapeau essuyant la poussière du sol aux créateurs.


nom : Miauleuse. Rapport au fait qu'on entend un miaulement quand elle dit mon nom.

âge : 5 ans, née le 26 avril 1986.

âge d'arrivée : 5 ans

origines : Nationalité cubaine et soviétique, née à Cuba, métisse latino et slave.

groupe : Loirs

rang : Membre d'honneur du PCC [Note de Mao : C'est moi qui lui ai donné, ça lui faisait tellement plaisir.]

rôle : Oeil de Moscou [Note de Mao : Je ne sais pas pourquoi elle a choisi « Moscou ». En référence à sa grand-mère sans doutes. J'aurais aimé qu'elle prenne Pékin, mais qu'importe. Cela signifie qu'elle est une espionne, pour faire simple.]

affiliation avec l'envers : Tombant

raison de l'admission : On a pu trouver la famille de Miauleuse. Pas ses parents, car aucun papier ne statufiait que Miauleuse était bien leur fille. En effet, comme elle est enregistrée sur les bases de données de Cuba et de l'URSS, les deux pays refusant de coopérer avec les USA, les autorités fédérales ne purent jamais savoir qui étaient ses parents. Qui plus est, après des tentatives nombreuses et difficiles pour la sortir de son mutisme afin qu'elle veuille bien révéler son nom, ses tuteurs se sont avérés être des Cubains doublés de Soviétiques. Pas des gens convenables donc, à vos yeux d'Américains. Et comme elle posait des problèmes à l'assistance sociale du fait de son comportement, on l'envoya à la Maison.
Comment votre personnage perçoit-il La Maison, son folklore et ses traditions ? —
Elle est dans une relation assez complexe avec toutes les traditions de cet endroit. Je dirais qu'elle est trop jeune pour les comprendre réellement, les penser et y réfléchir, se forger une opinion à leur sujet. Elle semble les appréhender instinctivement. C'est comme si elle avait intériorisé les multiples codes et pouvait saisir la signification des choses, et leurs sens cachés, mais de la même manière qu'on comprend que le feu brûle ou qu'on a besoin de boire : raisonner sur ces faits est stupide, personne ne le ferait. Jamais vous ne vous dites : « Le feu brûle-t-il vraiment ? Est-ce une illusion de ma part, ou le fait d'une pression sociale, car on m'a dit depuis mon plus jeune âge que le feu brûle ? Qu'en sais-je, réellement ? Ne devrais-je pas tester cet a priori et m'immoler sur-le-champ ? »

La Maison, parce qu'elle est rouge, est bien sa nouvelle mère, sa nouvelle Mère Russie. Elle l'aime, c'est certain, elle s'y sent en sécurité, et le climat de la Louisiane lui rappelle Cuba, ce qui contribue à lui rendre cet endroit très agréable.

Comment perçoit-il L’Envers ? —
Moi-même, qui pourtant, en tant qu'ami imaginaire, ai plus facilement accès à l'invisible, je ne comprends pas tout ce qu'est l'Envers. Si moi je ne le peux, Laura – navré, je ne m'y fais pas, Miauleuse donc – ne le peut pas non plus vraiment. Pour elle, disons que c'est comme une espèce de rêve, dans lequel elle se sent comme à la maison, mais pas à la maison pour autant. En sécurité, mais dans un territoire inconnu quoique familier, et elle me dit aussi qu'il y a du danger. Mais qu'elle le maîtrise. Je ne comprends pas de quoi elle parle, elle ne m'a jamais invitée pour le moment.

Quel est son avis sur les adultes/enfants ? —
Les adultes sont des menaces. Sauf moi, cela va de soi. Les adultes sont des Américains, donc des gens mauvais. Leur faire confiance serait impossible. Et ses derniers contacts avec des adultes, y compris ses parents, ne l'incitent pas à penser l'inverse.
Les enfants, c'est autre chose. Certes, ce sont des entités avec lesquelles ont peut échanger, qu'on doit prendre en compte, qui ont des initiatives, mais ce sont surtout des corps qui prennent de la place, occupent un espace, et sont donc des obstacles potentiels. Et des étrangers. Elle peut les comprendre, eux ne le peuvent que quand les deux parties le veulent bien et font un effort pour cela. Ce qui arrive rarement. Et pourtant, comme elle a une compréhension instinctive des codes et des traditions, Lau... Miauleuse, pardon, peut adopter le langage et les comportements des enfants, les suivre, les respecter.
En fait, elle se sent vraiment comme étrangère à tous ces gens. Ses seuls vrais amis sont La Rouge, et moi.
Pensées en l'air

Voyons, qu'est-ce-que je pourrais vous dire. Beaucoup de choses, en fait.

Elle possède toujours sur elle, cachée dans ses vêtements, une Médaille pour la Défense de Stalingrad, qui appartenait à sa grand-mère. A vrai dire, je ne me souviens plus si on lui avait donnée ou si elle l'a piquée lors de sa fugue.

Souvent, on la verra se promener avec des pinceaux et un pot de peinture jaune, avec lequel elle trace un peu partout des symboles communistes divers. Quand elle se couche, elle recouvre ceux qui ont été effacés et qui forment une constellation autour de son lit, parfois en fait de nouveaux. Je crois qu'elle a chipé ce pot quelque part.
Souvent, sinon, Miauleuse va mériter son surnom en m'appelant à voix basse. « Mao Mao Mao. » Elle le fait quand elle est face à un danger. Je pense que c'est pour lui donner de la force, et pour se rappeler que je veille sur elle.

Soit dit en passant, elle refuse catégoriquement de parler l'anglais, mais le comprend par bribes et comprend peu l'espagnol. Elle s'en sort un peu mieux avec le russe. Ce qui fait qu'elle essaie de deviner les propos de son interlocuteur en mélangeant ce qu'elle comprend de ce qu'il dit et ce qu'elle perçoit de son ton, de son expression faciale, du contexte. Et elle aime beaucoup écouter.

Si vous êtes très discrets, vous pourrez parfois la voir recroquevillée dans un coin où personne ne la trouvera et répéter des phrases dont elle se souvient en russe et espagnol. Je crois que c'est pour ne pas oublier ses deux langues maternelles. Il lui arrive parfois de les sortir, comme des incantations de bataille, même si elle n'en comprend pas tout à fait le sens et que ça peut donner des effets surprenant par leur incongruité, ou leur justesse, selon le moment où elles sont lancées.
Fragment d'Âme

En fait, je crois qu'il est mieux que je vous parle de moi avant, puis d'elle.

Je m'appelle Mao Zetong, et je suis l'ami imaginaire de Miauleuse. Comme elle n'a pas connu mon alter ego de son vivant, je n'ai pas sa personnalité. Par contre, pour une raison qui échappe à nous deux, j'ai des bribes de souvenirs que seul le vrai Mao pourrait avoir, et que Miauleuse n'a pas pu connaître. [n.d.a. : En effet, les grands-parents de Laura parlaient souvent politique, donc de ce qui se passait en RPC, forcément. Ce qui fait que Mao a des bribes de souvenirs, car Laura a entendu des bribes de conversations. Mais Mao ne sait pas que ces souvenirs viennent de Laura car il y a tout de même des trucs dont elle ne se souvient pas, donc Mao en a déduit que ces souvenirs venaient de lui. Cela vous semblera évident quand Mao aura des souvenirs relatifs à d'autres dirigeants chinois ou coréens.] Mais je n'inspecte pas vraiment ma propre mémoire, et je sais à peine plus sur moi que Miauleuse en sait sur le vrai Mao. C'est à dire la version idéalisée qu'on lui a expliqué, vous vous en doutez bien. Pourquoi avoir Mao Zedong comme ami imaginaire ? Déjà, pourquoi pas. Ensuite, je crois que c'est parce que mon alter ego avait tellement fait de sa personne une icône, un protecteur, un père aimant de la nation chinoise que transposer cette figure pour en faire un ange gardien est particulièrement aisé. Comme elle est cubaine, elle aurait pu avoir le Che ou Fidel Castro, ou comme elle a vécu en URSS avoir Staline. Mais déjà, elle ne se souvient pas beaucoup de Fidel Castro ou du Che, et avec leurs longues barbes, ils sont plutôt intimidants. C'est sûr que moi, glabre, avec un léger embonpoint, toujours souriant, je fais plus le gentil oncle qui te fait faire à dada sur mon bidet aux réunions de familles. Et Staline, on évitait d'en parler en URSS, après Khrouchtchev et la déstalinisation. Et il était salement intimidant, le bonhomme, tout de même, avec sa grosse moustache et son air sévère.

Naturellement, mon comportement et mes sentiments seront souvent similaires aux siens. Quand elle sera contente, je serai content. Mais j'ai tout de même des réactions plus adultes, ou du moins, plus proches de ce que Laura, euh, non, pardon, Miauleuse, pense être des réactions d'adultes. Je ne pleure pas, j'essaie de trouver une solution aux problèmes plutôt que de m'apitoyer dessus, j'essaie de ne pas montrer quand j'ai peur ou quand je suis triste.
Voyez-moi vraiment comme un adulte imaginé par un enfant. J'essaie d'être à la fois son ami, son conseiller et une figure paternelle.

Pour ce qui est de ma personnalité, comme je n'ai pas vraiment d'action concrète, aucune en fait, je ne peux rien vous dire. Comment réagirais-je si j'étais face au danger ? Puis-je ressentir de l'amour ? Aucune idée. En fait si, j'en ai bien une. Comme j'appartiens au monde des rêves, il faudrait que Miauleuse m'invite quand elle est dans l'Envers. Mais elle ne le fait jamais.

Naturellement, je suis au courant de toutes ses pensées, et elle des miennes. Nous communiquons donc par télépathie, cela va de soi.


Passons à elle.

Avant tout, comme je dois vous la décrire, je dirais que Miauleuse est une petite... Oh, vous savez quoi, j'en ai assez, je vais l'appeler par son vrai nom ; Laura. Je sais qu'elle n'appréciera pas car elle a totalement accepté son surnom, mais désolé, je ne m'y fais toujours pas.

Laura est quelqu'un de timide, ou du moins, qui ne fait rien pour ôter cette impression qu'on aurait d'elle. Elle ne parle jamais, déjà, mais même en communication non-verbale, il faut y aller avant de lui arracher quoi que ce soit. Elle ne parle qu'à moi, et encore, elle ne parle pas vraiment... elle communique. On se comprend sans passer par la parole, ces monologues intérieurs que vous avez tous quand vous réfléchissez et qui chez nous est plutôt un dialogue. On échange des impressions, des envies, des pulsions, des idées brutes.

C'est aussi quelqu'un qui se souvient. Elle a une sacrée mémoire, et elle passe son temps à l'entretenir. Elle se répète en boucle des phrases, des noms, son vrai nom, elle dessine un peu partout tous les symboles et les visages dont elle se rappelle, les lieux aussi. Elle sait à peine écrire, et que le russe, mais dès qu'elle saura, si elle accepte d'écrire anglais ce dont je doute fortement, je pense qu'elle mettra à l'écrit beaucoup de choses. D'ailleurs, quand j'y pense, ça me mène à deux points, cette manie de tout se souvenir.

La première, c'est que Laura accorde une importance très variable aux éléments de son environnement. C'est presque de la mémoire sélective. Elle peut se souvenir de ce qu'a dit sa mère à un moment il y a des années, mais oublier – volontairement ou non – l'heure du déjeuner et ne pas s'y rendre. Puis piquer dans la cuisine à n'importe quelle heure. Laura serait très mauvaise pour retenir des informations pour les autres, en fait. Elle accapare son esprit par ses souvenirs et sa mystique, n'accordant que le minimum au temps présent. Ça rentre par une oreille, ça sort par l'autre, et à peine une dixième de l'information reste accrochée.

La seconde, c'est justement son rapport à la mystique. Déjà, La Rouge, La Grande Rouge, c'est impossible de tomber mieux, pour une communiste. Sans rire. Laura déifie, vraiment, cette baraque. Je préfère être réservé et neutre à son égard. Il faut bien quelqu'un pour sortir Laura de ses transes oniriques. Mais en plus, elle a un rapport particulier à ses propres souvenirs. Comprenez : elle est sur le sol américain, celui qu'on lui a toujours dit être le repaire des pires démons, et a perdu sa famille. Pour toujours. Tout ce qui pourra la raccrocher à sa vie d'avant sera chéri. Elle aime tracer des symboles un peu partout, comme pour éloigner les démons qui pourraient s'emparer de cette enclave rouge en territoire ennemi. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle essaie de protéger cette maison face à un ennemi invisible qu'elle seule perçoit, mais ce n'est pas loin. Et de mon point de vue, cet orphelinat dysfonctionnel qui accueille des échecs et à cause de son ambiance et de ses résultats scolaires fait sortir des échecs sociaux a bien besoin d'une protection face à des pieuvres capitalistes avides de rationalité et de rendements. En tout cas, Laura essaie de se protéger elle-même.

Nous les communistes avions dit que la religion était l'opium du peuple. Nous voulions libérer l'humanité de la peur du surnaturel et de la mystique insensée. Et pourtant, je suis un esprit hantant une fillette qui réussit à faire de nos symboles des objets de chamanisme. Alors, certes, on a dit plus tard que nous ne faisions que chasser un culte du divin par un autre, de l'humain, tout en gardant le côté religieux. C'est vrai. Mon peuple croyait en moi. On croyait en Staline, en Stakhanov. Mais si le christianisme, avec son culte du sauveur et des saints, pouvait se combiner avec le communisme, jamais je n'aurais cru que l'animisme le pouvait.

Cette digression me fait penser que si Laura est incapable de réfléchir sur des concepts compliqués, comme tout enfant de cinq ans, je ne m'en prive pas, jamais. Mais ça ne veut pas dire qu'elle peut savoir ce que je pense. C'est surtout pour moi que je pense ça. Je vous avait dit que Miauleuse avait fait de moi ce qu'elle voyait des adultes. Les adultes, ils cogitent, tout le temps. Donc il est normal que je le fasse.

Du reste, elle est peu coopérative. Pas parce qu'elle est dans la provocation, qu'elle veut fomenter un coup d’État ou je-ne-sais-quoi, mais surtout parce qu'elle s'en fout, en fait. Laura ne va s'intéresser à vous que quand vous pourrez lui apporter quelque chose. Et certes, elle pourra se montrer obéissante et docile s'il y a une récompense claire à la clef, mais le reste du temps, n'y comptez pas. Vous voulez un conseil ? Agitez-lui la récompense sous le nez, puis dites « Tu auras ça si tu fais ce que je te dis. » Ça fonctionnera mieux que tout le reste. Comme elle agit uniquement par pulsions et par instincts, faire appel à ses sentiments, et surtout son envie qui est commune à tous les enfants de cinq ans, marchera toujours mieux que faire appel à son raisonnement.

Ceci dit, Laura peut aussi être gentille. Je ne sais pas quand, hein. Mais de ce que j'en sais, avant qu'elle ne me créée et quand ses grands-parents étaient encore avec elle, on trouvait que c'était une enfant toute douce et aimable. Sa bonne éducation a  aussi totalement disparu aujourd'hui. Il n'en reste aucune séquelle.
Le Début du Conte

Je vais surtout vous raconter l'histoire de sa famille. Vous vous demandez sans doutes comment je la connais. C'est simple, la grand-mère la racontait tout le temps.

En 1942, deux ans après que la Grande Guerre patriotique fut déclarée, Stalingrad se trouva assiégée. Les officiers soviétiques furent obligés de recruter des civils, y compris des femmes. La grand-mère de Laura, Ekaterina Askhalovski, avait alors vingt ans et était donc en âge de porter un nosin-nagant, le fusil de l'Armée Rouge, et de s'engager pour défendre son quartier. Elle se fit rapidement une place comme tireuse d'élite et organisa un abri souterrain où se terraient plusieurs familles voisines. Quand la guerre fut finie, elle gagna la Médaille pour la Défense de Stalingrad, qu'elle garda très précieusement. Elle garda aussi son fusil, qui trônait accroché au mur, dans le salon. Laura le parcourut pendant de longues années du regard, observant ses éraflures, ses rayures, ses taches sur le bois et ses traces de poudre sur le canon. Encore aujourd'hui, elle est capable de visualiser sa structure abîmée et le dessine parfois. Au grand désespoir des assistantes sociales qui ont dû s'occuper d'elle, mais on va y venir.

En 1961, Ekaterina alla à Cuba. Elle était alors secrétaire d'un conseiller militaire dépêché sur l'île pour aider le régime de Fidel Castro. Elle avait trente-six ans, était célibataire depuis deux ans et rencontra un beau fils d'immigré philippin, Miguel Aguilnado. Il était officier des communications dans l'armée cubaine. Ils se fréquentaient de plus en plus hors du travail, s'aimaient, je vous passe la suite. L'année suivante, elle obtint la nationalité cubaine en se mariant avec Miguel, et leur fils naquit : Joshua Aguilnado.

En 1982, Joshua avait vingt-et-un ans et rencontra Maria Jimenez. Elle était belle, elle était tendre, les parents de Joshua n'appréciant pas trop sa famille mais qu'importe, ils donnèrent leur bénédiction, le mariage eut lieu. Le problème, c'est que les Jimenez étaient des catholiques pratiquants et de farouches anti-castristes. Le père de Maria était même mort à la Baie des Cochons. De ses grands-parents maternels, Laura ne se souvient de presque rien, sinon que ses grands-parents paternels ne les aimaient pas, de moins en moins avec le temps, et du coup Laura non plus. Son père, déjà très résistant à l'éducation politisée de ses parents, tomba totalement du bord politique de sa belle famille et de sa femme, ce qui déplut énormément à ses parents.

Le 26 avril 1986, Laura Aguilnado naquit. On la surnomma « fille de l'atome », ironiquement. Elle se souvient encore de ce surnom, et de la phrase de sa mère : « Tu es une réussite à où ils sont un échec. »

En 1989, Laura avait trois ans, et le Mur de Berlin tombait. Elle se souvient du Mur. De sa grand-mère en pleurs. De son grand-père consterné. De son père qui souriait. De sa mère qui chantait un ave maria. Elle se souvient aussi d'une autre scène. C'était le jour de l'annonce, les parents étaient allé chez les grands-parents pour la regarder à la télévision. Devant la réaction de la belle-fille, je crois que Ekaterina avait été prise d'une crise de rage. Laura se souvient voir le vénérable nosin-nagant détaché du mur, pointé vers Marie qui était assise à côté de la chaise pour enfant de Laura. Elle se souvient d'une terrible phrase, qui la hante encore, sans qu'elle en comprenne le sens exact, mais tout du moins que c'est une grave menace : « Éloigne-toi d'elle petite catin ! » Puis ce ne fut que cris, pleurs, et à vrai dire elle ne se souvient pas de tout. Mais je crois que Ekaterina et Miguel récupérèrent Laura de force, chassèrent les parents, et partirent en catastrophe en URSS, vivre chez la mère d'Ekaterina. Ils voulaient sans doutes protéger leur petite-fille de la mauvaise influence de sa mère, et voyaient que leur fils étaient déjà irrécupérable.

Le 26 décembre 1991, Laura avait cinq ans, et l'URSS tombait. Quelques jours avant, les parents avaient envoyés une lettre. Elle disait que maintenant, il n'y avait plus de raisons de se haïr, et qu'on ferait mieux de se réconcilier. Allez savoir pourquoi, les grands-parents acceptèrent. Joshua et Marie vivaient alors aux États-Unis, en Louisiane, en tant que réfugiés politiques. Entre temps, Laura avait bénéficié de la plus parfaite éducation soviétique. Elle connaissait Marx, Castro, Che Guevara, et évidemment moi ; Mao Zetong, du moins à travers des livres d'images et des histoires que lui racontaient ses grands-parents. Le problème est que Laura n'est jamais retournée à Stalingrad après le 26, ou Volgograd c'est comme vous voulez, et bien qu'elle aie beaucoup de souvenirs de cette ville froide et enneigée et de cette petite maison, elle n'a pas la nationalité russe, mais toujours la soviétique. Et la nationalité cubaine, évidemment.

Hélas, le premier janvier 1992, alors que les grands-parents se préparaient à rentrer en Russie, Marie essaya d'enlever Laura. Ça dégénéra très vite en bagarre. Deux anciens militaires âgés contre un Joshua costaud et une mère en pleine crise de folie, autant dire que ça fit des dégâts. Et comme elle était en âge de marcher mais pas de comprendre qu'on se battait pour elle, Laura fuit. Elle-même ne sait pas exactement pourquoi, peut-être juste qu'elle se sentait en danger et voulait se protéger.

Le bayou n'est pas un endroit très accueillant. Encore moins pour une petite fille. C'est donc trente heures plus tard environ qu'un promeneur trouva une petite fille épuisée, assoiffée, affamée et brûlante de fièvre. De ça aussi elle a peu de souvenirs, juste des cauchemars, où elle est poursuivie dans une forêt marécageuse par des créatures monstrueuses.

Elle fut placée à l'assistance sociale, pendant neuf mois. On ne savait pas vraiment quoi faire d'elle. Elle ne parlait pas, se contentait d'écouter, restait totalement stoïque, parfois des jours entiers sans bouger, d'autres elle cassait tout ce qu'on peut casser à son âge. Un jour, elle me créa moi, puis commença à miauler à partir de ce jour. Eh oui. Elle dit « Mao Mao Mao » et on entend « Meow meow meow », parce que ça n'a aucun sens qu'une fillette répète en boucle le prénom du dirigeant du parti communiste chinois. Elle refusait d'écouter à l'école, faisait des bêtises, embêtait les autres élèves. C'était la « terreur rouge » des bacs à sables, ahahah. Pardon. Toujours est-il qu'en septembre, on l'envoya à La Maison.

Sur place, elle se fondit vite avec l'ambiance du lieu. Il faut dire que cette grande maison rouge a de quoi plaire, je dois le reconnaître.

Lors de la Vente aux Enchères, qui fut son premier vrai rituel, Laura se laissa faire et se contenta de contempler. Ce fut sa première expérience mystique, avec les cris, les gestes codifiés, les incantations, le sang, les larmes et les rires. Elle trouva ça à la fois fascinant et traumatisant.

Elle n'avait encore rien vu. À cause de son jeune âge, ce fut elle qu'on choisit pour cet espèce de sacrifice. Elle hurla de douleur, feula, mais s'en tint là, alors qu'avant Laura aurait sans doutes fui ou attaqué. Ce fut comme une seconde naissance, le signe qu'elle était acceptée par La Rouge, et qu'en répandant son propre rouge, elle entrait en symbiose avec cet endroit. On lui coupa la phalange du pouce droit, au fait. Qu'importe, pour une gauchère.

Chez les Loirs, elle s'adonne à la peinture évidemment, mais de part sa taille et sa discrétion naturelle, elle joue aussi le rôle d'espionne. Si on a une question sur les agissements de quelqu'un, il faut lui demander à elle. Et perdre un temps fou à faire comprendre et accepter sa requète, puis espérer qu'elle ne pense pas à autre chose. Mais quand ça fonctionne, ce n'est pas du chiqué.

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Quenotte
Ven 1 Sep - 10:07
Bonjour Miauleuse!
Après lecture de ta fiche, c'est donc moi qui vais me pencher dessus pour revoir quelques détails avec toi ^^

L'idée du personnage me semble fort intéressante et met effectivement en avant un contexte historique peu exploité. C'est davantage au niveau du contexte inhérent au forum que j'aurais quelques petites choses à redire. Tu dis dans ta fiche que l'ami imaginaire de Miauleuse a des souvenirs que seul le véritable Mao peut avoir vécu.

C'est tout simplement impossible. Tu nous as dit hier que tu le plaçais en tant qu'ami imaginaire mais ce détail va tout de même plus loin que de la simple fantaisie. Des éléments fantastiques sont effectivement en place sur le forum mais proviennent principalement de La Maison. Ton ami imaginaire s'apparente presque ici à un spectre mais le véritable Mao n'est guère mort dans La Maison. Il ne peut donc pas avoir des souvenirs que Miauleuse elle-même ignore si l'on reste dans cette logique. La Maison a certains pouvoir mais pas ceux-là ^^
La seule autre explication serait des souvenirs fictifs, qui impliqueraient un trouble dissociatif de l'identité chez Miauleuse, ce qui est interdit en jeu sur le forum (simplement pour ne pas heurter les personnes concernées en interprétant mal un trouble qui n'est pas à banaliser.)

Par ailleurs, on ne coupe pas l'auriculaire lors de la cérémonie des Sacrifices mais une phalange du pouce, comme indiqué dans le sujet résumant les rituels de La Maison. ^^

Voilà voilà, c'est ce que j'ai principalement trouvé à redire, pour le reste cela me semble en ordre! N'hésite pas si tu as besoin de réponses à d'autres questions je suis disponible par mp :3




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Ven 1 Sep - 10:37
Mm.

Tu sais, ce moment où tu caches quelque chose qui te semble évident mais qui ne l'est pas du tout pour les autres.

En fait le coup des souvenirs de Mao est simplissime. Les grands-parents de Laura parlaient souvent politique, donc de ce qui se passait en RPC, forcément. Ce qui fait que Mao a des bribes de souvenirs, car Laura a entendu des bribes de conversations. Mais Mao ne sait pas que ces souvenirs viennent de Laura car il y a tout de même des trucs dont elle ne se souvient pas, donc Mao en a déduit que ces souvenirs venaient de lui.

Du coup je vais rajouter ce paragraphe en [n.d.a.].

Et j'édite en passant pour la phalange.
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Fange
Ven 1 Sep - 10:41
"Tu sais, ce moment où tu caches quelque chose qui te semble évident mais qui ne l'est pas du tout pour les autres."


le travail d'un admin étant ce qu'il sur un nouveau forum, et la multiplicité des fiches nous faisant une certaine charge de lecture, j'aimerais éviter ce genre de propos qui peuvent laisser penser à de la condescendance.
merci.



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Ven 1 Sep - 11:21
Si ça devait être condescendant, j'aurais mis : "pour certains". Ou quoi que ce soit ne ciblant qu'une partie du lectorat ; celui qui ne peut pas comprendre. Mais si personne ne le peut, la faute est celle de l'auteur.

Accessoirement, mon expérience des RPs sur Internet étant ce qu'elle est, si j'ai à un seul moment à être condescendant pour être compris, je ne le serais pas, car je serais déjà parti. ^^
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Fange
Ven 1 Sep - 12:26
je vais être plus claire : je n'aime pas l'impact passif agressif de ton message et encore moins celui de cette réponse. si ce n'est pas ton ressenti, c'est le notre. je n'ai pas envie de savoir à quoi ça aurait dû ressembler, je veux simplement que tu remettes en question ta manière de t'exprimer ici. je te demande d'en prendre note pour une bonne continuation sur le forum.

aussi : relis le contexte et les groupes. j'ai constaté que tu ne te repérais pas assez dans le contexte, tant en demandant leurs statuts aux membres de la cb, tant en te trompant sur la phalange et autres petits détails. ton inscription sous le nom officiel de ton personnage laisse entendre que tu ne manies pas encore assez bien la Maison.

si tu as des questions nous sommes tous trois disponibles.

cordialement.



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Raspoutine
Lun 4 Sep - 21:56



Tu es validé


Bienvenue parmi nous, Miauleuse ! Anari ne nous a pas encore rejoint, mais je constate qu'elle a envoyé quelqu'un en éclaireur. :D
Utiliser le contexte politique de l'époque est une idée intéressante qui se marie bien avec avec la particularité picturale de la Maison, et les origines de Miauleuse permettent d'établir un parallèle intéressant avec sa nouvelle situation d'enfant paria, au même titre que les autres résidents de la Rouge. Du reste, sa place n'y est pas usurpée.

Je t'enjoins donc à créer ta fiche de liens et à poster une demande de rp.




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