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Action ou Vérité ? [Fermé, les invités sont déjà prévenus de leurs arrivées]
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Feu Follet
Ven 25 Aoû - 12:06
Action ou Vérité ?

Là-haut, dans le grenier, la réunion est créé. Différents enfants de chacun des groupes fut invité à jouer. Il y a les plus téméraires, ceux qui tiennent à se faire respecter, ceux qui s’ennuyaient, et ceux qui se sont fait forcés la main. On ne sait pas trop ce qu’ils font là, mais il fallait bien que chacun des groupes soit représenté d’après une certaine Feu-Follet. En haut, là où les adultes cachent certains secrets, les enfants allaient certainement devoir décrire les leur, ou proposer des actions plus ou moins osées. C’était le but du jeu, crever l’ennui, s’amuser des autres, et répandre les rumeurs. Le moment allait passer tranquillement, et chacun allait participer, qu’il le désire ou non, à moins de finir rué sous les coups.

Feu-Follet avait traîné certaines personnes jusqu’ici, parfois plus ou moins de force. Elle ne supportait plus l’ennui de cette après-midi, alors elle avait décidé de lancer le jeu et avait fait tourné la rumeur comme quoi il fallait la rejoindre dans le grenier, à l’ombre des regards ou personne ne les verrait. Peu importe ce qu’il adviendrait, elle serait en bonne compagnie. La rate savait à peu près d’avance quelles personnes allaient venir. Elle ne connaissait pas encore vraiment tout le monde, mais ce n’était pas un soucis. Elle ne semblait pas fermée à la compagnie. Cependant, dans les invités, on pouvait noter des personnalités différentes, des vécus turbulents, des comportements étranges, ou des goûts particuliers.

La jeune fille avait déjà rameuté déjà quelqu’un de force. Un garçon qui bégayait un peu trop. Elle l’avait attirée jusqu’ici pour qu’il représente la maison des “coincés”, comme elle le dirait. Lui même insistait pour ne pas jouer, mais sous les menaces elle avait juré s’il ne jouait pas. Elle le trouvait un peu bizarre ce garçon du nom de Richter, semblait-il. Néanmoins, ce n’était pas suffisant pour s’amuser, il fallait attendre les autres invités. Alors, sur un vieux carton poussiéreux la jeune fille s’était installée.

“C’est quand qu’ils arrivent ?!”
Se mit elle à gémir d’impatience.

Nerveusement, Feu-Follet tapote des pieds. Le feu qui l’anime et brûlant, et son autre compagnie ne semble pas des plus affriolantes. Elle ne tient pas en place comme un enfant que l’on amènerait chez Disney. Pourtant, c’était bien loin de cela. Proposer des gagnes minables et puérils, voir totalement gênants et déroutant elle apprécierait, tout comme connaître les secrets des uns et des autres. C’était peut-être mieux qu’un vulgaire parc d’attraction. Et même si les rumeurs tournent toujours la maison, il est toujours plus intéressant de dénicher les informations à la source selon la rate.


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C'est ouvert, il est temps de poster à la suite dans l'ordre qui vous convient à tous. J'ai fait une petite introduction pour que tout le monde puisse introduire sa venue !J'ai décidé de ne pas faire de réponse trop longue quand à l'important nombre que nous sommes. Nénmoins faîtes à votre guise tant que cela ne retarde pas trop les autres.
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Fange
Ven 25 Aoû - 12:44

     

     
Action ou Vérité?

     

     


Quenotte était à l'origine de son acceptation - un vague grognement sceptique un peu terrifié. Une idée à elle sur comment connaître les pendants et penchants de ceux présents - des cas sensibles pour la plupart. Une manière de tenir à jour son carnet et peut être même de le tester lui pour ce que ça lui chantait. Tout ce qu'il savait c'était que Feu Follet en était à l'origine et qu'il l'aimait bien - dans tout ce que le verbe aimer pouvait bien représenter pour quelqu'un comme Fange.

La démarche lourde derrière sa sœur, les bottes frappant le sol comme une annonciation, Fange apparu avec sa tête des bons jours : un grincement des canines pour la forme sur une tête un rien plus neutre.

Il respira l'odeur de la poussière, leva la main en signe de ralliement envers la ratte et posa son regard noir sur la silhouette malingre de cette tapette de Richter, le menaçant sans un mot. Le blondinet lui avait déjà été problématique par le passé et son statu de chef ne changeait rien au fait qu'il risquait gros aujourd'hui, jeu ou pas.

Le petit blond avait intérêt à se tenir à carreaux avec sa sœur et déposant un baiser sur la joue de cette dernière, Fange alla, comme tout chat, s'installer en hauteur sur une vieille commode décrépie, laissant pendre une jambe, un morceau de casque dans l'oreille envoyant un son punk pas trop dégueulasse.

Puis sur cette attitude soigneusement travaillée de félidé curieux qui vous tolère comme si l'idée de base venait de lui, il sortit un morceau de bois ainsi qu'un couteau et se mit à tailler une nouvelle flèche.



     

 
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Quenotte
Ven 25 Aoû - 13:29

   


   
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Il est bon parfois de se mêler à la plèbe pour se gorger de mots. Pas qu’elle se considéra un instant supérieurs à chacun d’entre eux néanmoins. Seulement à part. Et lui traîne dans son pas comme une ombre menaçante dont elle n’a pourtant rien à craindre, suivant son sillage jusqu’à l’échelle déroulée, la trappe du grenier. Royaume d’oubli et de poussière quand même au Sanctuaire plus personne ne vient à cette période de l’année. Les souvenirs sont encore trop douloureux, trop vivaces. Et on aime y aller pour l’effroi et les larmes bien souvent théâtrales. Pour des commémorations d’un goût passablement douteux.  

Pas si différentes, si l’on y songe bien, au jeu d’aujourd’hui. Curiosité malsaine pour oreilles attentives. La rumeur a traîné, grasse mais tranquille jusqu’au dortoir des Cerfs, attisant sa curiosité comme son amusement. Et puisque l’idée vient de la flamme, la brailleuse, la rate Feu-Follet, elle est à peu près certaine d’y croiser Brèche et s’en délecte d’avance. Il y a entre ces deux-là des choses qui ne trompent pas et qu’elle ne comprend pourtant pas tout à fait. Un simple présage que l’activité n’en sera que plus animée encore. Fouille merde, fouinasse.

Ils se faufilent là-haut, vers dans le crâne de la bête, irruptions soudaines de tignasses entremêlées, boucles sautillantes pour faces de glaise et de craie. Il grimpe en premier, avec son numéro de chat, de matou furax à peine mieux léché, perché sur son meuble pour écouter les petites gens faire leur office.

- Bonjour Feu-Follet. – C’est presque enjoué, presque souriant, un peu hypocrite, peut-être. Elle ne sait juste pas bien comment faire autrement. Puis, à l’autre garçon, le prisonnier de La Rouge, un signe de tête incertain. On laisse entrer la volaille maintenant ? Mais pour dire vrai, avec ses costumes, sa mine austère et fuyante, il fait un peu moins canard que les autres. – Bonjour Richter.

Elle connaît les noms, ce n’est pas un problème. Ils sont tous soigneusement listés, notifiés dans son carnet. Petit enfer de pages et de croquis hasardeux qui repose sur ses cuisses comme une arme au poing. Ouvrant un tiroir du perchoir, elle s’y pose à son tour, plus basse, plus tangible. Plus saisissable aussi. Toujours lui en haut et elle en bas. L’ordre des choses, comme on dit. Puis, d’un regard à Feu-Follet.

- Qui attendons-nous ? A part Brèche, j’entends.

C’est le jeu avant le jeu.


   
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Raspoutine
Ven 25 Aoû - 13:54
Ça monte, ça monte, tout en roulement d'épaules et en tignasse battante. Chevelure serpentine oscillant dans son dos, les mains vives, arachnéennes, épaisses, glissant sur les barreaux au plus près du bois et de son grain usé. Fluides les doigts qui serrent, coulissent, et traction emphatique pour s'élever vers le ciel, vers la mémoire emmagasinée de la Maison. L'échelle grince un peu sous son poids, mais il parvient à la marée de poussière du grenier indemne et aux aguets, accroupis près de la trappe, les paumes en pleine friction. Ses yeux fouillent les ombres affaissées, les scarifications grumeleuses de la lumière où s'est incrustée la poussière dansante, grouillant dans les plaies fulgurantes comme une vermine féérique. Et c'est là, entre les voiles tendus, entre les incisions de la clarté dans les ténèbres onctueuses.
L'esprit malin et son oiseau en cage.
Alors c'est plus fort que lui, un rictus s'en remonte à ses lippes, les gondolent et dévoilent ses dents comme des couteaux tranchants la broussaille de sa barbe. Machettes abattues dans la jungle pileuse, offrant une vue des profondeurs carmines de la bouche, antre cramoisie, écarlate, moite abîme infernale. C'est un sourire pour lui, une affable grimace de sauvage à sa seule intention.
Richter
Oh Richter. La mélodie brisée de sa voix crapicante, ses mains fébriles éparpillées en tremblements sur le pommeau de sa cane. Digne oiseau costumé, lustré jusqu'à la raie impeccable des cheveux. Richter l’évangéliste, un doigt levé pour boire le thé, une bible sur les genoux. Les yeux fiévreux et les lèvres pincées de Richter. Petit missionnaire tâchant d'établir une communication, envers et contre tout avec l'ennemie juré, le chef des Cerfs, parangon de sensualité détraquée, Némésis amicale le mitraillant de mots, successeur inattendu d'un démon immaculé aux faux airs de Cigogne. (La première syllabe était pourtant bien là, comme la promesse d'une entente entre oiseaux de fortune, mais non, Banshee était l'instigateur le plus fervent du paganisme Rouge) Richter l'illuminé, mystique d'une autre religion rapportée d'En Dehors.
Ma grosse chèvre.
Ainsi, même les Cygnes peuvent être victimes des Feux-Follets ? Pestes des marécages glissant jusqu'au lac cristallin où ballent les grands emplumés pour leur ravir leur chef. Quelle ignominie. Mais ce n'est pas là sa première, à la fille, et Raspoutine la connait de réputation à défaut d'avoir fait plus que d'échanger quelques mots avec elle. Feu-Follet est un teigne, mais elle a la fourberie au bout des doigts comme du barbelé enroulé à fleur de l'épiderme, des phalanges jusqu'aux ongles. Elle creuse, creuse, enfouit ses morsures dans la plaie comme des graines d'ortie, leur inocule la rage, à ses victimes, en se défaisant de la sienne. Elle est assez maligne, ou insistante, ou musclée, pour avoir su convaincre le Cygne de voler jusqu'aux hauteurs honnies de la Rouge caverneuse. Raspoutine est partagée entre amusement et pitié à l'idée de Richter le boiteux gravissant cette échelle. Il aurait bien aimé voir ça.
Mais il n'est pas le premier arrivé. Si ses yeux avaient pu le tromper, l'odeur, elle, l'en aurait informé.
Fange le matou puant, assis sur une commode, et Quenotte, l'intrigante aux chapelets de murmures, à la somptueuse parure de boucles brunes, l'ont précédé dans le grenier. Il n'est pas surpris de les voir ici -l'une attirée par la possibilité de fouiner dans l'intimité d'autrui, l'autre attachée à l'ombre de sa sœur-, et guette la présence du carnet  à la hanche de sa seconde, les yeux glissants sur le corps de poupon, courbes laiteuses et grasses pour poitrine de moineau. Il s'attendait à la voir ici, et c'est naturellement vers elle qu'il se dirige d'abord, tout d'affabilité et de lourdeur musquée.

- Alors comme ça on vient à la chasse aux potins ? qu'il grogne amicalement. Tu prends ton rôle d'historienne tellement au sérieux Quenotte. Penses-tu vraiment que les générations futures éprouveront de l'intérêt à lire nos sales petits secrets ?
Quand bien même il sait très bien que Quenotte les traque pour elle même, ces secrets. Diablement efficace, la gamine- distante et souvent piquante à son égard, mais il serait bien en mal de le lui reprocher. Il comprend les raisons de son animosité. Il a toujours obscurément sentit que sa place auprès de Banshee en faisait à ses yeux un écœurant indésirable, plus encore que tout le reste. Les rumeurs n'ont pas dû arranger les choses, surtout après qu'il eut partagé, à la vu et au su de tous, la dernière nuit du Cerf blanc... Intimement imbriqués dans une étreinte qui n'avait pas suffit à retenir Banshee. Mais qu'importe. Ils doivent désormais travailler ensemble à conduire les Cerfs, bon gré mal gré, selon la volonté d'un absent adulé. Si Quenotte n'y met pas autant de bonne volonté qu'il pourrait l'espérer, Raspoutine ne lui en tient guère rigueur. Le temps viendra sans doute où elle saura surmonter son animosité, et où peut-être, ils sauront s'apprécier mutuellement, ou tout du moins coopérer sans œillades méprisantes. Lui n'a aucun grief contre la noiraude aux nébuleuses de boucles ; c'est une petite indispensable qu'il lui faut accepter dans toute sa rage venimeuse, et elle n'en est pas moins que les autres membres du groupe un être à protéger. Qu'elle peste et feule donc tout son soul : il lui faut après tout également encaisser les colères. Cela fait partie de son rôle.
Après tout, Quenotte est bien plus gérable que son frère, malgré son réseau d'informateurs et son amour irraisonné des secrets. Elle n'a pour commencer assassiné personne.
Ou bien très discrètement.
Son deuxième salut va justement à Fange, signe de tête et rictus amène pour le Chat qui n'assume guère toute sa félinité. C'est donc l'histoire d'un cabot malpropre et puant saluant un chat de gouttière... qui se croisent, dans un tourbillon de puanteur somptueuse, pour mieux s'éloigner sans collision aucune- à l'exception d'une rixe occasionnelle quand viennent les Arrivées.
Raspoutine fait lentement son chemin dans le grenier, un peu pataud sans doute, repliant sa carcasse pour ne rien renverser, jusqu'à l'instigatrice de cette réunion de gueules anthologiques. Feu-Follet et son croissant de flamme, arc sanglant déchirant la nuit de ses cheveux. Il lui tend une main -longue, large et terreuse- à ses risques et périls, en connaissance de cause. Mais ne prend t'il pas déjà des risques en s'aventurant ici ? Il escompte pour sa part prodiguer plus d'actions que de vérités. A moins que le goût du jeu ne l'emporte, et qu'il ne se trouve obligé à ruser... Quenotte n'est pas ici la seule adepte des faux-semblants. Les demis-vérités, Raspoutine les connait. Plus rusé qu'il ne daigne le montrer.
Enfin, c'est à côté de Richter qu'aboutit son parcours. Il s'assoit dans un grincement de parquet (comme si le bois gémissait à la place du garçon), et sa voix roule au diapason, basse et profonde comme un orage.
Bien le bonjour mon biquet. Tu as été assez imprudent pour suivre un feu-follet ?
Ce n'est qu'une taquinerie sans réelle malice, irréellement amicale à voir- le chef des Cygnes et le Cerf couronné copinant ensemble ; une vision absurde, dû essentiellement à Raspoutine et son besoin de comprendre les choses qui lui échappent. Or, la logique de Richter lui est insaisissable. Il empiète donc sur son espace vital, d'un coup de coude étudié pour être délicat. On ne brise pas les faïences- toute les Maisons ont besoin de leurs bibelots. Richter est le plus beau, sans doute. Cygne en cristal piégé dans un coin d'étagère.
Bah, t'en fais pas. Ce n'est qu'un jeu après tout.
Comme si cela pouvait suffire à rassurer qui que ce soit. Les jeux n'ont-ils pas tendance à dégénérer au sein de la Maison...?
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Brèche
Ven 25 Aoû - 21:12
Au sein de la Maison les murs possédaient des oreilles et une langue fort déliée. La rumeur que Feu-Follet réunissait des enfants, quel que soit leur groupe, dans les tréfonds du cervelet de la demeure, aka le grenier, s'était propagée aussi vite que l'annonce de frites au menu de la Cafetière. Brèche elle-même avait surpris la rumeur, avait croisé le regard de Feu-Follet qui, d'un signe tacite, lui fit comprendre qu'elle était invitée. Les échos de couloirs mentionnaient un jeu et ce fut alors, la boule au ventre, que Brèche grimpa les marches. Elle savait fort bien que les jeux des pensionnaires n'avaient rien d'innocent. Néanmoins elle se rassura se disant que Feu-Follet n'était pas de ceux à fomenter une réunion où elle, Brèche, serait la victime conciliante d'enfants lui écrasant le visage dans une assiette de porridge fermentée ou appliquant leurs cigarettes volées sur la peau de ses mains pour les éteindre.

La porte grinça sur ses gonds lorsque, posant ses mains sur le chambranle, la Loir la poussa. Une envolée de poussière s'engouffra dans sa bouche l'obligeant à tousser, larmes aux coins des paupières, gorge irritée. Une main sur sa bouche pour apaiser la toux qui la secouait, Brèche inclina la tête en guise de salut à l'assemblée qui se tenait là. Elle connaissait à tous leurs noms, n'en avait véritablement approché que deux – les deux demoiselles, si dissemblables dans leurs figures. Les garçons, elle ne les avait croisés que dans la vie quotidienne, louvoyant loin de leurs récifs, trop craintive pour les approcher.

« Désolé... » finit-elle par souffler, retrouvant la maîtrise de sa gorge, débarrassée de la poussière. « Je suis en retard... »

Phrase en suspension hésitante entre la question et l'affirmation. Du regard la Loir quêta une place, vit que celle auprès de Feu-Follet était déjà prise par Richter. Puis il y avait Raspoutine cet enfant qui, à ses yeux, avait des airs d'adulte ce qui la mettait mal à l'aise. Quant à se placer près de Quenotte, l'idée ne lui effleura pas même l'esprit. Peut-être à cause de la présence de Fange. On n'approche pas la protégée d'un chat sans sa permission. Son choix finit par se porter sur un pauvre cheval à bascule à la peinture écaillée, posant ses maigres fesses sur la selle abîmée.

« Alors, on va jouer à quoi ? » demanda-t-elle en espérant que sa question l'aiderait à s'intégrer à ce groupe hétéroclite. « Je ne suis pas très douée en devinettes. »



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Avatars par Quenotte et Cassiel. Award par Quenotte
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Richter
Sam 26 Aoû - 2:51
une action entraîne une vérité
Qui a eu tort ? La raison du plus fort
Pour un regard en croix je suis mort
Toi mon frère dis moi pourquoi
La vie continue sans moi
Dis moi pourquoi j'étais là
Un jour au mauvais endroit
le désespoir le tue lentement comme une maladie- avaler l'air comme avaler les ténèbres
serrer ses poings et fermer les yeux fiévreux, tragédie personnifiée
richter n'est pas à l'aise, comment pourrait-il l'être dans ce clair obscur
pauvre gamin presque poussé par les fesses pour réussir à grimper l'échelle
épuisé par un simple effort le simple fait de ses déplacer- de faire ce qui devrait être une normalité
il n'y'avait pas de quoi en faire un drame mais il se sent si usé- terrifié par cette vivacité jamais possédée
richter restait richter quand bien même toutes les tragédies pouvaient s'abattre sur le monde qu'il aurait le menton levé et regard fier- fier de pouvoir accepter à tout moment cette lumière tant désirée
alors il s'accroche à la vie comme on s'accroche à une bouée, assis là dans la pénombre
il ne répond pas à feu-follet qui n'est qu'impatience, se concentre sur sa propre respiration de son cœur qui peine à suivre la cadence
en tailleur à même le sol, aux côtés de sa prétendue amie
et il préfère bien la violence de la rat que le regard de son chef, il ne se sent plus respirer plus vivre (et pourtant ressentir ça triple ça décuple et ça fait toujours aussi mal, ça enserre les tripes et ça les tord sans remords)
murmure un bref
b-b-bonjour.
à la reine sans empire
à elle non plus, il n'adresse un regard trop fixé sur son objectif de continuer à faire fonctionner ses poumons abîmés par le tabac- fumeur passif d'une jeunesse trop proche de son papa
pourtant prêt à bondir à tout moment (ironique pour un boîteux)
à déguerpir à chaque instant
dans le claquement frénétique de la canne sur le parquet soupirant
hurlez parlez fredonnez- vous pouvez faire ce que vous voulez il ne vous tiendra guère du bruit ambiant si vous pouvez brisez ce silence pesant
et il y'a là le grand raspoutine chef d'un peuple (d'une bande) qu'il se plaît à détester à envier et insulter sans un mot- un sourire est la réponse aux plus grands maux
raspoutine sans gêne qui pour une fois lui apparaît comme une lumière peu importe son odeur et son agaçante risette il est bien moins pire que la poupée et son ombre
grand velu raspoutine qui termine son chemin auprès de lui- c'est presque qu'il se rapprocherait (il le fait vraiment- c'est rassurant d'avoir l'appui et l'amitié de quelqu'un d'aussi imposant) de lui bougeant ses fesses d'un chouilla, envie la prestance d'un adolescent déjà homme
s’accommode même du surnom qu'il corrige souvent
il se met tout proche oui comme si ça pouvait le sauver le protéger
répond d'un murmure sans joie ne pouvant admettre la terrible vérité
n-n-non, j-je suis là p-pour surveiller.
et quel désarroi s'ils venaient à se faire prendre par un adulte- à vrai dire il serait vite innocenté il n'a pas la gueule de l'emploi
pour toi raspoutine il endure le coup de coude qu'il trouve tout bas désobligeant
s'oblige même une arcade sur les lèvres pâles pour combler le vide qu'on met sur le surnom de richter
je sais m-mais, p-parfois les j-jeux vont t-t-trop loin.
se félicite de l'arrivée de brèche, trop inoffensive pour attaquer le chef des plumés
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Feu Follet
Ven 1 Sep - 16:54
Action ou Vérité ?

Les entrées étaient progressives. La première, Quenotte, aussi fourbe et maligne suivie du chat, le grand, le puissant, le colossal. Un sourire abimait les lèvres de la rate pour saluer les nouveaux venus. La présence de Fange n’était pas tant un problème pour elle, bien qu’elle ne comprenait pas toujours ses changements d’humeurs. Néanmoins, la fouine qu’était sa soeur lui semblait être tout à fait plus redoutable dans ce genre de jeu. Rien qu’à l’énonciation du prénom fatidique, elle savait la rate sur quoi elle allait jouer et le calme qui battait dans sa poitrine commençait à se mêler à une pression inexpliquée. Les deux chevelus vinrent s’installer alors dans la pièce poussiéreuse réservée aux secrets et aux magouilles en tout genre.

“Tu verras bien Quenotte ! C’est une surprise !” Répondit-elle ignorant totalement les sous-entendus de l’autre gamine.

Puis c’est au tour du majestueux, du poilu, du chef des cerf, de faire son entrée. Feu-Follet le connaissait seulement de réputation et de vu, mais elle ne s’était jamais attardée sur le garçon à la pilosité aussi importante que le grizzly. Il lança quelques légères piqûres à la curieuse, rien de bien méchant. Face à ces propos, les oreilles de la mesquine semblaient toujours ouvertes, peut-être parce que les histoires dans les autres groupes étaient toujours intéressantes à apprendre. Alors la rate se contentait d’observer et d’enregistrer ce qu’elle pouvait. Cela pouvait toujours servir. Il s’approchait d’ailleurs, le grand Raspoutine et il donna une main tendue au feu ardent qui brillait dans son coin. Ses billes joueuses se plissèrent et elle vint attraper la main du chef pour la serrer de manière amicale, son sourire le plus lutin accroché à sa bouche gercée par ses brimades nerveuses et répétitives. Puis le grand d’installa au côté du cygne piégé sous les fagots, son corps déjà tombé dans le fossé. Le cygne allait certainement prendre cher, malgré la présence au semblant de protection que promettait Raspoutine.

Puis, la présence de Brèche arriva à la fête. Le regard bleuté de Feu-Follet la suivait doucement du regard. Elle ne pouvait se mettre à ses côtés sans émettre des soupçons, alors elle sourit juste simplement pour admirer sa venue, malgré son retard. Ce n’était pas grave, tout le monde était maintenant là. Il était cependant étonnant qu’elle n’avait pas conscience du jeu pour lequel tout le monde était venu.

“Nous allons jouer à Action ou Vérité, Brèche.”

Le Feu-Follet quitta sa place pour s’avancer et essuya les marques liées à la poussière sur ses vêtements. D’un air digne, elle fit quelques pas vers le centre de la pièce, comme pour annoncer les règles. Elle était décidée à commencer, après tout elle avait dû attendre l’arrivée de chacun des enfants. Pressée et nerveuse qu’elle était elle se mit en tête que pour la peine elle éviterait les politesses inutiles et qu’elle se proposerait en première. La peur elle redoutait, mais elle préférait se montrer forte et puissante. Elle fit craquer ses doigts d’une pression forte à l’aide de son autre main, et se mit à serrer les dents de manière nerveuse.

“Merci à toutes et à tous d’être venus !  En tout cas, j'espère que tout le monde va se prendre au jeu. N’est ce pas Richter ?...”
Elle marqua une pause et lâcha un ricanement. “Je t’ai à l’oeil.” Chuchota t-elle.

Puis elle se racla la gorge. Et lança un regard à la foule.

“Je vous propose de me laisser commencer en tant que créatrice de cette petite réunion. Alors, moi je commencerai par action.”

La rate ne voulait pas encore risqué la vérité, elle ne voulait pas risquer les questions gênantes et la curiosité de Quenotte. Alors elle allait s'efforcer de rester dans ce qu’elle savait faire le mieux, agir et réfléchir plutôt que parler, s’exprimer sur des choses qu’elle même ne comprenait.


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Désolée pour le temps de réponsePieds-Nus ne viendra finalement pas du coup ! J'espère que ça vous conviendra du coup et on peut enchaîner plus rapidement dès maintenant.
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Fange
Ven 1 Sep - 18:46

     

     
Action ou Vérité?

     

     


Les salutations et allées et venues se succédèrent en petit nombre et si Fange répondit par un vague signe de malaise à l’arrivée de Raspoutine, il n’en fut pas de même pour Brèche qui eut droit à un regard attentivement excédé de la part du chef des rats.

La jeune fille ignorait certainement l’humiliation qu’elle lui avait subir, quelques temps auparavant, quand s’essayant à la frapper de dos, pour lui faire mal évidemment, Fange avait rencontré une ignorance presque désaffectée au point qu’un instant, un court instant, il s’était cru invisible. L’impossibilité de Brèche à ressentir la douleur était un fait avéré et maintes fois prouvées dans la Maison mais pour un sadique comme lui, pour quelqu’un qui ne prenait son pied qu’à la réaction, visible et audible, de sa victime, c’était un non-sens total.

Aussi se contenta-t-il d’appuyer sur son seul écouteur valide pour mieux écouter sa musique, restant néanmoins aux aguêts des moindres bégaiements et tremblements du parjure de l’assistance, cet espèce de Jésus blondinet à piteuse mine avec qui, pendant quelques secondes, il avait échangé un regard plus que tendu.

Ce fut Feu-follet qui brisa le malaise et instaura en une phrase directe les règles d’un jeu vieux comme le monde. Action ou vérité. Voilà qui prouvait l’intérêt cuisant de Quenotte à les faire participer et levant les yeux au ciel, Fange se mit à taper sur le meuble de la pointe de son talon, sifflant de rire.

« Tu t’jettes à l’eau Feuf ? » Alors autant lui épargner les actions pathétiques des autres qui allaient certainement en profiter soit a) pour se venger soit b) pour lui faire lécher le sol comme tout bon sale gosse de leur drôle de société.

« Vas-y, j’te propose… » Son cerveau se mit à turbiner et le regard fouillant les décombres de la Maison, tombèrent sur une tête de sanglier accrochée à un morceau de bois aussi poussiéreux que la morale de Richter.

L’animal, définitivement aggripé à un semblant de vie par l’éclat de ses yeux de verre et sa gueule encore entrouverte sur deux crocs d’ivoire désséchés, sembla leur sourire.

« Ca. » Qu’il pointa du doigt, direct. « Décroche ça et roule lui une pelle. »






     

 
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Quenotte
Ven 1 Sep - 20:49

   


   
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Fouineuse, fouille-merde, bouffe-secrets. Elle en serait outrée si elle savait comme dans leurs esprits sa présence est parfaitement explicable de par la nature du jeu. Et quoi, n’ai-je pas le droit de jouer moi aussi ? Comme le ramassis d’hormones en furie que vous êtes ? C’est un peu de curiosité, finalement, pour un lourd besoin de sociabiliser. Faire des risettes et des courbettes. Jeter de la poudre aux yeux. Essayer, juste le temps d’une heure dans le grenier, de passer outre le masque de pimbêche qu’on lui a collé sans préavis. Juste parce que moi je sais comment survivre. Encore et toujours, mordre les plus forts à la gorge. Elle roule d’une œillade aussi contrite qu’exaspérée à l’arrivée tonitruante d’un Raspoutine manifestement au mieux de sa forme. Lorsqu’il approche et pullule, de toute sa barbe, son jeu de sourcils – son adulte-rie – elle en retrousse presque une bouche hargneuse sur ses dents du bonheur.

- Oh mais il faut bien que quelqu’un dans ce dortoir prenne son rôle au sérieux mon cher, ou soit en tout cas le digne successeur de ce qu’on lui a légué.

Cela a-t-il quelque chose à voir avec Banshee ? Bien entendu. Tout entre eux a à voir avec la cigogne disparue pour peu que l’on veuille bien écouter, tendre l’oreille à leurs discours et la manière dont ils s’affrontent, les mots en lances sur le bout de la langue.
Alors de là à mutuellement s’apprécier. Rien que le mot suffit à la faire frémir. Trop grand, trop poilu, trop bruyant à tel point qu’il lui remémore parfois quelques piteuses années occupées à subir pour les adultes. Pas de quoi trembler pourtant. Pas de couteaux dans le dos, pas de lames – fictives ou non – abattues à sa gorge en plein sommeil. Si elle l’avait voulu mord il y a longtemps que Fange en aurait été informé. Il est bien utile là où on l’a hissé pour l’heure. Mener le troupeau dans toute sa monumentale connerie, si toutefois il acceptait d’écouter. Pas de quoi trembler mais voilà déjà l’autre qui palabre et s’emporte dans son éternel babillement. S’il savait – pauvre oiseau – comme les jeux s’emportent parfois au point de virer rouge. Il en sait quelque chose, pourtant, en atteste la phalange en moins à son pouce supplicié.

Elle grince dans ses boucles et se dit, dans un coin retourné de cerveau, comme elle aimerait bien porter la plaie couturée à sa bouche et s’y faire les dents. L’ombre d’une pensée déjà enfuie lorsque c’est Brèche désormais qui pointe le bout de son museau. Un salue un rien sinistre, rictus de biais. C’est davantage un moyen de signaler sa présence que de l’inviter en réalité. Les loups d’un côté et les agneaux de l’autre. Il semblerait qu’elle ait trouvé toute seule de quel côté se placer, contrairement à la Rate, l’intrépide à mèche de feu – Follet – se faisant premier sacrifice de leur mise à mort infantile. Pas de quoi jouer les chevaliers.

Et à Fange de renchérir. Il a de ces idées parfois, qui lui traversent le crâne comme une balle de puberté au travers des méninges. Sûrement qu’il tient ça de son père. C’est de son âge, paraît-il. Il y a toujours un moment où l’on finit par parler fluides échangés, s’en est agaçant. D’un froncement de nez, elle avise la bête empaillée avec un rien de répulsion. Presque de compassion pour la Rate.

- C’est poussiéreux et sale… - Puis un soupire. Un regard un rien compatissant à la concernée. Presque. – J’imagine que tu miroitais d’embrasser mieux mais le jeu c’est le jeu…



   
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Brèche
Dim 3 Sep - 23:05
Action ou Vérité donc. Brèche connaissait le jeu. On le pratiquait depuis la prime enfance, les genoux sur la caillasse qui borde les trottoirs avec, parfois, une bouteille de Coca-Cola vide posée au sein d'un cercle et que l'on fait tournoyer, histoire d'ajouter le hasard. Mais point de bouteille ici, et Feu-Follet lance les hostilités en se jetant, d'elle-même, dans la lice. Brèche admira, bouche close, son courage. Et, en même temps, elle n'en attendait pas moins de sa chevalière servante. Les prunelles bien écarquillées elle observa les protagonistes s'insérer dans la scène. Lorsque Fange désigna la hure de sanglier, Brèche émit un « Yerk » parfaitement audible. Embrasser un objet, ma foi d'accord, mais quelque chose d'aussi répugnant – et sale. Alors que Quenotte proférait à voix haute ce que chacun pensait tout bas, Brèche se leva.

« Je vais la nettoyer. » Du regard elle quêta les réactions de l'assemblée. « Rien ne l'en empêche, non ? Tant que Feu réalise le défi... »

La tête de sanglier était accrochée haute, trop pour que Brèche, même sur la pointe des pieds, ne puisse avoir assez d'allant pour l'ôter de son clou. Tirant une caisse en soufflant, la Loir la mena jusqu'à l'animal. Les doigts engourdis, rougis par l'effort, Brèche grimpa sur la caisse, saisit le sanglier entre ses mains. La poussière imprégna ses doigts lui arrachant un énième cri d’écœurement... suivi d'un hurlement aigu à la vue d'une araignée, grosse comme l'ongle de son pouce, qui trottina à sa rencontre.

« Ah non file ! »

Mais l'araignée, terrorisée et complètement perdue, préféra continuer son avancée galopante. La tête de sanglier échappa aux mains de Brèche qui la jeta au loin comme si, soudainement, elle avait pris feu. Secouant son bras pour en chasser la faucheuse indésirable, la Loir ne se vit pas déraper sur son piédestal tombant, à plat dos, sur le sol. Le choc fut tel que la Loir laissa échapper un souffle apeuré. Croyant voir l'araignée juchée sur son nez, Brèche se frappa.

« … Vais bien... » réussit-elle à proférer en retrouvant son souffle, tâtant encore son visage à la recherche d'une intruse. Se relevant, jupe froufroutant sur le parquet sale, Brèche quêta du regard la hure. « J'ai... blessé personne ? »



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Raspoutine
Jeu 7 Sep - 0:55
Si Quenotte songe combien les préjugés qui la veulent petite reine des commérages et des mesquineries sophistiquées finissent par lui rester en travers de la gorge, Raspoutine a pour sa part remâché un soupir face à son énième pique, presque chuintée, qu'il n'a encaissé qu'avec un rire de gorge -bas, évasif, un rire distrait qui murmure en sourdine "parle toujours ma grande"- et un signe de tête non moins désintéressé. Il la sait méritée, cette suspicion relevée d’hostilité, et la remarque n'est pas sans faire écho à sa crainte de ne pas être à la hauteur, bien qu'il ne le montrerait pour rien au monde... si ce n'est le retour de l'absent qui déchaîne ce flot de véhémence. Pourtant, rien ne vient prouver pour l'heure cette incompétence qu'ils guettent tout deux -et tant d'autres- du coin de l’œil. Il s'agit d'une de ces idées préconçues envers laquelle la pensée de Quenotte peste en ce moment même, toute faîte pour épargner à ses détracteurs la peine de lui offrir le bénéfice du doute : car il est bien là, à son rôle, gigotant sur le trône, renâclant mais présent. Peut-être pas de la manière dont on l'attendrait, trop bruyant, trop proche du basculement dans le monde des adultes, mais il ne s'est pas défilé face à ces responsabilité qu'il lui inspirent un vague vertige mêlé d'angoisse, une nausée spectrale, s'essaie à gérer l'héritage de Banshee comme on lui a sommer de le faire. Assurément bien différent du Cerf Blanc et sa sereine maîtrise, en toute sa flamboyance dysharmonieuse, mais non moins impliqué malgré les apparences. Plus subtil qu'il n'y paraît, et au fait des attentes de son prédécesseur. Plus qu'aucun autre.
Nul ne peut prétendre connaître mieux que lui les aspirations qu'avait Banshee quant à la tenue du groupe. Il sait quels sont les points d'importance que le Cerf blanc voulait voir préserver au moment de son départ. Il sait aussi quelle proportion de changements il aurait toléré ; car il n'a pas été qu'aimé par la Cigogne, il a été formé par elle, modelé, nourris et instruit par ses lèvres. Tous observaient Banshee et apprenaient de lui. Tous pensaient avoir appris à le connaitre, à le comprendre dans une certaine mesure, malgré son étrangeté immanente, sa frustrante évanescence. Mais il a toujours échappé aux prédictions d'autrui, s'est joué de la lumière révélatrice en se glissant d'une ombre à l'autre avec une grâce élastique. Jamais Raspoutine n'aurait pu deviner que Banshee le préparait à prendre sa suite, du temps où sa silhouette chamarrée parcourait les couloirs, quand naguère -il y a à peine trois mois ?- ses mains froides venaient encore se poser sur ses joues au beau milieu de la nuit, que ses doigts longilignes s'agitaient dans sa barbe, glissaient à son épaule, jouaient avec des anguilles et découpaient des ombres trompeuses sur les murs, agitées et languides, s'affairant tranquillement. Et pourtant désormais... Il lui semble évident, à l'aune de sa Disparition, de sa dernière volonté proférée à Chaman -il a dit avant le dernier soir... il a dit que- que Banshee a passé deux ans à le former pour prendre sa succession, entre deux jeux et des étreintes cachées. Il ne s'agissait pas de sa seule motivation à se rapprocher de lui, mais il apparaît de manière limpide à Raspoutine qu'elle a déterminé en grande partie l'amitié -la relation dis le- qui les a unie.
Trop peu ont accepté cette version de l'Histoire.
Mais n'est-il pas coupable lui même de juger Quenotte à sa réputation, de n'apporter en supplément à ce jugement hâtif que les paroles de Banshee -elle est une paire d'yeux qui rampe dans les couloirs à l'abris de leurs ombres Rasti, elle voit entend sait tout, même pour nous crois le bien, et nous n'avons aucune raison de le regretter-et ses propres observations distraites ? (Que peut-elle bien noter sur moi dans son foutu carnet... ?) La question a fusé dans esprit au moment de s'éloigner de Quenotte, mais il n'a guère le temps d'y songer pour le moment. Sans doute y pensera t'il plus tard dans la soirée, avant de rejoindre l'Envers... ou peut-être pas ?
Pourtant, il s'agit d'une interrogation d'importance capitale, d'un problème majeur à régler pour le bien des Cerfs autant que pour le sien. S'il faisait le premier pas, se pourrait-il qu'une réconciliation s'augure, même laborieuse ? Ou Quenotte refuserait elle catégoriquement d'envisager cette option ? Et dans ce cas, attendrait elle vraiment sans plus agir que par des persiflages, au cours des deux années à venir avant leur Départ respectif ? En admettant qu'elle ne s'en contente pas... à quoi devait-il s'attendre de sa part ?
Pour commencer, à de vilains sous-entendus, et à des sales coups durant le jeu. Mais si Quenotte tient tant que ça à ce que nous nous donnions en spectacle après tout... je suis très bon à ça.
C'est bien scabreusement entouré qu'il s'est donc posé aux côté de Richter, les coudes en vadrouille et la langue claquante, non sans noter l'arrivée d'une Brèche aussi discrète qu'une sourie, malgré son retard, sa quinte de toux et sa gêne apparente. Nul autre à part Fantôme ne pourrait avoir l'air aussi balloté par son existence que cette jeune fille. Au moins, celle-ci ne représente aucun risque. Ou peut-être bien que si. Qui peut savoir après tout ? Les pensionnaires de la Maison adorent se réserver entre eux de bien mauvaises surprises- on en a vu de plus muets et paisibles que Brèche devenir de vrais psychopathes lors de l'adolescence. Vésuve le crevard, un des ratons multicolore de Fange, a d'abord été un des plus pitoyables punching-balls de la Maison, tout de sanglots, de pisse et de regards trop vides, avant de se muer subitement en un danger publique reconnu et craint à sa juste valeur. (Celle des empoisonnements presque mortels, des rencontres nocturnes de l'os et de l'acier, de la chair et des dents, de l'urine dégoulinant sur une mâchoire brisée, qui est le Puant maintenant, QUI EST LE PUANT SALE PETITE MERDE ? QUI EST LE PUANT QUI EST LE PUANT QUI EST LE PUANT.) Raspoutine n'a pas oublié les rumeurs ayant trait à la mort de Cocarde. Un sanglant mystère de plus entre ces murs décidément de plus en plus rouges. Brèche a sans doute son lot de violence cachée, ses secrets bien tassés au-delà des sourires, une part d'obscurité malgré sa douce gueule de martyr. Quenotte doit savoir. Mais je ne peux tout de même pas lui avouer que je porte de l'attention à tout ce qu'elle me raconte lors de ses comptes rendues- ce serait beaucoup moins intéressant que d'attendre qu'elle le constate toute seule.
Raspoutine en est à songer qu'il est finalement bien seul, quand soudain... Qui l'eut cru ? La salvation vient d'un oiseau, un messie endimanché dont la voix trottine sur les syllabes comme sur un chemin de montagne, parsemé de silex qui lui déchirent la langue. Il ne s'attendait pas à une réponse cordiale. Et toutefois, si Richter n'a rien d'un jésus dans sa mise -à vrai dire Raspoutine se sent plus à même d'en être la doublure dans tout son hirsutisme-, il est son sauveur en ce grenier couturé de lumière, qui ne contient que des regards fuyants, une vague indifférence et un malaise trop rance. C'est assez rocambolesque pour lui arracher un sourire. Un bouc à la rescousse d'un cygne esseulé grelottant aux flammes froides d'un feu-follet mutin ; vilain petit canard drapé de velours qui lui rend la pareille, en tendant amicalement son bec. Il n'y ici que des duos, bien que Rasti ne le perçoive pas encore clairement : Brèche et Feu-Follet, complice de coups et de baisers, Quenotte et son frangin, liés par le sang, la chair et les promesses. Richter-cygne-pingouin, et lui, sa Bête amicale, soutient et fléau, soleil de fourrure auquel quêter un peu de chaleur à défaut d'une illumination. Ils avancent en équipe, sans bien s'en rendre compte. La leur est la plus improbable, sans doute la plus instable.
Instinctivement, Raspoutine se rend compte qu'ils vont devoir faire front ensemble, qu'une sorte d'entraide est de mise cette fois-ci ; la pensée ne se forme pas distinctement dans son esprit, mais elle se dessine, impalpable, et lui dicte la marche à suivre. Leur proximité physique inédite ne trompe d'ailleurs pas à ce sujet : ils forment une équipe. Et qui fait partie de l'équipe de Raspoutine est assuré de son soutient inconditionnel.
Pour le meilleur et pour le pire, amen.
L'emplumé lui fait part des raisons de sa présence, choisissant d'envoyer paître la crédibilité dans un royaume lointain. Mais Raspoutine comprend qu'il veuille garder la face, il sait en quoi prétendre peut être important. Respectant la volonté de Richter de préserver un peu de sa dignité bafouée, il fait donc l'impasse sur une éventuelle boutade, optant plutôt pour un encouragement. Même les plus nobles oiseaux ont parfois besoin d'une épaule-perchoir depuis laquelle s'envoler.

- Garde pas la gueule triste Richter, ça va aller, t'as un chien de veille. On ne te volera pas dans les plumes aujourd'hui.
Et il y a en effet une convulsion qui se saisit de ses lèvres quand il concède à son visage une crispation heureuse. Peut mieux faire, c'est un relief en papier mâché sur une tronche de plâtre, mais l'effort mérite d'être salué. Rasti s'en félicite.
C'est un sourire tout pâle que tu fais là, mais tu sais quoi, c'est mieux que rien ! (il retient une bourrade, songeant qu'elle pourrait bien achever le seigneur trémulant) Si tu veux faire face aux créatures qui rôdent dans ce grenier (et qui se feraient volontiers un petit gigot de cygne), il ne faut pas hésiter à leur montrer les dents. Tu parles bien Richter, alors à tes mots élégamment choisis, accorde donc aussi le langage du corps. Sois assuré, ou fait semblant. Si ce jeu va trop loin, il n'en sera que plus amusant, et tu auras en sus des choses intéressantes à observer. Un bon berger doit savoir faire face aux loups pour protéger son troupeau, n'est-ce pas ? Il y a bien ici des brebis que tu voudrais sauver, non ? Et aller, disons le, il t'en a fallut des efforts pour monter jusqu'ici ; c'est que tu te muscles mon gaillard, à nous faire de la grimpe ! (Et là encore, il retient de justesse une bourrade amicale, déviant le mouvement cataclysmique en un sourire qui ne l'est pas moins- ample, moite, et couronné de moustaches.) Alors ce serait dommage d'être venu pour garder un œil sur une assemblée trop sage, hein ?
Et il le pense, le bougre. Ce genre d'initiative ne peut qu'occasionner un prodigieux esclandre. Mais que serait un regroupement dans la Maison sans un bouquet final pour mieux le sublimer ? L'apothéose vient toujours avec un mot de trop, une attitude dangereuse.  Il n'escompte rien de moins qu'une magnifique explosion au terme de ce jeu. C'est tout ce qui peut résulter d'une collision entre les membres de différents groupes. La mystique du lieu n'y changera rien, que l'on y entrepose des reliques n'a jamais suffit pour faire du grenier une zone de sûreté exempt d'échauffourées. Elles sont d'autant plus probables aujourd'hui que trois chefs de groupe parmi les quatre à "régner" (régents passagers, quand la seule maîtresse véritable est carmine) sur les lieux s'entassent dans l'espace exiguë, sous l’œil trouble des bibelots poussiéreux.
L'inévitable silence empreint de malaise qui guette toute réunion n'a pas vraiment le temps de s'installer (sauf dans le crâne de Fange, qui lui semble décidément plus renfrogné qu'à l'habitude dés lors qu'il pointe le bout de sa barbe ; ce qui tient autant de l'obscure miracle que du mystère) que Feu-Follet bondit sur ses pieds, se défait prestement de l'haleine grise et pesante que le grenier a condensé sur elle, puis s'avance, d'un pas conquérant, au milieu de leur cercle. Ou tout du moins de la forme géométrique inepte dont leur positionnement dans ce coin de grenier trace les contours tordus. Malgré le mal qu'elle se donne à faire preuve de prestance, Raspoutine ne peut que noter la légère crispation de sa mâchoire. En bon acteur, il a tôt fait de repérer les défaillances dans le jeu d'autrui, les craquelures du masque. Quand il ne les observe pas consciemment, elles se dévoilent à son instinct. Dans un cas ou dans l'autre, Raspoutine agit toujours en conséquence... Et cette fois, cela consiste à ne rien faire. Pas même un commentaire ou un sourire roublard. Il est trop tôt pour rejoindre Feu-Follet sur le devant de la scène ; puis il doit bien se l'avouer, il n'a aucune envie de taquiner la rate. Il admire toujours aussi bien l'effort que l'initiative. De toute évidence, malgré sa susceptibilité légendaire, Feu-Follet fait ici preuve des deux. Il ne trouve rien à en redire... pour le moment. Nul besoin d'intervention faunesque pour pimenter la situation.

- Merci à toutes et à tous d’être venus !  En tout cas, j'espère que tout le monde va se prendre au jeu. N’est ce pas Richter ?
Que c'est bas. Conduire le Cygne en territoire ennemie pour persister à l'y intimider. Facile et mesquin. Raspoutine retient un grincement de dents, mais pas un froncement de sourcils ponctué d'une fugitive moue de désapprobation. Cela va à l'encontre des efforts qu'il fait pour mettre un peu de frivolité dans la vie de l'oiseau. Il escompte bien que Richter trouve du plaisir à cette petite réunion, et qu'il s'amuse avec eux, tout compte fait ; non pas que tous profitent de l'occasion pour le tourmenter, sans aucun Tâche présent pour détourner les claques. Mais qu'importe, puisqu'il est là pour les rendre. Qu'à cela ne tienne, Richter sera son protégé pour la durée du jeu- il le doit bien au chien de garde des Cygnes. Et quand bien même la sympathie qu'il éprouve envers Tâche ne se rappellerait pas à lui en l'instant, Raspoutine a toujours eu un goût absurdement romantique pour les causes désespérées. Il se prend vite -mais généralement fugacement- à soutenir les plus vulnérables, quitte à plutôt les mettre dans l'embarras en cherchant à aider.
C'est donc en toute bonne foi qu'il passe un bras amicale -mais lourd, velu et moite- autour des épaules de Richter, grognant un encouragement inarticulé pour lui signifier son soutient. A lui autant qu'aux autres.
Pendant ce temps, Feu-Follet ménage son effet, les jaugeant du regard.
Je vous propose de me laisser commencer en tant que créatrice de cette petite réunion. Alors, moi je commencerai par action.
Rien de surprenant là dedans. Qui donc voudrait lancer bal des vérités ? L'une entraînera l'autre jusqu'au chaos final... Sans compter qu'on agit plus aisément que l'on cogite, dans une assemblée adolescente telle que la leur. Preuve en est que Fange ne perd pas de temps pour dicter à sa rate une action propre à poser de suite une ambiance sulfureuse. La tête de sanglier semble leur faire de l’œil. Gâteuse, hirsute et lubrique. Raspoutine ne peut s'empêcher de lui trouver un certain charme. Une fois n'est pas coutume, Quenotte ne partage pas son opinion ; il n'y a guère qu'au sujet de Banshee qu'ils sont tombés d'accord.

- C’est poussiéreux et sale…  J’imagine que tu miroitais d’embrasser mieux mais le jeu c’est le jeu…
Elle en serait surprise, la fille aux phalènes, mais Raspoutine a appris à l'écouter. Non pas seulement à entendre ses mots, mais à comprendre à ses inflexions de voix des intentions cachées. Ça n'a jamais suffit à la percer jour, d'autant plus que les piques sont lancées pour être senties, ce qui implique souvent de ne pas les étouffer sous les fioritures de la subtilité, mais il est pratiquement certain que cette remarque cache un sous-entendu. Feu-Follet éprouverait donc un émoi tout particulier pour quelqu'un dans ce grenier... ? Raspoutine a du mal à le concevoir. D'un autre côté, ce n'est pas forcément ce que signifie cette phrase. L'heureux élu peut aussi bien résider ailleurs. Dieu seul le sait néanmoins... Et Quenotte est dans ses petits papiers. Un tour d'avance sur tout le monde, pour changer. A cet égard, elle lui rappelle Banshee. Il avait la même agaçante manie de toujours tout savoir. A ceci prêt que Banshee l'aimait. Quenotte serait plutôt du genre à s'informer de ses mensurations pour lui prévoir une tombe lowcost suffisamment profonde.
A cogiter, il en tapote distraitement des doigts contre le bras de Richter. Ceux de son autre main sont occupés à farfouiller sa barbe.

- Je vais la nettoyer, intervient vaillamment Brèche. Rien ne l'en empêche, non ? Tant que Feu réalise le défi...
Grands dieux, l'action entreprise est digne de Fantôme. Ou bien de Rossignol. D'une bonté compulsive dont font preuve ces êtres évanescents s'excusant d'exister, et desquels la jeune fille fait visiblement partie, à la plus grande absence de surprise du grand bouc. A la voir s'activer pour se saisir de l'amant crasseux de Feu-Follet et le débarbouiller, il lui démange d'apporter son aide- après tout, il lui suffirait de tendre le bras pour se saisir de Sieur Sanglier. Mais ce serait priver Brèche du plaisir simple d'assouvir sa névrose de martyr christique.
Et les priver, eux, d'une petite danse paniquée suivie d'une chute qui ne manque pas de crisper Raspoutine (pardon Richter). Il croit sentir la douleur rien qu'à visualiser ce qui devrait normalement la produire ; mais bien entendu, Brèche est indifférente à la souffrance qu'aurait dû lui occasionner la chute. La tête de sanglier également, la Rouge bénisse le silence des animaux empaillées en son sein (tout du moins en journée, il lui semble avoir déjà été invectivé par des bibelots dans l'Envers). Gueule béate qui repose désormais entre les genoux de Fange. Joli couple.
La jeune Loir a tôt fait de se relever pour renouer avec sa mansuétude infinie. Raspoutine ne peut s'empêcher d'intervenir suite à son acte manqué de serviabilité.

- En admettant que tu sois personne, alors oui, tout le monde va bien. Un peu de considération pour toi même bon sang de bois ! Ménage toi donc un peu, eh. Tu es serviable de la plus charmante des manières, j'en conviens, mais tu n'es pas connu pour ton adresse Brèche- sauf à confectionner des amulettes. Et il y a tout à fait de quoi se blesser dans ce grenier pour peu qu'on s'en donne la peine, même en omettant la langue acérée de Quenotte. Encore que je doute que l'on puisse trébucher dessus par inadvertance, mais, est-on jamais assez prudent avec ce genre de choses... Sans compter non plus le sanctuaire tout proche. Personne ne voudrait déranger les spectres qui s'accrochent aux reliques entreposées ici, n'est-ce pas ? Qui sait ce que nous pourrions réveiller en versant un peu de sang en ces lieux.
Et il est presque certain que l'idée chatouille au moins l'un d'eux. Sans doute le chat auquel a échu la garde du prince peu charmant de Feu-Follet ; probablement sa sœur aussi, puisqu'il lui a fait l'affront d'ouvrir la bouche. Ce qui constitue de toute évidence un crime de lèse-majesté.
Alors il vient ce langoureux baiser ? Autrement je serais ravis de prendre ta place Feu-Follet, parce-que j'ai l'impression que ton beau prince me fait de l’œil. Quand bien même je nous trouve un air de famille, au sanglier et moi...
Autant jouer l'auto-dérision avant que quelqu'un d'autre ne lui fasse remarquer.
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Richter
Jeu 7 Sep - 21:49
une action entraîne une vérité
Qui a eu tort ? La raison du plus fort
Pour un regard en croix je suis mort
Toi mon frère dis moi pourquoi
La vie continue sans moi
Dis moi pourquoi j'étais là
Un jour au mauvais endroit
raspoutine hurlant raspoutine riant pour une fois bien calme
tu prends sous ton aile un cygne, c'est amusant ça quand on se rapproche plus du singe que de l'humain raspoutine
sourire pâle- ça lui ferait presque échapper un râle
que tu insistes pour qu'il montre ses dents à l'émail parfaitement blanc et ses commissures relevées trop hautement pour être un rien sincères
non- il se sied mieux dans les joies discrètes et distingués
toute en tenue- sans excès
richter ne répond rien, après tout l'élégance est une évidence
mais tu continues raspoutine car tu es raspoutine, ça sonne comme une évidence que retenir ses paroles n'est pas dans tes priorités- même si le faire serait un peu moins déplacé que prononcer tout ce qui te passe par la tête
de chef à chef il plisse les lèvres dans une moue boudeuse (sans exagération n'oublions pas que le surplus est disgracieux au quotidien) mais admet que tu as raison d'un
mhmh, p-pour sûr.
pas de grand discours pour une fois- c'est étrange mais il a son cœur qui se serre qui fait des roulements mécaniques un peu plus accélérés qu'à son habitude une sorte de pudeur
vis à vis de quelqu'un dans ce grenier
mais jamais il n'arrivera à prononcer son nom- quelle honte de se soucier d'un sauvage comme le chef des rats (un garçon de plus, qu'est-ce qui ne va pas chez lui ? serait-ce un peu de jalousie envers son assurance naturelle ? ou quelque chose qu'il ne pourra assumer un jour ?)
sans vraiment y croire toutefois il se permet de garder un pied en arrière mentalement comme prêt à déguerpir
et la voilà
maîtresse du jeu- maîtresse du lieu
qui s'impose, torse bombé toujours
et ça envoie déjà des piques mais il reste inflexible trop habitué à ce genre de remarques
n'a pas le goût de faire la leçon à un rongeur
il te sent t'agiter raspoutine- ne peux-tu pas rester en place
non il faut que tu poses ce bras (tu pourrais presque faire un tour non) pour montrer que tu es là et que tu le lâcheras pas toi- géant de terre et de poils
il frémit un peu en imaginant la crasse et la poussière- mais ne dit rien
quel ingrat serait-il de refuser l'aide
le gage est tombé et ça le fait grimacer
et la drôle de danse continue brèche s'en mêle il est complètement indifférent- sauf quand l'étreinte se resserre
il pousse un long soupir
mais reste silencieux- après tout il n'a pas son mot à dire
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Feu Follet
Jeu 7 Sep - 23:21
Action ou Vérité ?

“Ok ! Je m’y colle !”
Comme si elle avait le choix, maintenant. Elle n’avait son mot à dire, surtout avec Fange qui l’avait demandé.
Première arrivée, première servie. Une vieille tête de sanglier poussiéreuse à bécoter langoureusement, c’était le premier acte, sa première action. A l’idée de devoir accomplir cet acte dégradant et à la fois réconfortant, le visage de la rate se figea pour exprimer air de dégoût. L’animal en question n’exprimait rien de bon si ce n’était le civet que l’on pouvait manger parfois dans l’année en hiver. La tête semblait bien morte, détaché de vie. Elle avait l’air d’être ici depuis des années, et pourtant son parfum grossier ne serait parti des restes de sa carcasse poilue et disgracieuse. Ses dents s’alignèrent ensuite et les plis sur son nez se frictionnaient, se rappelant que tout cela n’était qu’un jeu pour enfant, et que l’animal qui vivait dans ce bout de corps n’était plus là depuis un moment. Elle même ne put secouer la tête pour dire non à Quenotte tellement que l’idée d’embrasser une autre personne lui aurait été mille fois plus agréable, néanmoins seul son regard se posa sur la jeunette, et les mots ne sortirent, ses pensées brouillées par l’imagination de cet acte avec la poupée à coups.

Feu-Follet voulait bien le faire, s’avancer, cependant c’était la jeune Loir qui se préoccupa du sort de la rate rebelle. D’une gentillesse incommensurable, la jeune fille voulu dépoussiérer la créature que la noiraude devait bécoter. Cela ne faisait pas tout pourtant, sa maladresse prit le dessous et elle fit tomber l’heureux élu du côté de Fange en chutant à cause d’une arachnéenne capricieuse et butée. Son cri féminin et aigu donnait la sensation de s’être fait percer un tympan, alors Feu-Follet fronça les sourcils et vit son punching-ball au sol se ramasser. Un soupir s’échappa de ses lèvres souriantes, attendries et moqueuses à la fois. Ses yeux se levèrent trouvant cette action purement prévisible.

Raspoutine surenchérit derrière tandis que la rate s’approcha, hésitant à ramasser la maladroite. Il dictait les consignes qu’auraient dû suivre Brèche connaissant son manque de talent pour l’adresse, l’agilité, ses réflexes et son habilité. Pourtant, Feu-Follet ne pouvait penser qu’elle n’avait voulu que l’aider et qu’elle avait bien fait de détacher la bête au moins, cela lui aurait peut-être éviter de galérer du sommet de sa taille grotesque. Puis adressée à elle, comme une petite pique pressée pour voir la scène Raspoutine avait lancé. Lui, avait de l’aimer cet animal grossier. En chemin, elle plongea un coup d’oeil sur Brèche, comme inquiète concernant son état. Or ce n’était pas le temps des inquiétudes, mais plutôt des embrassades. Elle ne s’arrêta que devant le Grand chef.

“ça vient, ça vient !”

Puis elle chopa la tête morbide et fauve de ses deux mains charcutées entre les genoux de celui qui avait ordonné son exécution, Fange. Elle leva la tête pour la porter en face d’elle. Observant cette tête de prêt elle sentait la vieille odeur de l’animal et son corps s’anima d’un dégoût, le parsemant d’une envie légère de dégobiller. Feu-Follet prit cependant le sanglier et l’approcha de son visage. Ses yeux vinrent se fermer pour ne voir qui elle allait embrasser et elle plongea ses lèvres contre la gueule de l’animal à l’haleine puante. Écœurée, elle du se conforter à l’idée de plonger sa langue presque timide dans la bouche du sauvage, et de la remuer désagréablement dans cet ensemble croupit. Elle avait beau imaginer que c’était une autre personne qu’elle appréciait, l’odeur lui rappelait sans cesse que c’était bien cette bête à qui elle donnait une première galoche. Des légers bisous, elle en avait déjà donné pour s’amuser lors de ce genre de jeu, mais la langue imprégnée de goût dégoûtant et poussiéreux, c’était une sensation qu’elle ne connaissait, qu’elle connaissait à présent, et ne voulait plus connaître. Ce qui était sûr, c’est que peu importe qui elle embrasserait, cela ne serait jamais pire.

Puis sa langue ayant parcouru la bouche de l’aliment préféré d’Astérix, elle passa son poignet contre ses lèvres comme pour s’essuyer. Une main agrippant la fourrure de l’animal, elle avala à contre cœur et ouvrit les yeux un par un. Son corps l’amena à Raspoutine et lui apporta son amour de toujours, son prince charmant qu’il avait tant désiré.
Elle posa son regard vers l’auditoire qui avait assisté à toute cette scène et l’égaux toujours aussi remonté balança en déposant la créature de la faune des sylves à ses pieds.

“A qui le tour maintenant ?!”

BY MITZI




Feu-Follet gromêle en #cc0000

Feu-Brèche made by Fantoche:
 
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Fange
Dim 10 Sep - 10:43

     

     
Action ou Vérité?

     

     


De vaillants petits soldats, tous bien obéissants. Entre Feuf et son entrain un peu bizarre et Brèche qui se coltine la tâche de dame de ménage, Fange observe la foule le regard un peu railleur jusqu’à ce que l’accident ne se produise et lui arrache un rire étouffé. L’hilarité du chef des rats n’augurant jamais rien de bon, c’est un grincement strident qui s’échappe de sa gorge un peu comme le crissement d’une cigale et s’énervant de la panique un peu sèche de Raspoutine, Fange agite aussitôt sa main comme pour chasser son inquiétude.

« Ca va, Raspoutine, elle a rien. La preuve, elle a pas crié. » Méchanceté gratuite un peu vengeresse. Il est vrai que pour Brèche, la vie chez le Sépulcre ne devait pas être si fun que ça. L’inconscience de sa douleur l’empêchant de véritablement se rendre compte du mal qu’elle pouvait se causer. Mais ça ne serait certainement pas lui qui irait la traîner là-bas sous prétexte de prendre soin d’elle. Qu’elle se démerde, chacun ses emmerdes après tout. Et déjà lassé, voyant l’araignée fautive se faufiler jusqu’à lui, tendant ses pattes sur le meuble, il vint la cueillir de l’index. Et la fit rouler le long de ses doigts, l’autre main passée sur sa nuque, clairement allongé, détendu, et faussement pensif.

L’oreille gueulant un son rock, l’autre témoignant des actions suivies au sein du grenier, il sentit plus qu’il ne vit le baiser de Feuf. Son claquement humide contre le museau du sanglier. Revit le profil de la Grande Rouge avec sa tête de fille sur son corps désoeuvré et frissonna un rien. Les pattes de l’araignée vinrent caresser ses jointures, et le regard un rien plus abandonné il la tua d’un geste sec. Ecrasant son corps en forme d’œuf comme un grain de raisin. Voyant son jus suivre les lignes de sa main.

Bye bye fileuse.

A qui le tour ?

« Richter a l’air de se faire chier. » Son regard noir vint chercher celui du cygne. Et affecté dans une fausse preuve de tendresse. « Ça serait bon que ça soit son tour non ? Hein Richter. T’en bégayes d’envie. »

Pour ce tour-ci par contre, hors de question qu’il donne l’action. Que les autres soient un peu inventifs tiens.


     

 
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Quenotte
Dim 10 Sep - 13:44

 


 
I wish I had monopoly over your mind

 
I wish I didn't care all the time

 
C’est un spectacle répétitif et un rien lassant avec le temps qui se solde toujours par la mort certaine du condamné. Il n’y a jamais de place pour la surprise avec Fange et le monde ne semble que s’en porter bien mieux, au travers des lignes savamment orchestrées de sa chemise à carreaux. Entre les filaments une foule d’idées noires percent et s’enlacent, mélasse fumante d’une violence à peine contenue qui a tout à voir avec la langueur d’un baiser mortifère. Déjà sa vision se trouble et la rate passe au second plan de son intérêt. Ne demeure plus après la chute d’une Brèche empotée que les firmaments visqueux d’une langue en pleine découverte et qu’elle ne prend plus la peine d’écouter.

Déjà l’ennui la gagne et elle ne sait plus si bien pour quelle raison elle a tant insisté pour venir. Au reste du monde elle se sent extérieure et s’interroge alors si cela est le cas de tous. S’ils vivent la communion de l’instant ou si, comme elle, ils se retranchent à leurs propres mondes, vitre ouverte mais floue sur les balbutiements d’autrui. Déjà l’ennui la gagne et elle n’est presque plus là, aussi évanescente qu’une araignée éclatée sur une paume, un fil de vie intangible dissolu dans le néant. C’est un peu de la Quenotte d’avant – lorsqu’elle n’était pas vraiment Quenotte – qui prend le pas dans un froissement de papiers tandis qu’elle ouvre son carnet pour quelques notes hasardeuses. Pas de quoi paniquer pour les autres. J’en ai rien à faire, de vos sales petits secrets.

Ne reste plus d’elle qu’un grattement de crayon acharné et l’ombre d’une absence, une attention trop rapidement disparate. Dans l’air cela volète et cela tangue, au point de percuter son oreille avec un train de retard. Aussitôt c’est un frisson, une rage d’un rien qui pourtant prend rapidement la place de son air. Un mot de trop, un mot de tout et un sang qui bouillonne jusqu’à des recoins imprécis de son corps. Parmi les boucles, une banquise asséchée pour s’échouer sur la mine grand-guignolesque d’un faune sans doute bien fier. Et, outrepassant la suggestion de son cadet, une mine de stylo planté dans le plancher, à la force de son poing minuscule. Voilà, satisfaits. En plus de la croire pimbêche ils pourront aussi l’accuser désormais d’être colérique.

- Non attend mon frère, je crois que Raspoutine ici présent a très envie de s’exprimer sur bon nombre de sujets alors on devrait le laisser faire. – Puis sur fond de rire grinçant, directement au concerné. – Eh bien vas-y Rasty, je sais que tu adores donner de ta personne, et parler de toi. – C’est faux, elle le sait pertinemment. – Puisque tu as la langue si bien pendue au sujet des autres, avec tes plaisanteries d’emmerdeur, tu pourrais peut-être te dévouer non ?

C’est tout juste si elle ne gonfle pas une poitrine inexistante pour appuyer ses propos et lui faire face, à peine si elle ne lui saute pas déjà au pelage pour lui en arracher les boules de poils. Puis, d’un reniflement à peine plus tendre.

- Action ou vérité ? A moins que tu ne décides de sacrifier notre cher Richter à la place ? Ça te ressemblerait bien.


 
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Raspoutine
Mar 12 Sep - 0:17
Et voilà qu'on y vient. La belle au croissant de feu et sa bête inanimée, empaillée à la gloire des dynasties baveuses. Figée dans un hirsutisme animale pour un château branlant qui n'a pas voulu de cette décoration putride sur ses murs écarlates- remisée aux cimes de la forêt carmine, écorce de plâtre, frondaisons de tuiles. Pour y pourrir dans la poussière gluante, aux côtés des reliques d'une noblesse boutonneuse. Témoignage macabre que les contes n'ont pas toujours de fins heureuses. Que les enfants ne désirent pas toujours qu'il en soit ainsi, et qu'au galop de leur imagination jappent autant de cauchemars que d'idées malheureuses. Car innocence et cruauté avancent main dans la main. Qu'ils se rient volontiers des tristes dénouements, aiment à savoir rosser tous les méchants de l'histoire. Après tout, les contes préparent la jeunesse à la violence du monde...
Ici, pas de sang versé, ou du moins pas encore. D'autres fluides dégoulinent, humidité buccale dégorgée, étalée, fleurissant dans l'abîme de cette gueule puante. Fleurs de salive écloses dans un tombeau. Baiser de printemps, premier bourgeon de sensualité écrasé entre les crocs d'une bête- c'est le jeu. Et les lippes mortes du sanglier n'apprécient ni ne rejettent ce contact moite et juvénile. Ce n'est pas faute d'y consentir avec une certaine fougue. Feu-Follet va au bout de la chose, projetant sa langue dans l'antre moisie, la parcourant de long en large, cuir fétide, fourrure de charogne, passant sous ses papilles. Raspoutine ne peut qu'éprouver une sincère admiration pour la Rate : pas de demi-mesure ici. Le défis est relevé à pleine bouche, sans complaisance malgré la répulsion évidente de la jeune fille. Force est de reconnaître que Feu-Follet va au bout des choses, met dans la tâche toute son intensité ; ce n'est peut-être rien de plus qu'un baiser à un bibelot puant, mais tout de même. Il faut de la détermination pour s'y donner avec tant d'application écœurée. Le faune ne s'y trompe pas, en bon expert des choses de la chair et du souffle (du moins aux yeux profanes des gamins de la Maison). C'est sans ramener son bras lascif du corps de banquise de Richter, septentrion humain assaillie de moiteur, qu'il se met à applaudir avec emphase, lâchant un tonitruant "ELLE A DU CRAN" pour saluer la victoire de la Rate.
C'est conquérante qu'elle s'avance à nouveau face à eux, non s'être débarrassée des saveurs faisandées appesanties à sa bouche, posant la tête décapitée de l'amant à ses pieds. (Une prestance toute divine. C'est digne de Kali.) Et somme le bon peuple de la Rouge de poursuivre le jeu, de faire sa part du labeur, de payer à son tour son dû de sueur, de salive. Qu'ils triment bon gré mal gré à relever leur défis.
A commencer par Richter. On veut son chant du Cygne. On veut le plumer, lui arracher des pleurs, des cris, lui faire ironiquement expier sa différence, ses mises adultes, sa foi. Lui faire payer d'être un cuisant rappel à l'Extérieur. Le punir de ressembler à un oiseau de malheur, plus encore qu'à un petit pasteur. Et pourquoi pas ? Il est si simple à tourmenter, Richter. Si aisé de le mettre mal à l'aise, de rire de lui et de son bégaiement. Le pauvre garçon tient plus de l'agneau sacrificiel que du berger qu'il escompte incarner pour ses ouailles récalcitrantes. Les brutes telles que Fange ne s'y trompent pas, voyant dans cette vulnérabilité comme un appel à la violence. Ne serait-elle pas méritée ? A jouer les réprouvés parmi d'autres parias, c'est presque s'il ne quémande pas qu'on le frappe, qu'on use de ses poings et des recoins les plus tordus de son imagination pour tourmenter son âme (immortelle amen) et son corps frissonnant. A jouer les petites jésus, Richter élève sa propre croix au plâtre de la Maison.
Mais pas aujourd'hui.
Aujourd'hui il s'est laissé traîné jusqu'à l'un de leur sanctuaire païen, environné de reliques. Aujourd'hui il reste dignement en place pour y jouer avec eux, fait un pas -même forcé, c'est un pas- dans leur monde grouillant de secrets, de symboles, de violence. Et Raspoutine ne tolère pas qu'on s'acharne sur lui. Richter est faible, c'est un fait, malgré la force de caractère qu'il démontre chaque jour en défiant la Maison- faible face aux braillards et aux foules, face aux poings, aux lames, aux mesquineries des autres. Trop vulnérable en son corps, trop engoncé dans sa dignité silencieuse. Il a la force d'endurer, jour après jour, mais ne rend pas les coups. Résilient mais vulnérable, il trébuche sur le chemin qui le conduira à l'Extérieur, et à de nouvelles désillusions. Refusant de comprendre qu'il tient ici sa chance d'oublier pendant quelques années ce qui l'attend dehors.
Richter a le droit de s'amuser tant qu'il est encore temps. Richter a le droit à un moment de répit. Richter a le droit de ne plus être une cible, rien que pour une heure ou deux, car bien assez tôt, il devra redevenir un martyr pour que la machinerie grinçante et enfouie de la Rouge puisse continuer de tourner. Cela, Raspoutine le conçoit. La Maison a besoin de ses parias, de ses sacrifiés, de ses victimes. Mais il ne peut accepter cet acharnement gratuit. Qui se soucie que Richter soit un Cygne en l'instant ? Que Feu-Follet soit Rate, Brèche une Loir, et Quenotte, papillonnante Quenotte, porte ses bois trop haut (tentant de l'écorner au passage pour tenir plus du bouc infiltré que du cerf couronné) ? Pourquoi s'en tenir à ces barrières ridicules à cette occasion là ? Ils sont tous égaux face aux règles du jeu, soumis aux caprices de leurs pairs pour une question d’orgueil adolescent. A bien y songer, il s'agit d'une forme de rituel. Cibles et tourmenteurs permuteront leur place, feront face à la vérité exigée par le cercle. Se soumettront à son jugement. Et tous ceux qui accepteront d'agir et de parler dans le respect des codes devraient avoir droit à une once de respect, même fugace. A une reconnaissance, fusse t'elle brève, puisqu'il s'est joint à eux.
Mais à quoi bon leur en faire part ? Il faudrait pour cela qu'ils acceptent d'accorder à Richter le bénéfice du doute. Qu'ils lui permettent de se croire lui même capable de prendre part au jeu, de baisser un instant sa garde de papier-mâché pour s'offrir à une forme d'amicalité. Cependant, ce n'est pas ce qu'ils cherchent. Ils ne veulent de Richter que sa vulnérabilité, n'attendent pas de lui qu'il fasse le moindre effort, et n'y verraient de toute manière rien de bon : ils veulent pouvoir frapper, tourmenter, moquer quelqu'un, s'aiguiser les crocs sur le granit de ce dernier rempart qu'est l'impassibilité. Ils veulent d'une proie facile. Aucun d'eux ne souhaite encourager Richter, ne voudrait voir en lui un simple adolescent tragiquement acculé par son puritanisme- il ne doit pas prendre part au jeu, mais le subir. En vertu de sa différence exhibée, souffrir leurs coups. Ils incitent le Cygne à s'enfermer dans son rôle, à replier ses ailes au sein de son costume, se vautrent avec un orgueil injustifié dans leur complaisance écœurante de brutes malveillantes, et en jouent, comme fiers de leur mesquinerie. Et Richter n'est sans doute que trop heureux, par devers lui, de ne pas avoir à sortir du rôle ni du costume au sein desquels il s'est lui même piégé. Car il connaît les sévices, les brocards, les petites brutalités quotidiennes. Et l'on s'accroche absurdement à ce que l'on connaît.
Raspoutine en grognerait de dégoût s'il n'escomptait pas graduer plus subtilement l’ascension vers un sommet de violence- inévitable, ne serait-ce qu'en raison des dispositions de Quenotte à son égard, et des siennes propres qui tendent à lui faire souhaiter une confrontation. Face aux paroles de Fange, il n'est que palpitations de colère papillonnant dans le filet de ses nerfs- car il n'a jamais supporté que l'on s'en prenne à autrui devant lui. Sans doute ne serait-il pas différent d'eux si Orcynie n'avait pas été de ces enfants-martyrs, payant pour le mal êtres de tous les autres gosses. Mais le fait est qu'il s'émeut des causes désespérées. Est fondamentalement bienveillant envers les plus fragiles. S'est convaincu au fil des ans que l'on peut espérer le meilleur de chacun, qu'il faut comprendre, soutenir, encourager les gens, et non les renvoyer à leurs failles et erreurs. Est emplis d'une tendre naïveté, qui fanera probablement avec les ans pour laisser place à un pragmatisme empreint de cynisme.
Mais pas pour l'heure. Si Fange tient tant à tourmenter Richter, il faudra compter avec lui dans l'équation, ce que tous ne semblent guère avoir compris pour le moment.
Ce n'est toutefois pas du poing qu'il réplique. Il y a des armes autrement plus efficaces pour lutter contre le chef des Rats, trop habitué à prendre et distribuer des coups. Sa faiblesse a lui n'a rien de physique, envers sa carcasse d'écorché, et Raspoutine le sait pour s'être déjà mesuré à lui à l'occasion de certaines Arrivées. Simplement pour savoir : qu'est-ce que ça fait de se battre contre Le Chat ?
Ben ça fait mal. Pendant des jours.
C'est le moins qu'on puisse dire. On peut difficilement prétendre être plus hargneux que Fange. Ce qu'il n'a pas de carrure, le chef des Rats le compense par un inextricable nœud de nerfs pulsant à travers lui, comme un poing serré dans ses propres entrailles. Une force plus dangereuse qu'aucune puissance obtenue par la masse musculaire, que n'importe quelle hauteur intimidante. C'est des viscères que lui vient sa violence, cette énergie primale, balayant tout sur son chemin avec des giclées de sang. Raspoutine en a fait la douloureuse mais instructive expérience.
Mais il a une faiblesse, le puissant, le sanguin, le charismatique chef de Rats.
Les mots. Les mots savants, les mots qui dansent. Qui piquent et fouettent. Insaisissables mots... Fange n'aime pas les causeurs.
Or, Raspoutine cause tant et si bien -avec un rare talent- qu'il estime tout à fait criminel d'envisager de se taire. Mais à peine à t'il le temps de tordre les lèvres en l'ombre d'un sourire que Quenotte entreprend de lui ravir la parole.

-Non attends mon frère, je crois que Raspoutine ici présent a très envie de s’exprimer sur bon nombre de sujets alors on devrait le laisser faire.
Tiens donc, voilà qu'on le prend à partie quand il escomptait lui même se lancer dans la bataille. Avec ce fameux rire qui fait caqueter les plus petits de terreur. Banshee disait << Quenotte sait rire comme le velours qu'on froisse ou comme une chaîne crantée. Dans les deux cas mieux vaut se préparer à en prendre plein le cul. Tu veux un petit dé de pastèque ?>>
Eh bien vas-y Rasty, je sais que tu adores donner de ta personne, et parler de toi. Puisque tu as la langue si bien pendue au sujet des autres, avec tes plaisanteries d’emmerdeur, tu pourrais peut-être te dévouer non ?
Évidemment. Il attendait d'y venir. Il n'est même que trop heureux d'entrer dans la danse- c'est un peu tôt, mais Quenotte cherche à l'entraîner dans une valse de ce genre depuis longtemps déjà. Bien avant que la rumeur d'un jeu organisé dans le grenier ne parvienne à son oreille faunesque. Il n'a que trop retardé le moment d'accepter son invitation. Puisque la petite dame tient tant et depuis un si long moment à ce qu'ils se confrontent, il lui donnera ce qu'elle souhaite. Et plus encore. L’abcès doit être crevé, après tout. Même en publique. Mais qu'elle n'espère aucune délicatesse de sa part. A la guerre comme à la guerre ; avec toutes les ressources de son imagination trop fertile. Avec tous les mots doux qui lui viendront aux lèvres.
Action ou vérité ? A moins que tu ne décides de sacrifier notre cher Richter à la place ? Ça te ressemblerait bien.
Et voilà, la question est posée. Ils peuvent désormais mettre les pieds en enfer.
Cette fois-ci, son bras épais glisse de Richter comme une coulée de boue, délivre ses épaules de sa pesanteur moite, et les deux longues mains brunes du Grand Bouc viennent se poser sur ses genoux, lui conférant un air d'idole païenne taillée dans du vieux bois. Inutile d'emporter le Cygne avec lui dans cette guerre. Il y fera face avec ses seules armes.
Un sourire, une voix maîtrisée et des mots bien choisis. Un arsenal modulable à volonté, dont il lui faudra faire varier les nuances avec art. Raspoutine a une voix pour chaque occasion. Une voix pour hurler, une autre pour chanter ; une pour chuchoter, une pour grogner, une pour conter, une pour rire. Une voix d'escroc, une voix de frère. C'est de sa voix la plus profonde, la plus chaude et captivante de consonances viriles (la préférée de Banshee)qu'il se lance dans les hostilités. Entrechats faunesques pour une danse pleine de heurts.

- Quel fameux duo vous faîtes tous les deux commence t'il posément, en faisant coulisser son regard d'un jumeau à un autre. A commencer par toi, Fange. Je ne savais pas que tu étais medium. Tu sembles bien connaître les aspirations secrètes de Richter. Pourrais-tu nous en dire un peu plus ? Pénétrer les méandres de cet esprit aussi imperméable que les voies du Seigneur d’En-Dehors ne doit pas être chose aisée, mais il semblerait qu'on t'ait doté de surprenants dons extrasensoriels. Sans doute est-ce de famille... laisse t'il planer avec une œillade distraire pour Quenotte. A moins que tu ais simplement été très occupé à contempler Richter, pour remarquer son ennui et éprouver ainsi le besoin de nous faire partager tes observations méticuleuses... Enfin, je te le concède, c'est vrai qu'il a du charme et qu'il attire les regards. Mais la prochaine fois, si tu souhaites tant montrer à notre digne Cygne combien tu lui portes d'attention, envoie lui plutôt une jolie lettre, c'est plus intime. Tu pourras la dicter à Vésuve, il a une très belle écriture, et il adore me suivre dans les couloirs. Je pourrais donc jouer les messagers, ou les crieurs publiques si tu tiens tant que ça à partager tes émois avec nous.
Et il achève cette première escarmouche en souriant des yeux, iris bruns pétillants de vieux chien chaleureux. Cabot errant à la gueule douce. Regard profond, liquide, fangeux. Qu'il tourne posément vers la noiraude fulminant sous le linceul froissé de sa chevelure, la fixant tranquillement jusqu'au fond des orbites, avec une violente, intolérable douceur canine. Que la décontraction de son immense carcasse ne vient pas détromper. Que ses lèvres s'empressent au contraire de dénier.
Quant à ma chère seconde, et bien.. On est jamais assez prudent, je vous l'avais bien dit. Si l'on ne trébuche pas dessus, la langue de Quenotte pourrait bien se décider à venir s'enrouler autour de vous comme un boa, ou se piquer dans vos chairs comme une méchante épingle. Bien sûr, c'est presque inoffensif. Le baiser d'un moustique, l'étreinte d'une écharpe qu'on dénoue du petit doigt- la langue de Quenotte fait plus de bruit qu'elle ne produit de douleur. C'est un pichenette éjectée de sa bouche. Agaçante, bien sûr, mais qu'en reste t'il au final ? Un bourdonnement dans l'oreille. C'est qu'elle nous parvient de loin.
Il se tend à peine, courbant d'un rien le dos, comme pour souffler une confidence à leur petit cercle si avide d'exhibitions orgueilleuses, de vendettas et de brutalité. Il leur promet les trois.
C'est quand même surprenant, Quenotte..., susurre t'il d'une voix presque trop basse pour être audible, plus semblable à une vibration musicale qu'à une manifestation du langage articulé. Toujours à observer les autres, à faire ou écouter des rapports, et pourtant, tu ne vois que ce qui t'arrange. C'est donc la manière dont tu prends ton rôle de chroniqueuse au sérieux ? argue t'il d'un air circonspect, presque faussement attristé, pour en revenir à sa première pique. En manipulant les faits à ta guise pour les tordre dans ton crâne pollué de soupçons illégitimes ? Enfin, je te concède qu'à force de regarder les choses sans y prendre part autrement que par l'entremise de ton petit théâtre de marionnettes... on doit en perdre un peu le sens des réalités. Tu me diras comment c'est de vivre à côté de la plaque. Je suis curieux de savoir.
<< Mais allons bon, nous aurons tout le temps d'y revenir. Puisque tu te posais la question, et qu'elle semble être d'intérêt publique maintenant que tu l'exposes face à tous nos amis, je vais voler son sacrifice christique à Richter. J'accepte mon destin. Je prends sa place pour ce tour ci. N'hésitez pas à faire preuve d'autant de délicatesse à mon égard que vous avez pour lui
, clame t'il avec un sourire généreux et en ouvrant les bras (mais une lueur presque sinistre dans l’œil), soyez juste certain de me trouver plus réactif que lui.
Baisse les bras pour les poser à nouveau sur ses cuisses, mais redresse le dos avec un rien de lenteur. N'en semble alors que plus massif, quoique toujours taillé dans du bois à coups de hache. Fétiche géant à la barbe de mousse. Grimaçant un rictus trop humain pour son visage bestiale.
Puisque Feu-Follet a eu le courage d'entreprendre une première action, je prends sur moi de vous révéler une première vérité. Mais j'ai deux conditions : Quenotte choisira la question. Et moi le prochain joueur.
Arque un sourire qui dévoile bien trop de dents pour ne pas avoir quelque chose d'animal.
C'est l'occasion ou jamais d'avoir une réponse claire à une de ces questions qui semblent te tourmenter. Choisis la bien Quenotte.
Car je vais devoir prendre sur moi pour ne pas vous jeter un mensonge en pâture.


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Brèche
Jeu 14 Sep - 21:46
Raspoutine voulait probablement l'aider en prononçant ses paroles à son encontre, néanmoins Brèche n'en retint que le vinaigre, ses épaules se courbant sous les coups invisibles. Maladroite elle l'était, inconsciente qu'elle était du mal qu'elle pouvait se causer, prenant à pleine mains les bris de verre sans en sentir la morsure, laissant ses orteils se faire lécher par un feu de bois. Puis, dans les mots glissés par l'homme roux, il y avait l'insinuation à ce rituel clandestin qui avait causé le décès de deux pensionnaires. Il savait donc qu'elle avait trempé là-dedans, cherchait probablement à tester sa réaction vis à vis de cette révélation en demi-teinte. Mais était-ce étonnant venant du chef des Cerfs. Quenotte avait son carnet mais lui devait posséder une bibliothèque, une pièce où chaque secret, chaque confession, était scrupuleusement quantifiée. Brèche tremblait, de terreur contenue, n'osant se retourner vers Raspoutine. Défier un garçon, du regard, qui plus est aux allures d'adulte, très peu pour elle. Loir grisâtre et endimanchée, Brèche tâcha de regagner son siège abandonné, rasant presque les murs.

Le baiser ne lui échappa pas – comment aurait-il pu ? Elle vit la concentration dont la Ratte faisait preuve, ses mains enserrant la hure de sanglier. La Loir ressentit un pincement en voyant cette scène – répulsion et jalousie entremêlées. Elle se serait sacrifiée, sans une once d'hésitation, pour remplacer l'animal et ainsi permettre à Feu-Follet d'éviter un contact aussi ignoble. Brèche n'osait imaginer la sensation du poil rêche contre les lèvres, l'odeur de la poussière et du cadavre faisandé qui devait monter aux narines. Au moins il n'y eut ni rires, ni quolibets. L'assemblée semblait même presque déçue que le défi soit relevé avec autant d'aisance.

Ce fut là que l'ambiance dérapa. D'antiques animosités remontèrent à la surface, épaves renflouées par les mouvements de l'océan. Sur son cheval à bascule Brèche se ratatina, n'osant point s'immiscer dans cet échange qui ne la concernait pas. Fange, Quenotte et Raspoutine en étaient les seuls représentants et se lançaient à la balle, se chatouillant les vertèbres d'une lame imaginaire. Le regard de Brèche voleta de Quenotte à Raspoutine, de la fée au faune, craignant pis défi que celui lancé par Feu-Follet. Les esprits s'échauffaient et la Loir craignait que le sang, celui des pensionnaires et non de la Rouge, coula sur le parquet du grenier.

« Je... »

Sa voix était faible, croassement sans force. Il lui fallut s'enhardir, serrer les poings pour puiser du courage.

« On... On devrait instaurer des limites. » finit-elle par déclamer, son regard vagabondant, n'osant se poser sur personne en particulier. « Pour ne pas aller trop loin dans... les défis. Genre, je sais pas, obliger personne à faire quoi que ce soit qui puisse être... mortel, ou nous envoyer au Sépulcre. »

Oh elle sentait déjà venir les critiques – Brèche, pauvre fille, prête à pleurer dans les jupons des adultes.

« Sinon les adultes pourraient nous punir et nous empêcher de refaire le jeu. » C'était un argument qui se tenait, non ? « Ils pourraient nous empêcher de revenir au Grenier et ce serait dommage. Si on fait rien de trop répréhensible, ils nous laisseront tranquilles. »

Elle se doutait que les autres participants allaient lire en elle comme dans un livre ouvert. La Loir voulait simplement éviter le penchant de jeux trop cruels, que les vengeances personnelles ne prennent le pas sur un jeu qui se voulait innocent – du moins un peu.



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Feu/Brèche par Fantôche
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Richter
Sam 16 Sep - 13:34
une action entraîne une vérité
Qui a eu tort ? La raison du plus fort
Pour un regard en croix je suis mort
Toi mon frère dis moi pourquoi
La vie continue sans moi
Dis moi pourquoi j'étais là
Un jour au mauvais endroit
c'était trop il ne saurait l'expliquer
c'était trop adolescent trop sale trop dégoulinant et dégoûtant trop trop cette infamie qui apparaît à l'adolescence- la cruauté des complexes rejetés sur les autres
les bruits mouillés de la langue qui fouille dans la poussière (ça mériterait bien une prière) mais ce n'est ni le lieu ni l'instant
ça bouge dans une danse effrayante bercée par les ombres
ça bouge et ça parle- au suivant
mécaniquement on entreprend on continue on
cherche la prochaine victime
et c'est celui qui le fait sentir tout bizarre tout étrange aujourd'hui (il ne comprend pas c'est mal c'est mal)
chef d'un empire qui n'est pas le sien
qui propose son nom qui en profite pour une pique
et ça lui serre le cœur ça le rendrait presque plus humain
que dévot
que robot
((dis dieu, est-ce si mal de vouloir être remarqué par un compère autrement que dans la moquerie))
mais il se tait car c'est la chose à faire il se tait car il n'a pas vraiment le choix c'est le condamné et c'est plus facile de laisser les autres mettre la corde autour de son cou que de le faire lui même
il va pour hausser les épaules
mais la belle la princesse (non ça c'est plutôt sarah sa promise celle qu'il devrait appeler ma bien-aimée)
la reine alors son altesse
prend la parole et détourne l'attention
((il sentirait presque raspoutine rugir vrombir et bouillir à ses côtés adam sait adam ressent la chaleur d'une flamme qui refuse de s'éteindre lui qui est si froid et taillé dans le cristal))
il n'est pas question de sacrifice, si
il est question de jouer oui tout le monde va y passer non
il n'a pas le temps de réfléchir de choisir de se rétracter ou non que les tomates se lancent
d'abord le grand qui commence l'utilise comme argument et ça le déchire ça le mettrait presque en émoi d'imaginer le rat s'intéresser un rien à lui
(c'est mal c'est mal C'EST MAL)
C'EST MAL C'EST MAL
richter qui ne crie jamais hurle intérieurement mais
mais ça veut pas rentrer alors il baisse les yeux se complaît dans ses illusions qu'il juge sales (pourtant il est juste question d'attirance ce qu'à la puberté tout le monde ressent mais richter est- est différent)
richter on l'imagine pas vraiment main dans la main avec quelqu'un et encore moins un gars
ses dix neuf doigts et demi sont déjà tournés vers dieu
il laisse le discours défiler comme une cassette toute neuve- les mots n'ont rien d'hésitants rien de couper par les bégaiements et pendant un instant quelques secondes seulement il envie de pouvoir dire une phrase aussi simplement qu'elle l'est
il balance les quatre vérités il balance tout ce qu'il a sur le cœur et il admire la répartie
il a envie de le remercier mais à quoi bon
c'est brèche qui prend le relais qui croasse faiblement il opine pour lui-même approuve de plusieurs hochements de tête discrets- toujours assis toujours dans l'ombre prunelles translucides dirigées vers elle
((sans animosité pour sûr elle est aussi innocente que lui dans cette guerre bientôt totalitaire))
b-brèche a raison.
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Feu Follet
Lun 18 Sep - 21:11
Action ou Vérité ?




Les rivalités remontaient comme la moutarde au nez, ces histoires d’antan qui les faisaient tous baver comme des chiens rageux et bornés. Fange lança les hostilités, mais sa soeur d’un revers renvoya tout à la charge de son chef, le grand Cerf puissant et vêtue de sa parure poilue. Tout avait l’air d’être calculé, et cette sensation ne semblait pas pour autant différente de ce que l’on pouvait voir en ces autres journées. Cependant, il y avait quelque chose avec quoi se désaltérer dans cet ennui aride. Ces histoires, ces malentendus, ces tensions n’étaient que bonne à observer, à écouter pour le moment. La rate n’avait pas mot à clamer dans leurs chamailleries, elle ne sentait pas qu’elle devait faire part de son avis pendant un temps. C’était le jeu, son jeu, et toutes ces histoires en faisaient parties. Il était évident que rapidement, tout le monde perdrait pieds dans ce grenier qui ne finirait que par couler comme leurs mots de plus en plus pesants et lourds. Feu-Follet les fixait simplement un soucil dressé.

Brèche tenta d’apaiser le bataillon, propageant la parole de Dieu sur le peuple enragé. De sa voix douce elle essaya de prouver qu’il fallait être raisonnable. Ses grands mots firent lever les deux sourcils de la rate qui croisa les bras, fermées à l’idée de devoir se restreindre. Ses yeux se posèrent et sa mine, elle dévisagea allègrement sa poupée. Il n’avait jamais été question de tuer, de porter la mort, ou de rendre une personne infirme. Il n’avait jamais été question de se faire virer du grenier par manque de discrétion. Il n’y avait qu’eux, et tout le monde était assez responsable semblait il, pour assumer d’être venu s’enterrer dans cette tombe qu’était le grenier. Le vent souffla entre les lèvres de Feu-Follet. Le Feu se nourrissait de cette bourrasque pour se rallumer d’une frustration et d’une certaine sensation d’agression. Entre ceux qui n’arrivaient pas à gérer leurs différents,  Brèche, et le Cygne qui aurait dû se taire une fois de plus, le Feu-Follet au milieu du lac commençait à perdre pieds.

“Personne ne va tuer personne !...Ils sont assez grands pour se gérer Brèche ! ” S’exclama t-elle.

Son pieds gauche alla jeter un coup dans la tête de son amant d’un bécot pour coller le crâne contre un carton se trouvant à l’arrière de son échine recourbée. Puis elle s’avança, son sang commençant à chauffer, son corps se laissant emporter par l’ambiance enflammée. Ce qu’elle voulait c’est que le jeu continue, peu importe ce qu’il se passerait, ce n’est pas elle qui prendrait le plus cher, et qu’elle puisse se nourrir des malheurs et s’en animer, pas s’ankyloser d’animosité. Son corps frôla celui de la Loir pour venir presser doucement son épaule nerveusement. Le besoin d’un contact se laissait traduire bien que ses miasmes verbales ne lui était destiné, à la Brèche qui avait creusé sa poitrine de sentiments incohérents.

“Reprenons, du coup Quenotte… Quelle est cette vérité qui te tenait tant à coeur ? Réponds aux désirs de Raspoutine...”

BY MITZI




Feu-Follet gromêle en #cc0000

Feu-Brèche made by Fantoche:
 
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Fange
Lun 18 Sep - 21:33

     

     
Action ou Vérité?

     

     


Ils devraient sans doute s'arrêter là. Dans cette demi mesure de vérité plutôt que de se noyer dans les mots tortueux du grand cerf qui s'égosille en trucs fielleux beaucoup trop compliqués pour sa pauvre cervelle de basané. Le regard de Fange n'en finit plus de fixer Raspoutine, comprenant tout de même que l'autre enflure presque adulte est entrain de le traiter de pd et que cette donnée, si ce n'est quelques rougeurs, ne trouve pas de véhémence chez Richter.


Ça, on verra plus tard.


Car sa cible se fait d'encre et de lune et plus bas, il sent sa Quenotte devenir une carie, sans sagesse, frissonner d'une appréhension qu'il connaît bien. Sa soeur est touchée. Sa soeur est touchée par plus que de sales mains avinées ou des regards lubriques. 

Sa soeur est piquée comme à une de ses flèches. Il est donc temps d'agir. Action.


Tant pis pour Brèche qui essaye de reprendre la situation en main en y fixant des limites incohérentes pour leur univers - les seules lois qui comptent sont les leur, que n'en ont ils pas à foutre des adultes et de leurs interdictions comme de leurs interactions quand lui peut, d'un geste, les briser comme des branches sèches.

Il carre les épaules. Ignore feu-follet. Et se penchant sur le meuble qu'il surplombe, arrache le tiroir d'un geste presque simple. Tenant ces panneaux de chêne avec une facilité déconcertante pour mieux le balancer dans la gueule de Raspoutine.

Ça explose contre lui à s'en fracasser de chute au sol, dans un tremblement qui vient finalement interrompre leur petite fête privée.


Puis en espérant que ça lui a fait foutrement mal, il se tourne juste vers Quenotte. Relève le menton d'une question qui veut autant dire "Je le tue" que "On se tire ?"


     

 
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Raspoutine
Mar 26 Sep - 0:59
Toute son attention se concentre sur l'entremêlement de ténèbres et de rayons de lune que forment Quenotte et son frère. Un nœud pulsant de cheveux, de chair crispée et d'yeux braqués sur lui. Un poing humain d'os et de chair. Entité bicéphale (mi-félin-mi-phalène en symphonie fuyante) aspirant à la fusion parfaite, qu'un destin joueur aurait peint de nuances opposées, poussant le vice maniaque jusqu'à les sculpter distinctement envers leurs similitudes évanescentes. Quand l'une est de courbes laiteuses façonnées dans la paume, petit être de crème à la bouche liquoreuse, l'autre a été taillé à coup de lames, pétris par des doigts secs. Anguleux des chevilles jusqu'aux pommettes saillantes, quand on a enroulé le barbelé de sa sœur -halliers entrelacés à l'os, ronciers éclatant à la pointe de la langue- dans le moelleux d'une chair adolescente que la féminité distend avec tendresse. De leur glaise commune et primordiale, délicat bourbier d'entrailles maternelles, on a tiré deux silhouettes distinctes quoique indéniablement parentes, et dont les dissemblances se répondent comme des chants. Quand seul un calque imperceptible frémissant à l'orée de leur visage permet la superposition révélatrice des traits. C'est peut-être dans cette complémentarité née de leurs différences qu'ils se ressemblent le plus, en fin de compte.
Raspoutine sait pertinemment à quoi il doit s'attendre venant de ces deux là. Qu'il s'agisse de l'explosion qui emportera Quenotte -et ses tympans- d'un instant à un autre ou l'inévitable mouvement de violence de son frère. Ce sont des impondérables dont il ne doute guère plus. Mais il n'aurait pas pu prévoir l'intervention de Brèche, à moins d'espérer la prise de parole des souris de la Maison ; peut-être bien serait-ce approprié. Brèche ferait une excellente reine des Souris. Et Fantôme pourrait prétendre à devenir leur roi. Ils auraient ensemble des enfants invisibles, adeptes du don de soi, disciples de l’évangile du vertueux sacrifice. Raspoutine peut leur imaginer des dynasties entières, étalées en carpettes sous les pieds de la foule.
Mais c'est l'esprit toujours focalisé sur la crise à venir qu'il se tourne vers elle, pour la fixer dans une attitude involontairement inquisitrice. L'observe intensément tel une créature totémique aux yeux de feu, taillé avec hargne dans le tronc d'un sequoia et sertie de brasiers, puis peint d'ocre et de sang. L'écoute pourtant d'une oreille plus distraite qu'il n'y paraît, dans toute sa magnétique pesanteur, s'essayant vaguement à déchiffrer les intentions de la Loir. L'entend sans trop y croire ni porter d'attention ; pourrait presque tiquer, malgré tout, de cette intervention. Car c'est la peur qui parle par la bouche de Brèche, le genre de peur qu'il balaierait en temps normal d'une gestuelle trop ample et d'un sourire aux lèvres, l'enterrant de ses mots, une parole après l'autre. S'il n'y avait pas plus important à faire, il se donnerait la peine de flétrir ses craintes avec un beau discours, mais ce serait un mensonge bien trop gros pour sa bouche- même la sienne, pourtant prolixe à tisser des palabres où l'on s’égare sans peine. Il serait de bien mauvaise foi de prétendre que tout ira bien, quand il s'est fait tonneau d'huile dans un brasier naissant. Car il a prononcé des mots qui appellent au massacre. Qu'il a l'art et la manière d'attiser les passions et d'exalter les foules. D'éveiller les colères endormies ou les forces latentes. Grand vainqueur face aux sommeils de l'âme, bafouant les non-dits et les fuites, bravant les silences mortifères, révélant de chacun les plus beaux ou terribles éclats, gemmes et couteaux cachés, prêts à brandies. Pouvant faire éclore la beauté et la fougue entre ses mains brûlantes, comme délivrer de leur joug d'humanité les plus poisseuses horreurs. Dégueulées à grands flots quand il les excite de la pointe de la langue. Brisant les chaînes d'autrui quand il s'endort pourtant tout au milieu des siennes. Mais c'est ainsi : Raspoutine est un printemps dans la pupille, les oreilles et dans le cœur des autres. Une fresque vibrante suintant les allergies, une éclosion immense au gré des ballets fauves, des baisers urticants et des râles animaux, sublime saison d'excès aussi bien sublimées qu'entachée par ses débordements. Il est en cru dés lors qu'il existe par le regard adverse, en fleurs quand on le sent, quand on l'entend phraser, gueuler, chanter, incitant par son exemple à d'autres colossales exhumations macabres mais frétillantes de vie. Car là où soufflent les ardeurs de Raspoutine, tous les silences trépassent. Ceux du corps et du cœur, immolés à sa gloire. A son ignominie. Flamboyance scélérate à laquelle tout s'embrase ; de joie, d'horreur, de haine. Il est un pyromane pourtant formé de bois ; et les portant fort bien, quoique tordus en cornes, spirales jaillies du crâne quand vient grouiller l'Envers. Bien piètre couronne que ces torsades caprines, pour un bien piètre roi. Contesté et bafoué pour délit de sale gueule.
Quand à d'autres on reproche d'exprimer trop audiblement leurs craintes ; qu'au faible soutien de Richter, pépiement étranglé d'un oiseau suffocant, succède l'agitation nerveuse de Feu-Follet, extirpée de sa satisfaction ironiquement féline à les observer s'échanger des mots doux sous des auspices trop Rouges. Sensible à la tension qui se noue, ou simplement agacée par l'inquiétude de Brèche, comme elle se fait un devoir de lui brailler au visage ? Plus si maîtresse du jeu tout à coup, la Rate, puisqu'elle peine déjà à garder le contrôle de ses propres humeurs. Et bien peu clairvoyante pour affirmer qu'ils sauront se montrer raisonnables, qu'ils agiront avec mesure, quand déjà s'augurent les premiers hurlements et les coups qui suivront. Quand Raspoutine ne compte pas produire le moindre effort pour arranger les choses ; pas tant que quelques vérités n'auront pas été crachées, puisqu'ils sont là pour ça. Puisque les constantes insinuations de Quenotte commencent à lui peser. Et qu'il ne laissera pas plus longtemps ces soupçons infondés et ces paroles fielleuses s'appesantir sur lui. Qu'elle parle donc et qu'elle exige clairement les réponses dont ils se languissent tous ; et qu'ils le fassent maintenant, en publique, puisque depuis le premier jour de sa présence parmi les Cerfs, chaque mot empoisonné a été délivré à portée d'autres oreilles. Ils se donneront donc en spectacle une fois de plus. Ils sont très bons à ça, tous les deux.
Ou non.
Tous les trois. Le talent est de famille.
Tout juste a t'il le temps de quitter Feu-Follet du regard, songeant combien ses derniers mots ont été mal choisis dans leur formulation (Quenotte se trancherait la langue et s'étoufferait avec avant de consentir "répondre à mes désirs", et dieu sait seulement ce qu'elle s'imagine savoir d’écœurant à ce leur sujet), tout juste a t'il le temps de poser les yeux sur Fange et son corps flexueux. Le chat perché qui l'observait de ses yeux de tueur- n'ayant guère trouvé au bout de sa langue la moindre parole à brandir en retour à l'attaque lexicale dont il a fait l'objet. Car ainsi font, font, font, les petits analphabètes.
A peine à t'il le temps d'admirer les profondeurs ténébreuses du regard, de se tourner vers Fange en captant son mouvement. Fluide et sans hésitation, une souplesse d'élastique, une véritable ondulation d'anguille ; c'est un coup de fouet qui vous traverse le monde, Fange. Et clouté avec ça, pour laisser de grandes marques. Déchirant l'air de sa silhouette crantée. Et la longue lanière brune de son corps s'enroule à un tiroir, se love au chêne taillé pour l’amener contre lui, l'y tenir puissamment, comme une Table de lois. Entre ses mains c'est du bois brut, une vraie bûche épaisse, d'une lourdeur infinie. Les mains crispées, les jointures blanches, y a un instant du silence. Un peu de lividité éclose à ses doigts bruns et ça fait une Quenotte aux petits bras musclées.
Et puis il lance. Non plus encore, il projette le tiroir. Sa table de loi gravée dans le bois d'un chêne. Les évangiles de la violence, taillées à coups de cutter. Puis Fange dit : et l'on butera les faunes qui brocardent les fées. Ta main guidée par la colère se saisira du monde, et le monde en réponse ira poutrer l'infâme. S'il crève pas tape le encore. Fais lui manger ses dents et pisse lui dans la bouche. Fange dit. Ne dit rien, il agit. Et pour cette fois, Rasti aussi.
Le bois se fracasse contre ses bras levés. C'est vieux tiroir vrillé de pourriture ; c'est un bras jeune et fort aussi épais qu'une jambe. L'un craque et l'autre tiens, puis les échardes filent. Comètes de bois déchiqueté qui fusent en ligne drroit. Coupent dans la chair d'une joue puis s'éparpillent aux cheveux, exhalant un dernier souffle chargée de moisissure, un nuage de sciure saupoudrant jusqu'aux vêtements de Richter.
Puis le tiroir retombe entre ses jambes. Les bras restent levés, croisés en face des yeux. Immobiles et égratignés. Ce n'est plus une sculpture, un énorme fétiche : c'est un être de chair statufié un instant, déjà perlant de sang. Les premières gouttes ébauchent de pleuvoir sur le sol pour y fleurir en coquelicots liquides dans la poussière du lieu. Raspoutine baisse les bras.
Un rideau tombe à travers de son corps, séparant tangiblement la sensation de la pensée. Filtre sépia au goût de terre, qui met sur ses papilles une saveur étrange, glisse au devant de ses yeux un rideau immobile d'une transparence macabre. Il sent comme un grouillement pénétrer dans ses tempes, des nuées silencieuses se pressant sous sa peau, à la lisière des nerfs.
Raspoutine prend conscience qu'il doit tout faire pour éviter cette distanciation scabreuse, rester bien au-dedans de sa carcasse crispée. Car s'il venait à perdre sa contenance, si la rage lui pulsait aux veines jusqu'à en embraser l'arborescence feutrée... leur petit jeu prendrait une tournure bien macabre, d'avoir été jusqu'à le mettre en rage. Non plus épicé de violence, mais enflammé par elle.
Nul ne peut prétendre avoir déjà aperçu Raspoutine dans une colère réelle. Il n'a jamais été utile d'en arriver là : dés lors que la rage affleure à son visage et transporte son corps, toutes les audaces se fanent et les passions refoulent. Aussi vrai qu'il inocule sa fougue par sa prodigalité, le Grand Bouc sait faire partager toute l'étendue de son ire. Sentir le géant contenir sa colère, c'est déjà presque goûter à son tumulte ignoble. Une onde percutante après l'autre émanant de ce volcan de chair. Son odeur même est sujette au changement, se teintant subtilement de nuances plus piquantes, de relents fauves immondes ; plus qu'à l'accoutumée, elle agresse les narines. Plus pesante dans l'air, plus épaisse et musquée- une véritable tourbe. Et la carcasse s'affole au diapason des élans qui la peuplent, se gorge de violence qui semble la distendre. Ça enfle sous les ouragans d'émotions qui l'emplissent comme un printemps afflue jusqu'à la déraison, suintant ses promesses chamarrées dans une nausée bourbeuse. C'est toujours trop quand il s'enflamme, d'un sentiment ou l'autre, autant Bonheur que Rage. Une masse de viande chaude en pleine ébullition, ficelée de nerfs et de tendons auxquels poussent des épines. Le barbelé lui chante sous l'épiderme dans une course folle, torturant son humeur jusqu’à l'anéantir. Quand la rage est en lui, le faune est un roncier, un être de granit revêtu de halliers.
Peinant à se contenir, et on peut le sentir. C'est presque s'il ne dégouline pas, redevenant tangiblement Marais comme à ses premiers jours dans le giron de la Rouge. Presque s'il n'y a pas à ses narines, à ses yeux et ses lèvres un soupçon de bestialité hargneuse. Comme une dangereuse lueur- un feu follet qui danse sur les escarpements et les abîmes composant son visage. Dans les bois de sa barbe, forêt en formation, en écho au jardin suspendu à sa caboche fertile. Il a des sylves, des falaises et des gouffres profonds qui lui modèlent la chair, puzzle de viande humaine aux perspectives brutales. Il a le corps parsemé d'un paysage fluctuant entre les doigts crémeux ou éthérées des ombres et de lumières.
Il transpire la violence. En est un hôte aimant, prêt à la dorloter.
Mais il est chef des Cerfs. Mais il s'agit là des conséquences à assumer quand on joue sans vergogne avec le cœur des autres ; quand on le fait danser à la pointe de sa langue, qu'on y mordille pour y inscrire sa calligraphie impérieuse à coups de dents. Et puisqu'il a parlé en connaissance de cause, puisqu'il n'aspire qu'à voir éclore à leur bouche les vérités douloureuses comme autant de fleurs de souffre... Puisqu'il est encore trop tôt pour démontrer aux autres que les colères du Grand Bouc sont aussi terrifiantes qu'ils l'ont tous pressentie.
Alors il reste à fleur de nerfs, l'ire en frontières de chair, en funambule d'entrailles, prête à lui basculer dans les membres et la gorge, pour le faire tempêter, frapper, hurler, comme l’animal qu'il a toujours été malgré tous les beaux mots, les savants, les vulgaires, qu'il a collectionné pour peupler ses discours. Il se doit d'être calme, pour tout ce que cette confrontation a de prometteur (si seulement elle était prête à faire un pas, rien qu'un pas en avant, même motivée par la colère, même pour griffer ou mordre, rien qu'un pas pour qu'enfin on essaie de vivre un peu plus apaisés, un peu plus entraidés, car moi je lui veux du bien, à la Quenotte grinçante), pour tout ce qu'elle avait d'inéluctable et de prévisible (je savais bien que le matou a des ressorts dans le corps, que si on pose la patte au bon endroit -sur l'enfant-papillon- il saute en réaction), pour tous les espoirs que Banshee a placé en lui, et parce-qu'on effraie ni les oiseaux délicats ni les petites souries (Brèche et Richter en crèveraient si ça dégénérait, mais moi j'aime bien les bêtes un peu fragiles, moi j'aime bien quand ils font face au monde, et je veux être là pour leur dire qu'ils sont beaux), alors il reste là, bien campé sur son cul, les jambes toujours croisées. Avec la gueule indéchiffrable et menaçante d'un grand totem barbu.
Et puis il lève la main. Et d'un coup de langue, la barbouille de salive, la bécote presque avec application. Puis il étale sur la blessure son bandage translucide, se l'approprie d'une caresse baveuse. Recommence pour l'entaille à sa joue, avant d'essuyer nonchalamment la paluche souillée sur son jean déchiré.
Et le tiroir reste bien à sa place quand il prend la parole, tout comme ses mains qu'il ne veut pas crisper, envers la fureur qui lui bourdonne encore tout à l'orée des muscles. Tempérée d'une raison qui lui susurre entre les tempes sa mélodie lascive, l'exhorte à laisser cet affront impunis- brutalité fraternelle qui n'était rien d'autre qu'une formalité. Car malgré tout l’orgueil, malgré la colère qui fait craquer ses os comme des charbons ardents, il tient à ce que la petite danse qu'il a initié entre Quenotte et lui, et à laquelle s'est joint sans vergogne -et tout naturellement- son foutu félin de frère, débouche sur quelque chose de réellement utile. Sur l'ébauche d'une résolution, d'une acceptation mutuelle qu'il n'en peut plus d'attendre. Sur une renonciation aux préjugés dont ils s'arment sans cesse pour ne que mieux se faire mal. Et pour y parvenir, il faut bien qu'ils soient tous à bout, qu'ils cessent au moins quelques instants de se mentir avec de grands sourires (à celui dont les rictus seront les plus convaincants, celui qui montrera le plus de dents sans pour autant grogner). Qu'ils aillent tout au bout de leur violence, qu'ils fassent les choses en grand. Quitte à y déverser tout leur fiel, se torturer l'un l'autre avec des vérités. Tout plutôt que ces insinuations stériles, le petit jeu ignoble qu'ils poursuivent tous les deux.
Alors il ne jette pas sur Fange son bouillonnement de colère. Il fait ce qu'il sait le mieux : parler. Avec la voix d'un orgue ou d'un tremblement de terre. Avec des mots qui peuvent être comme autant de caresses... ou comme des coups de poignard.
Et ils sont tout choisis, les mots qui leur iront. Déjà bien aiguisés.

- Bon, laisse t'il vibrer pesamment un instant. Voilà qui est fait. C'était un beau lancé, Fange. Visiblement tu t'y prends aussi bien pour balancer des tiroirs à la gueule des gens que pour aller crever des garçons dans leur lit au beau milieu de la nuit. C'est très bien, tu iras loin comme ça.
<< Mais ça ne m'intéresse pas, tes réactions de colère- elles sont vides de réponses et convenues par avance. Tu n'as rien à m'apprendre, Fange, et tu n'as rien à dire. Laisse donc parler ta sœur- elle est plus éloquente. Nous en sommes aux vérités et non pas aux actions. Pour quelqu'un qui semblait aussi enthousiasmé par le jeu quand il s'agissait de bécots baveux et des mesquineries habituelles, je trouve que tu en perds le goût bien rapidement dés lors qu'on se risque à exhumer des vérités fâcheuses ; et pourtant, c'est implicitement ce que nous attendions. Tu devrais te contenter de laisser faire, c'est salutaire pour tous. J'offre à ta très chère sœur l'occasion de nous faire partager tout ce qu'elle croit savoir, de concentrer le mépris et la détestation qu'elle a pour moi en une seule question. Un tir d'obus. Je lui donne la possibilité de me porter un coup. Non sans l'avoir dérangé dans son propre confort, mais c'est de bonne guerre quand les siens se multiplient en messes-basses et en piques. Au petit jeu des mots qui font mal, nous savons tous les deux y faire ; ce n'est plus à prouver. Mais j'en ais assez de toutes ces médisances.
Alors je vais me répéter -et je ne t'apprendrais rien en disant que Quenotte est assez autonome pour me répondre toute seule- : je vous concède une vérité. Et c'est à Quenotte de choisir laquelle. Il ne s'agit pas de mes désirs, mais des siens.

C'est vers elle désormais qu'il tourne son regard. Abîmes tourbeux aux profondeurs sans fins, aux longueurs éternelles. Ténèbres marécageuses suintant au fond de l'orbite. Des ombres voraces, magnétiques et pesantes. C'est presque s'il n'a pas dans les yeux des pendules tournoyants de maître magicien.
Quelle est ta question Quenotte ? Sur quel point sensible choisis-tu d'appuyer ? Tu peux y aller. Tu es la seule à nous refuser ce dialogue, depuis le premier jour. Ce n'était pas important tant que je n'étais qu'un Cerf parmi d'autres. Mais tu es désormais ma seconde, et...
Les mots menacent de lui rester en travers de la gorge. Car c'est à peine s'il a prononcé son nom depuis la disparition, c'est à peine s'il s'est permis de légitimer sa place en faisant appel à ces maudites dernières volontés confiées à Chaman. Mais c'est après tout le nœud du problème, n'est-ce pas ? Ce qui les a toujours lié. Ce qui s'est toujours dressé entre eux, les empêchant de s'en tenir à une simple indifférence commune émaillée de brocards. C'est ce qui les sépare encore aujourd'hui, plus encore qu'une simple divergence de caractère.
Il se fait donc violence pour le dire à voix haute.
.... et j'entends bien respecter la volonté de Banshee. Puisqu'il a voulu que je prenne sa succession. Puisqu'il a voulu que nous menions les Cerfs pour les deux ans à venir. Je ne peux pas accepter ton silence. Je ne peux pas accepter ton refus de dialoguer. Il doit y avoir un dialogue entre nous. Je ne te demande pas de m’apprécier. Je te demande de coopérer. S'il faut un esclandre, s'il faut qu'on se terrasse, qu'on en chiale et en saigne... S'il faut d'abord passer par cette scène avant d'y parvenir, très bien. J'adore gueuler, tout le monde le sait.
Alors vas-y, déverse tout ton fiel et pose moi ta question. N'eut été le jeu, je t'en aurais accordé plusieurs. Mais il faut bien consentir à suivre quelques règles, n'est-ce pas... ?

Quand il est plus habitué à les enfreindre qu'à leur obéir. Plus volontiers à les dicter qu'à suivre celles des autres. Mais c'est le cas de tous les enfants sauvages qui gambadent en ces lieux ; ce qu'il n'est pas moins que Feu-Follet, Fange ou Quenotte.
N'y ajoutant que les finesses meurtrières du langage.


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Merci à Fantâche pour mon avatar <3
Award du plus beau parleur (mais pas suffisamment pour réussir son coup):
 
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Quenotte
Dim 1 Oct - 15:28

 


 
I wish I had monopoly over your mind

 
I wish I didn't care all the time

 
Le monde vacille, saute une étape et, dans une explosion boisée, éclate sous ses yeux humides sans même un mot ni un souffle. Il est rare qu’il réponde avant elle. Qu’il n’attende pas les ordres pour frapper. Qu’il joue à l’électron libre séparé de sa jumelle. Et cela s’échoue, échardes vermoulues de solitude à leurs pieds. Encrasse les Cygnes noirs, fait couiner les souris. Et c’est bien incertaine qu’elle regarde se dérouler sous ses yeux le spectacle sordide d’une vengeance qu’elle n’avait pourtant pas orchestrée. Interdite et idiote, elle se tait, noue sa langue en quelques écharpes de silence. Que dire et que faire, quand d’une surprise, d’un sursaut, le monde vous échappe, la partition altérée de son existence toujours savamment organisée. A grand renfort de lignes sur les pages vierges de son carnet. On y trouverait des secrets, là-dedans. Les deux faces d’une même pièce brinquebalente. Organisation et démesure. Raspoutine en aurait certainement beaucoup à dire. Raspoutine a toujours quelque chose à dire.

A se redresser elle croise son regard, à s’en énucléer la rétine d’accrocher ce froncement de sourcil là. Il y a de la colère, là-dedans, plus qu’il ne voudra jamais l’avouer, sous les sourires et les ronds de patte. Mais elle ne veut pas d’un soldat aujourd’hui pour défendre ses convictions. Et elle se pâme pour des après-midi de jeux tranquilles aux sourires faciles. Cependant rien dans La Maison n’est simple et c’est un peu comme si elles les avaient digérés, pour les recracher, bons marmots tous d’écarlates vêtus, la rage au ventre et l’éruption au magma de leur sang. Cela vibre presque à leurs pieds, de touffes herbeuses qui menacent de poindre, d’engloutir jusqu’aux innocents, jusqu’aux têtes blondes et plus éclatantes de Brèche, Richter et Feu-Follet. Sur l’instant, le ronflement tangible de Raspoutine l’effraie dans tout ce qu’il a de violence masculine contenue. Dans tout ce qu’il a d’adulte, avec sa barbe et son pelage qui n’ont rien à envier à ceux de Moustache, l’Araignée venimeuse d’un Sépulcre interdit. Face à la violence elle n’a en réponse que la sienne en retour, pour tant d’années passées à encaisser sans rien dire. Pour tant d’heures de crainte aux effluves de pisse, planquées aux placards de la cuisine, à attendre que le loup daigne frapper. Et déjà à sa chevelure, cela frémit de vouloir s’envoler, chrysalide éclose sur une nuée d’enfants poudrés qu’elle est prête à accoucher, d’une seconde à l’autre.

Mais pas ici et pas comme ça. L’énergumène ne le mérite pas et elle n’a à ses cornes pas un regard à accorder. Seulement il parle – trop, comme toujours – et, au regard de son frère, ne vient chercher que la main. On n’exclut pas les jumeaux aussi facilement d’une partie déjà bien engagée. Tu peux bien lécher tes plaies, pauvre bouc, j’ai la morsure bien plus acide que lui, crois-moi. Et qu’il se perde en parjures, elle n’a à leur offrir que quelques regards furtifs quand son crâne supplicié commence à tourner, contenant sa réalité pour imposer la toute puissance. Celle des Adultes, et Rouge que cela la débecte.

- Ferme là, crétin de Faune. – Ca, c’était pour son frère. C’est de protection mutuelle que se constitue une famille. Il est bien la seule qu’il lui reste. Son Fange, sa rature, sa morsure. Les autres ne sont que des amuse-gueules. – J’espère que le spectacle était plaisant ? Nous ne sommes pas dans un cours d’Ours, et encore moins jeudi. Tu n’as que le juste retour des paroles que tu sèmes. C’est comme les arbres tu vois, et dans ce domaine, nous en savons tous deux quelque chose.

Sa voix toussote de nuances rauques méconnues et elle inspire bruyamment, le sourire tordu, en rictus de gorge mal avisé. Ah ça oui, ce salaud sait où frapper.

- Ohlala, regardez, la grande salope vicieuse de Quenotte qui pose une question et viens jouer avec vous, c’est tellement drôle, et inédit ! Ah ça oui, c’est même important de le noter à voix haute, pour que tout le monde puisse l’entendre, dîtes merci à Rasty les enfants, de dire tout haut ce que les trois quarts de cette putain de baraque pense tout bas ! Il faut bien quelqu’un pour me le dire en face ! – Tant et si bien qu’elle ne sait plus tellement à qui elle en veut, au final, et à qui elle s’adresse, retrouvant à son meuble ancien de confortables appuies. C’est comme sentir la mousse vous recouvrir pour mieux vous enterrer. Elle ne sait plus, exactement, pourquoi au juste elle déteste tout le monde et tout le monde la déteste, question de juste retour, sûrement, quant à savoir qui a en premier jeté les hostilités… - Tu l’as ton dialogue. Je ne suis pas la sale petite crevure que tout le monde adore détester parce que c’est plus facile pour vous que de réfléchir à pourquoi j’agis comme ça. Et je ne t’aime pas. Tu fais trop de bruit, tu prends trop de place. Tu prends sa place. Et Banshee me manque.

Tous coupables, tous bourreaux. Elle autant que les autres, de fonctionner comme l’armée, dans ce petit monde carmin aux allures de pouponnière. Maison de poupée. Pour Aspirine, elle ne dément cependant pas. C’était tant du fait de son frère que du sien et surtout – oh surtout – il ne savait pas où mettre ses mains. Et comme elle est fière de son Fange depuis. Comme il est beau avec ses allures militaires et sa tête haute qui lui rappellent un peu son père. Et dans toute la stagnante rougeâtre de leur univers, il n’y avait qu’une lueur, un éclat blanchâtre. Banshee qui n’est plus. Happé par l’inconnu. Ne pas savoir est pire que d’imaginer le spectre évoluer dans L’En-Dehors, armé de son flegme tendrement risible.

Et d’y penser, elle a le cœur embrouillé et la prise à la gorge. Même que ça perle sur ses cils, d’avoir été trop longuement contenu. Entre ça et Ephélide, c’est le mot de trop. Alors elle rit. Rit pour Brèche qui ne sait pas où se mettre, Richter que rien de tout cela ne saurait atteindre, Feu-Follet du haut de sa dégaine d’enfant terrible. Nous sommes tous tellement ridicules.

- Je pourrais te sauter à la gorge mais tu me casserais en deux, et après Fange te tuerais. Et Feu-Follet ne pourra pas soulever ton corps toute seule, la pauvre. Et je pourrais te poser des questions qui font mal, sur ta sœur, ou sur ce qui te gratte et dérange, tout au fond de toi - Sur le déni elle en connaît un rayon, c’est encore ce qui la fait tenir. Mais il n’est guère amusant de briser un ennemi qui se prépare déjà à l’attaque. – Mais quel intérêt… ? Tu sais déjà ce que je vais te demander, ce que je veux savoir. – Elle renifle, essuie rageusement ses yeux. – Est-ce que tu sais où est Banshee, Raspoutine ? Qu’est-ce que tu sais qu’il n’a pas voulu me dire… ?

Pourquoi c’était toi, le privilégié de nous deux ?



 
C O D E ©️ W H A T S E R N A M E .

 




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Richter
Dim 1 Oct - 18:27
une action entraîne une vérité
Qui a eu tort ? La raison du plus fort
Pour un regard en croix je suis mort
Toi mon frère dis moi pourquoi
La vie continue sans moi
Dis moi pourquoi j'étais là
Un jour au mauvais endroit
ça fait peur, toute cette humanité pour lui qui n'est qu'un robot mené par la foi
c'est triste de se dire qu'il n'a plus peur, quand le tiroir se propulse et s'écrase dans un fracas- écho et reflet du bordel qu'est la maison
c'est triste de se dire qu'il se sent en sécurité, maintenant spectateur de la terreur
sa main lisse, envoie la poussière au sol en petits nuages invisibles dans le tapement du tissu
les dialogues commencent- plus des cris
il n'est même pas jaloux, de ne point être convié au débat
c'est plus intéressant de noter les brèches qui se forment, les masques qui se retirent en plaintes agonisantes
ne s'offusque point de la salive qui s'étale, qui se mêle à la sueur de l'épiderme
sourcils haussés, en un millier d'interrogations
presque un petit sourire, il ne demande plus qu'ils s'arrêtent non
ça devient
intéressant
de voir de ses propres yeux la fragilité de la hiérarchie cerf, des tensions qui se logent dans le cœur de chacun
se félicite une fois de plus de la disparition de banshee, méprisable individu
il se rend compte que la maison est un château de cartes en ces instants, instable et prêt à être brisé au moindre souffle
s'effondrer d'une pichenette
(ça va bientôt être l'heure aux plumés de dominer, de les juger de leur piédestal volatile)
il tousse à cause de la poussière, se recoiffe sans un mot
dans la nuit carmine, tout le monde se perd ; même la poupée qu'est quenotte
ses émotions l'avalent et si c'était réellement une pièce de théâtre il aurait sûrement applaudit
mais tout cela est réel
alors il attend la suite avec impatience, les futurs ragots démangeant ses oreilles
coded by blair of shine & ooc
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Libre pour rp? : Complète mais je prends les idées/projets.
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Brèche
Dim 1 Oct - 21:53
C'était évident, tissé de fil blanc – personne ne répondait affirmativement à ses craintes, les balayant d'un revers de la main. Oh il y avait bien la voix de Richter mais elle est faible, croassante, à peine audible. Il n'y avait bien que Feu-Follet qui rétorquait et Brèche comprit que le dossier était clos. Elle sentit la main de la Ratte presser son épaule et la Loir courba la tête en direction de Feu-Follet comme pour mieux se rapprocher d'elle et ne pas finir brisée sous les mots qui emplissaient l'espace.

La Loir émit un cri bref lorsque le tiroir cogna Raspoutine. Elle vit, sentit le grondement qui émanait du chef des Cerfs. Si cela explosait, elle devrait partir pour ne pas être happée par le souffle si ce n'était pas déjà trop tard. Du regard Brèche suivit l'échange incisif, coups de couteaux tailladant la chair offerte, cherchant à répandre les entrailles luisantes. Le nom de Banshee sonna comme une explosion, une apothéose. Un nom qui hantait les couloirs, que Brèche avait eu loisir d'entendre depuis son arrivée. Elle avait été là lorsqu'il avait disparu, corps et biens, comme dévoré par la Maison.

« Il est mort, non ? »

Les mots avaient franchis ses lèvres avant même que son esprit ne puisse la mettre en garde, lui conseiller de garder lèvres closes. Elle perçut des regards se poser sur elle tandis qu'elle fixait un point, lointain, quelque part entre Quenotte et Raspoutine. Ses prunelles scrutaient la fenêtre ronde du grenier, ce soupirail au verre tâché de crottes de chauves-souris. Elle avait les deux pieds dedans autant continuer à creuser, quitte à se recevoir des coups. Elle y était habituée.

« C'est si important de savoir qui, entre vous deux, il aimait le plus ? » Pour Brèche, tout ceci n'était rien de plus que cela – un duel de coqs quêtant l'amour inconditionnel de leur promise. « Allez lui demander alors. Allez demander aussi à la Blanche qui elle préfère entre vous deux. À Cocarde ce qui lui est arrivé. Et aux autres, à tous les autres que votre Maison elle a bouffé ! »

La voix de Brèche déraillait, trémolos de graves et d'aigus. Elle voulait juste que tout ce cercle cessa, que les tiroirs ne pleuvent plus sur les faunes, qu'on cessa de s'écharper à grands coups de mots coupants et d'échardes. Elle planta ses ongles dans son crâne, paniquée, déboussolée.

« Et toi ? » Sa verve s'adressa à Richter. « Tu peux pas agir comme chef ? Faire quelque chose ? Y a des trucs moches qui grouillent dans cette baraque et tout, tout ce que vous trouvez à faire c'est savoir qui est le préféré d'un disparu ? Mais cognez-vous, couchez ensemble et qu'on en finisse ! »

Elle en tremblait de partout, les nerfs à vif, les dents crevant ses lèvres. La raison revint, lui rembobina le fil de la discussion, lui fit prendre conscience de ce qu'elle avait dit. Elle avait signé son arrêt de mort. Mais, au moins, ils se concentreraient sur une cible. Ils arrêteraient de s'entre-dévorer – pour un temps.


Spoiler:
 



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Feu Follet
Dim 8 Oct - 17:00
Action ou Vérité ?


Les mots volaient en éclats comme la pièce de meuble qui s’enfonça contre la masse crânienne de Raspoutine. L’ensemble nerveux de la gamine se contracta quand au bruit qui émergeait de la violence et au petit cri qu’émit sa compagne de coups et morsures. Feu-Follet aurait elle oublié que les dernières paroles qu’elle venait d’énoncer ne s’appliquaient pas à ce très cher Fange ?

Ce n’était pas de la crainte, ni de la peur, mais une sorte d’excitation, qu’elle ressentait maintenant. Les émotions changeaient si facilement et la page se consumait pour faire face à une nouvelle. Feu-Follet avait perdu le contrôle de ce qu’elle avait créé, et elle se doutait bien que cela arriverait. La flamme qui se rallumait petit à petit au sein même de Feu-Follet commençait à peine à la consumer. L’action de Fange sur l’autre chef lui importait, seule l’action semblait bien plus la préoccuper et animer sa respiration de souffles bien plus profonds. La flamme avait besoin après tout de s’alimenter, alors elle ne cessa de bouger pour épier tous les mouvements et les méfaits qui allaient suivre cette altercation.

Il est vrai qu’elle se fichait éperdument du sort du grand et poilu cerf, elle n’en remarquait pas moins son éloquence et sa ténacité face à la force rebelle de la fraternité. Il aurait peut-être été un adversaire tenace si elle avait dû y faire face. Il s’énervait au fond, celui qui semblait être orateur et bon joueur aux débuts. La bête en lui s’éveillait presque et le sourire de la noiraude ne faisait que s’illuminer de ses dents carnassières. Elle n'espérait pas que le bordel soit autant jeté dans le grenier, pourtant la charogne avait bien été jeté aux fauves qui y siégeaient. Une main levé comme un bon élève il semblait arriver à contenir toute cette haine qui chargeait aussi son flambeau. Il se nettoyait étrangement, à l’allure d’un félin, à l'aide de sa salive comme base de soin. Il était puissant et endurant l’homme de bois et reprit la parole pour entamer son grand discours. Les remarques s’affichaient, c’était moche. Feu-Follet se demandait comment les autres allaient réagir, sans pour autant le faire de son côté. Les piques étaient jetés, il suffisait à présent d’attendre le tour magistral de la soeur.

Ces histoires elle apprenait, elle s’en nourrissait, les faiblesses des uns et des autres se laissaient tendrement percevoir… Les plaies béantes de chacun ils montraient.

Quenotte reprit la lumière, la parole. Elle lâcha ses mots d’une manière piquante. La brune ne put que reconnaître qu’elle admirait cette gamine. Elle avait du cran et ses mots parfois maladroits avaient aussi du sens. Feu-Follet les yeux posés sur la mesquine semblait bien avoir d’autant plus d’admiration pour elle que pour son Maître de maison. Elle s’emballait, et les Brèches de la jeune Cerf se laissait apercevoir sans que son frère n’ait eu le temps de la protéger. Une sorte de sensibilité émanait de son discours, et la rate n’avança rien d’autre qu’un mouvement. Ses bras se refermèrent. La rage finit par émaner de sa gueule à la fin de ses mots et la bave se mit à couler en elle, d’entres les quenottes de la Cerf.

Le petit Richter, dans son coin était inaudible. C’était le blanc, le calme, la sérénité, un maigre ennui barbotant qui n’osait en placer une certainement. Ce n’était pas le cas de Brèche qui creusait un peu plus le sujet. Banshee… C’était un des ragots qui traînait dans les couloirs, un nom que l’on entendait, un être disparu…Beaucoup d’enfants avaient imaginé ce qu’il était advenu de lui, mais personne n’avait vraiment la réponse à ce manque qu’il avait créé pour Quenotte.

A sa question, Feu-Follet donna un coup de coude à Brèche comme pour lui dire d’arrêter. Elle préssentait déjà ses futures maladresses, le malaise qu’elle allait lancer, si ce n’était point déjà fait. Elle avait creusé déjà le trou dans lequel ils allaient l'enterrer. Chacun allait contester ses mots maladroits, pourtant Brèche ne voulait pas de tout ça. C’était un coup de gueule qui allait se retourner contre elle.

Un soupire s’échappa de ses lèvres, et la Rate la fixa, presque inquiète à ce qui allait suivre. Elle ne supporterait pas qu’ils se mettent à passer rien qu’un doigt devant elle, mais il n’était pas question que leurs ébats deviennent publiques. Ses dents passèrent contre sa lèvre inférieure et ses bras se relâchèrent de leur étreinte. Blesser son amie se n’était pas dans son intérêt, mais elle avait toujours le mot pour se laisser submerger par les plans foireux.

“Tais-toi. Ferme la Brèche.”

Son ton monta d’un cran. Son instinct lui disait de la frapper pour ne pas qu’ils ne le fassent avant, sa raison lui murmurait de la garder simplement son aile. Elle tentait de garder son calme, de rien laisser paraître. Néanmoins, son visage traduisait à la fois cette envie de venir passer ses dents en elle, et en même temps surveillait les autres de loin, bête protégeant son butin. C'était sa faiblesse à elle, sa crainte, mais Brèche ne semblait l'avoir pour l'instant compris.

“Laisse les faire ! Ils ont commencé, et maintenant que le jeu est lancé, il doit s’abréger, peu importe la méthode, t’en mêle pas !”

Sa voix reprochait son comportement d’un air contestataire, presque dur. La passivité, se faire oublier, c’était la meilleure position à adopter pour elle, comme pour Richter qui lui avait bien réussi jusqu'à présent. Son regard était brouillé par une certaine crainte à son égard. Devait-elle jouer les bourreaux et la punir, ou laisser les autres la rendre complètement dingue ? Elle ne supporterait pas, alors elle s'emballa et poussa brutalement l’autre contre le sol. Son pieds passa saluer ses côtes d’un coup moyen. Elle n’osait pas aller plus fort et se laisser aller à son animosité en public. La noiraude se pencha une chaussure contre l’estomac de sa princesse et chuchota, sachant bien qu’elle ne ressentait foutrement rien.

“Te jette pas en pâture aux loups, sinon c’est moi qui va finir par montrer les crocs, Brèche.”

Puis son ton elle reprit facilement, les yeux écarquillés vers les autres bestiaux vicieux qu’avait enfermé le grenier.

“Vous occupez pas d’elle, au pire si elle n’est pas capable d’écouter tout cela, on la vire de là… Mais continuez. Au pire, elle sera la prochaine à y passer, hein Brèche ? Tu vas venir jouer.”

Elle prit un ton mauvais, presque moqueur, se forçant éperdument de ne rien montrer à ces autres.
Feu-Follet fit un signe de sa main, tentant de la faire oublier du reste de la populace. Cependant, il semblait déjà que le temps avait tourné totalement en sa défaveur. L'action ou vérité de toute façon aidait à répondre aux besoins de chacun, aidait à régler les comptes.

BY MITZI


PS:
 




Feu-Follet gromêle en #cc0000

Feu-Brèche made by Fantoche:
 
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