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Rust • Fange
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Acide
Jeu 24 Aoû - 0:44

Il anticipe jamais. Comme s'il l'attendait pas. Comme si ça pressait pas.
C'est toujours quand il fait un truc, un truc sans importance que ça arrive, au détour d'un couloir.
Ces yeux noirs que d'habitude il ignore se verrouillent aux siens et l'autre le chope par le col et lui crache de le suivre.
Ça fait tomber sur le parquet la clope qu'il vient d'allumer- dommage.

Il rigole.
(Fange a toujours l'air tellement deter.)
Et il le suit, moitié consentant, moitié traîné, la poigne de Fange lui laisse à peine l'espace de respirer. C'est le seul truc qui l'empêche de s'interrompre pour lire un graffiti qu'ils croisent sur leur passage ; le tissu qui se presse contre sa carotide et lui arrache un bruit étranglé.
Il presse le pas.
L'esprit est ailleurs mais le corps il oublie pas il connaît les règles du jeu. Acide le sent fébrile, déjà un peu tremblant au niveau des genoux, pré-rush d'adrénaline et d'angoisse qu'il fait taire.

Ils entrent dans la salle de classe et la porte claque derrière eux. Les conversations de couloirs s'éteignent avec elle. Acide tourne la tête : rangées de pupitres alignés immaculés sauf ceux de derrière sur lesquels fleurissent des insultes gravées au compas. Le tableau est propre, les livres rangés dans les étagères. Le soleil éclate derrière les vitres.
Y a personne.
C'est samedi.
Et personne viendra, mais il jette un coup d’œil vers la porte quand même, pour la forme, petit élan de zèle au profit de leur séance de sacrifice amical.

- Quoi de neuf chaton.

Le ton est morne, traînant. Il ne le regarde pas. C'est pas une question ça attend pas de réponse pas avec des mots en tout cas. Les mots de Fange l'intéressent rarement il n'est ni un modèle d'humour ou d'intelligence après tout et puis sa vie on s'en fout.
Acide s'en fout.
Il détourne le regard de la fenêtre pour le considérer lui, tranquillement et sans beaucoup d’intérêt, sourcil levé.
Alors?
C'est jamais lui qui donne le signal de départ.
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Fange
Sam 26 Aoû - 20:16

     

     
Rust.

     

     


On est samedi. Il fait encore trop chaud pour les activités en plein air et la Maison bourdonne comme un essaim gazé, avec ses regards qui trainent et ses gosses qui baillent, ses profs en repos, son Sépulcre comme prête à cracher tel un piège, son Envers qui s’étire loin de ses pensées et Quenotte, bien sûr, qui n’est pas là pour lui.

Elle doit se cacher, ou jouer, ou noter, ou faire la reine auprès des princesses de rouille qui valent que dalle putain ouais que dalle. Ou alors elle doit rire, ou chanter, ou faire des marelles, ou espionner, ou tendre des lignes entre les gens, entre leurs pieds pour mieux les faire basculer. Elle doit caresser la grande Rouge, écouter Rictus aboyer, flirter avec la folle aux lapins ou traîner encore dieu sait où, s’Il existe – peut-être même avec ce péquenaud de bigot qui s’est déjà démené à le faire chier une fois et qui recommencera sans doute vu qu’il est assez con pour croire ce qui est écrit dans sa bible de merde.

Quenotte n’est pas là et dans sa tête, il y a une musique que son walkman ne parvient pas à assourdir. Un battement lancinant qui fait comme des grondements dans le ventre. Une envie de – taper un sprint, s’épuiser à courir, se frapper, hurler, mordre, choper les murs à s’en niquer les jointures, faire couler le sang, chasser, mais s’il bondit, s’il traverse et si la forêt vient à lui, ce bayou insalubre avec sa boue épaisse, ses sables mouvants, ses rivières pleines de noyés, ses arbres pleins de pendus et son ciel rouge de sang, alors il s’y effondrera – cette fois il le sait. La Grande Rouge ne se contentera pas de venir sur son lit, pour s’y pencher et caresser son visage mais de le mordre à la gorge comme ces félins austères et leurs proies pathétiques. Et il tombera, plus loin encore que dans le Trou, jusqu’au tréfonds de son Néant et s’y diluera comme les peintures de Sables sous la pluie quand il fait exprès de les y oublier.

Ca bat quand le casque hurle, quand sa démarche se fait à la fois souple et bondissante. Puis comme par hasard, comme par miracle, comme les aiguilles d’une horloge bien rangées sur midi, Acide est là. Mais Acide n’est plus Acide. Acide n’est plus un rat. Acide n’est plus ce camé ignoré qui pue la clope et putain il lui a dit de plus fumer près des dortoirs. Acide n’est plus ce mec à la con parmi d’autres merdeux à la con qui lui doivent le respect.

Acide est devenu un Autre, un genre d’important. Un calvaire et une porte de sortie. Une porte qu’il agrippe par la poignée de son cou tordu jusqu’à le précipiter dans l’entrebaillement d’une autre. Personne ne les a vu. Il n’y a qu’eux deux, dans cette salle de classe déserte. Le dernier refrain d’un titre punk qui lui fait bouger le sang en vagues de Tsunami. Son regard, celui de l’Autre, et ses jointures qui se préparent à mordre.

Puis l’Autre dit « Quoi de neuf chaton » et dans ce mouvement un peu las et je m’en foutiste de la nuque qu’il lui présente, dans cette espèce de grâce absente comme si ce qui se préparait n’avait ni sens, ni importance, Acide revient un zeste pour lui sourire – ou sourire au Rien – et le narguer de tout son effroyable emmerdement. C’est une épine dans le pied, non pire, un chatouilli. Un putain de chatouilli dans le dos là où on sait jamais où et comment gratter.

Alors le pied de Fange se lève et avant de lui répondre, ça se détend et ça le frappe. En plein ventre. BLAM. Contre la fenêtre.

C’est qu’il en fait du bruit, pour un squelette.

« Tu m’donnes encore du chaton, je te crève les yeux. »

Son index se tend. S’agite, réprobateur. Et si Quenotte pouvait le mater, elle s’offusquerait de la ressemblance avec le père, qu’il a planté tant de fois.

Peut-être qu’il fait exprès, on sait pas.

« Maintenant penche toi. »

Puis l’ongle noir, incrusté de bois, de terre, de sang, se pointe vers le bas.

« Et lèche ma botte, bébé. »


     

 
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Acide
Dim 27 Aoû - 1:38

L'encadrure de la fenêtre vibre contre les os de sa colonne vertébrale.
Il ne crie pas - c'est plus comme une bouffée d'air éjectée trop vite par la force de l'impact, un truc un peu pathétique. Mais pas assez fort pour lui arracher une larme ceci dit. Il a juste besoin de reprendre le souffle que le coup de pied lui a arraché. Son sourire, lui, reste bien à sa place même s'il oscille à la frontière de la grimace.

Fange, cet imbécile, n'est encore que colère froide.
Tu m’donnes encore du chaton, je te crève les yeux.
Il hausse un sourcil, pas impressionné encore.
Oh mais chaton, si ta menace valait quelque chose alors Acide serait déjà aveugle. Ou mieux, encore, mort, le cou tordu, égorgé, un couteau dans le cœur, enterré vivant, tu ne manques pas d'imagination dans ce domaine.
Acide n'a pas encore peur, non. Il finira par flipper, derrière toutes les couches d'indifférence la douleur rattrape toujours les bonnes intentions, la figure d'insolence qu'il se compose.
Simplement faut le laisser espérer un peu son amour de chef.
S'il a ce qu'il veut tout de suite c'est pas drôle. Et si c'est pas drôle il reviendra pas.
(Chercher sa dose.)
Ce n'est pas qu'Acide aie pas d'autre candidat, mais aucun n'a la même saveur.

Maintenant penche toi. Et lèche ma botte, bébé.

Cette saveur là. Saveur de grand n'importe quoi.
Bébé.
Mais qu'est ce qu'il raconte, est-ce qu'il s'entend ?
Acide a un rire qui ressemble pas à un rire, un rire juste un peu soufflé par le nez. Il tend une de ses mains avec indolence comme s'il voulait remettre une des boucles grasses du garçon derrière son oreille. A la place, attrape le casque qu'il arrache avec douceur pour le mettre sur son propre crâne. Le fil tire et lui penche la tête en avant, lien tendu entre lui et la poche du jean de l'autre.

- C'est de la merde ce que t'écoutes, constate-t-il.

Mais il écoute une ou deux secondes de plus, l'air pensif, yeux au coin du mur et revient finalement sur le sujet en cours (Fange est le sujet en cours).

- C'est ton kiff ça chéri ? Que je lèche tes pompes ? Tes petits cas sociaux de suiveurs le font pas assez à ton goût ?

Il aime faire comme s'il n'en était pas, comme s'il n'était pas aussi Rat que tous les merdeux crados qui hantent ces couloirs, comme si ce mec là avec sa gueule de brute et ses ongles sales, au fond, était comme n'importe quel mec dont il oublierait le nom, et pas un chef, surtout pas le sien (d'ailleurs l'est-il vraiment au fond?)
Acide songe à haute voix :

- Ceci dit c'est peut-être encore la partie la plus propre de ton corps. Et puis finalement, après une seconde de réflexion : Non. J'ai pas envie.

Sourire candide, Acide semble presque heureux de cette conclusion. Vraiment, non, ça l'inspire pas. Et sous les paupières de plomb se cache une petite lumière, un petit défi amical. Tu veux me voir à genoux ? Make me.
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Fange
Dim 27 Aoû - 20:41

     

     
Rust.

     

     


Dans ces moments là, dans ces instants de pure provocation où le sourire de l’autre est comme une sirène lascive qui chercherait à le noyer, il faut résister. Rester droit dans ses putains de bottes, serrer les poings pour ne pas agir et le casser sous un coup de colère – le tuer, en brisant sa nuque ou sa colonne ou en le frappant assez fort pour que l’Autre ne respire que du sang et se retrouver tout con, tout penaud, avec ça traînant au sol, sans vie et pas savoir qui prendre et qui choisir pour le remplacer. Le laisser s’amener et nier la crispation un peu onctueuse, comme un genre de crème glissant dans ses entrailles – un serpent avide qui chercherait le contact. Le fixer comme on planterait un couteau à son regard et à peine froncer les sourcils quand ce petit enculé lui pique son casque et appose son jugement de merde sur la Bible, quelle enflure.

Après le reste vient s’enfiler comme des perles, comme les chapitres d’un cours qui pourrait enfin l’intéresser. Il y a son visage, il y a ses mots affreux – nan il veut pas que les autres lui lèchent les bottes, lui lèche le cul, nan il en veut pas de cette hypocrisie abjecte putain, il n’y a qu’avec lui que ses pensées se teintent et que la chose planquée dans son ventre quémande sa dose d’humiliation. Fange n’est, après tout, que le petit con bagarreur des cours de récré, celui qui vous fait manger votre merde avant de vous tirer votre fric. Qu’un putain de ramassis de clichés et quelque part, ce rôle de brute presque commun a le don de l’énerver.

Nan il est plus que ça. Il est le Grand Charnier. Il est l’Alpha des Bêtes – analphabète. C’est Quenotte qui l’a dit.

Alors la gifle part et ce n’est pas juste une beigne c’est comme un coup de plâtre sur son visage parfait à l’autre chieur. Ca lui ravage la pommette et la joue pire qu’un coup de poing. Ca le saisit pour le renverser à l’ouest qu’il fixe autre chose.

« Dis plus jamais que Nirvana c’est d’la merde. » Qu’il impose puis, puisqu’on le mordille, puisqu’on veut tester sa force de persuasion et puisque Acide – NON, l’Autre – a décidé de constater par lui-même ses manières de lui foutre sur la gueule, alors c’est à son tour, de lui arracher le casque pour le ranger dans sa poche arrière. A son tour de saisir ses putains de cheveux lisses pour le ramener près de lui, corps contre corps. Front contre front.

Et puisqu’il n’y a qu’une seule façon de faire plier un homme, c’est son genou qui remonte brusquement à la verticale pour lui écraser les parties. Et le faire glisser à genoux, lentement. Comme froissant sa propre chemise à carreaux que Fange ne quitte jamais. Le soupir que le chef des rats laisse échapper à cet instant est presque – oui, presque – extatique.

« C’est pas de l’envie que je te demande. C’est la marque du respect que tu me dois. Le respect, fils de pute de drogué. Le putain de respect que tu me dois. »


Ca commence doucement à monter. De la limaille de fer dans ses muscles engourdis. Une vraie baston – mais pas une de celle où l’autre a la possibilité de lui rendre trop de coups ou de morsure. C’est un dessert, une liqueur – ou une drogue, si l’autre peut capter, dans sa souffrance, à quel point oui ils sont deux à être accroc à ça.

Il vient tapoter sa joue – pas la marquée, l’autre encore intacte avec son reste de tâches de rousseur et de peau un peu douce. Conciliant.

« Le respect. C’est ça mon kiff. »


     

 
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Acide
Mar 29 Aoû - 19:16

La claque lui décolle la joue, lui tord la nuque, lui éclate la pommette l'envoie valser contre le mur. Il sent l'empreinte de tous ses doigts s'imprimer sur sa joue. Tous ses capillaires enfler, piquer, brûler jusqu'à l'os. Déjà sa narine gauche bouillonne d'un flot de sang qui chatouille le creux de son cou. Il jure voir des étoiles. C'est à se demander à quoi servent les poings ; Fange a la force d'un marteau pilon au creux de la paume.
Et il savoure ça. Presque comme un soulagement presque comme quand on finit par faire craquer une articulation bloquée après une journée entière de frustration et il reste quelques secondes à regarder le coin de ce mur en sentant la douleur qui pulse dans sa joue, en rythme dans son cœur et il n'entend que distraitement la rage qu'on lui vomit à l'oreille.

C'est presque mignon.
Cette façon de défendre sa musique, comme si c'était aussi précieux que sa sœur, ou son égo. Il se demande si Fange écoute les mêmes chansons depuis des années jusqu'à s'en rendre malade.

Le petit moment éclate de façon brutale. Fange l'attrape par les cheveux pour le mettre à son niveau (son niveau de nain de jardin.). Il colle son front contre le sien, lui respire son haleine humide en plein dans la gueule.
Le force à le fixer droit dans les yeux, lui qui peine à les garder ouverts.
Comme devant un film qui nous intéresse pas.
A subir sa colère charbon et son odeur de transpi âcre.

Mais Acide se concentre sur la poigne qui lui agresse le cuir chevelu et le genou qui remonte pour le plier en deux. Son gémissement qui ne ressemble pas à de la douleur, quand Fange crache c’est pas de l’envie que je te demande, c’est la marque du respect que tu me dois, le respect, fils de pute de drogué, le putain de respect que tu me dois. En tombant son nez le frôle de haut en bas, étalant une traînée de sang sur la chemise et l’entrejambe de son jean. Et puis ses genoux heurtent le sol et ses yeux sont fixés sur ses pompes.
Jolies les bottes faut dire. Un peu crades mais c'est sûrement du vrai cuir.
Il lève les yeux quand une main vient lui caresser la joue – pas celle qui hurle sous la brûlure – presque avec douceur.
Le respect c'est ça mon kiff.

Acide ricane.
C'est vachement sexy.

- Oh, Fange, soupire-t-il.

Et puisque ça semble inévitable, il se penche sur le sol presque avec révérence. Et laisse traîner sa langue de la pointe de la botte presque jusqu'au talon, lentement comme pour prendre en compte le goût rance de terre et celui, ferreux, de son propre sang qui a goutté dessus. Une bonne pelle baveuse qu'il a envie de lui recracher dans la bouche mais qu'il déglutit à la place. Et languide, levant les yeux vers lui, il sourit dans toute la splendeur de sa gueule éclatée.

- T'es juste un p'tit puceau dégénéré et tu fais peur qu'aux gosses débiles dont même la mère ne veut pas. Ça me froisse de te le dire, mais tout le resssspect que t'auras jamais, il sera aussi faux que ça.

Il tire la langue en accentuant le zozotement, bouche entrouverte, il salive un peu, c'est presque obscène. Il a jamais les yeux qui brillent autant ou le sourire aussi sincère, que maintenant.

- Je te fais aussi l'autre botte trésor ?
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Fange
Dim 3 Sep - 12:41

     

     
Rust.

     

     


Trace de sang sur son jean. Un filament rougeâtre comme une rivière et Fange vient la caresser du pouce, effleurant presque son entrejambe, presque perplexe – comme si, un court instant, il tentait de retracer le lien de cause à effet. Puis Acide se penche et délicatement, vient lui obéir. Laissant sa langue caresser son cuir. Et même si ce dernier est épais, c’est presque comme si Fange pouvait le sentir et il frissonne, le visage bien plus calme. Écoutant la moquerie de l’autre sans s’énerver pour une fois. L’instant dure.

Il y a lui debout. Et l’Autre à genoux. Et pendant un bref instant ce n’est plus une salle de classe mais sa forêt qu’il retrouve. Ce n’est pas l’Autre mais son Premier, son Rictus, son Terhem – avec ses cheveux roux et son visage bouffé de tâches et ses yeux qui le regardent sans comprendre, les mains agrippées à son cou qui vomit du sang. Terhem qui n’en finit plus de mourir et qui se dissoudra bientôt, avec tous ses restes, dans l’estomac de la Grande Rouge, ne laissant de traces pour personne – et de toute façon, qui s’en foutrait ? Le lieutenant Liddel, membre spécial de la police de la Nouvelle-Orléans n’a ni femme ni enfants ni même un ami pour se poser la question « Oh, tiens, où donc est-il passé. » Sa solitude de cabot mal famé l’a fait se rapprocher des deux gosses Lupesco, tout ça pour quoi ?

Tout ça pour les suivre dans leur thérapie, tout ça pour les amener dans leur Maison et – d’après Quenotte – se méfier de cette dernière deux ans plus tard et essayer de les en faire sortir. Quenotte n’avait pas du tout aimé alors elle l’avait fait appeler « Dis lui de venir » qu’elle avait chuchoté à son oreille « Dis lui de venir et demande lui ce qu’il compte faire de nous. » Alors Fange, aimable Fange, avait obéit.

Et dans le lit de la forêt, en plus de cette question, lui avait demandé un baiser. Cette partie demeurait un peu floue dans son esprit, et ne ressurgissait que dans ses rêves les plus profonds et les plus silencieux. Qu’avait-il essayé de prouver ainsi ? L’origine de l’appel dans son ventre, celui qui ne répondait qu’à l’instinct et pas à ces fadaises que les autres nommaient sentiments ? Sans doute.

Sauf que Terhem était un bon flic de trente piges et entendant sa demande, avait répondu non.

Alors le couteau avait glissé en une seul fois pour lui tendre un nouveau sourire. Et les cordes vocales sectionnées, il n’avait même pas pu donner un cri.

L’aurait-il voulu de toute façon, son aboyant Rictus ? Pas sûr pas sûr. Et même si encore aujourd’hui le chien s’entêtait à le retrouver dans son Envers pour lui faire payer le prix de sa nouvelle et evanescente Maison, Fange n’en était pas encore à le craindre. A dire vrai, tout cela le faisait plutôt marrer.

Et d’errer dans ses pensées, il eut un rire. Un joyeux rire, comme avant. Un de ceux qu’Acide et les autres n’avaient pas dû entendre souvent – peut-être jamais.

Puis son pied le cueillit sous le menton et le renvoya au sol comme un tapis usé.

« Le respect, c’est le respect. » Faux, hypocrite, qu’est-ce que cela lui importait tant que les gosses obéissaient ? Fange fit bouger ses bras et ses épaules, sommairement, et bailla. Dévoilant ses canines comme la gueule immense d’un jeune lion. « Et j’préfère être puceau qu’une pute dans ton genre. » Gémissant de plaisir au moindre coup et en redemandant dans toute sa folie. Acide était le pire des deux.

Forcément. Forcené.

Ce fut le déclic, le coup d’horloge. Et l’instant d’après il se retrouva à terre pour le surplomber. Et frapper – une nuée de mouches en coups de poing. Presque aveugle de sa propre force. Heurtant son corps dans un bruit de vaisselle cassée. Cognant jusqu’en avoir les jointures qui saignent et mal aux mains. Ses ongles brisés lui écorchèrent la peau. Et les estafilades s’encroisèrent comme la grille d’un piteux sudoku.

Il fallut bien arrêter. Et c’est chevauchant ses hanches, respirant un air plus sain, chargé de violence et de sang, que Fange rejeta la tête en arrière. La crinière hirsute et la sueur au corps. Les mains encore tremblantes comme un drôle de shoot – ça, Acide pouvait le comprendre.

L’Autre respirait-il encore ? L’Autre en redemandait-il encore ? A cet instant il ne pouvait pas le savoir. Mais il pouvait encore sentir les fragments d’os contre ses propres os. Découpant la maigreur de l’Autre comme un drôle d’artiste peignant au couteau.

Lui, il ne le planterait pas. Pas cette fois. Il avait encore tant d’autres projets pour d’eux, qu’Acide y consente ou pas.



     

 
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Acide
Ven 15 Sep - 21:37
Un truc disjoncte. C'est pas le coup de pied, froid et maîtrisé, qui lui fait penser ça, mais bien le rire de Fange, spontané et léger comme un rire d'enfant.
Rien dans la situation ne mérite un rire comme ça.
Acide se redresse un peu sur le dos, appuie de ses coudes pointus sur le lino, mine soudain irritée sans aucune raison – il se veut indifférent à tout ce qui se passe sous ce crâne hirsute.
Il n'attend que l'orage.
Qui tarde à éclater cette fois – Fange a des états d'âmes ou quoi – mais éclate, quand même histoire qu'il n'aie pas laissé traîner sa langue dans la crasse pour rien.
L'arrière de son crâne épouse tendrement le sol quand l'autre l'y plaque. Les coups partent et éclatent sur son corps comme des petits météores ; qui partent des poings et un peu des entrailles.
Car quand Fange frappe il y met tout son cœur (non vraiment).
(C'est un compliment.)
Le ventre, les côtes, le visage.
Il frappe à s'en faire mal aussi, sans prendre le temps de viser. Sa consciencieuse exécution ne laisse pas le temps de respirer ou de hurler. Avec chaque impact de mini explosions d'os et de douleur c'est à peu près vibrant comme un feu d'artifice. Tout aussi bruyant, tout aussi coloré. Acide voit noir, blanc et rouge et étoilé.

Et Fange s'arrête et se redresse alors que lui reste là.
Gisant sur le dos, déjà un peu un cadavre au fond. L'arcade et le nez explosés, la lèvre fendue les côtes qui grincent au rythme de sa respiration. Douloureuse, erratique.
Une seconde, deux secondes.

- Putain.

C'est le seul truc qu'il arrive à articuler, le visage caché par son avant bras.
Plainte du corps.

- Putain de sa mère la salope.

Un concentré oral de douleur entre le gémissement et le déchirement d'un sanglot.
Mais Acide ne pleure pas.
C'est juste que ça pulse, partout. Qu'il s'étouffe sur sa propre salive au goût de fer. Et qu'il enregistre tout ça chaque minime centimètre cube de son corps qui hurle, comme pour le garder au chaud pour plus tard.
Il a une déglutition, difficile, la vision retrouvée ; son coude repousse maintenant ses cheveux moites en arrière, étale une nouvelle coulée de sang sur son visage.
Un loir dirait qu'il est une œuvre d'art.

Fange n'est plus qu'une vague gêne, un poids sur les os de ses hanches. Il le regarde d'un air ennuyé, soudain.
Acide est un insatisfait.

- Bouge.


Spoiler:
 
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Fange
Dim 17 Sep - 18:39


Rust

avec Acide



Qu’il parle mal cet enculé de fils de pute, bouffeur de poings. Qu’il parle sale, avec sa gueule toute éclatée qu’on croirait voir un ventre ouvert. Fange lui jette un coup d’œil dans toutes ses inhalations et au « bouge » consent à lever son cul de ses hanches déplorables – trop maigre, sac d’os et d’emmerdes. Ondulant un rien comme un chat, roulant du cul pour tournoyer dans la pièce, soulever ses cheveux, lancer des regards sur les fenêtres et sur la porte – mais il n’y a rien ni personne – ni sœur – pour les avoir chopés ce coup-ci. Rien d’autre que la tranquillité poussiéreuse de la salle de cours. Parfait.

« Toi. Tu restes là. »

Qu’il indique en pointant le sol du doigt. Il est parfait assez, avec ses cheveux crasseux de sang et toutes ces estafilades en dégradés de rose et d’orange qui s’étalent, morve collante, le long de ses joues.

« Premier round. »

Et il sautille – car la vie est un ring. Il s’échauffe, bouge les bras. Fais bondir ses pieds sur les carreaux et entend le murmure lointain de son rock peut-être un peu pop – une guitare gémissante sur une phrase qui tourne en boucle – et boucles, c’est la forme de ses tifs qui s’emmêlent un peu plus – boucle, c’est son tour de salle comme un tour de piste comme un lion en cage mesurant la distance entre la chaise et le dresseur – boucle, c’est le rondement de ses bras qui s’articulent et libèrent la tension accumulée.

La peau de ses jointures écorchées pend mollement comme des petites mues de serpent et il vient en rabattre une d’un coup de langue, avant de la croquer.

Ca glisse sur sa langue comme du papier. Ca s’infiltre par tout ses pores et ça lui fend les pupilles en deux. Dans la classe, l’odeur de boue se fait stagnante. Et au bois des bureaux grincent soudain comme des milliers de cordes. L’Envers, appelé par son maitre, semble se précipiter à la vitesse d’un train en marche mais le fourmillement des murs cesse.

Non - ça serait beaucoup trop intime. De l’emmener là-bas et de l’y fracasser, de laisser son corps s’empaler aux barbelés de toutes ses guerres. De voir son sang s’étioler dans ses restes de rivière. Il serait le plus beau.

« Le joueur se met en place. Le ballon est à portée. » Il cadre de ses index, comme on prendrait une photo. Et le rire un peu dingue, fonce, shoote, dans sa gueule. La renvoyant en arrière presque à lui péter la nuque.

« Et c’est un but – WOH – la foule acclame ce putain d’assisté de moldave tout juste dégueulé de sa pute de mère et lui les ENCULE SA RACE. »

Nouveau coup de pied, dans son torse. Il se penche.

« C’est jamais fini avec moi. » C’est fini quand la Rouge le décide. Et la Maison veut encore un peu de fantaisie.

Gloire au spectacle.







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